Publié le 28 Décembre 2021
Publié le 28 Décembre 2021
Publié le 27 Décembre 2021
Après les "trompe-l'œil" de Jean-Pierre Loget :
Voici les superbes paysages qu'il a exposés salle des Bénédictines du 17 au 22 décembre 2021....




















Publié le 26 Décembre 2021
Beaucoup de commerçants de Châtillon ont décoré leurs vitrines pour les fêtes 2021, un plaisir pour les yeux !































Publié le 26 Décembre 2021
Publié le 25 Décembre 2021
Eulglod nous révèle l'origine de la Saint-Sylvestre, merci à lui !

(Le baptême de l’Empereur Constantin par Saint Sylvestre)
Qui était Saint Sylvestre ?
Sylvestre, fils du prêtre Rufin de l’église d’Aquillé, était un romain aux origines obscures et sujettes à diverses légendes.
Sa mère, Justa, aurait confié son enseignement au prêtre Cyrinus.
Par son extrême bonté, il hébergea un chrétien d’Antioche, Timothée, qui avait pratiqué beaucoup de conversions et qui, pour cela, fut décapité sur l'ordre du préfet de la ville, Tarquinius.
Avec le pape Miltiade, Sylvestre emporta le corps de Timothée et l'ensevelit près du tombeau de saint Paul, dans le jardin d'une sainte femme dénommée Théona.
Tarquinius fit arrêter Sylvestre, lui enjoignit de livrer les biens de Timothée et de renier sa foi.
Sylvestre qui naturellement refusa, fut envoyé en prison mais libéré après que le dit Tarquinius se fut étranglé avec une arête de poisson.
Ordonné prêtre par le Pape Miltiade puis élu lui-même Pape à la succession de Miltiade, il tint ce poste pendant 22 ans, de 314 à 335, date de sa mort
Après avoir réorganisé l’église en énonçant quelques règlements concernant les prêtres, en ordonnant de remplacer le nom des dieux que portaient les jours par leurs numéros de férie et en définissant les jours de fêtes et les jours de jeûne, il mourut « à un âge avancé » dit-on, le 31 décembre 335.
Le réveillon de la Saint Sylvestre
Le réveillon de la Saint Sylvestre est donc ainsi placé sous les bons auspices de son Saint.
C’est le pont, le lien direct entre l’actuelle, bientôt ancienne, et la nouvelle année.
La tradition est d’organiser une « bombance » dans la joie et la bonne humeur et qu’y soient proposés les mets les plus riches et les plus raffinés.
Plus le réveillon sera riche, meilleure sera l’année à venir.
De plus et contrairement à Noël qui est une fête purement familiale, ce réveillon est celui de la fête entre amis.
Les bruits de toutes sortes émis à cette occasion auraient, selon les anciennes croyances, le pouvoir d’éloigner les mauvais esprits et les démons.
La tradition sans doute la plus dangereuse de cette nuit de Saint Sylvestre est celle qui, en Italie, consiste (consistait) à jeter sa vieille vaisselle et ses objets anciens par la fenêtre.
Si cela symbolise « l'abandon de l'inutile et du superflu, et la promesse d'un départ meilleur pour la nouvelle année », les vieilles cocotes en fonte restent toujours un redoutable danger.
Source documentaire
Publié le 25 Décembre 2021
Eulglog, en cette période de Fêtes où les "cochonailles" sont à l'honneur, nous offre l'histoire de la Saint Cochon, une fête de tradition morvandelle.
Merci à lui pour son texte passionnant, et bonne lecture !
La Saint Cochon
Le Maréchal de Vauban, ministre de Louis XIV et célèbre Morvandiau, voyait déjà dans l’élevage du cochon un moyen efficace pour lutter contre la famine et précisait :
« cet animal est d’une nourriture si aisée que chacun peut en élever, n’ayant point de paysan si pauvre qu’il soit qui ne puisse élever un cochon de son cru par an ».
Tout est bon dans le cochon, même le plaisir d’y retrouver un vieux jeu de société…

Origines du cochon
Le cochon serait apparu en Asie mineure au début de l’ère tertiaire (entre -65 millions et -2,6 millions d’années) et son apparition en Europe remonterait à quelques 9 000 ans.
L'entélodonte, appelé aussi « cochon de l'enfer », aurait vécu entre -30 et -20 millions d'années.
Les paléontologues cherchent à reconstituer l’aspect de ce qui est considéré comme l’ancêtre du phacochère.
Voir un documentaire en 5 parties sur l'entélodonte, visibles sur « YouTube », première partie ici :
https://www.youtube.com/watch?v=9lrOSagI8as
Toutefois, la parenté du cochon avec le sanglier ne serait pas affirmée, les (des) zoologues lui préférant la descendance du « cochon sauvage ».
Plus près de nous, chez les Gaulois, les Eduens avaient la facilité d’élever le cochon avec les glands des nombreux chênes du Morvan.
Symbolique et croyances
Les Grecques l’auraient associé à Déméter (fécondité et agriculture), les Romains à Cérès (blé) et à Sylvain (Dieu champêtre), les Egyptiens à Osiris (végétal et animal) mais l’auraient aussi considéré comme maléfique…
Qu’il soit sale et peu délicat (voire maléfique) le fait détester et interdire d’approche par certaines civilisations (hébraïques et musulmanes), pendant que d’autres le vénèrent (Tibet), le sacralisent au point de ne pas le manger (Crête), l’élèvent en signe astrologique (Chine), ou encore en font le compagnon de St Antoine (chrétienté).
Dans les cultures européennes, nordiques ou celtes, il est lié non seulement à l’abondance et à la richesse, mais aussi à la chance, à la fertilité et la fécondité.
A contrario, il est naturellement lié à la gourmandise, à la goinfrerie, à la luxure…
Il est impur parce qu’il se vautre dans la fange et qu’il mange des immondices, et bien souvent coupable de tous les maux.
Au moyen âge, il n’était pas rare de voir des porcs (mais aussi des chèvres, des mulets, des chevaux, des chats, des chiens ou des coqs) figurer dans des procès criminels.
Ils étaient arrêtés, mis en prison et comparaissaient même devant un tribunal.
Et comme ils ne répondaient pas aux questions qu’on leur posait, ils étaient soumis à « la question. »
Leurs cris étaient alors pris pour des aveux et le procès se terminait évidemment par une sentence de mort.

