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Après l'aventure de "Fous" en 2024 , "le songe d'une nuit d'été", comédie des erreurs et des amours contrariées, fable ésotérique, jeu de piste sensuel, œuvre de William Shakespeare a été choisie cette année pour être le nouveau volet de l'atelier-théâtre, initié il y a près de trente ans entre la Compagnie des Gens, le Collège Fontaine des Ducs et le Lycée Désiré Nisard de Châtillon-sur-Seine.
Les professeurs de ces deux établissements, Stéphanie Beauvoir (collège) et Cécile Siri (lycée), ainsi que les membres de la Compagnie des Gens, Jacques Senelet et Elisabeth Hoornaert ont travaillé avec trente élèves des deux établissements durant quatre mois.
Le résultat de cet immense travail a été présenté les 20,21 et 22 février par les animateurs (Elisabeth était en régie et n'est pas présente sur la photo).
Lorsque le spectacle commence, le duc Thésée est accompagné de sa fiancée Hippolyte, reine des Amazones, qu’il doit épouser dans quatre jours.
Puis, entrent Égée, sa fille Hermia et ses deux soupirants Lysandre et Démétrius.
Égée explique au Duc que sa fille refuse d’épouser Démétrius qu’il a pourtant choisi pour elle.
En effet, elle aime Lysandre qui, comme le rappelle ce dernier à Thésée, est aussi bien né que lui, et aussi bien partagé.
Hermia supplie le Duc de la laisser épouser Lysandre.
Egée se tourne alors vers le Duc d'Athènes et lui demande que l’ancienne loi d’Athènes soit appliquée si Hermia persiste à refuser Démétrius pour époux, cette dernière est désespérée.
Une autre jeune fille , Hélène, est amoureuse de Demetrius.
Au même moment, un cabaretier nommé Lecoing, et des artisans de la ville, se réunissent pour produire une pièce de théâtre " La très-lamentable comédie, et la tragique mort de Pyrame et Thisbé" pour fêter le mariage du Duc et de la Duchesse.
Bottom, le tisserand, se distingue des autres car il pense pouvoir jouer tous les rôles, mieux que quiconque.
Les hommes, une fois la distribution faite, se donnent rendez-vous le lendemain soir dans le bois pour répéter.
Pendant ce temps, Obéron, roi des fées, et sa reine, Titania, arrivent dans la forêt afin d’y préparer une fête, accompagnés de leurs fées.
Mais les deux souverains sont fâchés car Obéron est jaloux d’un jeune page que la reine élève avec amour, alors que le roi voudrait qu’il devienne un de ses chevaliers.
Obéron décide de la « châtier pour cet outrage ».
Pour ce faire, il envoie Puck chercher une "pensée d’amour", fleur qui reçut une flèche de Cupidon. « Son suc, étendu sur des paupières endormies, peut rendre une personne, femme ou homme, amoureuse folle de la première créature vivante qui lui apparaît ».
Il projette d’en verser sur les yeux de Titania pour la rendre amoureuse d’un animal afin qu’effondrée de honte, elle capitule et lui livre le page. Les fées chantent une chanson pour endormir leur reine.
Cela fait, Obéron arrive et verse le suc magique sur les paupières de Titania.
Ayant vu Démétrius agir cruellement envers Hélène, Oberon commande également à Puck de répandre un peu du suc magique de la fleur sur les paupières du jeune Athénien.
Mais Puck se trompe de personne et ensorcelle Lysandre qui tombe amoureux d’Hélène.
Pendant ce temps, Lecoing et ses comédiens amateurs arrivent pour répéter.
La répétition est véritablement grotesque .
Puck suit Bottom lorsque celui-ci va dans les "coulisses" (un fourré d’aubépines) et l’affuble d’une tête d’âne.
Ses camarades s’enfuient en le voyant revenir métamorphosé, et se font prendre en chasse par Puck.
Bottom pensant qu’ils veulent l’effrayer se met à chanter pour montrer qu’il n’est pas tombé dans le piège.
Titania qui s'éveille aperçoit Bottom, toujours coiffé d’une tête d’âne.
Elle tombe sous le charme de Bottom et lui déclare sa flamme ....
Elle appelle ses fées et leur ordonne d’emmener Bottom chez elle.
Oberon envoie Puck chercher Hélène, tandis qu'il verse le suc magique sur les yeux de Lysandre.
Au réveil, Lysandre voit Hélène et en tombe amoureux.
Lysandre et Démétrius sont à présent tous les deux à la poursuite d'Hélène.
Mais celle-ci est convaincue que ses deux prétendants se moquent d'elle.
Lysandre et Démétrius se querellent et cherchent un endroit pour se battre afin de déterminer celui dont l'amour pour Hélène est le plus grand.
Et les deux jeunes filles en viennent à se battre elles-aussi...
La fatigue venant, les quatre jeunes gens s'endorment, et Oberon en profite pour ordonner à Puck de supprimer le charme de Lysandre.
Obéron ordonne aussi à Puck de lever l’enchantement de Bottom en lui enlevant sa tête d'âne
Thésée et Hippolyte, suivis d’Égée et de leur suite, arrivent, conversant sur la chasse à laquelle ils vont assister. Ils aperçoivent alors les quatre jeunes gens endormis et les réveillent .
Les quatre jeunes gens tentent alors d’expliquer leur présence en ces bois. Démétrius avoue ses nouveaux sentiments pour Hélène.
Le Duc décide d’aller directement à Athènes pour célébrer non seulement son mariage, mais aussi celui des quatre jeunes gens.
De retour à Athènes, Thésée, Hippolyte et les quatre jeunes mariés décident de regarder la pièce jouée par Lecoing et sa bande.
Étant donné le manque de préparation, la pièce est si mauvaise que les invités rient comme si elle était censée être une comédie.
La comédie se termine, et Puck s’adresse aux spectateurs en ces mots : « Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais rêve. »
Eh oui, tout cela n'était que le songe d'une nuit d'été !
Que d'applaudissements pour ces trente jeunes comédiens qui ont tout donné avec perfection ! une pièce de Shakespeare ce n'est pas rien (bien sûr adaptée par Jacques Senelet au langage actuel), leur mérite est immense.
A noter la beauté des costumes, les petites fées en costume scintillant resplendissaient dans le noir, c'était féérique c'est le cas de le dire !
Donc bravo à tous et toutes, comédiens, comédiennes, professeures et animateurs de la Compagnie des Gens, et à l'année prochaine !
Ci-dessous, un rappel de la pièce de l'atelier-théâtre de l'an 2024 "Fous !" d'Eduardo de Fillipo :
La restitution 2024 du travail de l'atelier-théâtre du collège Fontaine des Ducs et du lycée Désiré Nisard a été haute en couleur ! Les années précédentes, les apprentis comédiens inter...
Les Amis du Musée du Pays Châtillonnais ont été invités à assister à une démonstration très originale de désinsectisation des nombreuses et superbes statues médiévales qui sont exposées au musée.
Nous avons été accueillis par Jérémie Brigand, Président de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais qui est en charge du musée du Pays Châtillonnais, et par Cécile Zicot, Directrice du Musée.
Tous deux ont été alertés de l'infestation, par des insectes, des statues médiévales en bois, exposées dans différentes salles du musée du Pays Châtillonnais.
Il faut savoir, hélas, que tous les objets en bois, anciens ou modernes sont forcément attaqués en profondeur par des insectes xylophages : le capricorne, la vrillette , le lyctus et le sirex.
Autrefois on traitait les bois pour tuer les adultes, les larves et les œufs avec un produit chimique, le Xylophène.
Ce produit est interdit actuellement car il est dangereux pour l'utilisateur et de plus il présente l'inconvénient de créer des efflorescences en surface du bois.
Lors de la visite du centre de restauration des objets d'Art de Vesoul, nous avions vu une tente où l'on plaçait les objets de bois à désinsectiser, en les privant d'oxygène.
