Publié le 16 Mars 2026

Les nouveaux conseillers municipaux vont se réunir pour élire les maires de leurs communes.

 Dominique Masson a retrouvé, aux Archives Municipales de Châtillon-sur-Seine, une petite brochure, donnant les instructions sur les fonctions des conseillers municipaux, rédigée par le sous-préfet de Châtillon, en 1801.

Car Châtillon-sur-Seine était une sous-préfecture, en ce temps-là.

Ces instructions datent de l'époque  du Consulat, elles devaient être appliquées dès le 1er Pluviose de l'an IX de la République.

Un document très précieux que Dominique Masson a scanné pour les lecteurs du blog et que je reproduis ci-dessous,  merci à lui !

     

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

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"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

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"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 27 Février 2021

Dominique Masson a retrouvé un extrait d'un conseil Municipal de la ville de Minot,  donnant des recommandations aux habitants, merci à lui pour ses recherches historiques.

Tout n'est-il  pas qu'un éternel recommencement ?....

De telles recommandations ne pourraient-elles pas, actuellement, être édictées au niveau national ?

On peut rêver ! Des recommandations qui sont, hélas, toujours d'actualité .....

 

Le 19 frimaire an III, la municipalité de Minot édicta ces recommandations :

« Citoyens, la municipalité, alarmée de la conduite dangereuse  que tiennent  plusieurs individus de cette commune par leurs discours, leurs querelles et leurs menaces, qu’ils répandent de part et d’autre, il serait d’un exemple coupable et criminel de les laisser continuer, parce que la suite pourrait malheureusement produire l’effet des menaces et attirer sur les coupables le châtiment rigoureux des lois.

Pour prévenir de plus grands désordres, la municipalité rappelle tous les citoyens de cette commune au bon ordre et au maintien de la paix et de la tranquillité, recommande et défend à tout citoyen quelconque d’insulter qui que ce soit par aucuns termes, comme ceux de chouans ou autres, rappelle la jeunesse à se conduire avec respect envers la vieillesse, comme elle le doit, sous les peines portées par la loi pénale, invite les pères, mères, maîtres et maîtresses à faire marcher la jeunesse dans son devoir, à peine d’être garants et responsables en leurs noms des effets civils ».

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Mai 2020

Les nouveaux conseillers municipaux se sont réunis ces deux derniers jours pour élire les maires de leurs communes

D'autres seront élus fin juin et éliront à leur tour leurs maires. 

Dominique Masson a retrouvé aux Archives Municipales de Châtillon sur Seine une petite brochure, donnant les instructions aux conseillers municipaux, rédigée par le sous-préfet de Châtillon, en 1801.

Car Châtillon sur Seine était une sous-préfecture en ce temps-là.

Ces instructions datent de l'époque  du Consulat, elles devaient être appliquées dès le 1er Pluviose de l'an IX de la République.

Un document précieux que Dominique Masson a scanné pour les lecteurs du blog et que je reproduis ci-dessous,  merci à lui !

(Pour mieux lire on peut utiliser la touche Ctrl)

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

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"Instructions données aux Conseillers municipaux  par le Préfet de la Côte d'Or "....en 1801

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 9 Mai 2020

Dominique Masson m'envoie la liste des beaux poèmes édités par les Archives Départementales de la Côte d'Or, lors du Printemps des Poètes sur le thème du "Courage"....

Du courage il en a fallu aux équipes de soignants, à nos médecins, aux pharmaciens, aux caissières, aux pompiers, aux éboueurs, aux conducteurs de bus, de taxis, de poids lourds ....et à tous ceux dont le travail a été indispensable à la survie de ceux qui se terraient chez eux durant cette épidémie de COVID 19.

Tous ont fait face au danger, tous ont été unis pour affronter à leur manière un ennemi invisible et dévastateur,  et ainsi sauver nos vies.

Et depuis lundi 11 mai,  ce sont tous les commerçants qui font preuve d'un grand courage en ouvrant leurs boutiques, les bibliothécaires leurs collections de livres etc.... pour que tous les Châtillonnais puissent reprendre une vie normale...

Merci à tous et toutes  pour leur courage , on peut aussi les applaudir !

Je leur dédie ces superbes poèmes, tous d'auteurs bourguignons."Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie"....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

"Le courage en poésie", une publication des Archives Départementales de la Côte d'Or....

Et merci à Dominique Masson pour ce magnifique envoi....