Illustration du Roman de Renart (entre 1170 et 1250)
«Renart, Renart, dit le lion, il y a des bourreaux qui vont maintenant vous faire payer
tous les crimes que vous avez commis dans votre vie… »
Plus récemment, des médecins ont affirmé que la viande de porc était de digestion difficile, et, qui plus est, devenait rapidement malsaine dans les pays chaud, ajoutant qu’il valait mieux en éviter la consommation pour prévenir toutes sortes de maladies parasitaires (la trichinose, ou trichinellose, transmise par le porc mais aussi par le cheval).
Des larves de trichines auraient été découvertes dans les tissus de momies égyptiennes datant de plus de 5 000 ans mais aussi dans le corps du chasseur préhistorique « Ötzi », dont le corps momifié a été découvert en 1991 à 3000 m d’altitude dans un glacier des Alpes autrichiennes (le Hauslabjoc), ce qui laisserait à penser que certaines civilisations auraient, depuis longtemps, établi le lien entre le cochon et la maladie (et bien que d’autres contrées à la climatologie équivalente l’ai toujours consommé sans problème…).
D’autres vertus lui sont attribuées, chez les Celtes et les nordiques notamment, telles la force et le courage, mais il est alors question du sanglier et non plus du cochon.
Quelle que soit l’opinion que l’on peut en avoir, le cochon ne laisse donc pas indifférent.
Un rite sacrificiel
Là comme dans de nombreuses autres occasions, la chrétienté a intégré les rites païens et le rituel sacrificiel du cochon à la période qui devance la fête de la Nativité.
Le 25 décembre était le début d’un cycle de 12 jours de fêtes censées accompagner le passage à l’an nouveau, période définie commela « renaissance et le renouveau du temps astronomique ».
C’était aussi la période où les paysans avaient terminé les travaux des champs que l’on appelait « le cycle agraire » et se préparaient à entamer le suivant.
C’était aussi – dit-on – la période au cours de laquelle ils pratiquaient divers rituels destinés à s’attirer les faveurs des cieux…
Et l’on considérait que le sacrifice du cochon était une offrande qui leur était destinée.
Bel exemple de manipulation car en réalité toute la mise en scène de la symbolique a une réelle justification.
- S’il était de coutume de sacrifier un cochon lors du solstice d'hiver, c’est tout simplement parce qu’à cette époque le « Couessot » avait atteint l’âge de 10 mois et un poids d’environ 100 kg et que d’autre part, la température relativement basse favorisait la manipulation de la viande, « pour qu’elle caille correctement »
- S’il fallait commencer très tôt le matin, c’est parce que la journée allait être longue et que le travail ne manquerait pas.
- S’il fallait choisir, de préférence, la fin d’une nuit de pleine lune, c’était pour palier un manque d’éclairage évident.
- Et si le rituel se terminait toujours par un repas pris en commun, c’est parce que la fête ne durait réellement qu’une journée.
Les voisins et amis qui venaient aider étaient ainsi remerciés.
D’ailleurs le « rituel » ne se terminait pas par un repas, il avait lieu le midi et pour l’après-midi il restait de l’ouvrage (ce qui n’empêchait toutefois pas le « m’cho canon du souère »).
Célébration
Nous savons maintenant pourquoi la célébration de la fête du cochon avait généralement lieu l’hiver : la bonne conservation de la viande.
En revanche aujourd’hui, pour de multiples raisons allant des mesures d’hygiène à la possession d’un congélateur, en passant par la perte du savoir des anciens à pratiquer ce « rituel », il n’y a plus de date précise.
Ainsi vous trouverez des Saint Cochon tout au long de l’année, y compris en juillet et août, pour de simples raisons commerciales.
Ces nombreuses Saint Cochon sont l’occasion de déguster des grillades et des saucisses mais n’ont plus rien à voir avec le « tuage du cochon » comme l’on dit encore dans quelques contrées.
Au risque d’en fâcher quelques-uns, je dirais que la « bonne » Saint Cochon serait celle qui se déroule entre 15 novembre et le 15 décembre. « Entre » ne signifie pas « tous les jours »…
Mais là, encore maintenant, pendant ce mois, ce sont des animations autour du cochon.
Comment faire croire que ce n’est pas commercial ? Que les pièces viennent de derrière la grange et non de la filière porcine ?
En cherchant un peu nous devrions même trouver une Saint Cochon jumelée avec la fête du Beaujolais nouveau…
Tuer le cochon

(Le dépeçage du porc par Louis Humbert de Molard (1847-1898))
Jour J :
- Lorsqu’il était abattu quelqu’un récupérait le sang dans une casserole ou une cuvette et commençait à le remuer afin qu’il ne caille pas.
- Pour griller les soies, la bête était étalée sur un lit de paille puis recouverte d’une deuxième couche de paille auxquelles on mettait le feu.
- Une fois les poils brûlés, la couenne était frottée et grattée avec un racloir.
- Le cochon était ensuite pendu à la verticale tête en bas.
- Le spécialiste fendait l’animal de la queue à la tête et là, commençait l’éviscération.
- Les viscères étaient mis dans des bassines pour être vidés et nettoyés à grande eau (c’était un travail réalisé par les femmes qui, pour ce faire, devaient parfois aller à la rivière…).
- Les « grosses tripes », vidées et nettoyées, seraient utilisées pour préparer les andouillettes.
- L’intestin grêle était immédiatement utilisé pour faire les boudins. Un mélange sang, oignons, panne fondue et aromates, habilement dosé par une spécialiste (aidé en cela par un amateur qui y ajoutait quelques ingrédients spéciaux, comme un peu de gnole...). (Mais avant remplissage, il fallait vérifier que le boyau n’était pas percé… en soufflant dedans).