Un procédé efficace mais qu'il n'est pas possible d'installer au Musée de Châtillon sur Seine, car trop important en volume et en installations complexes, puisqu'avec ce procédé il s'agit d'aspirer l'air, et donc l'oxygène.
Madame la Directrice a donc proposé au Président de la Communauté de Communes, une nouvelle façon de traiter les bois : l'anoxie statique qui ne demande que très peu de matériel.
Il a fallu bien sûr, avoir l'acceptation de la DRAC, qui a donné son accord et a participé financièrement à cette opération.
C'est Doryan Durville, médiateur, qui , après formation, a été chargé d'utiliser l'anoxie statique sur les objets en bois du Musée.
Il a donc, devant les Amis du Musée, réalisé l' anoxie statique de la main d'une statue, qui, vermoulue, était tombée d'elle-même, la voici :
Mais qu'est-ce que l'anoxie statique ?
Cécile Zicot nous l'a expliqué.
Le mot "anoxie" signifie la mort par privation d'oxygène, dont la plupart des êtres vivants ont besoin pour vivre, les insectes xylophages en particulier.
Il s'agit donc d'enfermer hermétiquement l'objet à désinsectiser dans un sac (plus ou moins grand suivant le sujet !) absolument étanche, après y avoir introduit un ou plusieurs sachets de poudre de fer.
Le fer a besoin d'oxygène pour rouiller, ce gaz va donc disparaître peu à peu et ainsi permettre la mort des insectes, de leurs larves et de leurs œufs. Ce processus dure 28 jours.
Doryan a donc tout d'abord découpé des feuilles de matériel particulièrement étanche...
Il a soudé hermétiquement trois des cotés du sac dans lequel il avait introduit la main vermoulue.
Trois sachets de limaille de fer y ont été introduits (le nombre de sachets varie selon le poids de l'objet de bois)
Le sachet a été soudé et resoudé sur tous ses côtés, avec beaucoup de force...et de précaution.
Les dates de début et de fin ont été inscrites sur le sachet...il n'y aura plus qu'à attendre la fin du processus....
Voici d'autres statues préparées pour l'anoxie :
Le sac contenant la porte du couvent des Carmélites que nous avait si bien présentée Catherine Monnet (voir rappel en fin d'article) a nécessité l'ajout de très, très nombreux sacs de limaille de fer !
Le Musée du Pays Châtillonnais a été fermé en janvier et en février, mais ne croyez pas que rien ne s'y est passé !
Toutes les collections ont été vérifiées, époussetées..D'autres ont été répertoriées, le travail des médiateurs a été très important.
Tout sera prêt pour l'ouverture qui verra le début d'une exposition sensationnelle intitulée "De plumes et d'Or" qu'il ne faudra surtout pas manquer !
Le jeudi 18 août,madame Catherine Monnet, Conservatrice du Musée du Pays Châtillonnais a présenté aux Amis du Musée, après la "triade", sculpture gallo-romaine ...
L'Assemblée Générale de l'association "Les Vitrines du Châtillonnais" a été ouverte par sa présidente Muriel Lamy Au Rousseau, entourée de sa secrétaire et de sa trésorière
Malgré quelques fermetures de commerces l'association des Vitrines se porte bien, avec 89 commerçants et artisans adhérents
L'année 2024 a été très riche en manifestations de toutes sortes avec les lotos, les "Quizz Flash" de printemps, le char et la buvette du Tape-Chaudrons, la journée Châtillon-Plage, la buvette pour la fête de Napoléon, une représentation théâtrale au TGB, une double quinzaine commerciale , un marché de Noël et la participation à la Soirée Féérique de la Municipalité.
En interne des ateliers sur les réseaux sociaux et un repas pour les bénévoles.
Les lotos sont importants car ils participent au financement des activités commerciales.
Clément Pesson, (boutique Wakoo Webdesign Worker) a animé des ateliers réseaux sociaux, et prépare les animations comme les "Quizz Flash", il gère la page Facebook des Vitrines et la Newletter à laquelle les clients des Vitrines Châtillonnaises peuvent s'inscrire.
Le rapport financier a été présenté par la trésorière, il est en équilibre et a été approuvé ainsi que le rapport moral.
Des élections au Conseil d'Administration ont été réalisées. Deux commerçants ont été élus , messieurs Jean-Philippe Panasa (Fromagerie du Coin) et Clément Huebra (miellerie). Tous deux participeront au groupe de travail.
Madame la Présidente a ensuite présenté les projets pour 2025 , la Quinzaine Commerciale et un marché de Noël sont prévus. Toutes les initiatives sont bien sûr bienvenues.
Une nouveauté a vu le jour cette année, la création des "coupons cadeaux".
Ces coupons cadeaux seront uniquement dépensés chez les commerçants, de façon digitale.
Il faudra flasher sur le QR Code du coupon cadeau.
Il y aura en 2025 une multiplication de bons d'achat dématérialisés aux moments du Loto, du Quizz-Flash de Printemps, de la Quinzaine Commerciale et du Marché de Noël.
Le futur budget pour 2025 a ensuite été présenté, puis approuvé
Il a été suivi de la remise des lots de la double-Quinzaine Commerciale de fin d'année 2024.
Cinq bons d'achat, de 2 000 € chacun, étaient mis en jeu, seuls trois ont été gagnés.
A la coutellerie Mariotte, c'est monsieur Jolimet qui a remporté les 2 000 €.
A la pharmacie Saint-Vorles, c'est monsieur Cogourdant qui a trouvé le bon numéro !...
A la boutique Nassara Bazar, c'est madame Vallet qui a gagné les 2 000 € mais elle n'a n'a pu venir à la remise des lots.
La Présidente a remercié madame Isabelle Métral, huissière à Châtillon-sur-Seine, qui joue un rôle très important lors du tirage et de la vérification des billets de la Quinzaine Commerciale.
Elle a été applaudie par tous les commerçants présents pour le travail qu'elle accomplit pour les Vitrines, depuis des années.
Monsieur Mayer, adjoint aux Commerces de la Municipalité de Châtillon sur Seine et Jérémie Brigand Président de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais ont déclaré être à l'écoute des commerçants des Vitrines du Pays Châtillonnais (octroi d'une importante subvention par la Ville, aide matérielle pour la CCPC, par exemple pour le stockage des cartons encombrants).
L'Assemblée Générale s'est terminée par le verre de l'amitié.
Depuis de nombreuses années, la SAHC occupait un local situé au second étage de la Maison Philandrier.
Cette belle bâtisse qui appartenait à la "Sauvegarde de l'Art Français", va être vendue.
Ce local abritait toutes les archives de l'association, les bulletins d'autres sociétés archéologiques françaises mais aussi allemandes et anglaises...
Il fallait donc répertorier tous les documents et les transporter dans un nouveau local...., et ce n'était pas une petite affaire !
Le local abritait également des éléments de fouilles faites à Vertillum qui n'ont pas été exposées au musée.(Rappelons que tout ce qui est exposé au Musée du Châtillonnais, dans la salle de Vertillum appartient à la SAHC), des sculptures du "fonds Léopold Argenton" (acheté par la SAHC) etc....
Il fallait donc trouver un nouveau local pour abriter tous les documents accumulés depuis sa création par la SAHC.
La Municipalité, très généreusement, a offert à la SAHC d'occuper deux anciennes salles de l'école Marmont. qui permettent de ranger tout le matériel et d'accueillir agréablement les membres du Conseil d'Administration, les adhérents ainsi que de futurs chercheurs.
Le déménagement a duré plusieurs mois, il est presque fini...Il a fallu répertorier les documents, les inscrire sur des catalogues....
Voici le nouveau local actuellement, en cours d'aménagement :
Dominique Sanson, Président de la SAHC, entouré du secrétaire Pierre Potherat et du trésorier Jean-Luc Runfola, présente la plaque qui sera placée à l'entrée du local.