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Novembre 2019

Le Lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine  a des échanges avec le Hölderlin Gymnasium de Stuttgart depuis des années : les lycéens Châtillonnais se rendent à Stuttgart au premier trimestre, ceux de Stuttgart viennent à Châtillon sur Seine en fin d'année scolaire.

Dominique Masson accompagne les Châtillonnais lors de leur voyage en  Allemagne. Il en rapporte chaque fois des éléments très intéressants sur l'histoire du national-solialisme.

Aujourd'hui il nous raconte l'enfer qu'ont vécu, à Stuttgart, les opposants au régime nazi, il nous dévoile aussi  que des français firent partie des victimes.

Merci à lui pour ce témoignage passionnant sur un sujet méconnu.

 BOURREAUX ET VICTIMES A L’EPOQUE DU NATIONAL-SOCIALISME A STUTTGART

Stuttgart, au sud de l’Allemagne, est aujourd’hui la capitale du Land de Bade-Wurtemberg et la ville, agréable et aérée, forte de ses usines automobiles,  compte  plus de 600 000 habitants et la région métropolitaine plus de 5 millions.

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

"Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

Mais, de 1933 à 1944, elle a subi, tout comme le reste de l’Allemagne, le joug nazi.

Bourreaux et Victimes

"Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

Le 30 janvier 1933, Adolph Hitler devenait chancelier du Reich et commençait aussitôt les persécutions. Le 15 février, il prononça un discours à Stuttgart, mais le président du Wurtemberg, Eugène Bolz refusa que le discours soit prononcé sur la place principale et quelques opposants décidèrent de couper le câble de retransmission. Ils furent recherchés et exécutés. Quant à Eugen Bolz, membre du Zentrum et opposant au national-socialisme, il fut arrêté et passa quelque temps en camp de concentration. Le parti du Zentrum n’était pas le seul parti s’opposant à la montée d’Hitler ; il y avait aussi le parti communiste. Les communistes allemands sont massivement internés dès 1933 dans les camps de concentration par les nazis, pour les « protéger » de la population allemande.

Bourreaux et Victimes

Liselotte (« Lilo ») Hermann, dès son adolescence, avait rejoint la Jeunesse communiste. Etudiante, elle fut chassée de l’Université de Berlin pour cette appartenance. Après la naissance de son fils en 1934, elle travailla à Stuttgart dans le bureau d’études de son père, sous un faux nom, et participa aux activités clandestines des communistes. Avec des amis, elle parvient à faire passer à l'étranger des informations sur le réarmement national-socialiste ;en décembre 1935, elle est arrêtée par la Gestapo, qui trouve chez elle les plans d'une entreprise d'armement, destinés à être transmis à l'étranger. En 1937, elle est condamnée à mort et exécutée le 20 juin 1938 à la prison de Plötzensee, à Berlin, malgré des protestations du monde extérieur. Elle est la première mère exécutée sous le IIIe Reich et fut ultérieurement une héroïne en R.D.A, où des écoles portèrent son nom.

La prison de Plötzensee, à Berlin, était l’une des prisons où le verdict suprême était la peine de mort. Initialement, les sentences étaient exécutées à la hache. Hitler décida, en octobre 1936, que la peine de mort soit exécutée par la guillotine (puis aussi, ultérieurement, par pendaison). Au total, de 1933 à 1945, 2891 personnes périrent là.          

C’est dans cette prison que furent exécutés, entre autres,  les membres de l’Orchestre rouge, des résistants tchèques, ou certaines personnes impliquées dans l’attentat contre Hitler le 20 juillet1944 commis par Claus von Stauffenberg (comme Eugen Bolz, qui aurait été le ministre de la culture dans le nouveau gouvernement).

Bourreaux et Victimes

La prison de Plötzensee, à Berlin, était l’une des prisons où le verdict suprême était la peine de mort. Initialement, les sentences étaient exécutées à la hache. Hitler décida, en octobre 1936, que la peine de mort soit exécutée par la guillotine (puis aussi, ultérieurement, par pendaison). Au total, de 1933 à 1945, 2891 personnes périrent là.        

C’est dans cette prison que furent exécutés, entre autres,  les membres de l’Orchestre rouge, des résistants tchèques, ou certaines personnes impliquées dans l’attentat contre Hitler le 20 juillet1944 commis par Claus von Stauffenberg (comme Eugen Bolz, qui aurait été le ministre de la culture dans le nouveau gouvernement).

