Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 30 Avril 2017

Le réveil des jeunes mariés

Les jeunes s’en allaient à travers le village pour réveiller les mariés, on en profitait pour faire le charivari.

Il y avait un indicateur qui enfin parlait du lieu où se trouvait la couche nuptiale.

Grand tapage à la porte, le temps de passer un pantalon, la mariée en grande chemise (plus tard en robe de chambre), la porte s’ouvrait, une joyeuse rigolade, véritable sauterie, un jeune portait une ou deux bouteilles de champagne, un pot de chambre ( neuf et propre !) dans lequel un cran de chocolat avait été fondu, on versait le champagne dans ce vase, les mariés devaient boire, puis à tous d’en boire une lampée.

Souvenirs de Pierre Roy les mariages à Aisey sur Seine au XIXème siècle...

Certaines filles faisaient la moue, dégoutées, mais en réalité, cette cavalcade se terminait dans la bonne humeur, puis chacun allait se coucher.

Le lendemain, la noce se retrouvait au café vers 11H-12H, puis à 13h on recommençait un festin moins important pour les manquants de la veille, selon les activités et domiciles, puis l’après-midi c’était la dislocation.

Les restes culinaires étaient portés à certaines gens de condition modeste, c’était les « aux gnilloux », je crois reconnaître dans ce patois « aux guenilleux », les pauvres.

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Avril 2017

Le bal et le repas du soir

Vers 17 heures, la noce s’ébranlait, on allait danser au café au son d’un violon, plus tard d’un accordéon, un phonographe et maintenant un petit orchestre. Pour les noces importantes, un parquet était monté dans une grange, éclairée par des lampes à pétrole complices d’enlacements amoureux, on y dansait la gigue, la polka, la valse, le tango, le fox-trot.

On allait prendre des rafraîchissements dans les cafés, puis vers 21heures, à peu près tout le monde au complet regagnait les tables aux agapes alléchantes. Le déjeuner de midi était bien passé !

Le diner, varié, était tout aussi copieux.

Après ce festin, vers minuit, à nouveau le bal était envahi par les danseurs et leurs cavalières, s’en donnant à cœur joie. A 2 heures du matin, la fatigue se faisait sentir, c’était la danse du tapis, ronde où chacun se tenait par la main, un danseur dans le cercle, muni d’un tapis, le posait devant une fille de son choix, la ronde s’arrêtait, embrassades, le garçon sortait, la fille prenant sa place, présentant le tapis au garçon de son choix, jusqu’à élimination.Même les personnes moins jeunes y prenaient part.

Puis c’était la danse les yeux bandés, ronde dans laquelle une personne aux yeux bandés, tâtait, palpait, faisait rentrer dans le cercle la personne choisie, on s’embrassait en enlevant les foulards, ainsi de suite.

Puis venait la danse du balai :un danseur muni d’un balai frappait le sol, vire volte des couples, échanges de partenaires, celui qui restait seul laissait danser une minute, visait une fille, frappait du balai, le laissant tomber se jetait dans les bras de sa convoitée. Cela durait jusqu’à 4h30-5H du matin.

Durant ce temps, les mariés s’étaient éclipsés pendant que le bal battait son plein, les serveuses s’y joignaient , le travail terminé, apportant une ambiance complémentaire en faisant danser les timides, hommes d’un certain âge, ravis d’être dans les bras de gentilles filles.

Une dernière ronde, chaque couple s’éliminait en s’embrassant, la quittant et prenait fin .

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 19 Avril 2017

Le repas de noce après la cérémonie...

J’ai eu à exécuter des repas de noce comptant de 40 à 100 et même 150 invités. Tout ce monde passait à table vers 13heures .

La salle ? elle était souvent dans une grange, agencée avec des draps aux murs, décorée de fleurs, de branches, de guirlandes.

La lumière était soit des lampes à pétrole à bec suspendues, plus tard l’électricité suivant les possibilités.

Tables: des plateaux sur tréteaux, entourées de bancs de bois comme sièges, seule la table d’honneur avait des chaises.

Cette « salle » était chauffée par des braséros à charbon de bois, il n’y faisait pas très chaud, aussi les invités d’un certain âge gardaient manteaux et pardessus.

Les tables étaient garnies d’un chemin de table, les serviettes pliées en bonnet d’évêque méticuleusement posées sur les assiettes, couverts, trois verres pour les vins plus la flûte à champagne, bouteilles de vins rouge et blanc, carafe d’eau.

Les bons vins étaient servis accompagnant les plats, une ou deux pièces montées moka, il ne restait plus guère de place sur les tables, les vases de fleurs n’y trouvaient pas toujours place.

La présentation créait l’ambiance du bonheur nuptial, vaisselle, verres, couverts etc… étaient empruntés à des parents ou loués au magasin Michel Regnault à Châtillon.

Chaque menu portait le nom du convive et déterminait sa place, on s’évertuait à lire et relire ce menu, discutant avec plaisir de ce qui allait être offert aux papilles gustatives de toutes ces bouches gourmandes.

Le service commençait, exécuté par des jeunes filles ou femmes habiles de la région qui s’étaient spécialisées dans les réunions de bouche. Ingénieuses, adroites, dévouées, service parfois périlleux, la nuit ou sous la pluie, car la cuisine était souvent préparée dans un local indépendant (chambre à four), traverser la cour la nuit, sans lumière.
A l’instant des desserts, un garçon se faufilait sous la table des mariés, muni d’un ruban bleu pâle, chatouillait les cuisses de la mariée, surprise elle poussait un grand cri ! Le coquin sortait de dessous la table et exhibait les rubans en s’exclamant « La jarretière de la mariée ! ». Et les invités de pousser un « Vive la mariée ! » et applaudissaient.