Les membres du Conseil d'Administration qui ont tous participé au déménagement et aux rangements, ont partagé joyeusement la galette des Rois pour fêter cette nouvelle installation.
En compagnie des Archives de la Ville, du fonds ancien de la médiathèque Victorine de Chastenay, les Archives de la SAHC seront très utiles, aux historiens, aux étudiants pour leurs recherches car il est prévu, lorsque tout sera rangé et répertorié, d'ouvrir le local sur rendez-vous.
Je vous en reparlerai.
Je profite de cet article pour donner le lien du site de la SAHC sur lequel vous pourrez prendre connaissance d'intéressantes études historiques (cliquer sur l'onglet "Histoire") :
(Origine des sources principales consultées et citées par A.Roserot : Cartulaire de l’évêché d’Autun. Abbaye de Quincy. Prost : inventaire,I. Archives de Côte d’Or)
En 1789, le bourg dépendait de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne.
Son église, sous le vocable de la Nativité de la Sainte Vierge, était une annexe de la paroisse d’Aisey-le-Duc (sur Seine).
Pendant la période intermédiaire, le village fit partie du canton d’Aisey-le-Duc (A.Roserot 1924)
LES ÉCARTS
-La Borde, 2,5km à l’ouest-nord-ouest, 1 feu, 11 habitants (Insee 1951)
La pointerie fut vendue en 1938 à Ernest Richardot, constructeur de machines agricoles, basé à Lamarche dans les Vosges.
L'activité cessa en 1951.
Luc Lefray a réussi à retrouver des archives dans un vieux compteur électrique de l'usine : ainsi il a reconstitué l'histoire avec un petit-fils d'Ernest Richardot.
Une petite anecdote racontée par Jean-Louis Richardot :
Eté 1944 : les soldats allemands occupent l'usine.
De temps à autre, ils font des exercices de canots pneumatiques sur le bassin de retenue ou sur la Seine : ils posent leurs fusils "Moser" en épis sur la berge et pendant leur traversée, les résistants leur subtilisent leurs armes.
Les Allemands n'ont pas eu le temps de mettre en place des représailles.
Ils devaient vite lever le camp pour essayer de rejoindre l'Allemagne.
Les résistants avaient caché les armes dans une cheminée de l'usine.
Plus tard, Jean-Louis Richardot a retrouvé un fusil dans une malle d'un grenier des logements des ouvriers.
En fin d'article, rappel de la visite du site de la Pointerie, réalisée en 2019, Jacqueline Cormier, dont le grand-père avait été Directeur de la pointerie, nous a hélas quittés l'an dernier.
Voici l'étude passionnante de Luc Lefray sur les établissements Richardot de Chamesson, cliquer sur "télécharger" pour en prendre connaissance.
Depuis des années la Pointerie, ancienne usine de clous, ancienne forge, est porte close. Pourtant le week-end des Journées des Moulins les nouveaux propriétaires ont décidé de faire découvri...
C'est dans la salle des Fêtes de Sainte-Colombe sur Seine superbement décorée, que les convives ont participé à une soirée musicale éblouissante préparée par l'association LB 449mx.
Marylène Saussier, la maman du jeune champion motocycliste Leny Bassinet a présenté la soirée avec Cécile Aubry, directrice du groupe de danse châtillonnais "Les Mistinguettes".
Un bon repas, de la danse, des chansons, ce fut une soirée joyeuse qui a enthousiasmé la centaine de personnes participantes.
Le délicieux repas avait été préparé par Sylvie Dupré, traiteur "Du pré à l'assiette".
"Les Mistinguettes" ont présenté de très nombreux tableaux dansés, vêtues de superbes costumes (dommage que l'éclairage alternant le bleu et le rouge ne rende pas la beauté colorée des tenues des jeunes danseuses...)
Les chanteurs Johann et Bruno ont été très applaudis.
Chansons et danses ont alterné pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Pour finir la soirée quoi de mieux que de chanter en chœur..."Les lacs du Connemara" !
Et se laisser emporter par un French-Cancan endiablé !
Le spectacle, et le repas terminé, les danseurs et danseuses ont occupé la piste de danse...jusqu'au bout de la nuit !
Bravo aux organisateurs, et à tous les bénévoles qui ont permis à tous de passer une excellente soirée !
En voici deux par exemple (mais il y en avait bien d'autres que je n'ai pas photographiés !) :
Marie-Agnès Noret nous informe que les premiers prix de la 15ème édition de My French Film Festival ont été dévoilés, et surtout qui a remporté le Grand Prix !
Le Grand Prix du Jury international
Décerné par l’actrice, productrice et réalisatrice franco-iranienne Zar Amir, l’acteur et réalisateur américano-danois Viggo Mortensen, l’actrice et réalisatrice française Noémie Merlant, le réalisateur, scénariste et producteur suédois Tarik Saleh, et le réalisateur et scénariste russe Andrey Zvyaguintsev, le Grand Prix de la 15e édition de MyFrenchFilmFestival récompense
produit par Koro Films et vendu par Be For Films. Ce prix est doté de 15 000 €, répartis à parts égales entre le réalisateur, le producteur et le vendeur international du film.
« Nous décernons à l’unanimité le Grand Prix à L’Homme d’argiled’Anaïs Tellenne. Ce film s’impose comme une œuvre originale et captivante. Grâce à sa forme cinématographique singulière et riche, le film évoque la beauté et le merveilleux d’un conte de fées moderne. Nous avons été particulièrement émus par l’authenticité de sa mise en scène, ancrée dans le réalisme des décors et des comportements humains.
Le personnage de Raphaël, interprété par Raphaël Thiéry, que l’on voit passer d’un être timide et introverti à une muse assumée et consciente de soi, incarne magnifiquement ce voyage de transformation à la fois intime et universel.
L’Homme d’argile est un poème qui arrive à l’improviste et qui reste dans le cœur comme une chanson. »
Jeudi 11 janvier, de très nombreux Châtillonnais ont pu assister, en avant-première, à la projection du dernier film de Raphaël Thiéry, originaire de Sainte-Colombe-sur-Seine, "L'homme d'argi...
Quelle ne fut pas ma surprise en parcourant la rue Docteur Robert de Châtillon-sur-Seine, de voir une plaque posée au dessus de la porte du Numéro 81.
Ce nom m'était familier....et je me suis souvenue d'une agréable soirée où Catherine Monnet, alors Conservatrice, avait fait connaître aux participants de la première "soirée bulles" organisée au Musée du Pays Châtillonnais, un tableau qu'elle avait découvert dans les réserves du musée.
Ce tableau plein d'humour nous montrant un homme avec une bouteille de vin qu'il appelle "sa bonne amie", est l'œuvre d'un peintre d'origine châtillonnaise, hélas bien oublié aujourd'hui dans notre région, Auguste Petit.
Dans les réserves du musée, Catherine Monnet a aussi trouvé ce tableau d'Auguste Petit représentant l'académicien Désiré Nisard, gloire châtillonnaise.
Cette œuvre, Auguste Petit la réalisa dans son pays d'adoption, le Brésil, certainement d'après la couverture de l'Illustration du 31 mars 1888.
Dans les réserves du musée, madame la Conservatrice a découvert également un buste en bronze qui serait un auto-portrait d'Auguste Petit, réalisé par lui-même .
Une photographie d'Auguste Petit à Rio de Janeiro, montre bien une certaine ressemblance !
Si Auguste Petit est complètement oublié à Châtillon sur Seine, il fut un peintre connu et apprécié dans son pays d'adoption, le Brésil, voici donc sa biographie.
Auguste petit naquit en 1844 à Châtillon-sur-Seine au 81 rue de Chaumont (appelée maintenant rue Docteur Robert)
Il arriva au Brésil en 1864, avec les connaissances artistiques acquises dans son pays d’origine en tant qu’élève du peintre paysagiste Eugène Nesle (1819 - 1871).