Bourreaux et Victimes

C’est là aussi que, outre Liselotte Hermann, y fut exécuté Helmut « Helle » Hirsch. C’était un étudiant juif allemand qui, après son baccalauréat, partit en république tchèque. Là, il rencontra des tchèques désireux d’effectuer des actions contre le nazisme, sans intention cependant de tuer. Ils décidèrent ainsi de détruire une colonne devant la maison du parti, à Nuremberg. Mais Hirsch fut arrêté dans le train, trahi par certains de ses « amis » tchèques, espions nazis. Il sera exécuté à Plötzensee en 1937.

Bourreaux et Victimes

D’autres lieux en Allemagne pouvaient prononcer la peine de mort. Sophie Sholl, avec son frère et un ami, avaient créé « la Rose blanche » (« die Weisse Rose »). Arrêtés pour avoir lancés des tracts antinazis, ils seront conduits devant le « tribunal du peuple » (« Volksgerichtshof »), jugés pour « haute trahison, propagande subversive, complicité avec l’ennemi et démoralisation des forces militaires », et exécutés.                                                                                                                                Un grand nombre de résistants ou d’opposants fut aussi exécuté dans la cour du tribunal régional supérieur de Stuttgart ; au total, 432 personnes périrent ici. Parmi ceux-ci se trouvait un groupe de cheminots de Dijon.

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

 D’autres jeunes communistes disparaîtront dans les camps. Walter Häbich fut arrêté et conduit à la prison du Hohenasperg, mais il parvint à cacher des documents dans une cuisinière miniature. Transféré au camp de concentration de Dachau, c’est là qu’il y mourut en 1934.

Bourreaux et Victimes

"Bourreaux et Victimes à kl'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

Depuis le XVIe siècle, la colline du Hohenasperg, à 15 km de Stuttgart, a été couronnée par une citadelle où vivait une garnison, mais devint également, assez rapidement, une prison d’Etat et fut pour cela baptisée « la Bastille allemande ».

Bourreaux et Victimes

 Sous le national-socialisme, celle-ci servit de camp d’internement pour les opposants et les juifs et de camp de transiten 1940 pour500 tsiganes, avant leur déportation à l’est. Sur eux, le médecin Robert Ritter, en tant que directeur du service de recherche d’hygiène raciale,put faire des « recherches ».

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

Le camp servit également de lieu de détention pour les malades atteints de tuberculose. Un médecin alsacien, Emile Hincker, ayant refusé d’aller à la guerre, y fut interné et se dévoua pour les soigner.

Bourreaux et Victimes

Communistes, résistants ou opposants n’étaient pas les seules personnes à être pourchassées par les nazis.

L’Aktion 4(T4) est le nom qui fut donné, après la Seconde Guerre mondiale, à la campagne d'extermination d'adultes handicapés physiques et mentaux par le régime nazi, de 1939 à août 1941, et qui fit de 70 000 à 80 000 victimes. Dans l'esprit de Hitler, le darwinisme apportait la justification morale de l'infanticide,  de l'euthanasie, et par la suite du génocide. Il lui permettait d'atteindre son objectif : la perfection biologique de la race nordique.

Bourreaux et Victimes

A Esslingen, sur un Stolpersteine se trouve le nom d’Eugen Friedrich Laible. Il était apprenti dans une maison d’édition, savait bien dessiner, mais eut un accident et ne fut plus le même. Ayant perdu son travail, il fut placé dans un institut spécialisé, puis des bus emmenèrent les malades vers un autre hôpital. Peu de temps après, la famille recevait une lettre  annonçant son décès ; la famille voulut récupérer le corps, mais on leur dit qu’il avait été incinéré. En fait, les nazis faisaient sur eux différents tests médicaux, avant de mourir (par exemple le zyklon B).

Toujours dans ce but d’éliminer les « inférieurs » et les « faibles », Hitler voulut mettre en œuvre une politique antisémite radicale. Il lance la mise au pas de la société allemande (« Gleichschaltung ») dès mars 1933. Son but était de faire disparaître les juifs, allemands d’abord, européens ensuite.Les lois raciales de Nuremberg établies en 1935 vont mettre en place un système discriminatoire où les juifs sont exclus de la société ; les trois lois adoptées sont la loi sur le drapeau du Reich, la loi sur la citoyenneté du Reich et la loi sur la protection du sang allemand et de l’honneur allemand. Ainsi la « Rassenschande » était une  discrimination raciale interdisant toute union entre un Juif – selon la définition des lois de Nuremberg – et un citoyen « allemand ou de sang allemand ». Les mariages entre personnes juives et non juives étaient alors considérés comme un acte de « traîtrise envers la race ». Les mariages furent interdits à partir de 1935, et tout contact sexuel puni de peines de prison.  Gustav Esslinger ne respecta pas cette loi, en ayant une relation avec une allemande, qu’il aimait profondément, et au vu de tous. Interné une première fois, il reprit sa relation avec elle. Celle-ci fut licenciée, mais il put lui léguer ses biens afin de lui assurer des subsides, avant d’être déporté à Dachau où il mourut.

