Le musée de l'outil et de la pensée ouvrière de Troyes
Publié le 2 Avril 2026
L'Association Culturelle du Châtillonnais a proposé à ses adhérents un voyage -découverte de deux musées de la ville de Troyes.
Le premier de ces musées que nous avons visité, c'est celui consacré aux outils, situé rue de la Trinité, intitulé "Musée de l'outil et de la pensée ouvrière".
La Maison de l’Outil et de la Pensée Ouvrière est abritée dans un des plus beaux bâtiments de la ville de Troyes, l’hôtel Mauroy.
Ravagé par un incendie en 1524, le bâtiment fut repris en 1556 par Jean Mauroy, prévôt de la monnaie et seigneur de Colaverdey. Il entreprit des travaux de transformation, avant d’y fonder l’Hôpital et le Collège de la Trinité pour les orphelins (sur le modèle des enfants de la Trinité à Paris) afin de leur apprendre un métier.
C'est pour le protéger de futurs incendies que le mur extérieur fut composé d'alternance de blocs de craie et de briques, la région ne possédant pas de carrières de pierres.
La ville de Troyes le racheta en 1966 et l’attribua fin 1969 aux Compagnons du Devoir du Tour de France.
La beauté de la cour intérieure du bâtiment interpelle les visiteurs...
Notre guide nous a conté l'origine de tous les outils présentés dans le musée, qui proviennent de l'immense collection de Paul Feller.
Paul Feller, homme d’Église, né en 1913, parcourut la France tout au long de sa vie pour compléter sa bibliothèque et sa collection d’outils.
Il avait pour objectif de placer les apprentis face à leur propre histoire, d’éveiller en eux le désir d’acquérir une culture ouvrière inhérente à la pratique d’un métier.
Pour lui, le travail manuel, grâce à l’outil, valorisait la matière mais surtout l’homme de métier lui-même.
Le remplacement de l’outil par la machine a inversé le rapport entre l’homme et le produit de son travail.
L’idée n’est pas de refuser le progrès scientifique ou technique, mais de le remettre au service de l’humanité.
L’apprentissage d’un métier manuel est la pédagogie du réel, aussi l’expérience physique lui paraissait être le meilleur garant de l’équilibre psychique de l’adolescence.
Il proposait donc l’apprentissage d’un métier comme "rite de passage" entre l’enfance et la vie adulte.
En 1969, convaincu que son œuvre devait être poursuivie, il lègua sa collection aux Compagnons du Devoir, qui l’installèrent dans l’hôtel Mauroy.
" Ce qui est a sauver, c'est ce qu'il y a d'éternel dans cette tradition, a savoir le besoin vital de livrer, de donner, de transmettre ce que l'on a reçu." (Paul Feller)
Nous sommes ici devant la vitrine des marteaux, quelle surprise de voir autant d'exemplaires différents, destinés à de très nombreux métiers...
A un autre étage, chaque vitrine est consacrée à un métier particulier.
Les centaines de truelles sont présentées de façon très originale...
Les vitrines se succèdent et provoquent l'émerveillement...on se rend compte de toute l'intelligence de ces ouvriers d'autrefois pour adapter leur outil à leur travail.
L'atelier du forgeron :
le gantier :
La boucherie....
Il y a tellement de vitrines qu'il faudrait plusieurs visites pour les découvrir ...
En sortant de ce musée consacré à l'outil, un petit clin d'œil sur la vie actuelle ....peut-être plus axée sur le farniente que sur le travail...(opinion toute personnelle !)
Une vidéo du journal l'Est Eclair :