Il s’installa à Rio de Janeiro, où il réalisa des paysages :
des natures mortes :
Des fleurs :
Il réalisa des scènes historiques et, surtout, des portraits dans lesquels se distinguent ceux du couple impérial Dom Pedro II (1825 - 1891) :
l'Impératrice Dona Teresa Cristina (1822 - 1889) :
et leur fille, la princesse Isabelle :
Des hommes politiques comme Quintino Bocaiúva (1836 - 1912) :
et Nilo Peçanha (1867 - 1924) :
et du chef d’orchestre Carlos Gomes (1836 - 1896) :
Il peignit aussi d'autres personnages comme ce jeune arabe :
cette ravissante jeune femme :
et ce fringant militaire :
Il fut récompensé dans plusieurs expositions générales des beaux-arts, en mettant l’accent sur la mention honorable qu’il reçut en 1882 et les médailles d’argent et d’or qui lui ont été décernées en 1884 et 1888.
Entre 1890 et 1918, le peintre se produisit régulièrement dans des expositions collectives promues par l’École nationale des beaux-arts – Enba.
1879 - Rio de Janeiro RJ - 25e Exposition générale des Beaux-Arts, à Aiba
1882 - Rio de Janeiro RJ - Exposition générale des Beaux-Arts - mention honorable
1884 - Rio de Janeiro RJ - 26e Exposition générale des Beaux-Arts, à Aiba - médaille d’argent
1890 - Rio de Janeiro RJ - Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1894 - Rio de Janeiro RJ - 1ère Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1898 - Rio de Janeiro RJ - 5ème Exposition Générale des Beaux-Arts, à Enba
1899 - Rio de Janeiro RJ - Exposition Générale des Beaux-Arts, à Enba
1901 - Rio de Janeiro RJ - 8ème Exposition Générale des Beaux-Arts, à Enba
1902 - Rio de Janeiro RJ - 9ème Exposition Générale des Beaux-Arts, à Enba
1903 - Rio de Janeiro RJ - 10ème Exposition Générale des Beaux-Arts, à Enba
1904 - Rio de Janeiro RJ - 11e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1905 - Rio de Janeiro RJ - 12e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1906 - Rio de Janeiro RJ - 13e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1907 - Rio de Janeiro RJ - 14e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1908 - Rio de Janeiro RJ - 15e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1909 - Rio de Janeiro RJ - 16e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1910 - Rio de Janeiro RJ - 17e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1912 - Rio de Janeiro RJ - 19e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1914 - Rio de Janeiro RJ - 21e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1915 - Rio de Janeiro RJ - 22e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1916 - Rio de Janeiro RJ - 23e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1917 - Rio de Janeiro RJ - 24e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
1918 - Rio de Janeiro RJ - 25e Exposition générale des Beaux-Arts, à Enba
En tant qu’enseignant, Auguste Petit enseigna la peinture. Entre 1880 et 1901, il reçut des élèves dans son atelier, situé à différentes adresses à Rio de Janeiro.
C'est au Brésil qu'il rencontra Angèle Hoxse, une française de Nantes, elle-aussi artiste, qui devint son épouse, ils eurent trois filles.
Auguste Petit revint quelques fois à Châtillon, par exemple pour marier sa fille Maria à Gustave Morizot, bien connu dans la ville.
Omer Reddé dut certainement le rencontrer lors de ses séjours .
Je vous avoue que j'ai beaucoup apprécié la pose de la plaque à son nom, au 81 rue Docteur Robert (par les propriétaires de la maison ? par la Ville ? je ne sais pas) et je pense que ce peintre la méritait amplement.
Au Brésil, à Rio de Janeiro, une place porte son nom, c'est dire le succès qu'il a eu dans son pays d'adoption, à quand une rue Auguste Petit à Châtillon-sur-Seine ?
A noter que, dans le bulletin numéro 37, de décembre 2020 des Amis du Châtillonnais, Isabelle Valque-Reddé a rédigé un article sur Auguste Petit, avec des tableaux différents de ceux présentés sur ce blog.
1269 Chamoont ou Chamunt in Bosco ou Chamont in Bosco ou Calvus Mons in Bosco
1300 Chamont le Bois
1301 Chamons Boscus
1314 Chomons in Bosco
1348 Chaumons in Bosco
1370 Chamons in Bosco
1371 Chaumont le Bois ou Chamont le Boys
1372 Chamont le Boix
1568 Chaumont le Boys
1574 Chaulmont le Bois
1653 Chaulmont le Boys
(Origine des sources principales consultées et citées par Alphonse Roserot : Laurent,I. Abbaye de Moutier-Saint—Jean. Archives de Côte d’Or : Clairvaux et autres .Abbaye Notre-Dame de Châtillon. Arbaumont, Ban. Abbaye de Molesme)
En 1789 le bourg était de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne.
Son église, sous le vocable de saint Martin, était le siège d’une cure du diocèse de Langres, doyenné de Châtillon, à la seule collation de l’évêque et, avant 1731, à la présentation de l’abbé de Moutier-Saint-Jean.
La seigneurie appartenait à l’abbaye Notre-Dame de Châtillon.
Pendant la période intermédiaire, le village fit partie du canton de Villers-Patras (A.Roserot 1924)
LES ÉCARTS
-La Jarry, ferme, 2,7km au nord-est, 1 feu, 3 habitants (Insee 1951)
Egalement appelée la Jarrie, elle fut bâtie en 1845 (Garnier)
-La Tour-Burot, fief qui relevait de Chaumont-le-Bois. Cité en 1713 (Archives de Côte d’Or)
-La Tour-de-Venarey, fief qui relevait de Chaumont-le-Bois. Cité en 1713 (Archives de Côte d’Or)
AUTRES LIEUX
-La Fontainotte, ruisseau, affluent de la Vieille-Rivière (A.Roserot 1924)
L'historien Jean Millot, Président d'Images en Châtillonnais a présenté dimanche 9 février, une conférence sur les ponts qui enjambent la Seine à Châtillon-sur-Seine et à Sainte-Colombe-sur-Seine .
Il a eu la grande gentillesse d'offrir son texte et ses images aux lecteurs de ce blog.
Qu'il en soit remercié.
Les ponts de Sainte-Colombe manquent à cet article qui aurait été trop long.
Ils seront présentés prochainement.
La conférence a débuté par la projection de ce superbe plan coloré :
A l'aide de ce plan, Jean Millot nous montre l’entrée de la Seine dans les remparts.
Les murailles du Bourg et de Chaumont avaient été réunies pendant les Guerres de Religion par deux remparts qui protégeaient le quartier de l'Isle et des Ponts, l'un en amont, l'autre en aval devenu ensuite allée des Boulangers.
Les remparts ont été construits en 1586-88. Outre les portes, on y trouvait quelques guichets (guichet Boussambre)
On avait fortifié le pont des grandes grilles et le pont des chaînes avec la création de fort (saint Maurice en 1530) ou de bastion (allée des boulangers).
Ce Plan de 1849 est utile pour situer les établissements industriels :
Jean Millot recense quatre types de moulins qu’on trouvait à Châtillon.
Il en cite deux : moulin à grains, moulin à foulon pour l’industrie lainière (cinq sous l’Ancien régime)…
Et deux autres, le moulin à tan (moulin de la Douix)et Le moulin à papier (la papeterie de Châtillon).
Autre activité qu'il ne peut pas évoquer et qui a eu une grande importance au XVIIIe et XIXe siècle, ce sont les lavoirs à mines (quartier de Courcelles Prévoir avec le ruisseau de la Forgeotte et la fontaine Boussambre).
Plan 1867 après la crue de 1866 :
C’est le plan le plus lisible où sont recensés les usines sur le cours de la Seine. Il existe une très abondante source d’archives produites par le service des Eaux.