Une rasade de gnole puis le sang... (Images extraites du film documentaire « L'Alice » réalisé par Anne Comode et distribué par Zara-doc)
- Quand le boudin (plusieurs grands boudins) était prêt, il était fermé et mis à cuire (sur un poêle à bois).


Les boudins prêts à cuire puis cuits séchant à l'air..
Tout cela prenait la journée, mais restons sérieux, entre temps, on avait pris le temps de couper et de cuire les grillades (taillées dans les muscles du ventre) et de préparer la table et les bouteilles pour le repas du midi.
D’ailleurs, il paraîtrait même, que le facteur avait la malice de décaler sa tournée pour arriver au moment du repas…
Jour J+1 :
Le lendemain, il fallait découper la bête en quartiers.
On préparait les morceaux pour le saloir, les rôtis, les côtelettes…
La tête, fendue (au couperet), mise à tremper et enfin à cuire dans une eau accommodée, devenait un fromage de tête.
Le foie, malaxé avec œufs, alcool, poitrine hachée et assaisonnements était cuit en terrine.
Les autres abats, découpés et tranchés, seraient consommés dans la semaine.
Le lard (sur le dos) et la panne (graisse du ventre) étaient découpés en plaques (comme on les retrouve aujourd’hui encore) pour graisser les cocottes ou préparer les « treuffes » (pommes de terre).
On les coupait aussi en dés que l’on ferait fondre et griller et qui deviendraient des grattons (pour la brioche aux grattons).
Les jours suivants c’était le travail des femmes qui devaient finir les préparations et… nettoyer…
Tout est bon dans le cochon
Oui ! Et même bien plus qu’on ne le pense…
Alors, en plus de ce que nous venons de voir, qu’y a-t-il d’autre à récupérer dans le cochon ?
Des journalistes d’investigation (anglais) se seraient intéressés de près à cette question et auraient fait de surprenants constats.
Cet animal est une mine de matières premières.
Quelques 185 utilisations différentes dont beaucoup non alimentaires auraient été relevées.
Ainsi retrouve-t-on du cochon notamment dans :
- Bonbons, pain (L-cystéine, protéine à base de porc, utilisée pour adoucir la pâte), réglisse, bière, vin, jus de fruit (jus de pomme), crèmes glacées, crèmes fouettées, yaourts, beurre…
- Shampoing, lotions pour le corps, fonds de teint et crèmes antirides (acides gras extraits de l’os de porcs), dentifrices, savonnettes (graisse de porc ou saindoux)…
- Munitions (poudre et balles), films photographiques, chaussures (colle d’os), cuir fantaisie, essais d’armes chimiques et tatoueurs débutants (similitude la peau humaine), pinceaux…
- Gomme à vin (remplacement de la gomme arabique)…
- Aliments pour animaux…
- Médicaments (analgésiques, vitamines), valvules de porc, insuline, pommade contre le mal de dents (graisse de porc)…
- Filtres de cigarettes (hémoglobine du sang) et la vessie soufflée et séchée qui servait à conserver le tabac…
Le collagène est extrait du porc puis converti en gélatine pour être utilisé comme gélifiant dans de nombreux produits.
Cette gélatine est utilisée pour éviter la turbidité de certaines boissons et, par réaction avec les tanins, comme agent de clarification (coucou le jus de pomme…).
Et comme il n’y a pas obligation de préciser l’origine de la gélatine il est souvent indiqué de manière sibylline « gélatine animale ».
De surcroît, pour placer un maximum de sous-produits du porc, les grands abattoirs étudient tous les marchés potentiels.
De quoi mettre dans l’embarras tous les non-consommateurs de porc, quels qu’ils soient, y compris les végétaliens…
Le cochon dans l’instruction
« Roti-cochon ou Méthode tres-facile pour bien apprendre les enfansa lire en latin , en françois, par des inscriptions moralement expliquées de plusieurs representations figurées de différentes choses de leurs connoissances.... 1689-1729 »
Ce livre populaire était utilisé par les écoliers sous Louis XIV.
Aujourd’hui l’orthographe peut en paraître étrange, tout comme son caractère religieux, mais il à bientôt 3 siècles.
Ce pourrait être le plus ancien manuel pour enfants alliant l'indispensable et le superflu, dans une époque où les plaisirs culinaires étaient probablement les seuls et où tout le monde, ou presque,avait « son » cochon.
Le cochon-tirelire
La mode est passée mais il y a encore peu, toutes les tirelires ressemblaient à des cochons, et pire, elles n’avaient pas d’ouverture pour récupérer l’argent qu’elle contenait.
Là encore, la symbolique du cochon permettant de faire des économies est entière.
Les éleveurs prenaient soin du nourrain qu’ils engraissaient patiemment pour en tirer le maximum le jour où ils le tueraient.
Mieux était l’animal et meilleur serait le rapport.
A la fin « le Monsieur » trouvait la mort. C’était la condition pour avoir de l’argent.
C’est bien ce qu’expriment ces fameuses tirelires en céramique et en porcelaine (anglaises paraît-il) qu’il fallait donc briser définitivement pour en extraire le contenu.
Aujourd’hui, l’économie se fait sur le dos de la tirelire puisqu’on ne la casse plus… Elle a un bouchon.
Le cochon de St Antoine :
A en croire les diverses représentations de St Antoine en compagnie de son cochon, on pourrait croire tout simplement que c’était son animal de compagnie.