Les rubans étaient coupés en petits morceaux, montés sur une épingle que l’on accrochait sur la poitrine, et en même temps deux couples faisaient une quête parmi l’assistance.

Le produit était compté, les mariés annonçaient que cette somme serait versée à une bonne œuvre sociale.
Après le repas du soir, une quête était faite au profit du personnel ayant participé au travail et au service de la noce.

Après les desserts, le champagne, les convives se devaient de souffler un peu.

Commençaient alors la diction de récits, monologues pétillants et spirituels par des personnes joviales, chansons sentimentales même sur une fausse note, applaudies plus ou moins, entrecoupées de farces et attrapes, d’un air de violon de Papiche, avec ses rengaines, monologues monocordes « les pommes aux biques,les chaines d’agnons, les poères a leu grand quoms, j’ai la rate qui s’dilate… »

Cette ambiance avait le pouvoir d’apporter une bonne humeur qui facilitait la digestion, on ne souffrait pas de ces excès gastronomiques.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 19 Avril 2017

Les fiançailles

Elles avaient lieu un à deux mois avant le mariage, les présentations faites aux parents au cours d’un déjeuner.

Les intérêts, dans certains cas, étaient discutés secrètement. Parfois le curé était du repas.

Le mariage promis, la date en était fixée. Chez les gros propriétaires, les arrangements familiaux étaient rédigés chez un notaire, même dans des cas plus modestes.

La fille apportait un trousseau constitué de chemises de lin, camisoles, caracos, robes, tabliers, draps, serviettes, nappes brodées par la jeune fille etc…

Tout ceci avait été conçu pendant les veillées, ou les tristes dimanches d’hiver, au coin du feu de cheminée, à la lumière de la lampe à pétrole.

Il y avait aussi apports de diverses choses : vaisselle familiale etc….(nous possédons encore de cette vaisselle, draps, torchons, chemises qui ont un siècle).

On retrouve encore les vestiges de ces trousseaux dans bien de vieilles familles du Châtillonnais, la mode n’était pas entrée dans les mœurs, la qualité des tissus était de très longue durée, jamais démodés.

La noce

La veille du mariage, les garçons se réunissaient pour enterrer la vie de garçon du futur marié. Cela se passait soit chez lui, soit au café. On y buvait quelques pots de bon vin ou de champagne avec des petits gâteaux, parfois on exagérait, certains se retrouvaient pompette.

Le matin du mariage, la future mariée était préparée, habillée chez ses parents.

Tout de blanc vêtue, plus richement suivant l’aisance de la famille, robe en satin, broderies etc…Recouverte d’un long voile avec traîne, la tête ornée d’un diadème représentant des fleurs d’oranger. Les petits enfants portaient cette traîne, suivaient les jeunes couples, puis le cortège.

La mariée était conduite au bras de son père à la Mairie puis à l’église. En fin de cortège se trouvait le marié au bras de sa mère. Les jeunes étaient classés par affinité (ça faisait un peu agence matrimoniale !) .

Garçon et fille d’honneur, choisis par les mariés, présidaient en maintes circonstances, formaient le cortège, épinglant au revers du veston ou d’une robe des invités, un petit ruban blanc.

Souvent précédé du violoneux  (qui jouait plus ou moins juste) jusqu’à la Mairie.

Le Maire, ceint de son écharpe unissait les jeunes époux,aux « oui » réciproques, une salve de coups de fusil se faisait entendre à l’extérieur (durant l’acte de mariage, la porte doit être ouverte).
A la sortie, le cortège se reformait, se rendait à l’église où devait être célébré l’office.

Souvenirs de Pierre Roy : Fiançailles et noces à Aisey sur Seine au XIXème siècle

(Sortie de la messe de mariage : Yvonne Roy-Piétri au bras de son mari Alphonse Piétri)

La photographie


A la sortie, une nouvelle décharge de coups de fusil, en l’honneur du bienvenu de l’extérieur. Si les mariés étaient de la localité, il n’y en avait pas.

Puis on se dirigeait vers un endroit prévu par le photographe qui devait fixer sur une plaque, pour la postérité, le souvenir mémorable des parents et amis. C’était tout un travail de placer et remuer ces gens dans le costume 1900, tous plus ou moins gauches et empotés.

Souvenirs de Pierre Roy : Fiançailles et noces à Aisey sur Seine au XIXème siècle

(Photo du mariage d'Yvonne Roy et d'Alphonse Piétri)

Monsieur Mariglier dit Papiche, son appareil sur pieds, sous son voile noir, cadrait une dernière fois, armant sa boîte à images, la poire à la main. Attention ! le temps à chacun de trouver un sourire qui n’était pas toujours réussi, ni la position la plus avantageuse. Prêt !! Clic, c’était la première plaque, ne bougeons pas, une deuxième plaque…clic… cette deuxième prise était pour pallier en cas de défaillance, suivant l’éclairage naturel. Ensuite étaient pris le couples de mariés puis d’autres…Toute cette séance photo durait près d’une heure…

Monsieur Mariglier, habile photographe, qui habitait à Fontaine en Duesmois, se déplaçait par tous les temps en bicyclette et avec son matériel. Après s’être bien diverti, parfois avec son « pompon », il regagnait son domicile

Tout le monde se retrouvait au café pour prendre l’apéritif. C’était nécessaire afin de se tenir honorablement à table, vu la débauche du nombre de plats de bonne qualité qui allaient vous être offerts et faisaient déjà dilater les papilles gustatives, arrosés de vins de bon goût, de champagne, liqueurs et « gouttes » (marc, prunes, kirsch maison)…Plaisirs de la table...