Dans l’ordre : Fourneau de la papeterie (la roue actionne une soufflerie), Gros moulin (scierie), moulin des écuyers, le foulon de Breaux, Pertuis bas, bief, Moulin Grillotte, passerelle, pont du Pertuis, pont de l’allée des Boulangers, fontaine de la Dwix, moulin des Epasses.
Retour bras gauche : Pont des chaines en ruines, Ponr St Martin, Halle, passerelle, Sous-Préfecture, pont des Grilles, et Moulin de l’Abbaye (curieuse appellation).
Les routes : la n° 71, rue Neuve (Guichet), rue des Ponts, depuis peu, rue de la Gare…
La n° 80 vers Montbard
La n°85 Grande Rue de Chaumont, rue de l’Abbaye, le pont et à droite vers Chaumont
Le bastion du Petit-Haut (photo Duchesne)
On peut apprécier la hauteur des murailles et la puissance du bastion.
Voici une Photo Remy, 1900, qui représente le pont du tramway (pont Notre Dame)
Le Plan d’alignement de 1844 :
On peut situer le pont Notre Dame (1861 démolition)le bief du pont aux poissons, et les bains douches 1840
En 1861, démolition du pont Notre-Dame (qui n’était pas un lieu de passage, il fermait le passage)
En 1808 - Le pont aux Poissons aussi dans l'intérieur de la ville de Châtillon est divisé à la tête d’amont en 4 arches de 3 m 25 cm d'ouverture chacune. La suppression de 2 piles sur moitié de sa longueur le réduit à 2 arches en aval de 6 m 81 cm d'ouverture chacune, des maisons sont construites sur la tête d'aval.
Ce pont est très ancien et mal construit, sans être cependant en mauvais état.
Tableau Victor Didier pont aux poissons :
Professeur de dessin, photographe, Victor Didier (1837-1889) avait son atelier au fond de l’impasse de l’Arquebuse.
Cette photo nous montre des enfants pêchant au pont des Poissons. L'eau était-elle propre ? oui nous dit le conférencier car une source pure se déversait à cet endroit !
Près des arches du pont aux poissons
En 1910, le Moulin Grillotte :
Le moulin Grillotte ou moulin des Pauvres.
On y accédait par l’impasse du Guichet (magasin Strassel, fleuriste). L’hôpital Saint Pierre, qui devient après la Révolution l’Hospice le vend à Jean-Baptiste Cailletet, époux d’Elisabeth Lapérouse.Le moulin mis en location à la famille Converset devient un atelier de construction mécanique agricole.
En 1901, Edouard Converset achète l’usine. A son décès Charles Wagner continuera quelques années la construction de machines agricoles.Tout a disparu après le bombardement de juin 1940.
Vue générale pour situer le pont aux poissons :
On peut distinguer la propriété du docteur Jully, du meunier Pocard et d’Ernest Humblot ; les écoles ; la tour des hollandais rue des Ponts, impasse des Capucins ; le ont aux poissons ; la maison de Charité.
Voici le Plan d’alignement de 1821 :
Il fallait demander l’alignement. Félix Mariotte Perriquet
En 1860, photo tirée d’un album Henri Duchesne :
On distingue l’entrée de l’école de Victor Couchené
Vieilles maisons, à droite l'école maternelle (1925)
La maison sur le pont appartient à Gabriel Maillard, droguiste à l’enseigne de l’Arc-en-Ciel. Sa fille Germaine mariée 5 ans avec Marcel Noel.
Pont du Pertuis au Loup (Massenet) 1910 – Le Pertuis au Loup, Potey, cliché Duchesne
Le pont du Perthuis au Loup n'est, jusqu'en 1658, qu'une construction en bois peu solide.
En 1658 la ville entreprend la construction d'un pont en pierre et le pavage de celui-ci.
Pont Saint-Barthelemy :
Un pont sur la Seine et la tour de Gissey vers 1900
Une délibération de la Chambre de Ville du 7 Octobre 1698 attribue la cause des inondations, au moulin dit Barthélémy ou Collinot qui existait près la porte du Recept, empêchait l'écoulement des eaux.
En 1789, le petit pont des Grilles fut démoli et reconstruit avec une plus grande capacité pour l’écoulement des eaux. Il prit alors le nom de pont Saint-Barthélemy.
Pont du Recept et l'église Saint-Vorles :
Victor Connétable ingénieur le père du général Connétable. A sa mort, la maison est louée à l’archéologue bijoutier Henri Lorimy. Observer la lucarne.
Pont St Barthélémy (Cim 34) :
Pont de la Douix :
Gravure Eugène Nesle 1853-1855 et Photo Didier
Le conférencier nous fait remarquer le vannage.
Le foulonnier François Berthelemot (moulin à écorce) gérait le débit et le bassin des lavoirs.1846 démolition en 1855. 3 bassins de pêcherie privés.
1856 Enfin, on a fait démolir ce hideux foulon et cette masure de lavoir 32 m de long qui nous masquaient notre belle Dwi.
1872 Achille Maître est accusé de gestion occulte. Il a fait démolir l’ancien lavoir de la Douix et fait reconstruire le lavoir actuel sans suivre la voie hiérarchique.
Le pont de la Douix (Massenet) :
Le bâtiment est encore une mégisserie habitée par Gustave Chutry.
Pont de la Douix éditions du Moulin :
Bogureau, la source des Ducs :
La Seine et la source des Ducs :
Photo Duchesne : la Fontaine des Ducs
1899 : Mais pourquoi donc nos compatriotes ne font-ils plus, durant la belle saison, comme il y a une dizaine d’années, leur excursion matinale à la Douix, où l’on rencontrait chaque jour, dans cette délicieuse et ombreuse allée qui va de la fontaine des Ducs à la grande source, d’agréables buveurs et de gracieuses buveuses, qui « promenaient leur eau » en échangeant des propos aimables et spirituels?
Pendant deux ou trois années, on a pu croire que Châtillon allait devenir une ville d’eau, tant l’engouement pour la petite source que vous savez était devenu général ici et s’était vite répandu au dehors.
On parlait déjà de la création d’un hôtel dans le voisinage du moulin des Passes ; on annonçait la construction d’un casino…
Promenade de la Douix par Bogureau :
La rue de Seine a été créée pour rejoindre l’abattoir (avant il était impasse du Raisin.)
Pour relier le quartier neuf à la promenade de la douix et au chemin de Marigny, Bordet promet de créer une route et d’installer deux ponts de bois. Le terrain appartient à l’hospice de Châtillon.
En 1853, après la construction de la rue de Seine et des deux ponts en bois, il est devenu accessible de tous côtés.
Photo inédite de la construction des ponts :
Par délibération du Conseil du 22 mars 1904, les ponts de bois furent démolis et des ponts en ciment armé construits.
Le don d'Émilie Poupée servit à cette construction (1813-1898).
Massenet : Nouveaux ponts :
Bonne vue de la fontaine des Ducs
Bogureau : Nouveaux ponts :
Quant à l'abreuvoir, il a disparu quand, en décembre 1972 ,les deux ponts ont été une nouvelle fois démolis et remplacés par deux de plus grande largeur pour faire face à l'accroissement de la circulation.
Le moulin des Passes 1904-1905 on y voit Lebrun et son chien :
Le moulin des Paces.
L'abbaye Notre-Dame en est devenue seule propriétaire en 1247.
Le moulin est vendu 20 000 livres en 1791 à Nicolas Edme Viesse de Marmont.
Après la faillite du maréchal Marmont en 1827, le moulin a appartenu à la comtesse Élisabeth de Rochechouart (1796-1857). Puis Toussaint André puis les frères Piot.
Le moulin servait essentiellement aux paysans du faubourg Saint-Mammès et de Marigny.
Le Moulin des Passes par Bogureau :
Le moulin appartenait depuis 1882 à Edmond Pocard qui l'avait acquis de son oncle meunier Théophile Noblot (1820-1883).