(Statue de Saint Antoine, Paris, angle de la rue du Faubourg St Denis )
Une fois encore il ne s’agit que d’une légende. Saint Antoine, aussi nommé Antoine l’Ermite, le Grand, ou encore l’Égyptien, serait né en Egypte entre 225 et 251.
Il y serait également mort bon centenaire (ce qui est quand même assez rare pour l’époque) vers l’an 350.
Orphelin à l’âge de 18 ans, il se serait débarrassé de tous ses biens au profit des pauvres et retiré dans le désert où il erra cherchant la solitude afin de méditer et d’échapper à ses disciples.
Il aurait eu le don de guérir l’ergotisme, ou « feu de Saint Antoine » (dû à l’ingestion de farine de seigle, parasitée par un champignon sur l’épi qui a la forme d’un ergot de coq).
Bien sûr, comme dans toutes les légendes, il y fut également en butte à de nombreux tourments et à de nombreuses tentations dont il sortit victorieux.
A sa mort, Saint Athanase aurait écrit la vie de St Antoine… alors que l’homme avait pourtant passé sa vie seul… dans le désert…
Pour ce faire, il n’hésita pas à représenter Saint Antoine harcelé dans ses tentations par des animaux (ours, taureau lion… dans le désert…).
L'écrit aurait rencontré un énorme succès en Europe (nous pouvons supposer qu’à l’époque cela a tout de même pris un peu de temps) où les animaux, pour mieux s’adapter aux connaissances locales, auraient été changés en loups et en sangliers.
Des siècles plus tard, en 1070, les reliques de St Antoine furent ramenées par Guigues Disdier et Jocelin de Châteauneuf, seigneurs du dauphinois, et déposées dans le village de La Motteaux-Bois.
Les reliques furent (bien entendu) sources de guérisons miraculeuses, particulièrement du « mal des ardents » aussi appelé « feu de Saint-Antoine ».
Au début du 12ème siècle, une église et un hôpital destinés à soigner les victimes de ce mal furent construits sur ce lieu qui deviendra Saint-Antoine-l'Abbaye.
L’hôpital grandira et deviendra le fief de la maison mère de l’ordre des Hospitaliers de SaintAntoine, les Antonins.
Les Antonins s’occupaient des pauvres et élevaient des porcs pour subvenir aux besoins de leurs protégés.
Ces porcs étaient les seuls à se voir accordé le droit de vaquer en liberté.
Les autres en furent privés par Louis VI en 1131 lorsque l’un d’eux fut à l’origine de la mort de son fils Philippe.
Jusque-là, avec leur clochette autour du cou, tous les porcs divaguaient dans les rues des villes qu’ils nettoyaient des immondices.
Afin qu’ils puissent être reconnus, les porcs des Antonins étaient marqués du « Tau » des Antonins et avaient l’oreille fendue.
Que fallait-il de plus pour qu’à 11 siècles d’écart, Saint Antoine et le cochon fussent réunis ?
St Antoine patron des charcutiers
Salage et fumage étaient les seuls moyens efficaces et connus pour conserver les viandes.
Les Gaulois savaient produire les charcuteries, surtout pour leur propre usage, et les Romains pouvaient profiter de ce savoir-faire.
Ils étaient particulièrement intéressés, on le serait à moins, par les jambons, les saucissons et le lard.
Il n’y avait aucune réglementation et seul le vol de cochons semblait être puni.
Longtemps les bouchers et charcutiers ne formaient qu’une seule corporation, jusqu’à ce qu’apparaissent les premières règles sanitaires dans le Tacuinum sanitatis (Tableau de santé) mais aussi et surtout dans l’ordonnance du 5 août 1750 qui traite longuement de la profession et des conditions d’admission des Maîtres charcutiers.

(Illustrations du « Tacuinum Sanitatis)
« … Les « langueyeurs », vérifient que le porc n’est pas atteint sous la langue de « ladrerie ».
Les « tueurs » quant à eux diagnostiquent la bonne santé des porcs dans les viscères.
Les « officiers inspecteurs » se chargent de supprimer les graisses de mauvaise qualité.
Les « courtiers » ou « visiteurs de chairs », examinent les morceaux vendus au détail.
Le « chair-cuitier » vend les quartiers de porc et le « rôtisseur » cuit les viandes de volailles, mouton, bœuf et veau… »
« … pour être reçu franc-maître il faudra être bourgeois de la ville, avoir accompli une période d'apprentissage d'un an chez un lardier et exécuter le chef-d'oeuvre suivant :Tuer un porc sans le dépauler, le brûler seulement d'un côté, échauder l'autre cotté, ensuitte le fendre en deux entre deux moëles pour qu'il reste séparé par moitié de cotté et d'autre sans être offensé… »
Cette ordonnance fait également défense « … aux charcutiers de débiter de la chair de porc « gattée ladre et rebuttée par les warandeurs à peine de confiscation de la viande, d'une amende de trente livres, et en cas de récidive, de l'interdiction du métier… »
Quant aux saucisses « …elles doivent être faites de chair de porcq bonne et loiale… »
Les « saucisseurs-charcutiers » et les bouchers se séparèrent par la suite, les premiers gardant l’exclusivité de la vente de la chair de porc (cuite ou crue) et autres abats comme les langues (porc, bœufs et mouton).
C’est sensiblement à cette époque que les corporations se mirent sous la protection d'un saint et c'est tout naturellement que les charcutiers adoptèrent Saint Antoine.
En 1581, sous Henri III, les maîtres charcutiers peuvent s’installer partout en France et disposent de leurs propres armes, particulièrement originales :