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 12 Avril 2017

L’enfance

A cinq ans, l’enfant sera inscrit à l’école communale où il suivra tous les cours.

A onze ans, il sera capable d’obtenir son certificat d’études.

Parallèlement, il aura suivi pendant trois ans l’enseignement religieux, le catéchisme qui lui permettra de faire sa communion solennelle :

Garçons en culottes courtes, longues plus tard, au bras le brassard blanc avec franges, médaille sur la poitrine, filles en robe blanche avec dentelles, voiles, aumônière, médaille.

L’année suivante ce sera la Confirmation, mêmes rites et habillement.

Dans les deux cas, c’était l’occasion d’un repas mémorable dont on se souviendra toute sa vie, même si l’on change de voie.

On grandit, c’est de part et d’autre l’émancipation, certains restaient dans le milieu familial (cultures) d’autres partaient, entraient en apprentissage dans un métier.

Il fallait se mettre au travail, il en était de même pour la jeune fille, il lui fallait savoir tout faire.

La vie s’accélère, on a 18 ans ou plus, les fréquentations, les sorties… etc… préparent une nouvelle société.

Une anecdote d'enfance racontée par Pierre Roy :

Pierre et le bonnet d'âne

En 1917, une jeune institutrice stagiaire prenait pension chez ma grand-mère Tine. Elle parlait avec maman  et lui disait que les enfants étaient insupportables et qu’il lui était difficile de se faire obéir. Un jour elle suggéra à maman de lui confectionner un bonnet d’âne : un morceau de toile rouge, deux oreilles rembourrées, une tresse passée sous le menton le maintenant sur la tête. Les élèves étaient souvent menacés de le coiffer, la punition au coin était le lieu à dissiper les élèves.

Un jour, je l’importunais, pensant que jamais je ne le porterais, puisque c’était maman qui l’avait fait…mon jugement était faux.

 Je fus appelé à son bureau, elle me coiffa de ce couvre-chef à ma grande honte.

C’était onze heures, nous sortions et devions nous rendre au « caté » chez madame Mariotte.

Je devais aller avec ce bonnet. Je rasais les murs de peur d’être vu et nargué.

J’arrivai au pont de la Seine, la honte me rendant furieux, j’arrachai les oreilles, le bonnet, je jetai le tout dans la rivière, on n’en reparla plus.

La leçon avait porté, l’institutrice retrouva une classe plus sérieuse à l’avenir.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 12 Avril 2017

La naissance...

Le nouveau-né venait au monde, provoquant de grandes et longues douleurs, il était réceptionné par une sage-femme qui bien souvent n’en avait que le nom : l’hygiène, les connaissances étaient élémentaires voire douteuses. Nombreux étaient les accidents entraînant la mort de l’un et parfois des deux (selon les archives un sur trois) ; Ceci s’est produit dans notre famille Bornot, une hémorragie laissée à son libre cours, sans aucune forme d’intervention, la sage-femme rassurant l’entourage que ça allait s’arranger tout seul, si bien que le lendemain la mère était décédée, suivie de la mort de l’enfant deux jours après. Je dois signaler que c’était en 1916, point de médecins, la France en guerre, les docteurs mobilisés aux Armées.

Le bébé était superficiellement débarbouillé, une goutte de citron ou vinaigre dans les yeux, pour faire larmoyer et entraîner les impuretés. Le bain était inconnu et surtout déconseillé !

L’enfant était langé, emmailloté dans une petite chemise, un molleton, ficelé, épinglé parfois avec la peau (ma sœur Madeleine), prisonnier des langes et couches jusqu’à l’âge de six mois. Il ressemblait à une momie, ceci pour que l’enfant ait les jambes droites et non arquées.

Il avait ensuite la liberté des bras et mains puis des jambes. A l’âge de 11 ou 12 mois il commençait à jeter ses premiers pas. C’est impensable les conditions que ces petits subissaient…

La naissance de l’enfant était déclarée en mairie, en présence du Maire, de l’Adjoint et d’un témoin : Date, nom, prénom, issu de, signatures. Les prénoms étaient choisis dans les deux familles, d’un celui  parent très proche, souvent parrain et marraine portaient le même prénom que l’enfant. Trois semaines à un mois après, la famille choisissait un dimanche pour baptiser l’enfant .

L’enfant était porté par sa marraine, un peu avant de la fin de la messe afin qu’il ne perturbe pas l’Office religieux, accompagné du parrain et quelques membres de la famille. L’apposition des Cendres et de l’Eau sur l’enfant au-dessus des fonts baptismaux, provoquait une violente réaction de cris intempestifs que l’on tentait d’apaiser en le secouant et en le berçant.

Les parrains et marraine avaient, devant Dieu, la charge, le devoir d’aide et assistance en cas de malheur aux parents. Des liens affectifs unissaient les protecteurs à l’enfant.

Après la cérémonie, prêtre, enfants de chœur ainsi que parrains et marraines allaient à la sacristie où, sur un grand registre, étaient apposées les signatures d’acte de baptême, le curé recevait une enveloppe, les enfants de chœur une pièce de monnaie, cornets ou dragées, puis, sur le parvis de l’église, on jetait dragées, monnaie aux enfants du village qui attendaient cette manne avec impatience.

