Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

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Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

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Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 9 Novembre 2012

 L'association Zen et Zoo présentait  vendredi 9 novembre, ses adorables animaux au magasin Gamm Vert de Châtillon sur Seine.

Ces animaux appartiennent à Marilyne Lavey. Elle les utilise pour faire des animations dans les maisons de retraite et dans les centres de loisirs éducatifs.

Mis au contact de ces si gentilles petites bêtes, nos anciens retrouvent souvent une parole qu'ils avaient perdue, certains, nous dit Marilyne, sortent en effet de leur autisme  !

Quant aux enfants, ils sont enthousiasmés par la vue et le toucher des lapins, cochons d'inde et hamsters... ...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Voici un lapin si poilu qu'on ne voit même pas ses yeux !

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Marilyne a aussi un adorable chien qui adore les caresses...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Que c'est agréable de caresser ce joli hamster...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Pour les nombreux enfants qui se pressaient autour de la table, Marilyne a proposé un jeu: le gagnant aurait le droit de prendre le hamster et de le nourrir

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Le gagnant sera celui qui aura la même couleur que celle de la sortie du labyrinthe par le hamster...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Le gagnant aura droit à une photo avec le petit animal...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Et d'autres aussi se feront photographier avec le cochon d'Inde...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

et le lapin...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Les animaux de l'association Aninomade ont ravi les enfants (et les adultes !) au magasin Gamm Vert...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 8 Novembre 2012

 Les bénévoles continuent de réaliser les décorations qui orneront la ville de Châtillon sur Seine les deux jours de la Saint Vincent Tournante des Crémants.

Je me suis rendue à la Mairie de Massingy, où des dames finissent de confectionner des raisins . Les grappes sont déjà faites:

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

mais il leur manque des feuilles..

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Un véritable travail à la chaîne s'est mis en place !

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

On colle du papier crêpon vert de chaque côté d'un support...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Avec un gabarit on dessine le tour des feuilles...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

puis on découpe..

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Sur chaque feuille on dessine, au feutre, des nervures...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Il suffit ensuite de traverser les feuilles d'un fin fil de métal, ce fil permettra de les attacher aux grappes déjà confectionnées

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Ces cartons empilés au fond de la pièce, sont remplis de fleurs de toutes couleurs. Elles seront à la disposition des personnes qui voudront décorer leurs maisons...et elles seront nombreuses !

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

D'autres fleurs ont été confectionnées: des glycines par exemple :

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

La mairie de Massingy est une vraie ruche tous les jeudis après-midis, quelle sera belle notre ville avec toutes ces décorations colorées !

Un "secret" m'a été révélé ...Le jardin de la Mairie sera transformé, le week-end des 26 et 27 janvier 2013, en une immense...VIGNE !

En effet les ceps morts arrachés cet hiver par les viticulteurs, seront plantés dans le jardin, et sur ces ceps prendront place tous les raisins confectionnés dans les divers ateliers.

Ce sera féérique !! A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Je suis partie sur la pointe des pieds, laissant ces dames travailler tout à fait bénévolement et avec ardeur, au futur fleurissement de notre ville, et pour cela, on peut leur tirer un grand coup de chapeau, A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 7 Novembre 2012

Le Meeting aérien international Guiscriff-Scaer, auquel Nicole Prévost a assisté, était celui des "Ailes Armoricaines" dans les Côtes d’Armor.

Nicole m'envoie quelques belles photos que j'ai rendues cliquables pour mieux les apprécier.