« d’or à porc passant, de sable, au chef d’azur, chargé de trois cervelas d’or »
Le cochon dans le glossaire d’Eugène De Chambure
-AIBOUERE : Boisson mélangée de farine qu'on donne aux petits porcelets.
- GAILLE : Femelle du porc, coche, truie. En vieux français, faire la galle avait à peu près la même signification que faire la débauche.
- GODOT : Petit cochon. S'emploie par les femmes comme terme caressant pour appeler leurs jeunes « habillés de soie ».
- GORE : Truie, femelle du porc. Le mot gore pour truie appartient à l'ancienne langue et à la plupart des patois. Il a été souvent appliqué par mépris à des femmes débauchées ou malpropres.
- GORET : Petit cochon. Diminutif de gor.
- GORI : Exclamation dont se servent les femmes de campagne pour rappeler ou pour rassembler leurs jeunes porcs et par extension leurs volailles, leurs oies, tous leurs «neursons», en un mot : gori ! gori !
- HAIBILLE DE SOIE : On donne ce nom pompeux aux cochons, sauf votre respect. C'est le terme le plus usité et le plus général dans le Morvan. C'est assurément aussi le plus honnête dont on puisse se servir pour désigner un animal précieux à tous les titres.
- LARD : Lard, porc prêt à être tué ou lorsqu'il est dans le saloir. Nous disons « saigner son lard » pour tuer son cochon.
- NEURSON : Nourrisson, par syncope de neureçon. Les « neursons » d'un domaine sont les animaux de toute espèce qu'on élève, aussi bien le bétail à cornes que les moutons, les porcs et les volailles. On restreint quelquefois le sens du mot de manière à ce qu'il ne désigne plus que les cochons ou « habillés de soie. »
- POR : Porc, cochon : un por, des pors. La Chanson de Roland écrit por au singulier et porc au pluriel.
- SAILON : Saloir, vaisseau en bois, petite tonne dont on se sert pour saler les porcs et conserver le salé dans la saumure.
- SOUE : Case, loge où l'on enferme les porcs : une « soue » à cochons. Le terme se montre dans les plus anciens baux du pays ;
- TEC : Toit, étable, écurie. Le « tec » est particulièrement le logis des porcs et dans cette acception on fait sonner le c : un « téque » à porcs. Dans le Morvan, toit est le terme usité et il s'applique aux étables de toute sorte. Il y a le toit des bœufs, des vaches, des moutons, des cochons, des poules, etc.
- TIACI : Porc, cochon mâle ou femelle. Ce mot est probablement une onomatopée, les personnes chargées du soin de ces animaux ayant l'habitude de les appeler en criant « tiâ, tiâ » ! La finale ne serait qu'une contraction de « ici ».
- VEROTER : Commencer l'engraissement d'un animal, d'un bœuf, d'une vache, d'un porc, etc.
- VOUCHIE : Vessie : « aine vouchie d'coisson », une vessie de cochon.
Quelques citations
- À la Saint-Martin - Tue ton cochon et invite tes voisins (citation connue d’un auteur inconnu).
- Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit ! Sauf le cochon. (Edgar Faure)
- Le cochon n'est devenu sale que par suite de ses fréquentations avec l'homme. A l'état sauvage, c'est un animal très propre. (Pierre Loti)
- Dans le cochon, tout est bon, même l'intérieur. (Alphonse Allais)
- Quand on regarde attentivement un cochon d'Inde, on remarque : premièrement que ce n'est pas un cochon, deuxièmement qu'il n'est pas d'Inde, et qu'en définitive seul le « d' » est authentique. (François Cavanna)
- Tout est beau. Il faut parler d'un cochon comme d'une fleur. (Jules Renard)
- Moi et toi, cochon, nous ne serons estimés qu'après notre mort. (Jules Renard)
- La patrie d'un cochon se trouve partout où il y a du gland. (Fénelon)
Illustrations
Photographies de la Fête de la Vielle en 2012 par YL :



Cartes de vœux :


Cartes postales humoristiques :


Sources documentaires
- Gallica-Bibliothèque Nationale de France : Roti cochon, Taccuinum Sanitatis, Procès d’animaux, Ordonnance du 5 août 1750, Sentences grenier à sel
- Google Books : Les Antiquités D'Herculanum
- YouTube : Entélodonte
- Claude Courtépée : Description historique et topographique du duché de Bourgogne-Tome II
- Georges Bertheau : Vieux métiers et pratiques oubliées à la campagne
- Claude Chermain, Passeur de mémoire : La Saint Cochon
Publié le 21 Décembre 2021

Que souhaiter d'autre que la disparition de la pandémie qui nous prive tous de liberté ? c'est le seul vœu que je formulerai en ce début d'année 2022.
Que notre existence redevienne comme elle était avant, avec ses joies, et ses peines aussi, la vraie vie autrement dit.
Voici le calendrier de janvier 2022 de Christian Labeaune , merci à lui de nous l'offrir.
Adieu à l'année 2021 que personne ne regrettera ! 
Admirez ce dessin du monde infecté par le Covid, qui n'oublie aucun des personnages qui se sont illustrés durant 2021, de Vladimir Poutine à Eric Zemmour en passant par Angela Merkel et Jean-Paul Belmondo.....et bien d'autres, c'est superbe !

Publié le 21 Décembre 2021

Que la paix et la joie de Noël vous accompagnent aujourd'hui, et toute l’année qui vient....
Noël
Le ciel est noir, la terre est blanche,
Cloches, carillonnez gaîment !
Jésus est né, la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid .
Rien que les toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.
Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus.
Et pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.
La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : Noël ! Noël !
(Théophile Gautier)

Publié le 20 Décembre 2021
Le Châtillonnais compte, dans son massif forestier de nombreuses anciennes bornes.
De vieilles bornes routières en pierre, mais aussi des bornes de propriété, certaines armoriées.
J'en avais déjà repéré quelques unes :
http://www.christaldesaintmarc.com/les-bornes-forestieres-en-foret-de-chatillon-sur-seine-a1613668
http://www.christaldesaintmarc.com/une-borne-templiere-a-beneuvre-a94549478
Sylvain Beuchot en a photographié d'autres, peu connues, car situées très profondément dans la forêt, et il a joint pour chacune le plan nécessaire et les explications pour les retrouver...si le cœur vous en dit !
Merci à lui !
La borne des trois seigneurs :
Avec le plan de situation et les photos de la borne des trois seigneurs, je joins le texte de M. Garnier au sujet de cette borne.
Elle se situe à la limite des communes de Recey-sur-Ource, Essarois et Montmoyen.