De retour à la maison, c’était l’occasion de réjouissances, d’un bon repas, exécuté avec recherche par les parents. Certaines familles réunissaient 15 à 20 personnes, les souvenirs du repas et de la cérémonie étaient commentés plus tard.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 7 Avril 2017

Noël

Souvenirs de Pierre Roy : les fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle (cinquième partie)

 La cérémonie de Noël était célébrée à l’église dans une ambiance de calme et de recueillement en attendant minuit, la venue du Messie .

La crèche était constituée de quatre sapins de bonne taille, de papier gris, de mousse, de paille, la grotte reproduite avec l’enfant Jésus, tous les rois mages et animaux 30/35cm ce qui donnait une idée plus appropriée que les sujets et autres santons de 6cm.

On venait y allumer une petite bougie.

Minuit moins le quart, la vieille cloche tintait, les fidèles se rendaient à cette messe à pied, avec la lanterne à bougie ou tempête à pétrole.

Dans l’obscurité du village, on voyait ces petites « luzottes » (lumières) converger vers le pôle de la sagesse.

Les rues étaient obscures, la lumière électrique n’existait pas (1928).

Dans l’église tous les beaux lustres étaient garnis de bougies allumées, tandis  qu’un gros cubilot américain tentait de réchauffer l’air.

A minuit, les cloches sonnaient à toute volée, puis l’office se déroulait avec communion pour les fidèles préparés à ce repas .

La messe terminée, chacun regagnait ses pénates, quelques groupes de jeunes gens et jeunes filles se réunissaient dans une famille, 10 à 12 personnes. Devant l’âtre de la cheminée où les flammes pétillaient, dans une grande poële à trous, à long manche, les marrons crépitaient, ceux-ci fendus au centre afin qu’ils soient  plus faciles à éplucher pour les déguster. On grignotait des noisettes, des noix arrosées d’un bol de vin chaud sucré, c’était modeste en comparaison des réveillons d’aujourd’hui.

Souvenirs de Pierre Roy : les fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle (cinquième partie)

Avant ou après la messe de Minuit, selon certains, les enfants ciraient chaussures et sabots, les rangeaient près de la cheminée, qui était le mode de chauffage assez classique.

Au matin, dans ceux-ci il y avait deux oranges, quelques bon bons et papillottes . On remerciait le Père Noël en parlant dans la cheminée.

Les portes étaient ouvertes afin d’adoucir la température des pièces avant d’aller se coucher dans des lits froids. Chacun avait soit un cruchon d’eau bouillante, brique chauffée dans la braise, enveloppée dans un linge. Dans la journée, les personnes rhumatisantes, assises, avaient une chaufferette à braises pour se réchauffer les pieds.

Je ne me souviens pas que dans les familles il y ait eu des sapins de Noël, il est vrai que l’on ne se fourrait pas chez les gens. Par contre certains accrochaient une boule de gui au plafond, porte-bonheur pour la famille « Au gui l’an neuf ».

1er janvier

Le Jour de l’An, des étrennes, des cadeaux, crayons de couleur, poupées en tissus avec têtes en porcelaine bien jolies ma foi,livres d’enfants .

Les enfants se rendaient chez leurs grands-parents, souhaiter la bonne année, bonne santé, puis dans le village à tous les habitants, ce qui rapportait quelques petits sous, gaufres et parfois rien de quelques vieillards de condition modeste .

Ce n’était pas l’intérêt, mais le plaisir de prodiguer ces souhaits sincères, ils nous embrassaient sur le front.

Les Rois

Quelques familles, avec une pâte à pain améliorée, faisaient une galette.

A la Chandeleur, ma grand-mère faisait des crêpes, et des crèpiats plus épais,  qui remplaçaient le dîner « carême » suivi par les personnes pratiquantes à faire maigre, c'est-à-dire repas sans viande le jeudi et le vendredi.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 4 Avril 2017

La Cagne :

En principe le temps précisait la fête des moissons appelée « la Cagne », mettant un terme aux récoltes. Repas de fête, réunissant le personnel et les gens ayant contribué aux travaux (blé, orge, avoine, navette). Il restait les pommes de terre, betteraves et autres légumineuses, houblon.

Le 1er octobre :C’était la rentrée scolaire

Souvenirs de Pierre Roy : fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

(l'école est aujourd'hui fermée...)

L'école d'Aisey sur Seine était mixte et comportait 30-35 élèves en tabliers noirs. Les cours commençaient à partir de cinq ans (petits), suivaient le cours moyen et le cours du certificat d’études.

Deux élèves du cours moyen s’occupaient des petits, une heure le matin, une heure l’après-midi, se renouvelant chaque jour.

On passait le certificat d’études à partir de onze ans avec de bons résultats.

Les heures de classe : 8h à 11h et de 13h à 16h. Devoirs à exécuter à la maison. Pas de classe le jeudi, dimanche, férié le 14 juillet. Vacances à Noël, Jour de l’An, Pâques. Grandes vacances du 31 juillet au 1er octobre.

 La Toussaint :

Dans l’église, un grand catafalque était dressé dans le chœur. Messe d’enterrement 1ère classe. Enfants de chœur en robe et calottes noires, surplis blancs. Chants et musiques mortuaires à l’harmonium.

La Fête des Morts :

Le lendemain se déroulait un service semblable à un enterrement. Au centre du cimetière, prières, bénédictions à la mémoire des morts des familles. Chaque famille apportait un bouquet de fleurs ou une couronne en lierre. On ne voyait que très peu de chrysanthèmes qui n’étaient pas commercialisés comme maintenant. Les anciens voyaient presque chaque Toussaint sous la neige.