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

LE RYAN P T 22

C'est un avion d'entraînement militaire biplace il fut construit en 1941 :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

LE DOUGLAS D C 3

 C'est un avion bimoteur il a permis le transport de matériel et de troupes :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Avion des Douanes Françaises

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

PATROUILLE REVA

 C'est une patrouille composée de 3 avions à moteur propulsif :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Prêt pour le décollage

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

La PATROUILLE REVA en vol dans le ciel des Côtes D'Armor :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

LE D C 3

 Il va larguer 18 parachutistes dans le ciel de GUISCRIFF :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Magnifique démonstration des parachutistes

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Atterrissage de précision

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Pliage précis du parachute

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

Démonstration de la Patrouille Cartouche Doré :

Le meeting international Guiscriff-Scaer, vu par Nicole Prévost

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 7 Novembre 2012

 Lors de la magnifique soirée Relooking d'octobre 2012, les salons de coiffure  et d'esthétique de la ville, affiliés aux "Vitrines Châtillonnaises", ont transformé totalement les prétendantes, tant au point de vue maquillage que coiffure et habillement.

Toutes ces transformations étaient originales et surprenantes..

Alors, pour savoir ce qui s'était vraiment passé lors de la préparation de la soirée, j'ai mené ma petite enquête auprès des deux coiffeuses du salon de Zora:  Héloïse et Clémence, que voici :

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Clémence et Héloïse ont élaboré les coiffures et l'habillage de deux  candidates , Mélanie du salon d'esthétique Chrysakide, au centre, a réalisé les maquillages.

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Il faut tout de suite préciser que les candidates n'étaient absolument pas au courant de ce qui allait se passer. Elles ont été mesurées, leur pointure notée, la couleur de leurs cheveux répertoriée, plusieurs mois avant la soirée... Le secret a été très bien gardé, absolument rien n'a filtré avant le samedi soir 20 octobre..

Chaque salon avait deux candidates à transformer,  deux thèmes ont donc été choisis.

Pour le salon de Zora  Clémence devait réaliser sur sa candidate  le thème "punk" et Héloïse le thème "gothique romantique" sur la sienne.

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Ecoutons les confidences de Clémence:

"Punk" est un mouvementarrivé en Angleterre à la fin des années 70. Il est caractérisé par une crête, le jean troué, les badges, les têtes de mort, le fluo et surtout le "destroy".

Je me suis inspirée de tout cela pour mon costume, c'est un style de rue, je l'ai donc transposé pour qu'il corresponde à la soirée "relooking".

Chloé travaille dans le commerce, elle est toujours tirée à quatre épingles, je qsuis donc allée à l'opposé de ce qu'elle est au quotidien.

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Ecoutons maintenant Héloïse:

Les "gothiques romantiques"sont élégants, raffinés, discrets et originaux. La couleur noire les caractérise, mais leurs visages sont toujours fardés de blanc.

Les femmes portent des bustiers, des jupes longues, de la dentelle, un tour de cou en perles, en association avec une autre couleur, le rouge, lie de vin, blanc, dans le style des années 1700.

Les hommes ont une rose rouge à leur veston, je l'ai intégrée dans ma coiffure.

Marie est une jeune fille douce qui paraît fragile et sensible, j'ai donc décidé d'aller à l'inverse de ce qu'elle dégage pour faire ressortir chez elle un aspect sombre, sexy et mystérieux. J'ai créé le costume et la coiffure en exagérant le style pour que cela corresponde à la soirée prestigieuse du relooking.

Quelques secrets du  "Relooking 2012" ...

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Voici Marie, gothique romantique et Chloé, punk, avant leur entrée en scène.

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Clémence et Héloïse, les "magiciennes" qui ont transformé Chloé et Marie, peuvent être fières de leur travail  car elles ont bien sûr réalisé les coiffures, mais aussi les costumes.

Costumière, voilà donc le talent caché de ces jeunes femmes...

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

Mélanie a été aussi félicitée pour les maquillages originaux de la punk et de la gothique romantique, très difficiles car la chaleur des loges les faisait fondre..

J'aurais aimé que l'animateur fasse parler nos trois 'relookeuses", Clémence, Héloïse et Mélanie, pour qu'elles exposent le pourquoi et le comment de leur travail.

Il ne l'a malheureusement pas fait, c'est pourquoi j'ai mené cette petite enquête qui m'a éclairée sur bien des points: le secret entourant les thèmes, le pourquoi des costumes , l'élaboration des coiffures et des maquillages, et leur réalisation...

