Michel Lagrange a composé un poème en l'honneur du torque de la princesse de Vix

Publié le 26 Août 2021

La visite nocturne du Musée du Pays Châtillonnais a été un enchantement pour les visiteurs qui ont découvert plusieurs œuvres du Musée sous un autre angle, mystérieux et surprenant.

 http://www.christaldesaintmarc.com/une-visite-nocturne-au-musee-du-pays-chatillonnais-pour-admirer-les-oe-a209906604

La surprise a été totale, lorsque, rassemblés entre le cratère et le torque d'or de la princesse de Vix, nous avons pu écouter un superbe poème que Michel Lagrange avait composé pour l'occasion...

Beauté auditive, beauté virtuelle, ce fut une soirée inoubliable....

Michel Lagrange a composé un poème en l'honneur du torque  de la princesse de Vix

 AUTOUR DU TORQUE

 

Un torque

Une légende impressionnée par un or de silence

Une mémoire autour du temps

 

Un petit cheval indompté

Plus fort que l’espace et le jour

Sans le mors d’Athéna

-diadème d’or dans sa bouche écumante-

Pégase aux yeux fixés sur les replis de l’eau

Que son sabot fit naître

Une source… Hippocrène…

 

Méduse et ses yeux maternels

Punis d’avoir semé la mort

Méduse et son cri pétrifié

Entre ses dents de sanglier brutal

 

Elle mourut ensanglantée pour que vive la vie

Et que l’homme à l’épée paraisse

Et le petit cheval ailé

 

Sa mère au pilori de sa beauté barbare

Imposée gardienne aux flancs du cratère

Sa mère entourée de reptiles

Elle avait dans le sang ce cheval de fantasme

 

Le visiteur qui va et vient

Entre Méduse et le petit cheval ailé

Sait-il qu’il passe à travers la légende

Et qu’il risque un regard mauvais

 

Ce visiteur est un passant parmi des pages légendaires

Où le bronze aux reflets marins

Ouvre un chemin pour l’aventure

Au bord d’une falaise où se brisent les vagues

Où la Chimère est aux aguets

 

 

Persée l’enfant de la pluie d’or

Vient de franchir la fin de ce couloir

 

Il a tranché le col de la Méduse

L’eau et le sang font déjà des merveilles

 

Comment ne pas rester fidèle

À la beauté qui étreint qui délivre

Et ne pas être voyagé

Par la vie par la mort

Par l’au-delà des choses

Et des êtres vivants

 

Comment rester profane

Entre les murs de l’athanor

Où sont réunis les mystères

Afin qu’ils se répondent

 

Si le visiteur croit en eux

Une partie de son regard ne lui appartient plus……

 

Petits sursauts du cheval d’or

Écho mythique aux chevaux du cratère

Perpétuel mouvement du torque

 

Au défaut de la mort il brille

Et se souvient de la peau de la sueur

De la tiède émotion des clavicules

Et de la fébrilité d’une femme

Au soleil déclinant de la cérémonie

 

Il se souvient du froid de la rigidité fidèle

Et de la nuit dernière

Éventrée par les torches

 

Il a appartenu à la terre et au ciel

Bien avant de se retrouver

Posthume entre les mains des questionneurs

 

 La beauté lui confère un pouvoir libre

Hostile aux anecdotes

À mi-chemin du trésor et de l’invisible

(Michel Lagrange août 2021)

Rédigé par Christaldesaintmarc

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