Publié le 5 Juin 2017

LES LAVANDIERES DE SAINT GERMAIN

Les habitantes du village faisaient leurs lessives une fois par mois. Elles allaient au lavoir avec une brouette.

Lorsqu’il n’y avait pas d’eau, elles avaient recours au minuscule lavoir de la route de Châtillon-Rochefort, ou à celui de Busseaut en bas de la côte de Saint Germain (2km), d’un bon débit.

Vers 1920, les lavandières de la ferme étaient descendues en voiture avec le chargement de lessives. La voiture reviendrait le soir pour remonter ces personnes.

A midi, Suzanne (ma future femme ) alors âgée de 7 -8 ans devait porter le déjeuner aux laveuses dans un panier : pain, fromage, vin ainsi qu’une timbale à réchauffer sur un feu de bois dans un coin du lavoir.

Elle était arrivée à 200 mètres du lavoir encore caché par les buissons, lorsqu’elle vit détaler sur les pentes de Busseaut un gros chien , elle prit peur en pensant, comme le petit chaperon rouge, que c’était un méchant loup.

Elle fit demi-tour se sauva à toutes jambes au pays. Elle n’osa pas rentrer à la ferme et entra dans la première maison amie, celle de Madame Fréget.

Suzanne lui expliqua toute tremblante d’émotion ce qu’elle avait vu . Cette brave personne la calma, lui apporta un réconfort, puis au bout d’un moment lui proposa de l’accompagner.

Elles firent le trajet sans incident. Mais ces aller et retour avaient occasionné deux heures de retard dans le portage du repas Les femmes étaient fort impatientes , il y avait longtemps  que midi était sonné au clocher du village.

Le froid, les mains dans l’eau, elles avaient bien faim. Enfin la bonne dame expliqua le désarroi de Suzanne et tout fut oublié.

UN LOUP ENRAGÉ A SAINT GERMAIN LE ROCHEUX

L’histoire d’un loup enragé est un fait décrit et authentique .

Souvenirs de Pierre Roy : les lavandières de Saint Germain le Rocheux

Encore quelques personnes (dont Paulette Tanière, Renée Mullier) se souviennent avoir entendu leurs grands-parents conter la triste fin d’un homme, Claude Copin, parent de notre famille, soldat de Napoléon 1er.
Un loup enragé errait dans la région de Saint Germain le Rocheux.

Il fut aperçu par les villageois sur la route de la Chouette. Le « Grand Copin » , prévenu, se porta à sa rencontre armé d’un couteau de cuisine.

Homme courageux, il s’approcha de l’animal hagard, bavant. Il l’enfourcha, d’une main lui tenant le museau fermé , il lui planta son couteau entre les deux pattes de devant, dans la poitrine.

Malgré ces précautions, le loup le mordit au petit doigt, on encrotta la bête morte. Copin se lava les mains, mais ne tint pas compte de cette égratignure.

Peut-être deux mois s’étaient écoulés qu’à l’occasion, je crois, du 14 juillet, Copin jouait aux quilles, bien que malade.

C’était son tour de renvoyer les boules, mais on vit qu’il les jetait sans force, de façon désordonnée.

Les hommes s’inquiétèrent de son comportement, ils remarquèrent que de la bave coulait de ses lèvres. et, se souvenant alors du loup, tous dirent qu’il était peut-être enragé. On alla chercher le docteur qui consulta et confirma les dires de ses camarades.

Le remède, effroyable : on ligota le patient sur son lit , puis à l’aide d’un édredon de plumes on l’étouffa. On entra le lendemain dans sa chambre et on constata le décès .

Monsieur Louis Pasteur ne fit ses découvertes que plus tard.

 Et pourtant en 1810, voici ce qui était préconisé :

Souvenirs de Pierre Roy : les lavandières de Saint Germain le Rocheux

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 5 Juin 2017

LA VIE DE LA FEMME RURALE

Au foyer, elle s’occupe dès 6 heures du matin, de raviver le feu, préparer le petit déjeuner, café, lait, pain grillé puis s’occupe des enfants pour aller à l’école.

Elle soigne ensuite les volailles, les lapins et souvent les porcs,prépare les repas du midi et du soir.
Activités diverses dans la cour, le jardin. Le jeudi, aidée par les enfants elle coupe l’herbe aux lapins, en juin et juillet elle cueille les fraises, fraises des bois, framboises, mûres et elle en fait des confitures.

Les moissons terminées,les enfants allaient glaner, ramassaient des noix et des noisettes.

Une fois par mois c’était la lessive avec des journées pénibles : trempage dans un cuvier, linge bouilli en lessiveuse, lavé puis rincé à la fontaine avec de terribles onglées l’hiver.

Souvenirs de Pierre Roy : la vie de la femme rurale au XIXème siècle

Le linge était ensuite séché dans le jardin ou au grenier, puis repassé et rangé soigneusement dans les armoires avec un sachet de lavande.