Clémence, Héloïse et Mélanie méritaient bien ce petit hommage, alors bravo les filles !

Le "Relooking 2012" réalisé par le salon de Zora...

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Publié le 5 Novembre 2012

Les peintres bourguignos , une conférence de

L'Association des Anciens Elèves du Lycée Désiré Nisard et l'Association des Amis du Châtillonnais ont invité dernièrement Claire Constans, conservatrice ajointe honoraire du Château de Versailles, qui fut élève au Lycée Désiré Nisard.

Michèle Belot, Présidente des Anciens Elèves du Lycée, et Dominique Masson Président des Amis du Châtillonnais ont présenté la conférencière.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Claire Constans a évoqué devant nous, avec de très belles projections, les peintres bourguignons de l'époque classique, peintres nés en Bourgogne ou y ayant travaillé. La Bourgogne étant vue, nous dit-elle, au sens "large" puisque des peintres de Langres, Troyes ou de Moulins seront présentés.

(certaines illustrations sont des photos prises sur l'écran, elles ne sont pas d'excellente qualité car la salle du Centre Social ne peut être obscurcie totalement, les autres sont des originaux de Wikipedia)

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Les premières peintures existantes que nous présenta la conférencière , furent les fresques de la crypte de l'Abbaye Saint Germain d'Auxerre. La perspective n'existe encore pas.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Un peu plus tard, les moines copistes  de Citeaux illustrèrent de très belle façon les manuscrits, avec des lettrines originales.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Les Ducs de Bourgogne  firent travailler de nombreux peintres, comme Henri Bellechose qui travailla le plus souvent à Dijon. En 1415, étant peintre de la cour de Jean sans Peur, il fut chargé d'exécuter des peintures pour la Chartreuse de Champmol, comme ce "rétable de Saint Denis" qui nous montre la vie et la mort du saint. :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Des peintres de Flandre, comme Melchior Broederlam, travaillèrent aussi à la cour des Ducs de Bourgogne, en témoigne cette "enfance du Christ", rétable destiné lui aussi à la Chartreuse de Champmol. Dans ce rétable on voit apparaître la perspective, qui dénote une influence italienne.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

En 1400, Jean Malouel, né à Nimègue, mais installé à Dijon où il mourut,fut le peintre officiel de Philippe le Hardi. Il peignit cette Pieta, où l'on peut admirer l'élégance du Christ.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean Cousin l'ancien était bourguignon, puisque né à Sens en 1470.

 Il réalisa, en 1543, pour le Cardinal de Givry,cette tapisserie montrant l'histoire de Saint Mammès:

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean Cousin l'ancien peignit en 1549-1550, ce magnifique nu, le premier que réalisa un peintre français : on y voit "Eva Prima Pandora".

On remarque ici l'influence de la peinture italienne dans le paysage au loin. Le profil d'Eve est très pur, dans le style néo-grec. Les proportions ne sont pas exactes, les jambes étant disproportionnées par rapport au haut du corps, mais l'ensemble reflète une beauté sans pareille...

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Un peintre que les historiens d'art découvrent depuis peu de temps, c'est le maître de l'allégorie de la famille Dinteville, peut-être un chanoine de la cathédrale d'Auxerre. On lui a donné le nom de "Pseudo Félix Chrétien". Il peignit en 1530-1540, ce tableau intitulé "Moïse et Aaron devant le pharaon" :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

On doit aussi à "Pseudo Félix Chrétien" cette descente de cave à vin.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean Cousin, le fils, né lui aussi à Sens, réalisa  en 1530, cette peinture du Jugement Dernier, destinée à l'église de Villeneuve sur Yonne:

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Philippe Quantin, né à Dijon en 1600, peignit ce tableau intitulé "Amarillis veut se tuer" pour le château d'Ancy le Franc :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Ce tableau représentant la fondatrice de la congrégation des Ursulines se trouve au Musée de Dijon (je ne sais pas qui en est l'auteur). On peut remarquer les très belles mains de la religieuse, les mains nous dit Claire Constans, sont toujours très bien représentées au temps de la Renaissance.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Une petite comparaison, pour le plaisir,  avec ce tableau de Philippe de Champeigne qui n'est pas bourguignon et ne travailla pas en Bourgogne. Ce tableau s'intitule "Ex-Voto", il représente  Mère Catherine-Agnès Arnaud et Soeur Catherine de Sainte Suzanne de Champeigne.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Nous revoici avec des peintres bourgiuignons, ou voisins, comme Jean Tassel né à Langres en 1608, qui peignit ce martyre de Sainte Martine.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean Tassel réalisa cette peinture représentant la "Victoire du Grand Condé". Ce tableau est actuellement au Musée des Armées:

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Les peintres bourguignons réalisèrent des décors en "trompe-l'oeil" comme ici dans une galerie du château de Tanlay. La peinture est ainsi intégrée à l'architecture.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Remy Vuibert décora le plafond du choeur des religieuses de la chapelle de la Visitation de Moulins, représentant l'Assomption de la Vierge. Les décors sont en perspective accentuée :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Dans le Château de Bussy-Rabutin, on peut admirer des "cabinets de beauté", mais on ne sait pas qui étaient les peintres de ces portraits, tant ils ont été restaurés , repeints au cours des siècles.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Pierre Mignard, né à Troyes en 1612, peignit cette ravissante enfant faisant des  bulles., "Louise-Marie de Bourbon, Mademoiselle de Tours".

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Pierre Mignard réalisa également ce tableau intitulé "la famille du Grand Dauphin":

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean-François Gilles, dit Colson, né à Dijon en 1733, peignit ce tableau intitulé "le repos" :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean-Baptiste Lallemand, né à Dijon en 1716, représenta le château de Montmuzard, près de Dijon, château  qui n'existe plus :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Jean-Baptiste Greuze, né à Tournus en 1725, peignit ce célèbre tableau "l'accordée de village" :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Et "la cruche cassée" :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

François Devosge était né à Gray, mais il vécut à Dijon où il fut le fondateur du Musée des Beaux Arts. Il est ici représenté par un autre bourguignon,  Pierre-Paul Prud'hon né en 1758 à Cluny.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Bénigne Gagneraux, né en 1756 à Dijon, représente ici "le génie des Arts" :

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

Claire Constans nous a, durant cette belle conférence,  montré que peu à peu apparut chez les peintres bourguignons de l'époque classique :

-Un vrai sens des réalités

-Une influence du Nord (la Flandre) , mais aussi du sud (l'Italie)

-Une influence parisienne car  ces peintres ont travaillé en Bourgogne mais aussi à Paris, ce qui a créé, pour eux,(Mignard, Greuze, Tassel...) de nombreux  liens avec la capitale.

"Les peintres bourguignons  à l'époque classique", une conférence de Claire Constans...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 5 Novembre 2012

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Une cuisine inventive, des menus et des plats différents et toujours très goûteux, voilà pourquoi nous sommes fidèles au restaurant "Côté Seine" à Montliot (je précise toujours que je ne suis pas payée pour en faire la pub !! si j'en parle c'est parce que nous en apprécions beaucoup la cuisine, le cadre et l'accueil)

De plus, ce qui ne gâte rien, les propriétaires utilisent des produits bourguignons, et surtout châtillonnais.. De Chaumont le Bois (ratafia) , Etrochey (fromages blancs), Savoisy (miel, pain d'épices), Veuxhaulles (truites), etc...

