L'éclipse...un superbe poème de Michel Lagrange...

Publié le 14 Août 2026

Voici un superbe poème que Michel Lagrange a écrit le 12 août 2026, jour de l'éclipse,  illustré par la belle  photo d'un habitant de Châtillon-sur-Seine, StandByMe . 

Merci à tous les deux pour ces belles évocation et illustration !

 

ÉCLIPSE

Ciel ordinaire azur travaux constants
Soleil totalitaire et quotidien

Chaque jour nous dansons sous la chorégraphie céleste
Inconscients des splendeurs d’une harmonie sans faille

On croit le ciel désert envahi de bleu pur
Sans rien voir au-delà de cette immensité

Aveuglement de nos esprits tentations du banal
 Et de la platitude adoptée par nos mœurs 

Ce soir on dirait bien que notre effervescence
A le don de prévoir une émotion spectaculaire

Attente incertitude intrusion des mythologies
Qui font venir en nous des sentiments douteux

L’enfant qui s’interroge en moi
Regarde et se laisse envahir par de sombres pressentiments

Comme si j’attendais de la nuit des temps morts
Une célébration rituelle autant que redoutée

Frissons récurrents de l’esprit
Troublé par l’érosion peu à peu du disque solaire

Ombre émergeante et silencieuse autant
Que la campagne autour de moi

Marée d’un malaise à venir
Lumière ultime accrue comme un souffle dernier

Il est des peurs invétérées qui renaissent dans nos esprits
Et que nous avions oubliées en tant que légendaires

On dirait que le vent renoue
Avec l’instinct perdu dans l’abstraction de tous les jours
Soleil peu à peu décroissant 
Reptation sans accroc de la lune ambitieuse

On mourait jadis pour moins que ce phénomène
Intempestif assoiffé de sang noir

Il s’agit d’un faux jour et d’un vrai crépuscule
Anachronique et déroutant l’horaire

Comme si le soleil nous révélait qu’il peut mourir
Et que demain jamais ne s’en relèvera

Aux aguets de l’inattendu
Un malaise d’oiseau répond à nos tourments

Soleil noir couronné de feu
Comme une résistance au milieu de la soumission

Lune obscure et malin plaisir que cette énormité
Loin de notre raison vitale

Ainsi devenons-nous voyeurs d’un phénomène inscrit
Dans l’opéra constant de l’univers

Lumière noire accablement du ciel par solidarité
Avec l’agonie du Maître-Lumière

Un dernier doute insiste avant le renouveau du jour
Et son regain lucide et flambant neuf

Le clair-obscur s’efface et libère en nous des bonheurs
Que nous avions crus périmés

Malgré l’apnée du soir et nos pesanteurs sans raison
Le souffle à nouveau du soleil nous fait confiance

Éblouissement du plein jour qui fait renaître en nous
La dévotion que nous portons à cette hostie solaire


(Michel Lagrange 12 août 2026)

Rédigé par Christaldesaintmarc

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