La borne des quatre seigneurs :
La borne des quatre seigneurs est située à environ 400 mètres de la route de Hierce (hameau de Montmoyen) à Beaulieu.
Elle se situe entre Montmoyen (hameau de Hierce) et Beaulieu.




La borne blanche :
A cet emplacement il y a 2 bornes.
La grosse dalle plate debout et une petite à côté bien blanche.
La plus grosse des deux semble gravée mais nous n'avons pas réussi à lire l'inscription.
Attention cette borne, même si elle figure sur la carte IGN, se trouverait dans un secteur de chasse avec de grosses pancartes interdisant l’accès depuis le bord de la route.
Elle se situe à la limite des communes d'Essarois, Recey-sur-Ource et Leuglay.





La borne de tante Jeannette :

La borne de tante Jeannette se situe à l'angle de la commune de Chaumont-le-Bois, Autricourt et Charrey-sur-Seine.
Elle est gravée sur son dos par rapport au chemin, (peut-être gravée Jeannette)
Très souvent ces bornes sont couvertes de coups de peintures certainement pour indiquer des chemins de randonnée ou des lieux de débardage.




La Grande Borne :
Enfin pour terminer une borne que beaucoup de monde peut voir sur la route de Langres à l'intersection des communes de Châtillon-sur-Seine, Maisey-le-Duc et Prusly-sur-Ource.
Drôle de caillou dont l'origine n'est pas connue mais qui existait déjà au moment de la création du cadastre napoléonien en 1838 puisque les bases de calculs topographiques sont indiquées sur les plans et le nom de la Grande Borne y figure.
Publié le 18 Décembre 2021
Les classes du RPI Belan s/ Ource – Brion s/ Ource ont offert un peu de magie de Noël aux élèves en cette période morose de coronavirus, ce vendredi 17 décembre 2021.
En effet, chacune des 8 communes du RPI ( Belan, Brion, Autricourt, Bissey, Grancey, Thoires, Mosson, Riel) offre 20 euros par élève pour Noël. Les enseignantes transforment ce don en cadeaux.
L’année dernière le père Noël était arrivé dans une magnifique calèche tirée par un cheval
Cette année, le père Noël est arrivé en tracteur, un vieux tracteur rouge de collection, une merveille !

Il a distribué les cadeaux aux élèves de Belan (maternelle et CE2-CM1-CM2) avant de partir gâter les élèves de Brion (CP-CE1), qui lui avaient écrit une petite lettre, fait de magnifiques dessins, très touchants.
Les CE2-CM1 et CM2 attendaient fébrilement le cadeau, qui était aussi un indice du futur voyage de fin d’année ! Notre capitale, Paris !
Le tracteur est entré dans les cours des écoles afin que les élèves ne sortent pas sur la voie publique ( plan Vigipirate oblige). Ce fut une surprise et un émerveillement pour les élèves, surtout les plus jeunes.






La distribution à Belan sur Ource :

La Maternelle de Belan sur Ource :

Les CE2-CM1-CM2 de Belan sur Ource

Le Père Noël est ensuite parti pour Brion sur Ource...

La distribution à Brion :

Les CP-CE1 de Brion sur Ource

Les enseignantes, Mmes Bigard, Jeannet et Lefils, tiennent particulièrement à remercier les communes du RPI pour leur don généreux, ainsi que le collectionneur de véhicules agricoles anciens pour son prêt et sa disponibilité.
Publié le 16 Décembre 2021
Laurence Parisot, naturopathe vous communique :
Je serai présente au magasin La Vie Claire de Châtillon-sur-Seine les premier et troisième samedis de chaque mois de 14h30 à 17h30.
Une animation sera proposée sur un thème spécifique à chaque créneau.
A l'approche des fêtes, le créneau du samedi 18 décembre sera consacré au soutien de la fonction hépatique en naturopathie.
Mais bien sûr, comme à l'habitude, vous pouvez venir avec toutes vos questions.
Au plaisir de vous rencontrer prochainement !
Laurence Parisot, naturopathe
Publié le 16 Décembre 2021
Günter Wiesendahl, Historien allemand, nous a révélé, il y a quelque temps, que des soldats français, emmenés en Allemagne en tant que prisonniers pendant la guerre de 1870- 1871, étaient décédés dans sa ville de Hamm, en Westphalie, et enterrés dans le cimetière de la ville.
Les tombes étant dégradées, Günter Wiesendahl s'est battu pour que ces tombes retrouvent leur dignité.
Et il a réussi à convaincre les dirigeants des églises de sa ville. de procéder à leur restauration.
Günter Wiesendahl nous fait savoir que le Souvenir Français a été informé de cette belle rénovation et que l'un de ses membres, le colonel Bouche est venu à Hamm admirer le résultat de ce travail de restauration.
Ecoutons-le :
Nos sépultures de guerre récemment rénovées à Hamm en 1870/71 ont maintenant été inspectées par un représentant du "Souvenir français", le colonel Lucien Bouche.
Les détails peuvent être lus dans le rapport de la Westphalian Gazette du 11 décembre 1871.

