Emilie Poupée, bienfaitrice de la ville de Châtillon-sur-Seine..

Publié le 26 Février 2026

 En parcourant le cimetière Saint-Vorles, j'ai remarqué cette tombe, celle  d'Emilie Poupée .

Ce nom m'a fait souvenir de l'appellation de deux ponts sur la Seine, situés près du moulin Lemoine, dit "moulin des passes".

Ce moulin qui était en ruine, a été démoli dernièrement, l'aménagement de cet endroit charmant sera confié à l'EPAGE Sequana, mais les ponts seront,  heureusement, toujours là....

Michel Diey , la mémoire du Châtillonnais, m'a appris qui était Emilie Poupée..

Le château de Bussy-Rabutin

Jeanne-Emilie Poupée ,dite Emilie,  née à Châtillon sur Seine en 1813,était la fille d'un tonnelier Germain Poupée et de son épouse Henriette Boyer.

Malgré les difficultés du temps, les parents d'Emilie lui firent donner une solide éducation.

C'est ainsi, qu'Emilie, armée de son Brevet supérieur, ouvrit une institution  à Châteauvillain.

Mais à cause de ses idées démocratiques, elle eut des différents avec le curé et certains Conseillers Municipaux de la ville.

Elle décida alors de revenir dans sa ville natale de Châtillon sur Seine pour y fonder un pensionnat de "jeunes demoiselles", en 1843,aidée par sa soeur Henriette.

Le pensionnat se nommait "l'Institution Poupée".

Voici une gravure, aimablement prêtée par Michel Diey, montrant l'Institution, rue Neuve, plus tard rue Charles Ronot.

(A gauche la porte de Roche, malheureusement disparue après le bombardement de la ville.)

Le château de Bussy-Rabutin

Voici le règlement de l'institution:

 

Le château de Bussy-Rabutin

 

Mais les calomniateurs de Châteauvillain continuèrent de la poursuivre  de leur méchanceté, accompagnés, hélas, par quelques Châtillonnais...

Emilie dut réagir, défendre sa réputation, sa bonne vie et ses moeurs.

Elle demanda à la Municipalité de Châtillon sur Seine un "certificat de bonne moralité"..

On lui conseilla de laisser dire et de continuer à faire, ce qu'elle fit et son pensionnat  acquit notoriété et prospérité.

Sa sœur Henriette décéda en 1893 et légua ses biens à Emilie.

Emilie disparut à son tour en 1898,et l'on découvrit après sa mort qu'elle avait légué sa fortune à la ville .

Bel exemple  de bonté pour une ville dont certains citoyens l'avaient calomniée !!!

La Ville de Châtillon sur Seine accepta le legs, apposa une plaque sur la maison où elle mourut  et éleva une stèle au Cimetière Saint Vorles..

C'est cette stèle que j'ai vue en visitant le cimetière..

Le château de Bussy-Rabutin

Le legs d'Emilie Poupée était important pour l'époque : 43 000 Francs.

La ville décida de l'attribuer à la reconstruction des deux ponts de la rue de Seine et d'y apposer son nom.

Une erreur vint entacher le prénom d'Emilie qui devint Emélie, sur les plaques posées sur les ponts, ce prénom se simplifiant parfois en "Mélie", mais c'est bien de notre bienfaitrice Châtillonnaise qu'il s'agit ...

Le château de Bussy-Rabutin

 

Emilie Poupée

 

Le château de Bussy-Rabutin

 

Emilie Poupée

Un grand merci à Michel Diey pour nous avoir fait connaître cette Châtillonnaise un peu oubliée...

 

(La documentation dont je me suis servie a été écrite par lui , et est parue dans le bulletin annuel des Amis du Châtillonnais N° 23 de l'année 2006.)

Rédigé par Christaldesaintmarc

Publié dans #emilie, #nom, #poupee, #seine, #tombe

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