Sa tenue vestimentaire: un fichu sur la tête, les cheveux en chignon, une grosse chemise de toile de lin, caraco, jupes amples cachant une culotte longue jusqu’aux genoux avec dentelles, gros bas de laine ou de coton, chaussons, sabots par mauvais temps, autrement chaussures montantes.

Le  dimanche, les vacations habituelles étaient simplifiées, mais la présence à la messe était habituelle.

Le dimanche les femmes mettaient un chapeau, un corsage ou veste, un corset à baleines afin de valoriser avantageusement la poitrine, faire taille fine.

 De belles jupes et robes étaient confectionnées par les modestes couturière du pays.Aux pieds des chaussures genre mocassin avec boucles, ou bottines à boutons pur lesquelles il fallait un crochet spécial.

Les cérémonies, fêtes religieuses, noces etc…faisaient prendre l’air à toutes ces belles tenues.

L’hiver,à la lueur de la flamme vacillante du feu de cheminée, mère ou grand-mère, assises sur une chaise, faisaient sauter sur leurs genoux les plus petits, ce qui faisait la joie des bambins en chantant des refrains sans fin.

« A cavale mon âne, pou aillé ai biâne, charché du pain bian.Pou lai mère Gangan qui n’ai pu de dents… au trot ! au trot ! au galop ! au galop ! », avec des mouvements et des gestes rapides…

Elles disaient des contes : Cendrillon, Barbe Bleue, le Petit Poucet, Robinson Crusoë. Ceci dit au bord du lit éclairé par une lampe Pigeon, afin d’endormir l’enfant dans des rêves merveilleux, telle cette mélodie :

On dit qu’il est un petit vieux

Qui vient le soir jeter du sable

Dans tous les pauvres petits yeux

Des enfants qui sortent de table

Le vieux dans son sac

Puise et crac…crac…crac…

Tout s’envole et se verse

On dirait une averse

Le vieux dans son sac

Puise et crac…crac…crac…

Les dernières strophes en berceuse.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 5 Juin 2017

Pierre Roy épousa Suzanne Bornot, une fille de Saint Germain le Rocheux.

Il nous dépeint la ferme de son beau-père.

LA FERME DU GRAND-PERE BORNOT à SAINT GERMAIN LE ROCHEUX

 Le père de ma femme Suzanne, Joseph Bornot , né en 1876, possédait une ferme, située dans la rue du Roi, qui se composait d’un bâtiment d’habitation à un étage avec cave et  grenier.

Cette maison avait une pièce principale servant de cuisine, de salle de repas, et de bureau.

Sous la montée d’escalier un lit était installé, l’alcôve fermée d’une porte.

La pièce contigüe était la chambre à four pour cuire le pain.

Sous la cheminée où on faisait du feu sur des chenêts, une crémaillère était suspendue avec une marmite pour cuire les pommes de terre en robe des champs.

Sur le côté gauche, un petit bâti en pierre faisait office de fourneau avec deux foyers où l’on pouvait mettre des braises ou du charbon de bois en été lorsqu’il n’y avait plus de feu dans la cheminée.

Au premier étage de la maison il y avait trois chambres munies de cheminées, avec lits, armoires, commodes, table avec cuvette, broc, seau d’aisances.

Le matin on vidait le seau dans le cabinet du jardin (quelques planches dressées, un toit, une porte, un bâti en bois servant de siège, un couvercle).

Au dessus le vaste grenier tavillonné (planches sous les tuiles afin d’éviter la déperdition de la chaleur en hiver). On y étendait le linge à sécher.

Sous le bâtiment d’habitation, s’étendait une cave taillée dans la roche : on y entreposait pommes de terre, carottes, choux raves. S’y trouvaient aussi des saloirs avec lard et porc en saumure, des pots en grès pour la conservation des œufs au lait de chaux ou silicate.

Un chantier fait de deux pièces de bois parallèles permettait de mettre une ou deux feuillettes afin de ne pas les poser par terre, de mettre une canette (robinet) pour tirer le vin ou la piquette.

On y voyait aussi des casiers à bons vins et à « goutte » que l’on distillait chez le blandevignier (Canaron à Nod).  Après l’avoir laissée deux mois en damejeanne non bouchée  pour qu’elle puisse perdre son « feu », on la mettait en bouteilles ou en flacons.

Devant la maison un jardinet à fleurs, une citerne sur la rue, et le banc de pierre où l’on se reposait durant les beaux jours, engageant la conversation avec les voisins et passants.

Derrière la maison, un champ et un jardin pour les légumes, et les W.C.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Mai 2017

Une histoire à faire peur aux enfants

Afin de dissuader les enfants d’approcher, seuls, et trop près de la rivière, les parents contaient  qu’une méchante fée appelée « Mère Gaillon », sortait prestement de l’eau, emportait l’enfant imprudent dans son trou au fond de l’eau. La crainte était grande, si bien qu’adultes, les gens traumatisées, fréquentaient prudemment les bords de l’eau. On narrait l’histoire du cultivateur qui était tombé avec sa voiture chargée de foin, attelée à deux chevaux, dans ce trou de sainte Catherine et que l’on ne l’avait jamais retrouvé.