Fête de la Victoire Armistice de la guerre 1914-1918, le 11 novembre

Souvenirs de Pierre Roy : fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

 Les élèves qui le désiraient allaient à la messe, puis à la bénédiction du monument aux Morts. Les écoliers se retrouvaient à l’école, conduits en rang par l’instituteur, précédant la population.

Discours fort simple de monsieur le Maire, rappel au souvenir de ceux qui ont bien servi la Patrie, les enfants reprenant « ont droit qu’à leur souvenir la foule vienne et prie », suivi d’un petit poème dit par un élève.

Pendant quelques années après la cérémonie, les anciens combattants disparaissant peu à peu les mœurs s’éteignirent. Traité de Paix entre la France et l’Allemagne signé à Versailles le 28 juin 1919. Les gens n’en savaient rien.

Le 25 novembre, la sainte Catherine :

Sainte Catherine, fête des jeunes filles, jusqu’à 25 ans (et plus) . Elles préparaient un goûter chez une fille puis bal le soir dans un café, les mamans occupaient les bancs tandis que les jeunes filles dansaient. Les jeunes gens des alentours participaient à la fête. Le retour s’effectuait en compagnie des parents.

La saint Nicolas :

Fête des garçons, ceux-ci couraient le pays l’après-midi afin de récolter des dons qui serviraient à préparer un goûter dans les mêmes conditions que les Catherinettes. La musique était celle d'un violoneux du pays, à saint Germain, c’était Emile Raillard.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 4 Avril 2017

Carnaval, Mi-Carême :

C’était une fête populaire qui était courue à travers le village par les « gacheutes » et les « gachenots » costumés de vieilles drilles, la figure grimée ou un masque de carton à dix sous.

Il fallait former une bande, aller chez  les habitants , faire les « singes », laissant à ceux-ci le soin de vous reconnaître,  quémander avec un panier n’importe  quoi, une boîte tirelire que l’on « gringuait » pour recevoir un peu d’argent. La joyeuse troupe se répandait de maisons en maisons, à la grande joie des enfants et des habitants. Il arrivait parfois qu’un esprit malin, d’un grenier, nous renverse un seau d’eau dessus et étions un peu penauds, mais le rire reprenait et l’on continuait cette folle équipée.

 Les "garguesses"

Souvenirs de Pierre Roy, Fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

 Enormes beignets soufflés dont voici la recette :

8 œufs, 150g de beurre, 100 g d’Astra, 15g de sel, 50g de sucre, 2 paquets de levure, 1kg de farine, 10cl d’eau de fleur d’oranger . Mélanger la farine, œufs, sel, sucre, dissoudre la levure avec l’eau de fleur d’oranger, incorporer le beurre et l’Astra.

Bien mélanger, laisser reposer 4 h, recouvert d’un linge.

Couper en morceaux, étendre au rouleau en fines feuilles sur un linge fariné, à l’aide d’une roulette cannelée découper des rectangles de 5x10, les refendre, faire des nœuds et autres motifs, mettre à la friture chaude, retirer, égoutter, saupoudrer de sucre semoule.

Les « Mais »

Ils sont encore de nos jours une coutume. Les garçons allaient dans les bois, coupaient de grandes perches de charme feuillues, les fixaient devant la demeure des jeunes filles, signifiait qu’elles étaient à l’honneur. Un « Mai » enrubanné de blanc indiquait que la jeune fille pouvait être demandée en mariage.

 Lorsque les « Mais » étaient solidement posés, sans bruit, pour faire remarquer qu’ils étaient déjà des hommes en puissance, durant le reste de la nuit, traînaient sur la place publique tout genre de matériel qu’ils trouvaient à leur portée, déployant beaucoup d’efforts : herses, charrues, tombereaux, tonne à purin, échelles, brouettes, volets…

A chacun de venir le lendemain récupérer son bien. Personne ne se fâchait, et de dire "Oh ! les charognes ! ", c’était la tradition, encore de nos jours.

Pendant un mois les « Mais » restaient devant les maisons, les récipiendaires en étaient fières .

Souvenirs de Pierre Roy, Fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

(Cliché Jean-René)

Lorsque j'ai été nommée à Beaulieu, je ne connaissais pas du tout les coutumes villageoises (j'étais un pur produit de la ville de Dijon), quelle ne fut pas mon étonnement lorsqu'un matin , je n'ai pu ouvrir les volets de mon appartement de fonction, au dessus de la salle de classe....

En descendant dans la rue, devant l'école, j'ai vu un arbre mis en travers de la façade...

J'ai été voir les voisins pour leur demander ce qui se passait...

Ils m'ont alors mis au courant de cette charmante coutume ! Eh oui c'était le 1er mai et j'étais à marier !

Contrairement à ce que dit Pierre Roy ci-dessus, je n'ai pas gardé le " mai" devant mes fenêtres, mais le dimanche suivant avec les autres jeunes filles de Beaulieu, nous avons invité les jeunes gens à un goûter fort sympathique ! c'était aussi la coutume...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 29 Mars 2017

La Pentecôte

La messe était célébrée avec moins de faste que Pâques, le prêtre revêtait une belle chasuble, les enfants de chœur avec leurs robes rouges, surplis jaunes.