Günter Wiesendahl a traduit pour nous l'article du journal "Westphalian Gazette", relatant cet événement, qu'il en soit vivement remercié !
Le voici :
Les tombes des soldats protestants de 1870-1871 dans le cimetière de l'Est doivent être remises en état – comme cela a déjà été fait pour les tombes catholiques cet été.
C'est ce qu'a annoncé la paroisse protestante.
La France a fait l'éloge de la rénovation des tombes.
Au cimetière de l'Est reposent 44 soldats qui ont succombé à leurs blessures en 1870/71 à l'hôpital militaire de Hamm
. Le fait que les tombes aient été conservées pendant plus de 150 ans sans l'aide de l'État est déjà considéré comme inhabituel.
Ce qui rend ces tombes de guerre si particulières, c'est le fait que les morts n'ont pas été séparés par nations, mais seulement par confessions : dans la partie catholique du cimetière, il y a 19 Français et trois Allemands, dans la partie protestante, un Français et 21 Allemands
Ils ont été enterrés côte à côte dans l'ordre de leur décès.
Le colonel Lucien Bouche, officier de liaison de l'armée française au ministère fédéral de la Défense, a trouvé cela aussi surprenant que réjouissant.
Il s'est rendu au cimetière de l'Est en tant que représentant du « Souvenir français", l'équivalent français du « Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge » (« l’Association allemande pour l'entretien des sépultures de guerre »).
Mechtild Brand, qui s'investit depuis des années dans la recherche sur l'histoire récente de la ville, avait lancé l'invitation ; Wolfang Komo, conservateur local, et Günter Wiesendahl, membre de la commission des antiquités de Westphalie-Lippe (LWL), s'étaient joints à lui.
La paroisse catholique de Sainte-Agnès a fait rénover à grands frais le cimetière catholique cet été.
Les pierres tombales, à peine reconnaissables, ont été nettoyées, remises en état et replacées.
Le colonel Bouche a également exprimé sa reconnaissance pour cela.
Actuellement, le cimetière protestant est encore bien triste.
Mais cela devrait changer.
La paroisse protestante souhaite faire remettre en état le site, a déclaré Tilman Walther Sollich, porte-parole du district ecclésiastique.
Les coûts prévisionnels des travaux de taille de pierre et de jardinage sont en train d'être calculés, sur la base desquels une demande de subvention pourrait être déposée.
Il n'est toutefois pas encore possible d'estimer quand le projet pourrait être prêt à être mis en œuvre ; on s'attend à un délai plus long.
Tombe d'un simple soldat
Le monument funéraire du soldat français Constant Joseph Diou, mort à Hamm le 12 novembre 1870, a particulièrement attiré l'attention.
De tels monuments ne sont pas inhabituels pour les officiers, a déclaré le colonel Lucien Bouche.
Mais pour un simple soldat comme Diou, oui.
La commande du monument a probablement été transmise par la famille à une entreprise de Hammer.
Et à Châtillon sur Seine que fait le Souvenir Français ?
Eh bien Dominique Masson me signale que
"le Souvenir français" a fait nettoyer, à l'automne, les monuments pour les Garibaldiens morts lors de l'attaque du 19 novembre 1870 et les Prussiens morts à Châtillon pendant la guerre de 1870/1871, au cimetière Saint-Jean.
Publié le 14 Décembre 2021
Et le résultat est magnifique !
Il y a cinq ans, une exposition d' objets d'Art de l'église Saint-Vorles nous avait montré la richesse de son patrimoine,
Mais hélas beaucoup d'objets avaient souffert des ravages du temps .
La Ville de Châtillon sur Seine a pris les choses en main et a fait restaurer ces précieux objets avec l'aide matérielle de la Fondation artistique AG2R LA MONDIALE, complétée par les dons des paroissiens.
Ces objets ont été présentés le 7 décembre 2021 à Saint-Vorles.

C'est François Gaillard, Adjoint à la Culture de la Municipalité de Châtillon sur Seine, qui nous a présenté , à l'intérieur de l'église, toutes les merveilles qui ont été restaurées.
François Gaillard a rappelé que les objets avaient été retrouvés et exposés au public en 2016.
Vous pourrez les revoir, tels qu'ils étaient dans leur état initial, en cliquant sur ce lien :

Le Père Houdart, Curé de la paroisse était aussi présent, il a dit être très attaché à nos belles églises et aux objets du culte acquis par les générations qui se sont succédées.

Nous nous sommes dirigés vers la sacristie où nous attendaient des merveilles..
Mais, en passant nous nous sommes arrêtés près de la chapelle dédiée à saint Vorles, où plusieurs tableaux ont été aussi restaurés.

Ce diptype nous présente la translation des cendres de saint Vorles de Marcenay à l'église Saint-Vorles qui venait d'être construite pour conserver ses reliques.
Ce diptype date du XVIème siècle et est classé Monument Historique.


Nous passons ensuite devant une chapelle dédiée à la Vierge....


François Gaillard nous présente les reliquaires, bustes-reliquaires, statues, tableaux, vases, meubles... maintenant visibles dans la sacristie, et superbement mis en valeur.



Elisabeth Mayol , la restauratrice de ces objets liturgiques, nous a expliqué son travail, très délicat, sur des objets en bois, souvent assez abîmés.
Elle est spécialiste de la restauration des bois dorés avec le procédé de "dorure à la feuille". Très grande artiste, elle a "ressuscité" les objets anciens de Saint-Vorles avec un immense talent.
Mais son plus grand et plus beau travail restait à nous être présenté, vous le verrez plus loin.

La salle abritant le nouveau "Trésor" de Saint-Vorles était celle de l'ancienne sacristie.
L'accès aux objets liturgiques présentés est protégé par l'ancienne grille de l'église, elle aussi restaurée.







Une plaque remercie la Fondation d'entreprise AG2R la Mondiale, qui a participé à ces rénovations.

Nous passons devant cette rare et superbe"suspension eucharistique" qui est un support servant à maintenir suspendue, à côté de l'autel, la réserve eucharistique


Nous arrivons près d'un "dais d'autel" en bois sculpté doré que le Père Houdart a trouvé un peu par hasard dans les réserves de l'église Saint-Vorles. Il a immédiatement vu sa très grande valeur, même s'il était en mauvais état, la dorure effacée, le bois fragilisé.
Ce dais eucharistique, appelé aussi "trône eucharistique"date du XVIIIème siècle et est, lui aussi Monument Historique.
Il a été restauré par Elisabeth Mayol d'une magnifique façon, admirez sa beauté....