A tel point que pas un homme ou femme , à ma connaissance, en 1923, ne savait nager, ni moi-même.

Ma sœur Madeleine était allée se baigner près du pont, vêtue d’une grande chemise et les gens, scandalisés, de dire « On n’a pas idée, elle va se noyer » alors qu’elle n’avait fait que se tremper, assise sur le fond dans 0,60m d’eau. C’était la grande curiosité pour les enfants sortant de l’école qui disaient : »Vin donc voir la Madeleine qui s’baigne »…

Souvenirs de Pierre Roy : baignades interdites à Aisey au XIXème siècle...

 Une baignade bien corrigée...

Pendant les grandes vacances, un après-midi, avec d’autres gamins nous étions allés nous « baigner » sous la promenade des tilleuls. En ce temps-là, le slip de bain n’existait pas, nous étions en culottes courtes retroussées, la chemise retirée, nous barbotions sans plus.
Passe un habitant qui s’empresse d’aller prévenir maman que je me baignais. Celle-ci, pleine de craintes, accourut, me fit sortir de l’eau. Grondé sur les risques que j’avais pris, j’aurais pu me noyer ! Je dus remettre ma chemise, mais faute d’ avoir essuyé mes pieds je ne pouvais pas remettre mes bottines, en plus il aurait fallu un crochet pour accrocher les boutons.

Bref, je dus rentrer à la maison pieds nus, les cuisses et les jambes caressées par une branche d’orties qui me faisait pleurnicher (il n’y avait aucun danger). Voilà une façon de vous détourner de l’eau en ce temps-là !!

Souvenirs de Pierre Roy : baignades interdites à Aisey au XIXème siècle...

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 28 Mai 2017

Les sœurs de saint Vincent de Paul au village

Au centre d'Aisey sur Seine existe une immense maison, propriété de la Commune.

Souvenirs de Pierre Roy :Les Religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

Souvenirs de Pierre Roy :Les Religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

La congrégation des soeurs de Saint Vincent de Paul y avait un bureau de bienfaisance.

Grandes salles, froides et austères où la Mère Gabrielle (90 ans) et Sœur Marie, enseignaient.

La séparation de l’Eglise et de l’Etat y mit fin en 19O6.

L’interdit n’empêchait pas l’enseignement religieux du catéchisme et préparation à la première communion des enfants des pays voisins.

Il y avait une salle d’apothicairerie avec des bocaux de plantes médicinales, quelques flacons de teinture d’iode, picrique, eau oxygénée, onguents, ouate, gaze en modeste quantité et gratuité des soins.
La congrégation vivait modestement, on rencontrait sœur Marie,les cornettes amidonnées, flottant au vent, poussant une charrette en osier dans les paroisses, recevant quelques subsides, une douzaine d’œufs par ci, une livre de beurre par là, un morceau de porc dans une ferme, lait, fromages etc…

Toujours dévouées au service des malades, handicapés et mourants. Elles avaient la sympathie des habitants à part quelques durs contre l’Eglise et leurs quolibets tels que « Tiens les grenouilles de bénitier qui quêtent », un chant monocorde : 

« Si les curés et leurs galettes voulaient nous faire mettre à genoux,

 citoyens envoyons-les paître,

 et votons Victor Genou,

marchons sur les pas de Victor,

 il est couronné de chez nous.

A tout coup, vive Genou » (illustre inconnu !)

Le missel qui s'exprime

Autrefois, on interrogeait le missel pour connaître la réponse à des questions posées.

Pour cela il faut un missel ouvert à la page de l’Evangile selon saint Jean.

Mettre une clé de porte à cet endroit au centre, laisser dépasser l’anneau de 2 à 3 cms hors du livre, le fermer, l’attacher serré avec une ficelle. Être dans une chambre calme avec une seconde personne motivée, se tenir debout, les deux personnes sont face à face, prendre le missel, le soutenir par l’index sous l’anneau de la clé, la paume de la main en haut, le bras plié aux hanches, l’extrémité des index ne doivent pas toucher le corps de la clé pour ne pas gêner les pulsations, être calme, se concentrer sur le sujet, poser la question à haute voix…

Attendre que se manifeste la réponse par oui le missel tourne à droite, par non il tourne à gauche.

Pas d’idées préconçues. Les questions à poser doivent être réelles et sérieuses. Exemple : connaître l’évolution de la santé d’une personne.

Il faut de la pratique.

Les questions de n° de loto ou des chevaux ou de ce genre sont exclues, ceci fait partie de la loi des probabilités.

C’est comme en radiesthésie, il fait une certaine pratique.

Cette pratique s’effectua dans certains endroits du Châtillonnais.

Enfants, ma sœur, moi et maman, y avions recours.

Voici la fin du texte de Pierre Roy, écrit de sa main, et son dessin explicatif :

Souvenirs de Pierre Roy :Les Religieuses à Aisey sur Seine au XIXème siècle

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 22 Mai 2017

 Le moulin Blin

Souvenirs de Pierre Roy : Activités économiques à Aisey sur Seine, et aux alentours, au XIXème siècle (deuxième partie)

Situé sur la Seine, à la Barque, ce moulin avait tenté d’évoluer avec son temps. Dans ses débuts il était actionné par une traditionnelle roue à aubes qui tournait par la force de surface et d’une très faible chute.