La Fête Dieu

Elle était dignement célébrée ; En Baon, madame Zélie Millerot, dame bienfaitrice de l’église et du pays, mettait à la disposition de la fête, sa vaste cour, où, sous un immense marronnier d’Inde, était dressé un reposoir fleuri, garni de cierges  allumés.

Les fidèles se réunissaient, priaient avec le prêtre et les enfants de chœur, robes et calottes rouges, surplis jaunes, portant croix et bénitier, encensoir, puis le Dai porté par quatre hommes, avec draperies et étoles dorées, sous lequel était le prêtre, habits sacerdotaux d’apparat, portant l’ostensoir sur les côtés. Les petites filles, habillées en anges avec des ailes en carton, portaient de petits paniers plats, recouverts de tissus blanc ou rose, tenu par un ruban passé autour du cou, remplis de pétales de roses, de fleurs, jetées en pluie le long du parcours.

Suivaient les garçons en culottes courtes, tenue soigné, puis le chœur de chant, tout ceci empreint de sincérité, de magnificence, au chant de l’Ave Maria.

La cérémonie se continuait dans l’église débordante de chants de gloire, et le Venis Creator avec mesdemoiselles Mullier, Millerot, Guilleminot etc… , Camille Berthon se débattant comme un diable dans un bénitier à l’harmonium, son père, chantre, l'accompagnait.

La distribution du pain béni était remplacée par de la brioche offerte par la bourgeoisie, un morceau un peu plus gros, le « Chantiot » était donné à la famille qui faisait «  don de la couronne de pain » le dimanche suivant .

Pour moi qui en ai vécu plusieurs ce sont des scènes inoubliables. La célébration de cette fête extérieure se perdit.

Souvenirs de Pierre Roy : Fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle ( deuxième partie))

 Le 14 juillet, fête de la République :

Un grand bal avait lieu la veille, les cafés avaient la permission de nuit (droits de fait). Les hommes tiraient des coups de fusil de chasse, introduisaient du papier dans les canons, ça donnait un effet de neige, les enfants lançaient des fusées maintenues verticalement  dans une bouteille, les pétards étaient placés sous le pied, afin de ne pas provoquer d’accidents, d’autres tout petits et reliés étaient allumés et jetés, appelés « crapauds », probablement à cause de leur trajectoire en tous sens. Feux  de bengale de plusieurs couleurs, la Marseillaise, bruits d’ambiance, rappelait 1789.

Le 14, sur la promenade des tilleuls, l’après-midi :

jeux de quilles avec lots, course en sac, poèle à frire bien noircie suspendue à une ficelle à hauteur de tête, une pièce de 1 franc collée avec du miel devait être retirée avec la langue, mains derrière le dos, la figure barbouillée, on l’avait bien gagnée.

Colin-maillard, les yeux bandés, choisir un lot : assiette, verre, pots etc…le tout distribué gratuitement.

On rencontrait des hommes avec une bonne biture, « d’avoir traîné les cafés ». Jeu de quilles (forme classée : Châtillonnais)

Le 15 août, l’Assomption :

Fête de la Vierge Marie, grande messe. J’ai entendu dire par ma grand-mère qu’il y avait un pèlerinage à Notre Dame de Bon Espoir, il doit exister une statue. Il est peu d’exemple d’un culte particulier à la Vierge Marie en Côte d’Or.

La Fête Patronale :

Le dernier dimanche du mois, du vocable saint Genès ou Genest, seul représentant de ce nom au diocèse de Langres et sur la limite extrême, il provient  de l’abbaye de Flavigny où il est vénéré.

Ce culte du célèbre martyr d’Arles ne s’est vraiment répandu que dans la vallée du Rhône jusqu’en Bugey. Cette pénétration a emprunté le chemin de l’étain des Grecs (500 ans avant J.C., vase de Vix) pour franchir les monts de Bourgogne ; Genès est le nom du pays d’Arles, Genest s’est « bourgognisé » avec le T terminal .

A l’église était célébrée une grande messe, beaucoup de fidèles de tous les environs, l'après midi, vêpres à 15 h.

Au village, sur la promenade des tilleuls, était monté le bal sur plancher, sous tente, d’un entrepreneur de Villaines, Gilbert Véry à côté des  chevaux de bois du père Spéder, mus à l’aide d’une grosse manivelle.

Les enfants qui n’avaient pas d’argent actionnaient le manège, ils  avaient droit à un tour gratuit toutes les cinq tournées.

La musique provenait d’un limonaire, genre de piano mécanique : un mouvement d’horlogerie, un gros ressort que l’on remontait, des bandes de carton perforées introduites dont s’égrenait la musique. Les bandes sortaient, se pliaient .

Tir à la carabine 6mm sur des cartons, pipes, fleurs, confiseries, confettis.

Buvette : limonade pour les enfants, canettes de bière , vin rouge et blanc pour les hommes et grands garçons.

Les jeux de quilles retenaient les messieurs qui agrémentaient la partie de quelques francs.

Le bal payant ouvrait ses portes de 15h jusqu’à 19h30, au son du violon et d’un piston de musiciens locaux.

A 21h la porte s’ouvrait de nouveau, le bal battait son plein jusqu’au petit matin, trois lampes à pétrole suspendues diffusaient une lumière blafarde, bien complice aux amoureux.

Assises sur un banc, les mamans surveillaient jalousement leurs filles.

Une anecdote : ma sœur Madeleine avait 16 ans, des clientes l’avaient amenée au bal, et elle devait rentrer à minuit-minuit 20, mon père, furieux vint la chercher : dispute,  gifle... une bien pénible scène gratuite et inutile qui traumatisa Madeleine pendant longtemps

Le lundi après-midi c’était fini.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 25 Mars 2017

Souvenirs de Pierre Roy: les fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

(collection D.S.)

