La vie de la Marquise de Sévigné a été évoquée de bien belle façon au château de Bussy-Rabutin sous forme d'un "cabaret" !
Publié le 12 Septembre 2026
La compagnie AMAB a convié , au château de Bussy-Rabutin, les amoureux de la marquise de Sévigné à un spectacle sous forme d'une pièce de théâtre, version cabaret sur la célèbre épistolière.
Nous avons découvert la relecture pleine d'humour et de tendresse de la vie de cette figure incontournable du Grand Siècle, et sa relation avec son impertinent cousin Roger de Bussy-Rabutin.
Le soir tombait sur le si beau château, la nuit venue les spectateurs se sont installés dans sa cour où les fenêtres de la demeure de Roger de Bussy-Rbutin se sont tour à tour allumées, c'était féérique....
Une belle comédienne, jouant le rôle de Pauline de Simiane, la petite fille de la marquise, a conté l'histoire de sa famille , en débutant par l'origine de ses grands parents , tous deux bourguignons pure souche.
Le grand-père, c'était Christophe de Rabutin de Chantal, seigneur de Bourbilly, de noblesse d'épée, la grand-mère se nommait Jeanne-Françoise Frémyot, fille d'un bâtonnier de Dijon, de noblesse de robe.
Le mariage fut heureux, six enfants en naquirent, dont un seul garçon, Celse Bénigne de Rabutin de Chantal
Jeanne Françoise de Rabutin de Chantal (née Frémyot) devint veuve très tôt, car son mari fut victime d'un accident de chasse.
La mort de son mari l'affecta tant qu'elle se réfugia dans la religion, devint disciple de François de Sales, en abandonnant son fils Celse Bénigne, de façon peu maternelle :
"Elle quitta le foyer en enjambant le corps du pauvre enfant qui s'était étendu sur le sol pour lui barrer le chemin"
Ce n'était guère chrétien....et pourtant cette femme devint sainte, à sa mort, sous le nom de sainte Jeanne de Chantal.....
Celse Bénigne de Rabutin de Chantal grandit, devint un beau jeune homme qui demanda la main d'une jeune fille noble de Paris : Marie de Coulanges.
Tous deux furent heureux, le 5 février 1626, de la naissance d'une ravissante petite fille qu'ils appelèrent Marie....Marie de Rabutin de Chantal.
Hélas, Celse Bénigne participa à un combat contre les anglais à Ré en 1627....
Durant le combat Celse Bénigne fut tué, par, peut-être, Olivier Cromwell.
La femme de Celse Bénigne resta seule avec sa fille qui n'avait qu'un an...
Les malheurs de la famille de Rabutin de Chantal continuèrent malheureusement .
Ainsi, en 1633, Marie de Rabutin de Chantal, née de Coulanges, mourut...Sa fille n'avait alors que 7 ans.
La jeune Marie de Rabutin de Chantal fut alors élevée, à Paris, par le frère de sa mère, le bienveillant Philippe de Coulanges.
Marie de Rabutin de Chantal, jeune fille très intelligente, reçut une excellente éducation, une belle instruction, elle apprit à converser, à danser... tout ce qu'une jeune fille de son rang pouvait recevoir à cette époque.
En plus Marie était belle, joyeuse...et très riche puisqu'elle avait hérité de la fortune des Coulanges et des Rabutin de Chantal, ce qui n'échappa pas à ses prétendants, dont un certain Henri de Sévigné.
Marie, à 18 ans, épousa le marquis Henri de Sévigné, qui l'envoya dans son château breton des Rochers où elle éleva ses deux enfants : Françoise et Charles de Sévigné.
Mais son mari la délaissait, puéril, aventureux , dépensier, il collectionnait les maîtresses .
En 1651 il fut tué en duel par le chevalier d'Albret, pour les beaux yeux de sa dernière maîtresse, madame de Gondran.
Marie, marquise de Sévigné, devint veuve et décida de le rester, ce qui lui procura bien des avantages !
Eut-elle quelques aventures ? nul ne le saura jamais, mais pourquoi pas ? nous dit malicieusement la conteuse....
En réalité, elle ne pensait qu'à ses enfants : à son fils Charles bien sûr, mais surtout à sa fille Françoise qui devint une excellente danseuse et de ce fait fut invitée avec sa mère à la Cour de Louis XIV.
La marquise put alors observer, de son œil acéré, ce qui se passait à la cour...
Françoise de Sévigné fut demandée en mariage par le comte François Adhémar de Monteil de Grignan qui vivait à Paris, elle l'épousa en 1669.
La marquise voyait alors très souvent sa fille qu'elle adorait.
Mais, hélas pour elle, le comte de Grignan étant Gouverneur de Provence , fut chargé par Louis XIX de s'installer à Aix-en-Provence et de demeurer, avec son épouse, dans son château de Grignan.
Grignan , à cette époque , c'était à plusieurs jours de carosse de Paris....
Le désespoir de la marquise fut immense, elle ne put rester en contact avec sa fille bien-aimée, que par la correspondance.
Elle échangea aussi beaucoup avec son cousin Roger de Bussy-Rabutin, tous deux pratiquant ce qu'ils appelaient des "rabutinades"....
Plus de mille lettres furent échangées entre la mère et la fille..
Et son fils Charles , s'en occupait-elle ?
Charles, disait la Marquise, c'est mon enfant, mais Françoise c'est mon miroir.....
A la fin de sa vie, Marie de Sévigné, née de Rabutin de Chantal, fut accueillie par sa fille et son gendre au château de Grignan, où elle mourut.
Bien des années plus tard, sa petite fille, Pauline de Simiane, publia les lettres de sa grand-mère, mais détruisit celles de sa mère , ce qui est fort dommage....
Ce merveilleux "Cabaret Sévigné", si bien interprété, a ravi les spectateurs qui n'ont pas ménagé leurs applaudissements à la troupe AMAB.
Et merci au château de Bussy-Rabutin de nous offrir toujours des spectacles de cette qualité !