Vers 1910, monsieur Blin l’équipa d’une turbine qui consommait beaucoup moins d’eau avec davantage de puissance qui permit l’installation d’un groupe dynamo, fournissant de l’électricité en courant continu de 32 Volts qui permettait d’éclairer tout le moulin la nuit, aux endroits principaux de surveillance.

Le meunier devait être attentif de nuit et de jour aux bruits de ses meules et trémies, afin que les pièces en mouvement ne s’emballent pas ou surchauffe, ces pièces risquant de mettre le feu à son moulin.

Souvent il devait repiquer ses meules de pierre à la broche, afin que le grain fut bien écrasé. Les cultivateurs lui livraient leurs production, il fournissait la farine aux boulangers des alentours (il n’y en a plus),ainsi qu’aux cultivateurs.

Les issues (le son) nourrissaient le bétail. Les transports routiers, les silos et grands moulins de Châtillon mirent fin à son activité et à bien d’autres dans notre région. Maintenant le moulin est en ruine. Monsieur Brugère, marchand et scieur de bois, le racheta en 1938 , utilisa le bief pour faire tremper des grumes.

L'exploitation des carrières de la Bôle, Magny, Chamesson.

Souvenirs de Pierre Roy : Activités économiques à Aisey sur Seine, et aux alentours, au XIXème siècle (deuxième partie)

Les hommes, constitués en équipes commençaient par dégarnir, écrêter, faisaient un large découvert des bancs à exploiter. Tous les matériaux étaient chargés sur wagonnets, puis déversés sur une pente de 30° appelée cavalier (haldes). A l’aide de barres à mine de 2m, 2,50m, 3m, pesantes, coupantes à leurs extrémités, les carriers foraient des trous d’un mètre ou plus selon les veines, de 3 ou 4 cm de diamètre, en levant (0,40m), laissant retomber des heures durant, ajoutant un peu d’eau dans le trou afin de lubrifier l’attaque de la pierre, 4 à 5 trous espacés de 30 à 40 cm suivant le bloc à extraire.  Ceux-ci étaient bourrés d’explosifs, d’un détonateur, un cordon allumeur (Bickford), maintenant électrique. Chacun s’écartait à l’abri, seul le chef mettait le feu. Deux minutes après c’était l’explosion, on venait ensuite constater le morceau séparé du banc. On s’affairait à l’aide de pics, barres, crics, rouleaux de bois, à le dégager en un lieu, d’autres hommes l’équarrissaient, puis le chargeaient , le faisant transporter par un fardier à chevaux que j’ai vu.

Les fardiers furent remplacés par des camions plats Nashquad en provenance des stocks américains. Les pierres étaient emportées à le scie de Nod (au fourneau, Huguenin). Celles-ci étaient  mises sur des chassis à l’aide d’un pont roulant, de longues lames d’acier allaient et venaient, actionnées par la force d’une roue à aubes (moteurs électriques).

De l’eau et du sable siliceux coulaient très doucement dans les rainures en servant de coupe et de lubrifiant. D’autres blocs, moins gros, étaient tranchés avec un câble d’acier en rotation avec contre-poids pour faire descendre le fil.

Ces tranches polies, poncées, suivant la destination et l’utilisation. Un grand nombre de ces plaques de pierres polies ont servi  à la construction

Et marches du Palais de Chaillot à Paris, d’autres revêtent certaines facultés de Dijon etc…, les équarris servent au rempierrement des routes.

 Chênecières entre Aisey et saint Marc sur Seine 

Souvenirs de Pierre Roy : Activités économiques à Aisey sur Seine, et aux alentours, au XIXème siècle (deuxième partie)

 Forges de très longue date, où le physicien Louis Cailletet, industriel bourguignon, auteur de recherches sur la liquéfaction des gaz, né à Châtillon sur Seine (1832-1913) travailla.

Je me souviens avoir visité les forges vers 1917 avec notre mère, monsieur Pallency en était le directeur-ingénieur.

Je revois ces installations, les trois grandes cheminées, les fours où le métal était en fusion que l’on regardait avec des carris de verres fumés

 Les ouvriers étaient des prisonniers de guerre allemands qui étaient logés dans des baraquements en bois au bas de la côte de l’Homme Mort.

Il régnait  là une grande activité, et un gros trafic pour le tacot (T.D.C.O.) avec les charbons et fers bruts et affinés vers Dijon et Châtillon.

Depuis 1930 on y fabrique des chaînes en tous genres, l’usine se nomme « Société Forges et Chaîneries de Chenecières »

J'ajoute personnellement deux photos, car Pierre Roy ne parle pas de l'existence d'un ancien moulin à huile à Aisey .

Voici la roue de l'ancien moulin à huile d'Aisey sur Seine (avant la Révolution, Aisey le Duc) et la plaque commémorative de sa restauration.