Elisabeth Mayol a été félicitée par Hubert Brigand, maire de Châtillon sur Seine, pour son remarquable travail.

Un autre arrêt devant l'autre merveille de l'église Saint-Vorles , le sépulcre des Cordeliers.
Ce magnifique ensemble sculpté fut commandé, vers 1527, par Edme Régnier de Romprey, lieutenant général au bailliage de La Montagne et Jeanne de la Ferté, sa femme, pour la chapelle du couvent de Cordeliers (Annonciation) de Châtillon.

Le Père Houdart nous a entraînés dans la crypte de saint Bernard. C'est ici que ce dernier, suivant la tradition, assista au Miracle de la Lactation.
Le sarcophage au premier plan contient quelques reliques de saint Bernard, patiemment demandées par le Père Houdart, à différents lieux où elles étaient conservées, avec l'autorisation de l'Evêché.
Un reliquaire moderne, mais qui s'accorde très bien avec la simplicité de cette crypte.


Au dessus des reliques, a été placée la statue de la Vierge à l'Enfant qui permit à saint Bernard de vouer, toute sa vie, une foi sans réserve à la Sainte Vierge..
Elle veille ainsi pour toujours sur lui....

Un joli vitrail (moderne) nous montre Aleth, mère de saint Bernard, le conduisant à l'école des moines du chapitre de Saint-Vorles où il fut éduqué.

Après cette visite à Saint-Vorles, vint le temps de la présentation des personnes qui ont contribué à la restauration des objets liturgiques de notre belle église.

Monsieur Pierre Martin, Président de la Fondation d'Entreprise "AG2R LA MONDIALE" pour la vitalité artistique, a présenté le positionnement culturel de son groupe : un engagement à finalité exclusivement artistique, en faveur de projets ancrés dans les territoires.
Créée en 2017, cette fondation œuvre en faveur de projets s’inscrivant dans trois champs d’intervention :
- la préservation du patrimoine culturel régional matériel et immatériel ;
- la valorisation de la création contemporaine ;
- la promotion des métiers d’art.
Le coût global de la restauration des œuvres d'Art de Saint-Vorles pris en charge par A2R LA MONDIALE, s'élève à 30 100 €, la restauration du dais liturgique, seul, se montant à 7 500 €.

Hubert Brigand, Maire de Châtillon sur Seine, a remercié la fondation artistique A2R LA MONDIALE pour leur mécénat généreux, qui va permettre à notre belle église d'être encore plus attrayante pour les visiteurs.

Hubert Brigand a dit son attachement au patrimoine de Châtillon sur Seine dont il est maire. Il s'est employé à restaurer plusieurs églises : tout d'abord l'église Saint-Pierre (appelée quelquefois Notre-Dame) qui se trouve près du musée.
Depuis quelque temps, c'est l'église Saint-Jean qui est en pleine restauration.
Puis les années prochaines verront la restauration de l'église Saint-Nicolas dont l'intérieur a été noirci lors du bombardement de la dernière guerre.
D'autres aménagements de la ville ont été réalisés : la construction d'une médiathèque (terminée) et celui d'une maison de santé (en cours)
Voici toutes les personnes qui ont œuvré pour que les objets d'Art de Saint-Vorles soient restaurés, réunies pour la photo-souvenir .
Madame de Guillebon Vice-Présidente de l'Association Saint-Vorles, François Gaillard, Adjoint à la Culture, Hubert Brigand Maire de la Ville, Pierre Martin, Président de la fondation Artistique de A2R LA MONDIALE, Elisabeth Mayol, restauratrice et aussi Vice-Présidente de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de Côte d'Or.

Pendant le vin d'Honneur les personnes présentes ont pu voir la projection de très belles photos montrant les restaurations d'Elisabeth Mayol.

Publié le 12 Décembre 2021
La famille de Gérard Joblot a été au service des châtelains de Châtillon depuis le Maréchal Marmont jusqu'à la famille Maître.
Il nous donne quelques précisions sur l'incendie du château , après la fameuse "surprise de Châtillon" menée par les francs-tireurs de Riciotti Garibaldi contre les Prussiens installés dans notre ville.
Il a joint également quelques photos, merci à lui.
Le château Marmont vu autrefois depuis l'église Saint-Vorles :

La façade du château Marmont avant 1870 :

La cour intérieure avant 1870:

Voici un extrait de mon petit livre sur les évènements de 1870 jour par jour, vous pourrez lire le paragraphe sur l'incendie du château.
(cliquer pour agrandir)
Mon aïeul Didier faisait partie des volontaires pour éteindre ce feu, mis volontairement par les prussiens pour cacher les exactions commises (bris des boiseries à la recherche de cachettes secrètes ,vol des objets de valeurs )
"La part du feu" fut autorisée après de très violentes discussions, sinon la totalité du château de Marmont aurait brûlé.


Une photo (probablement extraite d'un journal) des 230 prussiens devant les ruines fumantes, fut rapportée dans leur pays comme preuve de leur vengeance.
Je connais une autre raison, qui fut écrite, expliquant un incendie accidentel, mais je ne la développerai pas.
Croyez moi, l'incendie du château de monsieur Maitre ne fut jamais oublié dans ma famille
Après l'incendie A. Maitre reconstruisit son château comme il est actuellement, à partir de l'aile gauche restant de sa demeure.

Pour conserver des vestiges il reconstruisit :
Le porche de l'entrée principale de la façade en haut de la rue de Chaumont
Les arcades sortie du porche sur la cour intérieure pour construire une annexe du château (appelée st Antoine ou la construc )

Il aménagea également l'ancienne taverne qu'on appellera la "dornote"










