Bourreaux et Victimes

Les juifs allemands subirent de nombreuses vexations. Un seul magasin juif fut installé à Stuttgart, où devaient se rendre tous les juifs de la ville et des environs, alors qu’ils n’avaient plus de vélos et ne pouvaient prendre les transports en commun.

Bourreaux et Victimes

La famille Kahn fut obligée de vendre usine et maison à des allemands, puis quitter l’Allemagne pour se réfugier aux Pays Bas. Mais, capturés en 1942 et 1943, ils terminèrent leur vie à Auschwitz.

Bourreaux et Victimes

Pour traquer les juifs et tous les opposants à son régime, Hitler va créer la Gestapo (sigle pour Geheime Staatspolizei signifiant « Police secrète d'État »). C’était la police politique du Troisième Reich. Fondée en Prusse  par Hermann Göring, son pouvoir s'étendit ensuite, sous l'impulsion de Heinrich Himmler, à l'ensemble du Reich et des territoires envahis par ce dernier au cours de la  Seconde Guerre mondiale.

Immédiatement après la proclamation des lois d'urgence du 28 février 1933 pour la défense du peuple et de l'État, officiellement justifiés par l'incendie du Reichstag, la police prussienne prend part, aux côtés de la SA et de la SS à la première grande rafle d'opposants organisée à Berlin dans la nuit du 28 février au 1er mars 1933. Dès ce moment, la Gestapo « pouvait agir sans restriction et sans responsabilité, pratiquer l'arrestation secrète et la détention à perpétuité sans accusation, sans preuve, sans audience. Aucune juridiction ne pouvait s'y opposer, ni ordonner la mise en liberté et réclamer un nouvel examen du dossier ».La Gestapo est organisée en six départements qui comportent plusieurs sections. La plus connue d'entre elles, la section B4, dirigée par Adolf Eichmann, sera le principal organisateur de l'extermination des Juifs d'Europe. Le 17 juin 1936, Himmler est nommé chef de toutes les polices allemandes.

Bourreaux et Victimes

 

A Stuttgart, la Gestapo établit son quartier général à l’Hôtel Silber

Bourreaux et Victimes

"Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

De 1874 à 1919, l’immeuble, sur la Dorotheenstrasse, fut un hôtel, puis la direction générale des postes et télégraphes. En 1928, ce fut le siège de la police secrète, sous la république de Weimar et enfin, à partir de 1933, le siège de la police secrète et de la Gestapo, où travaillaient 200 personnes.

Bourreaux et Victimes

C’est là que seront interrogées Lina Haag et  Liselotte Hermann

Bourreaux et Victimes

A la fin de la guerre, 30 SS seulement contrôlaient 250 000 travailleurs forcés du Bade-Wurtemberg car, par la terreur ou par les dénonciations, il était facile de tout surveiller (70% des arrestations étaient faites à la suite de dénonciations).

Bourreaux et Victimes

Il existait en Allemagne 1800 camps de concentration : on y trouvait des asociaux, des homosexuels, des tsiganes, des communistes, des résistants ou des opposants au régime nazi, etc.

Le camp de Vaihingen sur l’Enz était l’un d’eux ; c’était un camp annexe de celui du Struthof/Natzweiler(Alsace). Il fut construit fin 1943/début 1944, dans le cadre d’un programme secret (« opération Stoffel »), visant à relocaliser la fabrication d’avions Messerschmitt (faisant partie de l’organisation Todt), dans des usines souterraines, à l’abri des bombardements alliés. Le site choisi fut une ancienne carrière, la profondeur équivalant à six étages, qui avait auparavant servi, en 1942, pour faire des essais de catapulte des « V 1 ». Déportés de Pologne, 2189 juifs y travaillèrent, puis le camp servit d’infirmerie pour 2442 prisonniers de 20 nationalités différentes, gravement malades, entre novembre 1944 et mars 1945. Aggravé par une épidémie de typhus, le taux de mortalité put atteindre 33 décès par jour.Les morts étaient enterrés dans une fosse commune. A l’approche des alliés, les prisonniers les plus valides furent envoyés, par marche forcée, à Dachau. Le camp fut libéré le 7 avril 1945 par la Première armée française, qui y trouva 650 survivants. Pour éviter une épidémie, les baraques furent brûlées après leur évacuation, le 16 avril. Seul reste le lieu de désinfection.