Souvenirs de Pierre Roy : Activités économiques à Aisey sur Seine, et aux alentours, au XIXème siècle (deuxième partie)

Souvenirs de Pierre Roy : Activités économiques à Aisey sur Seine, et aux alentours, au XIXème siècle (deuxième partie)

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 22 Mai 2017

Au XIXème siècle, Aisey sur Seine possédait de nombreuses activités économiques.

La Brasserie

Ses propriétaires successifs furent Huguenin, Clerc, Bornot.

Aisey avait de la bonne eau, produisait du houblon, de l’orge, tout pour faire de la bonne bière.

Abandonnée en 1905 elle fut utilisée pour la fécondation des œufs de truites fario, élevage des alevins qu’on déversait dans les bassins de la pisciculture de la Chouette. Sans techniques, les résultats étaient décevants.

Tout fut de nouveau abandonné. Amédée Voisot reprit les lieux, il aménagea des chais pour le commerce des vins,entrepôt de bières puis l’activité s’arrêta.

La Tuilerie

Leclerc, le propriétaire fabriquait des tuiles plates, romaines. L’activité s’arrêta en 19OO.

Il subsiste deux grands réservoirs d’eau qui alimentaient la brasserie puis la gare T.D.C.O.. une chute d’eau faisait tourner une roue à aubes et fournissait la force pour les besoins de la tuilerie.

La Pisciculture-Anciennes forges 

Le fer venait des fourneaux de Nod, Rochefort.

La forge employait 20 ouvriers, 16 bûcherons et 10 manœuvres.

On fabriquait des pelles, exportées sur Paris, des fers de charrue (pas les socles), des feuillards pour les fers à chevaux.

 La forge périclita à la suite des nouveaux procédés de production de fabrication d’origine anglaise (1840).

En 1785 il existait plus de 50 forges en Côte d’Or.

La propriété fut reconvertie en 1900/1910 par monsieur Longueville, tomba en désuétude, fut reprise par messieurs Gossiot, Schaller, Carrière puis Jeunet.

Souvenirs de Pierre Roy : les activités économiques à Aisey sur Seine au XIXème siècle (1ère partie)

La pisciculture est bien installée,car elle possède un grand étang dans lequel il y a des truites, carpes, écrevisses, alimenté par le Brevon qui  serpente le long du bois, avec de vastes bassins d’élevage depuis l’alevin jusqu’à la truite-portion demandée par les restaurateurs.

La pisciculture ne donna satisfaction qu’avec son dernier propriétaire monsieur Jeunet (Suisse) qui connaissait la biologie de la truite, il introduisit une espèce particulièrement résistante et prolifique : l‘Arc en Ciel nommée ainsi pour les reflets sur sa robe.

L’espèce Fario (sauvage) est néanmoins supérieure pour les gastronomes, elle existe toujours dans le Brevon et la Seine à l’état libre.

La Scierie

Souvenirs de Pierre Roy : les activités économiques à Aisey sur Seine au XIXème siècle (1ère partie)

Sa vocation première fut un moulin à grains, auquel jouxtait une huilerie, graines de navette, de lin, le colza n’étant pas récolté ici.

Elle eut ses difficultés, sombra puis fut reprise par la famille Millerot Arsène, ses enfants, petits enfants et un arrière petit fils l’exploite.

La scierie avait des activités diverses : sciage de grumes, poutres, charpentes, solives, liteaux, menuiseries diverses : voitures bréardes, grumiers, calèches, brouettes, roues cerclées, forges, ferrures.

Souvenirs de Pierre Roy : les activités économiques à Aisey sur Seine au XIXème siècle (1ère partie)

Les machines-outils étaient actionnées par la force produite par une roue à aubes avec un arbre de transmission de 30 mètres traversant sous la rue.

Cette roue est entraînée par la chute d’eau du bief, lui-même formé par un vannage contre le pont qui fait une retenue d’eau de plus de 300 mètres.

Une autorisation royale de 1623 permettait de lever les vannes suivant le débit de la Seine, en période de crue pour éviter de provoquer des dommages aux riverains.

Un large passage à chaque rive en amont du pont était utilisé par les éleveurs de moutons de la région, Puits, Coulmier le Sec,Chemin, pour les laver à la cendre de bois sur les bords de l’eau. Les laveurs les poussaient, ainsi shampouinés dans la rivière pour les faire traverser à la nage afin de les rincer. Ils regagnaient l’autre rive sur un pierrier au fond de l’eau (côté lavoir). Ils étaient regroupés et reprenaient le chemin de leurs métairies, où ils arrivaient tout propres et secs pour être ensuite tondus par monsieur Pasdeloup de Puits.

Les laines du Châtillonnais étaient achetées par des marchands lombards dès 1786 et partaient pour Rome. Ces toisons d’une grande propreté donnaient une qualité supérieure de finesse, d’où leur recherche.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 16 Mai 2017

Le 13 juin 1940

 La veille de prendre la fuite… pas en Egypte, Pépé avait une collection d’épées, baïonnettes de 1870, deux casques prussiens à pointes, dont un perforé d’une balle. (Je ne sais pas s’il y a un rapport avec celui enterré au cimetière.)