Voici quelques plats que nous avons beaucoup appréciés dernièrement :

Fricassée de cuisses de grenouilles et morilles relevées au Marsala

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Foie gras mi-cuit au ratafia de Bourgogne (Sylvain Bouhélier), méli-mélo de salades, magret fumé, julienne de pommes Granny Smith, toasts de pain d'épices de Savoisy

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Magret de canard rôti aux épices douces et au miel, boutons d'artichauts, pommes rattes, asperges vertes, crosnes rôtis et oignons rouges confits:

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Filet de sandre, vinaigrette dissociée, quinoa,brunoise de tomates et olives noires,chorizo de boeuf grillé du Morvan:

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Trio de fromages de nos régions :

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Faisselle de fromage blanc d'Etrochey aux fines herbes:

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Caprice glacé au chocolat, sorbet framboise:

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Crème brûlée au pain d'épices :

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

gratin d'ananas rôti, flambé au rhum, sorbet ananas :

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

Tarte au cassis , crème glacée au pain d'épices :

Toujours de délicieux menus au restaurant "Côté Seine" à Montliot...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 5 Novembre 2012

Voici trois très belles vidéos de Christian Labeaune

La première s'intitule "boule de graisse" , elle met en scène un pic mar, un rouge-gorge et une sittelle torchepot :

La seconde vidéo nous présente une fauvette à tête noire :

Et la troisième des choucas des tours !

Je vous avoue que ces trois oiseaux sont des découvertes pour moi: le pic mar, la fauvette à tête noire et le chouca des tours..

Le jardin de Christian Labeaune est vraiment un refuge merveilleux pour tous ces oiseaux qui savent que le propriétaire les aime, merci à lui de nous faire partager ces moments  de pure beauté !

Christian Labeaune aime les oiseaux et les filme tellement bien...

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 4 Novembre 2012

 Dimanche 4 novembre, la Ville de Châtillon sur Seine avait invits ses Aînés à un déjeûner très agréable, salle Luc Schréder.

Hubert Brigand, Maire de Châtillon sur Seine et Colette Roussel, Adjointe aux Affaires Sociales, ont présenté cette sympathique après-midi. Monsieur le Maire a rappelé que le mardi 6 novembre, la Communauté de Communes offrait aux Séniors un spectacle musical, au TGB, intitulé "c'est pas si grave". Le cinéma le Select va bientôt rouvrir ses portes pour le grand plaisir de tous.

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Après l'apéritif accompagné de feuilletés, le menu, accompagné de vin blanc, et de de vin rouge a ravi les papilles..

Tout d'abord une belle tranche de foie gras, des toasts et des asperges...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Puis une cuisse de pintade accompagnée de champignons et de haricots verts

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Un plateau de fromages bien garni...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Et pour terminer un délicieux gâteau à la poire...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Quelques tables :

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Tout le temps du repas, un accordéonniste talentueux a ravi les oreilles et fait danser les convives...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Après le café, les conseillers Municipaux de la Ville de Châtillon sur Seine ont offert à chaque dame présente une très belle rose...

Le repas des Aînés de novembre 2012...

Un joli souvenir de cette bien agréable après-midi...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 3 Novembre 2012

 Une belle surprise colorée attendait les châtillonnais qui passaient près de la maison Philandrier l'après-midi du 31 octobre.

En effet ce jour-là, c'était la soirée d'Halloween, et les enfants de la ville, déguisés et maquillés par les animateurs de la MJC et du Centre de Loisirs faisaient la tournée de la ville pour demander quelques bonbons !

Ils se sont réunis dans le jardin de l'ancien musée, pour être photographiés par Jérôme Labeaune...et j'ai profité de cette pause pour immortaliser cette joyeuse troupe..

(les deux photos sont cliquables)

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Devinez qui est ce personnage inquiétant....

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Beaucoup de beaux maquillages...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

des masques d'épouvante...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Une jolie petite famille...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

des costumes stupéfiants...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Des jeunes filles souriantes...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Les animateurs s'étaient, eux aussi, déguisés...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

De gentilles sorcières s'occupaient des petits "monstres"...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

Je n'ai vu que le début de la récolte des bonbons, il y a dû en avoir beaucoup dans les seaux et les boîtes en fin de journée, car les commerçants de la ville sont toujours très généreux...

Halloween 2012 avec la MJC Lucie Aubrac de Châtillon sur Seine...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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