Le jour du 1er avril 

La nature sort de sa léthargie hivernale.

La vie, la joie reprennent, blagues, plaisanteries, histoires fausses que l’on dément en disant « Poisson d’avril ! ».

Petits et même grands accrochent dans le dos des gens des poissons en papier, chacun riant de celui qui en portait un. Personne ne s’en offusquait.

Les Rameaux

James Logerot mettait à la disposition du curé une voiture attelée d’un cheval et avec son commis Albert Charles allaient couper des branches de buis dans les bois, déposaient ce buis à droite du chœur de l’église.

Dimanche, jour des Rameaux 

Célébration de l’Office avec bénédiction du buis, la cérémonie terminée, tous les fidèles s’approchaient pour prendre un rameau, parfois une brassée, pour en déposer sur les tombes des familles au cimetière, un brin à toutes les croix, dans la maison ainsi que dans les écuries. Certains pensaient être mieux protégés suivant la quantité.

Le Jeudi Saint

Des adultes et les enfants sortant de l’école, se rendaient à l’église, prières, recueillements, ensuite le prêtre passait dans les bancs, tenant une coupe contenant de la cendre de buis, son pouce enduit, en apposait sur le front en signant la Croix.

Le Vendredi Saint

Les fidèles observaient un repas frugal, sans viande toute la journée.

A l’église, l’après-midi, prières et chemin de Croix après la sortie de l’école.

Les angelus (midi) n’étaient plus sonnés, le sacristain parcourait les rues du pays avec un « bruyant » pour les remplacer.

Les cloches étant parties à Rome se purifier. J’avais 5 ou 6 ans et je demandais à ma grand-mère comment elles s’y rendaient  « Comme les anges, elles ont des ailes » me répondit-elle.

L’année suivante, je guettais dans le ciel, je n’y crus plus, puis maman m’expliqua cette croyance qui était employée pour assagir les petits enfants. A l’église les sonneries des messes étaient remplacées par une crécelle.

Souvenirs de Pierre Roy: les fêtes civiles et religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

Pâques

Les cloches manifestent leur retour en sonnant à toute volée avant la grande cérémonie, oreries sorties.

Tous les fidèles, dans leurs plus beaux habits, gens d’Aisey, de Nod, Voisin, Chemin, Brémur, venus à pied, en voiture hippo, en auto.

Les familles ayant des enfants, faisaient cuire à leur insu des œufs de poule (la teinture se fixant mal ou pas sur les œufs de cane) durs, dans de l’eau, bleu avec des boules à linge, de la pelure d’oignon pour jaune, épinards pour les verts, betteraves rouges pour les rouges.

Ces œufs étaient cachés dans l’herbe du jardin, sous un rosier, un buis, en plusieurs endroits.

Au retour de la messe, la maman ou la grand-mère envoyait les enfants à la recherche de ces œufs déposés par les cloches de retour de Rome, purifiées et bénies.

Quelle joie de les découvrir, de les admirer, rester en contemplation Ils étaient bien vite dégustés, soit sur le champ par les gourmands, ou à table à midi : en ce temps-là poules et œufs en chocolat n’étaient pas encore apparus dans  nos campagnes.

Le lundi était férié, pour certains, on se promenait sur la route de la Chouette, retour par Vaurois, la Barque, la Voie d’Avril. Chaque dimanche après le sermon, le prêtre annonçait les promesses de mariage, messes basses de la semaine, dites à 7h30, à l’intention de familles ou parents décédés.

Le 1er mai

Pour nous, les enfants, c’était la fête du muguet. Je ne me souviens pas de manifestations en l’honneur du travail, certains hommes étaient habillés en dimanche, ne travaillaient pas, enfant on ne savait pas pourquoi.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 23 Mars 2017

Souvenirs de Pierre Roy : les distractions à Aisey sur Seine au XIXème siècle

En 1883, un cordonnier, Jean-Nicolas Birot, composa un recueil de chansons patriotiques et joyeuses. Ce recueil connut un certain succès en son temps. On y trouve un éloge chanté sur Aisey :

Aisey est un brillant séjour

Où les jeux, les plaisirs bachiques

On boit, on aime, on chante, on rit

Il est situé comme Paris

Au charmant vallon de la Seine.

Au bal, on dansait la valse, à l’envers, piquée, la polka, la mazurka, la scottish, le quadrille, le pas de quatre,la gigue, le galop.

Les dimanches, d’octobre à mars, les hommes se rendaient dans les cafés de 14h30 à 18h30, formaient des jeux de trois ou quatre partenaires, tapaient le tarot (allemand) en intéressant la partie avec un sou du point. C’étaient les gagnants qui réglaient les consommations.

On consommait vin ou bière, par grand froid du vin rouge ou blanc  chaud et sucré, dans un grand bol de porcelaine épaisse contenant un litre et demi, ça devenait de la gourmandise !

Les dames avaient peu de distractions, relations, elles se rendaient chez d’autres esseulées pour raccommoder, tricoter ou se promener autour du pays. Certains hommes allaient à la chasse le jeudi  et le dimanche, accompagnés d’un ou deux chiens personnels.

La fanfare

 Il existait à Aisey une fanfare avec 30 musiciens qui tomba en désuétude en 1920 faute de membres, la guerre avait dispersé les hommes, d’autres y étaient morts. La Société de Nod tint le coup jusqu’en 1939.