Il avait aussi deux pistolets américains de la guerre des Philippines vers 1898, des épaulettes numérotées, le tout mis dans deux sacs qu’il alla, la nuit, jeter dans la Seine au pont des Troubles.

Souvenirs de Pierre Roy, : l'exode à Aisey sur Seine en 1940

Une crue d’hiver de la Seine, emporta ces sacs dans un trou de trois ou quatre mètres de profondeur, où ces armes sont certainement enfouies dans la vase.
La présence des soldats allemands ne permettait pas de les récupérer, le manque de volonté de les redécouvrir….puis ce fut l’oubli…

Le 14 juin 1940, pris de panique en voyant les troupes françaises s’enfuir en désordre, sans officiers, des civils de tous bords, dans des autos, voitures attelées, ce fut l’exode, la voie du sud.

Souvenirs de Pierre Roy, : l'exode à Aisey sur Seine en 1940

Grand-Père, Mémé, mon épouse Suzanne et mon fils Jean (4 ans) quittèrent l’hôtel en voiture 402 Peugeot et Simca 5 avec le minimum de linge, literie, ravitaillement etc…

L’Hôtel était fermé, ainsi que la Chatellenie. Hélas, une heure après le départ, tout était mis à sac par des civils et militaires de toutes armes…

Route, direction imprécise, cap au sud, les grandes routes sont inabordables.

Il faut prendre les chemins, les petites routes, par Villaines en Duesmois, Baigneux, les Laumes, revenir sur ses pas, tenter de passer sur la droite…impossible, reprendre un autre chemin. Semur, Précy sous Thil, Pouilly en Auxois.

Première nuit : dormir dans une grange à Vandenesse. Le lendemain,  ça n’avance plus, c’est bloqué, puis ça reprend en direction d’Arnay le Duc, pour échouer à Lucenay l’Evêque (71).

Refoulés sur Dracy saint Loup où les troupes allemandes sont déjà là, qui refoulent sur le nord tous ces migrants.

Il faudra deux jours, dans des conditions difficiles, pour regagner Aisey où s’installait un détachement allemand.

Dans une chambre, la numéro 7, de l’hôtel, donnant vue sur le pont, un fusil mitrailleur avait été installé par des soldats français.

Pépé l’ayant vu en arrivant, alla immédiatement l’enlever de cette position et s’en fut le cacher sous le hangar.

Un sous-officier allemand avait vu cette arme pointée. Il entra à l’hôtel, interpella Pépé, lui réclamant où était cette arme.

L’homme se faisait menaçant, Pépé tentait de le convaincre qu’il n’y avait pas de mitrailleuse, ils allèrent dans la chambre numéro 7.

Pépé après le départ du Fritz avait eu très peur. Le lendemain, discrètement, il enveloppa ce fusil mitrailleur dans un sac, le mit dans un vieux tuyau en fer, l’enterra au jardin.

Jeannot avait vu et savait. Lorsque je fus démobilisé, revenu à Aisey, Jeannot me dit un jour : "Je sais où il est le fusil ! ". Je pris la précaution de le cacher ailleurs, où il doit toujours être dans un piteux état.

Ces troupes de choc ne restèrent qu’environ 15 jours, puis furent remplacées par d’autres unités, arrivées avec des voitures à chevaux, genre Western. Ceux-là restèrent un an, puis évacuèrent les lieux pour le front Russe qui s’était ouvert.

Les villages furent libérés, mais la présence allemande était établie et constante dans les villes de Châtillon, Montbard, Dijon etc…

La Libération a été acquise par la jonction de l’armée Leclerc et De Lattre à Nod sur Seine le 11 septembre 1944.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 12 Mai 2017

La population profita du séjour des troupes américaines à Aisey, le rationnement était en application, relativement sans contrainte dans les villages produisant suffisamment pour vivre.

Souvenirs de Pierre Roy : les américains à Aisey au cours de la guerre de 1914-1918

 Elle fit connaissance de leurs produits qu’ils donnaient généreusement : flocons d’avoine Quaker, Corn (maïs), boîtes de Boston’s Beans qui était un régal pour moi, du chocolat en tablettes, du cacao, sucre cristallisé, roux, en morceaux, lait condensé Nestlé, biscuits aux raisins secs, pruneaux, chewing-gum, cigarettes Camel, Lucky-Strike, tabac en boîte plate  Prince Albert tabac blond dans des petites blagues de 40 grammes dont la fumée au goût de miel était odorante et agréable.

Nous les regardions  jouer au football, basket-ball. Une fois par semaine le cinéma en plein-air contre un mur de la ferme Sirdey. Les gens du village y assistaient sans comprendre les sous-titres.

Chaque jour, à 17 heures, la fanfare ne manquait pas de jouer l’hymne américain pour honorer leur pays, à la grande satisfaction des enfants qui, comme eux, se mettaient au garde à vous.