Edmond Pocard et son épouse résidaient chez Ernest Humblot, impasse des Capucins.
C'est lui qui a fait construire l'immense cheminée pour le bon fonctionnement de sa machine à vapeur qui assurait la force motrice quand les eaux du bief n'arrivaient pas à entraîner les meules.
Paul Lemoine lui succède vers 1925 puis ce sont les Minoteries dijonnaises qui cesseront leur activité en 1993...
Le moulin des Passes lors d'une inondation.
Le vannage du Petit-Bas avant travaux :
Photo Manzoni , les travaux :
Le petit-Bas, l’église St Vorles. 1908 :
On distingue le pont du chemin de fer.
Photo Duchesne 1890, prise d’eau (concession pour encourager l’industrie)
En 1869, Eugène Rouot (1813-1875), mécanicien, obtient l'autorisation de faire un barrage en bois sur le bras gauche de la Seine et conserver un canal sous les bâtiments et le jardin pour faire tourner une roue hydraulique, motrice de ses ateliers.
Puis son fils Emile (1844-1932) (machines à battre et pressoirs) livre presque épuisé
Photo Duchesne 1860
Le pont des Chaînes (rempart établi lors de la réunification des deux cités Chaumont et le Bourg en 1586)
Le pont aux Chaînes était défendu par un fort dont il est resté jusqu'à 1801 la tour du Fort Saint Maurice, au bout de l'impasse de ce nom.
Vieilles maisons en 1909 :
Clément Mitaine, du Cheval Rouge le quitte pour se marier. Au fond, on aperçoit l'Imprimerie Lithographie Reliure (Bogureau)
Pont Saint-Martin et pont des Halles
Rue des Ponts et Marché couvert :
On distingue le pont Saint Martin l'Hôtel du cheval Rouge la Pharmacie Serbource puis Goret, l'Horlogerie Alexandre Gambey puis Joseph Boz et Jardelle (chapelle St Martin)
Le pont Saint Martin dans l'intérieur de la ville de Châtillon est d'une construction ancienne en moellon ; il est composé de 2 arches de 4 m d'ouverture chacune il n'est pas en très mauvais état.
Voici un plan de 1788 établi par un ingénieur des Ponts et chaussées
Rue des Ponts, impasse des Capucins, Cour des Halles , en vert bras de la Seine (piliers de la maison) ; Chapelle St Martin, en haut cul de sac du Raisin, espace blanc, puits dans la rue de Chaumont, Poste aux chevaux.
Plan annoté de 1789
De droite à gauche, III maison d’un particulier (rive droite) Joseph Le Sain provenant de Bernard Personne
Cours naturel de la rivière (sic), la Chapelle St Martin
II maison où résident les pensionnaires des bénédictines qui doit cens.
Bâtiments qui ont été démolis. Porche qui était autrefois il y a 45 ans.
Ruelle qui conduit aux remparts derrière les Bénédictines (allée des Boulangers Rue Regnault)
Le quartier des Ponts, qui avait eu un oratoire Saint-Martin au XIIe siècle et n'avait pas de lieu de culte au XVIe siècle, obtint en 1578 le droit de construire une chapelle aux frais des habitants et surtout de François Riel prévôt.
L'édifice dédié à Saint-Martin, situé rue des Ponts, assez modeste disparut au XIXe siècle.
Plan cadastral 1810 (modifié après le bombardement)
Un petit bras de la Seine et une photo inédite du pont des Halles
Pont des Halles (Pont en bois en 1831 puis passerelle).
On décida de le reconstruire en pierre, à une plus grande hauteur. Sa réception définitive eut lieu en 1874.
Les Halles:
:
En 1910 quai des Halles :
Pont des Grandes Grilles
77 Avenue des Boulangers
Vous avez le bonjour de la petite parisienne Elodie Deseaux. (colonie du XIe)
En 1641, la crue de janvier fut telle qu’elle emporta le pont des Grandes Grilles avec des portions de remparts.
On le reconstruisit alors plus large. Réclamation des Bénédictines.
Lebrun Joly le Pont des Grilles, 1910, colorisée :
En 1910, le pont miné :
Février 1910 , le pont des Boulangers :
Une carte de Massenet :Bords de Seine
Gué des Grandes Grilles Jardelle :
1890 une photo de Duchesne , la promenade :
On peut voir ici le Chalet Voizot Bonnamy Normier.
Par Charpentier : Bords de Seine (vue du pont de l’abbaye) :
Le pont de l'abbaye :
1820 une gravure de Lasteyrie
Le maréchal a fait venir un célèbre lithographe pour immortaliser ses possessions.
Le pont de l'Abbaye sur la rivière de Seine est moderne d'une fort belle construction. Il est composé de 2 arches de 11 m 69 cm d'ouverture, chacune en maçonnerie de pierres de taille sur un plan circulaire.
Le pont du moulin de la Sucrerie (Trèfle) :
Pont sur la Seine 1950 (Bourgeois ) :
Le Moulin Marmont en 1919 :
Le pont des Malades
En 1820 gravure de Lasteyrie du vieux pont :
Rappel : Le château des seigneurs de Sainte-Colombe est dans le domaine et sous la protection des ducs de Bourgogne.
Le cadastre de Sainte Colombe :
Pont – moulin de la Maladière. Le moulin des Malades, — ou de Courcelles-Prévoir — sur la paroisse de Sainte-Colombe, relevant de la Maladière, avec huilerie et place à foulon, situé à l’extérieur des remparts, appartenait à l’abbaye Notre-Dame.
1901 (Mlle Charpentier) Pont sur la Seine
Un coin du Parc, Vieux pont sur la Seine :
Une photo de Michel Desliens :
Images en Châtillonnais a édité deux très beaux ouvrages que leurs auteurs ont dédicacé en fin de conférence.
Le premier, écrit et illustré par Jean Millot, nous présente les villages du canton de Châtillon-sur-Seine à travers les cartes postales.
Le second ouvrage est l'œuvre de Michel Manzoni, Vice-Président d'Images en Châtillonnais.
Il est composé de photographies de soldats américains qui étaient basés dans tous les villages du Châtillonnais durant la Grande Guerre.
Alain Pigeard, dans son superbe livre "Dictionnaire des Officiers de Napoléon Ier en Côte d'Or", signale l'existence de plusieurs officiers de Napoléon Ier nés dans le Châtillonnais. J'ai déj...
Vendredi 17 mars, Dominique Masson, historien châtillonnais, a présenté une passionnante conférence, sous l'égide de la Société Archéologique et historique du Châtillonnais (SAHC), sur les relations que saint Bernard de Clairvaux eut avec notre ville, Châtillon-sur-Seine.
Le Président de la SAHC,Dominique Sanson, a présenté le conférencier au public venu très nombreux.
Dominique Masson a conté l'enfance et la jeunesse de saint Bernard, en l'accompagnant de superbes illustrations.
Son texte dépassant les limites du nombre de caractères autorisés par le blog, cette conférence paraîtra en plusieurs épisodes.
Partie 1 :
La ville de Châtillon a beaucoup compté pour saint Bernard puisqu’il y a passé sa jeunesse ; ces années furent importantes pour lui, elles furent des années de formation ; et, plus tard, il continuera à garder un œil sur cette ville.
L’inconvénient, c’est que les périodes où le futur saint Bernard a vécu à Châtillon sont difficiles à cerner exactement :
D'’une part, il y a des problèmes de dates ; les historiens ne sont pas toujours d’accord et on est souvent dans l’approximation.
(« Incipit prologus Willelmi abbatis in vita sancti Bernardi clarevallensis abbatis ») ; 1180 ; Dijon.
D’autre part, Bernard n’a jamais parlé de sa jeunesse.