Les conscrits :

Souvenirs de Pierre Roy : les distractions à Aisey sur Seine au XIXème siècle

Les jeunes gens ayant 20 ans dans l’année étaient astreints par la loi à passer le « Conseil de Révision » à la Mairie de Châtillon.Ce Conseil était composé de trois médecins majors militaires, du maire de Châtillon et de Monsieur le Préfet.

Les candidats se présentaient sans caleçon, nus comme un ver.Après consultation, menée tambour battant, commençaient les mensurations etc… yeux, nez, oreilles, parties, jambes, pieds, varices, poitrine.

 Le jeune qui satisfaisait à tous ces tests était jugé « apte , bon pour le service », celui qui avait une déficience était « ajourné ». il devait repasser l’année suivante. Rares étaient les « réformés », malformations physiques , ou mentales ou handicapés.


Au fur et à mesure , les futurs soldats se regroupaient par localité. Ils allaient chez un marchand ambulant vendant à un bon prix : rubans, cocardes avec baudrilles, des « bon pour le service «  en alu doré, des cartons « bon pour les filles » en gros caractères.

Ils se retrouvaient au café, heureux, buvaient à leur santé. Les « ajournés » regagnaient leur foyer. Les autres continuaient la « ribotée », parfois avec empoignades. Dans le pays le bal n’avait pas le succès escompté, vu leur état…

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 14 Mars 2017

Les bons Devineurs

Parfois, passait un couple d’artistes d’un certain âge, se déplaçant dans une petite voiture, genre calèche, tirée par un petit cheval On les appelait « les bons devineurs ». Ils donnaient une représentation dans la salle du café, le prix d’entrée était modeste, les spectateurs étaient nombreux. Ce spectacle consistait en devinettes, histoires amusantes . Je me souviens d’une charade énigmatique :

XU RI LARD qui contenait le nom de six personnages politiques de l’époque :

Fait l’X fort (Félix Faure), ne fait pas l’U si fort (Lucie Faure), fait le riz beau (Ribot), Raye le mot lard (Mollard), Je barre tout (Barthou), tout ça n’est pas brillant (Briand)

Les artistes faisaient de la transmission de pensée, de l’hypnotisme, des tours de cartes, jonglaient avec des boules, des anneaux des foulards.

Les saltimbanques

Les saltimbanques, deux ou trois grandes personnes, avec deux ou trois enfants, voyageaient dans un fourgon bien agencé.

Leur spectacle, assez semblable au précédent, avait lieu dans la salle ou sous le hangar dans la cour : numéro de deux jeunes enfants exécutant des tours d’acrobatie, les deux chiens savants, un lapin dans la capsule, la colombe dans la poche de la veste, devant des spectateurs médusés. On se demandait comment tous ces gens pouvaient vivre dans une telle exigüité.


Les bohémiens

Souvenirs de Pierre Roy : les gens du voyage passant à Aisey sur Seine au XIXème siècle

Eux, n’étaient pas des artistes, ils vivaient dans une roulotte, du type gitan. Les hommes aux longues moustaches noires, les femmes brunes des anneaux aux oreilles, vêtues de grands cotillons.

Leur travail consistait en vannerie, paniers, rempaillage de chaises. Les femmes allaient de porte en porte, le panier au bras, proposer de la dentelle, boutons, fils et aiguilles,disaient aussi la « bonne aventure », faisant les lignes de la main, moyennant rétribution.

Toujours contrôlés par la maréchaussée, ils étaient très souvent suspectés de vols, de larcins qu’ils n’avaient pas toujours commis. Braconniers, certainement… j’en ai vu un jour dépouiller deux hérissons pour leur repas, mais aussi pêcher la truite avec une fléchette de leur astucieuse fabrication.
Le Maire les assignait à séjourner un jour ou deux à certains endroits de la localité.

Les Romanichels 

Mêmes roulottes, mêmes activités. Ils étaient très souvent étameurs, savaient retirer habilement du cuivre à une casserole confiée pour étamage en la chauffant, la martelant pour allonger les bords et prélever le métal, respectant la hauteur et le volume du récipient. 50 à 80 grammes subtilisés sans que le propriétaire s’en aperçoive.

Ils étamaient aussi cuillers et fourchettes.

Les nomades ou « camps-volants »

Dans des carrioles bâchées, tractées par une mule ou un mulet. C’étaient  les plus misérables, parents et enfants loqueteux, marchant pieds nus, souvent sales, avec de la vermine.

Ils raccommodaient la faïence, la porcelaine : assiettes, soupières. Ils faisaient de minuscules trous à l’aide d’une petite vrille, et, avec un ciment colle  spécial à eux, collaient les morceaux, maintenus par de fines agrafes . Ce n’était pas du remis à neuf, mais ça avait l’avantage  de pouvoir continuer à se  servir longtemps de l’objet. Car on y regardait pour acheter du neuf.

Ils vivaient de braconnage, de rapines, de mendicité, car il avaient le ventre creux.

Les habitants des villages assagissaient les enfants en leur faisant peur de la présence de ces gens.

Après 1930 on ne vit plus guère ces "gens du voyage".

Mais ils n’ont pas disparu, ils ont évolué avec les temps modernes, utilisent des caravanes, tractées par de grosses et vieilles voitures, fréquentant les abords des villes. Le législateur leur a reconnu le droit de vivre comme tous les citoyens. Les enfants sont scolarisés itinérants . Beaucoup peuvent se fixer dans des lieux définis, avec agencements d’eau, de propreté.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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