Souvenirs de Pierre Roy : les américains à Aisey au cours de la guerre de 1914-1918

Ils ont séjourné quelques mois, puis nous ont quittés en laissant un heureux souvenir à toute la population. La fille du facteur, Blanche Seguin épousa après la guerre le G.I. Carol Day.

Les marchandises et matériels de tous genres, furent regroupés dans certains lieux : Montigny sur Aube, Veuxhaulles, appelés « stocks américains « (aujourd’hui surplus) .

Ils furent vendus par les Domaines. Des commerçants avisés, des industriels et autres, firent des affaires en « or », certains des fortunes.

Ce passage accéléra  l’émancipation de la vie rurale.

Souvenirs de Pierre Roy : les américains à Aisey au cours de la guerre de 1914-1918

Ces camions plats trouvèrent leur usage dans les carrières Huguenin, Tridon, dans les Tuileries, chez Malgras, de Vaurois, habile mécanicien, sachant entretenir son parc auto, camions Ford.

Ceci porta un coup dur aux transports à chevaux, puis au tramway départemental.

 (les illustrations ne sont pas des photos prises à Aisey...mais elles sont celles de différents lieux français où étaient basées les troupes américaines)

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 9 Mai 2017

La guerre de 1870 à Aisey :

En 1870, Aisey fut occupé par les Prussiens. La population était terrifiée.

Souvenirs de Pierre Roy: les  guerres de 1870 et de 1914-1918, à Aisey sur Seine

(illustration : http://www.laguerrede1870enimages.fr/page71.html)

De même ces Bavarois craignaient les francs-tireurs. Aussi pour s’assurer leur sécurité, un de ces soldats devait coucher avec le grand-père Copin.

Grand-père Copin s’exécuta afin d’éviter à la population du village des actes de représailles intempestifs de la part de ces soldats.
Un jour se trouvait du fromage de tête sur la table de grand-père, ce soldat vint à passer, ne sachant s’exprimer, il demandait et disait « from…from… »et le grand-père d’ajouter… «  mâche, cochon » en lui en donnant.

Cette troupe ne séjourna que très peu de temps au village, laissant un des leurs au cimetière.
Un habitant, probablement un franc-tireur, vécut durant cette occupation dans les bois de Grange-Didier, dans une grotte à la Roche du Seigneur.

 Les Américains durant la guerre 1914-1918 à Aisey :

Durant la guerre mondiale franco-allemande 14-18, les armées alliées étaient très épuisées, la suite du conflit était incertaine, des volontaires américains et canadiens, servant sous la « bannière étoilée » étaient venus se joindre à nos côtés pour activer la fin victorieuse du génocide en 1917-1918.

Après les combats meurtriers sur les fronts de Champagne Argonne, des unités vinrent en repos en Bourgogne et dans de nombreuses localités du Châtillonnais, de l’Auxois. Soldats jeunes, bien habillés, en kaki, bonnet de police différent des nôtres à deux pointes.

Larges chapeaux de feutre enfoncés en quatre creux sur le dessus, liseret de cuir autour et terminé par deux glands. Sur la veste, deux petits macarons en bronze indiquant l’unité. Sur les manches étaient cousus grade et fonction, pantalon de cheval, guêtres en toile rangers.

Souvenirs de Pierre Roy: les  guerres de 1870 et de 1914-1918, à Aisey sur Seine

Tous les habitants avaient mis les chambres et locaux disponibles à leurs besoins, ce n’était pas suffisant et nombreux étaient ceux qui couchaient dans les granges, sur le foin.

Aussi construisirent-ils  des baraquements en bois typiquement U.S. sur la promenade des tilleuls, dans le pré de Gail, à la Pentane (derrière chez Vermant).

Ces bâtiments, recouverts, ainsi que les côtés, d’épais papiers goudronnés, fenêtres avec des feuilles de celluloïd mat.

Il y avait leur intendance, drugstore, Y.M.C.A.,infirmerie, douches, cuisines, réfectoires, gamelles de dix rations.

Chaque homme avait sa gamelle individuelle en aluminium, une espèce de poële ovale avec une queue, un plat-assiette, cuiller,fourchette,couteau, quart, le tout s’emboitant, se pliant dans un minimum de place

On avait déjà vu des camions militaires Fiat, Renault etc…passer en convois chargés de troupes montant au front de Champagne.

Là on vit leurs premiers camions différents, tracteurs à roues, à bandages caoutchouc, avant et arrière directionnels, volant vertical, sans pare-brise etc…et de marque Nash-Quad, Wrigh, des voitures Ford T dites « araignées », élevées, quelques gros mulets et chevaux, qu’enfant nous comparions avec les chevaux du Châtillonnais, les plus beaux.

Souvenirs de Pierre Roy: les  guerres de 1870 et de 1914-1918, à Aisey sur Seine

(illustration : https://mvcgfrance.org/)

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Avril 2017

Aujourd'hui se clôt le chapitre que Pierre Roy avait consacré à la vie des habitants depuis leur naissance

Il se termine, bien évidemment, par ::

Les funérailles

Lorsqu’un habitant décédait, une personne, madame Thivant, habituée aux usages, faisait sa toilette mortuaire, l’habillait, le déposait sur un lit dans une pièce obscure, une bougie ou veilleuse (un verre d’eau et huile sur lequel flottait un liège et une mèche allumée).