On ne connait la jeunesse de Bernard que par les « fragmenta Gaufridi » (les « fragments ») rédigés par Geoffroy d’Auxerre (1145/1146) et par la « vita prima sancti Bernardi », rédigée par trois de ses proches, à partir de 1145 : Guillaume de Saint-Thierry, Arnauld de Bonneval et Geoffroy d'Auxerre).
Revenons rapidement en arrière.
L’aventure cistercienne avait commencé en 1075, avec la fondation de l’abbaye de Molesme, par saint Robert.
Mais, comme une partie des moines refusait de pratiquer avec la plus grande austérité la règle de saint Benoît, Robert, avec Etienne Harding et une vingtaine de moines, partit au sud de Dijon pour y fonder un nouveau monastère (le« novum monestarium »), le 21 mars 1098 : lequel prendra ultérieurement le nom de Cîteaux.
Le trajet Molesme-Cîteaux :
LES PARENTS DE SAINT BERNARD
Son père c’est Tescelin II de Fontaine, dit Tescelin le Roux ou Tescelin le Saur (parce qu’il avait une chevelure blonde tirant sur le roux).
lignée Tescelin :
C’est quelqu’un : de pieux, de juste, c’est quelqu’un qui est issu d’une famille noble :
- Par son père, il est apparenté aux seigneurs de La Ferté (sur Aube)- par sa mère, il pouvait être apparenté aux seigneurs d’Aigremont, de Saulx et de Grancey.
Et lui-même est un seigneur châtelain ; mais, il n’apparaît pas comme un gros propriétaire foncier. Le château lui-même de Fontaine est un petit château, muni de défenses assez rudimentaires.
Surtout, Tescelin est un vassal du duc de Bourgogne. En tant que tel, il doit assurer régulièrement la garde au château de Châtillon. C’est un « milites castri », c’est-à-dire qu’il fait partie d’un groupe de chevaliers attaché à la défense de ce château.
Le château de Châtillon au XVIIème siècle :
Ce château de Châtillon n’est pas un grand château par sa surface (4 tours + un donjon), mais il a un grand intérêt stratégique, car il commande la percée de la Seine entre le comté de Champagne et le duché de Bourgogne.
Lors de ses gardes, Tescelin n’habite pas au château même, mais il a une maison proche où il habite le temps de sa garde.
Tescelin est un homme sage, qui a la confiance de son seigneur ; c’est pourquoi il compte parmi les proches des ducs de Bourgogne.
De sorte qu’il figure souvent comme témoin dans leurs actes.
Par exemple, il est parmi les témoins de la charte de fondation de Molesme, donc en présence de Robert de Molesme (vers 1075/1076).
En bref, c’est le type achevé du chevalier chrétien.
Sa mère, c’est Aleth de Montbard (Alette, diminutif de Alix ; dériverait d’un mot allemand signifiant Adélaïde)
Elle est de famille plus importante que la famille de Tescelin, puisque son père est le premier seigneur de Montbard ; c’est Bernard Ier de Montbard (1040-1103), (qui est apparenté aux familles de Bar-sur-Seine ; Tonnerre ; La Roche-Vanneau)
La lignée d'Aleth :
Par sa mère, Humberge, elle est apparentée aux seigneurs de Couches-les-Mines ; Ramerupt ; Baudement.
La famille du seigneur de Montbard se compose de 5 enfants :
Mille, qui sera moine à Cîteaux ; André, qui sera l’un des neuf fondateurs de l'ordre du Temple ; Renard, qui sera seigneur de Montbard ; et Gaudry de Touillon, qui suivra Bernard à Clairvaux.
Et il y a Aleth. Elle passe son enfance au château de Montbard. Son père la destinait au cloitre et elle fut élevée dans cette intention. Mais, lorsqu’elle eut 15 ans, Tescelin la demanda en mariage.
Aleth et Tescelin –vitrail de Montbard, église Sainte Urse –XIXe siècle :
Les enfants du couple-vitrail de Montbard
Aleth eut sept enfants :
Guy, Gérard, Bernard, Hombeline, André, Barthélémy et Nivard : soit 6 fils et une fille.
Non seulement Aleth se dévouait pour des œuvres charitables mais, pour l’éducation de ses enfants, elle ne voulut pas les confier à des nourrices, mais les allaita elle-même et elle les éleva dans la discipline ; tant qu’ils restèrent sous sa main, elle leur apprit à se contenter de vêtements simples et de nourriture solide, mais grossière :
Geoffroy d’Auxerre dira :
« Agissant manifestement sous l’inspiration divine, elle ne préparait pas ses enfants pour le siècle, mais pour la vie religieuse, prenant soin qu’ils fusent élevés sans faiblesse et sans bien-être, de sorte qu’ils devinssent robustes, nullement efféminés par l’usage des choses qui plaisent ».
Avant même que Bernard ne naisse, Aleth eut un songe ; elle vit un chien taché de roux qui poussait des aboiements formidables. Grandement épouvantée, elle alla voir un saint ermite, qui la rassura et lui prédit la glorieuse destinée de son futur fils :
« Ne craignez rien, car vous serez la mère d’un excellent petit chien ; celui qui naîtra de vous sera le meilleur des prédicateurs, il ne ressemblera pas à ces chiens muets qui ne savent pas aboyer » (Geoffroy d’Auxerre).
Aleth est donc une châtelaine exemplaire et une mère exemplaire
Le résultat pour Bernard :
- d’un côté, la figure de la mère sera omniprésente ; Bernard présentera sa mère comme l’absolu d’un possible idéal féminin.
- de l’autre, bien qu’il ne soit pas élevé pour le maniement des armes, Bernard sera pénétré du sens militaire et pourra acquérir le don du commandement et appliquera la discipline militaire aux règles monastiques.
Et, de plus, le maillage lignager comptera beaucoup : soutien.
Son maillage lignager (entre Bourgogne, Champagne, évêché) :
L’ENFANCE DE BERNARD DE FONTAINE
Il est né au château de Fontaine, en 1090/1091, il aurait été élevé, selon Geoffroy d’Auxerre, avec plus de tendresse que ses frères.
Il resta à Fontaine où il fut élevé par sa mère, jusque vers l’âge de 5 ou 8 ans (les historiens se séparent sur cette question).
Puis Aleth (vers 1095-ou vers 1098 ???), décida de transférer la famille de Fontaine à Châtillon, pour permettre à Bernard de fréquenter l’école des chanoines, afin de le préparer à une carrière ecclésiastique ; l’avantage, c’était que cette école était proche de la maison de Tescelin et Bernard pouvait ainsi fréquenter l’école et vivre en famille.
Peut-être vers 5 ans, il aurait été confié aux chanoines de Saint Vorles pour apprendre les premiers rudiments des Lettres, c’est-à-dire apprendre à déchiffrer les psaumes, les réciter par cœur puis les comprendre, s’exercer à les lire à haute voix et les chanter.
Le psautier, à l’époque, c’était le livre de lecture élémentaire depuis l’époque mérovingienne ; mais il était écrit en latin, langue qui n’était plus la langue de tous les jours, mais un instrument de communication « culturelle », avec une grammaire rigoureuse.
On relève que, plus tard, les écrits de Bernard montrent une grande habileté dans le maniement de la langue latine.
Puis, vers l’âge de 7 ans, le jeune Bernard va approfondir ses connaissances.
(Ou alors, il ne vint aux écoles des chanoines que vers 7/8 ans).
Qui étaient ces chanoines ?
En Bourgogne, Langres, le siège d’un évêché, était, à la fin du XIe siècle, un grand foyer d’études. Outre Langres, il y avait des écoles à Dijon, Châlon, Tournus, Mâcon, Cluny et à Châtillon
L’évêque de Langres Brun de Roucy (980-1016), avait reconstruit l’église Saint Vorles de Châtillon-sur-Seine et il y avait institué là un groupe de chanoines, séculiers ; ils avaient là leur habitation et leur cloitre dans la basse-cour du château et c’est là qu’ils enseignaient.
Cloitre des chanoines près du château, tableau du XVIème siècle :
On y enseignait probablement que le trivium, c’est-à-dire les trois disciplines littéraires fondamentales ; la grammaire (l’art de bien écrire), la rhétorique (l’art de bien parler) et la dialectique (l’art de bien raisonner) – (mais, pour certains auteurs, Bernard n’aurait étudié que grammaire et rhétorique).
Bernard n’étudia pas les quatre disciplines scientifiques réunies dans le quadrivium : arithmétique, géométrie, musique, astronomie (mais il a pu quand même en avoir quelques notions).
(La suite de cette magnifique conférence paraîtra dans trois autres articles, édités prochainement)
C'est quand saint Bernard eut environ 7/8 ans, une veille de Noël 1097 ou 1098, qu’il reçut une faveur insigne : c’est la vision de Noël.
Vision de Noël, dessin de Thomas Fontana, cuivre d'Antoine Tempesta (1653) :
Selon Guillaume de Saint Thierry,
« Cette vision arriva dans cette nuit si célèbre de la naissance du sauveur du monde … Car pendant qu’on tardait, durant quelque temps, à célébrer le service de la nuit, il advint que Bernard, qui était assis et qui attendait comme les autres, penchant la tête, s’endormit un peu. Dans le même instant, l’Enfant Jésus se présenta à lui comme à son enfant et lui révéla sa sainte naissance …..
Son esprit fut persuadé, comme il le croit et le confesse encore maintenant, que cette heure était celle de la naissance de notre Seigneur ».
Par contre, dans les « Fragments » de Geoffroy d’Auxerre, ce dernier rapporte que, la veille de Noël, alors que le jeune enfant dormait dans la maison de son père, il lui sembla voir la Vierge enfanter. Or, on sonnait pour les Vigiles ; sa mère le réveilla, le revêtit des habits de cérémonie et l’emmena à l’église avec elle, comme elle en avait l’habitude.
Donc, pour Geoffroy d’Auxerre, la vision a eu lieu dans la maison paternelle. Par contre, pour Guillaume de Saint Thierry, la vision aurait eu lieu devant la statue de la Vierge, dans l’église saint-Vorles.
Mais, dans ces récits, il n’est question que de la Nativité, de la « naissance du Christ ».
monstra te esse matrem
L’italien Jacques de Voragine, au XIIIe siècle, le souligne encore, dans sa "Légende dorée" :
« Et, depuis lors, il acquit une compétence spéciale dans tout ce qui touchait à la nativité du Christ, ce qui lui permit de parler mieux que personne de la Vierge et de l’Enfant et d’expliquer le récit évangélique relatif à l’Annonciation ».
La Nativité fut, plus tard, dans les sermons de Bernard, un thème privilégié ; et, même si l'œuvre de Bernard sur la Vierge est restreinte, les quelques pages qu'il n a laissé sont si débordantes de ferveur qu'elles ont fait considérer le saint comme un "docteur marial".
Et maintenant évoquons le « miracle de la lactation de saint Bernard »
D’où vient cette légende, qui n’est ni dans les « vitae », ni « la légende dorée » ???
Le thème de la lactation mariale est relaté d’abord par le cistercien Césaire de Heisterbach, au début du XIIIe siècle ; il en fait mention dans ses « huit livres de miracles » ; il parle d’un abbé de Clairvaux de la fin du XIIe, ignare dans la science de l’écriture, mais plein de bonté ; le pape lui envoya une lettre lui enjoignant de prêcher la croisade, il fut alors très inquiet ; il entra dans l’église, alla prier et implorer la Vierge ; elle l’appela et lui tendit ses seins afin qu’il les suce.
- Ensuite, Etienne de Bourbon rédigea, au milieu du XIIIe siècle, un « traité des diverses manières à prêcher », où il parle là de la lactation par la Vierge d’un religieux anonyme.
Ci nous dit :
Et puis, au début du XIVe siècle, parut un livre d’instruction chrétienne, appelé le : « Ci nous dit ». Il y a 8 chapitres sur saint Bernard ; mais là, c’est après son entrée à Cîteaux que l’abbé Etienne Harding aurait demandé à Bernard d’aller prêcher devant l’évêque de Châlons-sur-Marne. Bernard ne put se dérober ; il alla prier et s’endormit. « Et Notre Dame mit sa sainte mamelle dans sa bouche et lui enseigna la divine science. Et désormais, il fut l’un des prédicateurs les plus subtils de son temps et prêcha devant l’évêque. L’abbé l’envoya alors à Clairvaux… ».
Passons donc maintenant au miracle de la vision de la naissance du Christ, au miracle de la lactation représenté par cette gravure :
- Ce miracle de la lactation, on va le retrouver également en peinture : la plus ancienne représentation de la « lactation » de saint Bernard se trouve en Espagne, peinte, vers 1290, sur un retable de l’église des templiers de Majorque (Baléares):
Ensuite, ce miracle de la lactation va se répandre à partir du XVe siècle au-delà des Pyrénées ; et la lactation va devenir alors véritablement le miracle caractéristique de saint Bernard.
On va le trouver en miniature :
en vitrail (Vézelise, XVIe siècle ; Chaumont, XIXe siècle) :
en peinture :
Jean Beugier alias le Maître des Portraits princiers, Lactation de Saint Bernard, fin XVe-début XVIe siècle, Cassel, musée de Flandre, dépôt de l'abbaye Sainte-Marie du Mont-des-Cats de Godewaersvelde) ;
Par l'école flamande, musée de Liège :
A Hautecombe l'enfant a disparu...
Le thème sera repris aussi plus tard par les peintres de la Contre-Réforme et les peintres baroques.
Alonzo Cano (espagnol 1601-1667)
Josefa de Obidos (une espagnole, d’origine portugaise (1630-1684)
Finalement, à la suite de « contaminations » successives, ce récit va se greffer à Châtillon, où il trouvait là un terrain favorable.
Il y eut d’abord une lettre concédant 40 jours d’indulgence, qui avait été octroyée à Avignon en 1340, par 5 évêques, pour les fidèles qui visiteraient l’église Saint-Vorles, en raison du miracle dont l’église avait été le théâtre.
Mais comme cet acte originel disparut dans l’incendie de Châtillon en 1475, le chanoine curé de Saint-Vorles demanda, en 1490, un « vidimus » (c’est-à-dire une copie certifiée authentique), qui fut octroyé par l’abbé de Vaux-la-Douce (Haute Marne).
Première page de l'Histoire Sainte du Père Legrand :
Et ensuite un châtillonnais, le père Etienne Legrand, fixa le canon du miracle de la lactation à Châtillon dans son livre paru en 1651 ; il écrit :
« …Il se trouve en l’église de Saint-Vorles de Châtillon une certaine image très ancienne de la bienheureuse Vierge Marie … laquelle présenta miraculeusement son fils à saint Bernard …lui disant « Bernard, reçois mon fils, le sauveur du monde … … et l’image porta la main à sa mamelle et fit distiller sur-le-champ trois gouttes de son lait dans la bouche ouverte de ce saint… ».
Le père Legrand parle d’une image de la Vierge , puisqu’on va aussi accréditer que ce miracle s’est passé devant la statue de la Vierge, statue conservée dans l’église Saint-Vorles, dans une niche de la chapelle inférieure ; celle-ci, dès le XVe siècle, s’appellera « chapelle de Monsieur saint Bernard ».
Chapelle Saint-Bernard :
peinture murale disparue:
C’est cette statue, et non la Vierge elle-même, qui s’anima lors du miracle.
Malheureusement, à la Révolution, malgré une patrouille de 24 personnes, la statue fut prise et brûlée.
Mais une statue de Vierge, correspondant parfaitement à la description du père Legrand, fut retrouvée dans une maison châtillonnaise ; elle s’adaptait à la niche de l’église Saint-Vorles ; la statue fut alors remise solennellement dans la niche en 1927.