Parents et amis venaient adresser un dernier adieu à la personne.

Près de la veilleuse on plaçait un verre d’eau bénite, un brin de buis, dans la plus pure tradition, on aspergeait le défunt du signe de la croix.

Les visiteurs présentaient leurs condoléances aux membres de la famille,  ils parlaient à voix basse, rappelant les bons et les mauvais souvenirs.

Une personne ou deux, se relayaient pour assurer la garde durant deux nuits et jours.

A la mise en bière, certains mettaient quelques pièces d’argent (il m’a été affirmé, même de l’or et des bijoux), probablement afin que le défunt retrouve ces trésors à sa résurrection dans l’au-delà.

La levée du corps était faite par le prêtre, soutane noire revêtue de surplis blanc, ainsi que deux enfants de chœur,, bénitier, croix et ostensoir, le convoi, soit avec le corbillard ou à bras par quatre hommes, porté à l’église.

Souvenirs de Pierre Roy : les funérailles à Aisey sur Seine au XIXème siècle

 La petite cloche tintait de la maison jusqu’à l’arrivée. Puis avait lieu la messe.

Souvenirs de Pierre Roy : les funérailles à Aisey sur Seine au XIXème siècle

L’office terminé, à la sortie de l’église, la famille recevait les marques de réconfort et de sympathie.

Le convoi prenait ensuite la direction du cimetière, accompagné de la sonnerie de la « cloche nouvelle » (son plus cristallin).

Adieux, mise en terre, puis le prêtre, les enfants de chœur et le marguiller quittaient les lieux. La cloche s’était tue.

De nouveau la famille se retrouvait encore une fois à la sortie du cimetière, afin de recevoir et entendre les mêmes paroles.

Il y avait quelquefois, lorsque les familles éloignées étaient présentes, un repas de mort qui avait lieu à la maison ou au café, ceci lorsque l’enterrement avait lieu dans la matinée.

Ces personnes s’étaient déplacées à pied ou en voiture à cheval, et ne pouvaient repartir le ventre creux.

Les hommes allaient au café, parfois ça durait toute la soirée, et  bavardaient pour ne pas dire grand-chose, mais ramenaient parfois une bonne biture à la maison.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 30 Avril 2017

Armand et Pierre Roy, fameux cuisiniers, ont tenu l'Hôtel Roy (devenu depuis l'Hôtel du Roy), à Aisey sur Seine, pendant de nombreuses années.

Pierre nous explique ici comment se passait la préparation d'un repas de noces.

Le nombre de convives et le faste variaient suivant l’importance des familles.

Les préparatifs 

A l’autel du sacrifice passaient de 5 à 6 poules, poulets, canards, dindes, pintades, lapins, souvent mouton suivant les menus.

Le cochon avait été tué quelques jours plus tôt.

Les volailles, tuées, ébouillantées dans des lessiveuses, plumées.

On arrivait à boucler les dépenses au minimum puisqu’on prenait beaucoup sur l’exploitation. La fourniture des vins était souvent obtenue par un troc constitué d’un veau, mouton ou porc.

Le cuisinier, ou la cuisinière, avait la charge de préparer les pâtés, galantines, terrines, poissons, civets, gibiers et rôts divers et d’accommodements, des dizaines de tartes, biscuits , mokas, centaines de choux pour pièces montées.

Ils travaillaient sur la cuisinière de la maison, une autre empruntée adjointe, quelques réchauds à charbon de bois, casseroles et marmites de tous genres, même la chaudière à faire cuire les pommes de terreaux bêtes et porcs était utilisée.

En principe, il y avait un four dans chaque ferme ou proche (il y a un siècle on faisait son pain) dans le voisinage en état de fonctionner.

C’était tout un art de le mettre en chauffe, progressivement avec des fagots, de la charbonnette. On commençait par allumer en avant puis au fur et à mesure que la flamme grandissait, on poussait le feu à droite et à gauche, poussant les braises et charbonnettes.

Il fallait alimenter le four environ deux heures, jusqu’à ce que la voûte du four soit bien blanche uniformément, que la sole soit bien chaude.

Ceci 24 heures à l’avance, car l’humidité avait envahi le four, qui n’était souvent plus utilisé depuis plusieurs années.

Pour l’emploi il était plus facile de ne le chauffer que la veille, en une heure la température requise était obtenue, ces précautions étaient importantes, sinon se serait retrouvé devant un désastre à l’utilisation, la chute brutale de la température en enfournant. Bien mené, on arrivait à cuire dans de très bonnes conditions, gâteaux, pâtisseries et rôtis etc….

Il fallait beaucoup de méthode et d’initiative, aussi bien dans les fournitures préliminaires, ne rien oublier d’acheter, surtout à la dernière minute, les épiceries locales ou l’épicier ambulant bien souvent modestement achalandés.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0