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

Les corps furent enterrés une première fois dans des fosses communes, puis, sur les 1488 cadavres, 223 morts purent être ensuite identifiés et transférés dans leur pays d’origine. Pour les autres, ils sont enterrés, par deux sous la même pierre tombale, dans un cimetière inauguré en 1958.

Bourreaux et Victimes

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Après le 11 mai 1945, l’Allemagne fut occupée par les troupes alliées. Les anciens prisonniers, comme les français au Hohenasperg, réussirent à confectionner, avec quelques tissus, un drapeau français.

Bourreaux et Victimes

 La tâche, pour les alliés, était de juger les nazis et opérer une dénazification, car presque toute la population avait suivi Hitler.

Bourreaux et Victimes

Au procès de Nuremberg, du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, les principaux responsables du troisième Reich, accusés de complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, furent jugés. Il aboutit à la condamnation à mort de douze d’entre eux, des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité pour sept autres, et trois acquittements.D’autres procès eurent lieu, à tous les échelons.Pour Vaihingen, un tribunal français condamna à mort huit responsables du camp et en condamna huit autres à des travaux forcés.                                                                                                        La prison du Hohenasperg devint, avec les américains, le camp 76 pour dénazifier ; Konstantin Hierl, ministre du Reich en 1943, y fut enfermé, condamné pour « crimes majeurs », mais ne passa que 5 ans dans un camp de travail.

Bourreaux et Victimes

Karl Jäger, officier SS et chef d’un Einsatzkommando, responsable du massacre de milliers de juifs, parvint à échapper aux alliés mais, rentré en Allemagne, il sera arrêté, inculpé de crimes de guerre et enfermé au Hohenasperg. Il se suicidera au début de son procès, en juin 1959.   

A l’Hôtel Silber travaillera le sergent Herbert Kappler. Il sera ensuite chargé de la « solution finale » et, à Rome, organisera en particulier le massacre des « Fosses ardéatines ».Arrêté après-guerre, il sera remis aux autorités italiennes et condamné à la prison à vie, mais réussira à s’évader en 1977 vers l’Allemagne, laquelle refusera de l’extrader ; il mourra à Stuttgart.

Car le problème posé après-guerre était la façon de rendre la justice. Il était difficile de faire le procès de quelqu’un à l’endroit où s’étaient passé les faits, il était difficile d’avoir des preuves, les personnes tuées l’avaient été en général hors d’Allemagne, et l’Allemagne ne voulait pas extrader quelqu’un qui pouvait être condamné à mort dans un autre pays, alors que cette peine avait été abolie chez elle. Egalement, les anciens nazis ne se sentaient souvent pas coupables (le premier ministre du Bade-Wurtemberg, Hans Filbinger, aurait dit : « ce qui était légal autrefois ne peut pas être illégal aujourd’hui »). Beaucoup se disaient qu’ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres (Konstantin Hierl, par exemple, avait l’ « obsession du travail bien fait »).

 Pour pouvoir centraliser toutes les informations concernant les nazis, fut créé, en 1958, à Ludwigsburg, au nord de Stuttgart, dans une ancienne prison pour femmes, un dépôt central des archives des services juridiques des Länder pour la poursuite des crimes nationaux-socialistes. Là sont recensés les dossiers d'instruction contre des personnes soupçonnées d'être impliquées dans des crimes de guerres ou des crimes contre l'humanité. Ces documents conservés proviennent de différents parquets allemands et concernent, notamment, les Commandos du SD, la déportation politique et raciale ainsi que des représailles contre la Résistance. Il y a ainsi 1, 4 million de fiches.

"Bourreaux et Victimes à l'époque du National-Socialisme", un notule d'histoire de Dominique Masson

Bourreaux et Victimes

 Mais pas un seul membre de la Justice de Stuttgart ayant participé aux condamnations à mort n’a été condamné par un tribunal pénal et la plupart furent, en outre, à nouveau en fonction dans la justice à partir de 1950. Même le « juge sanguinaire », Hermann Cuhorst, président du Tribunal d’exception de 1937 à 1944, condamné par la Chambre arbitrale de Stuttgart en 1948, qualifié de «  coupable principal » et condamné à six ans de camp de travail, fut libéré dès 1950.                                                 Le médecin Eugen Fischer, né à Karlsruhe, qui avait développé ses théories sur les spécificités raciales et fait pratiquer une stérilisation forcée à des nombreux déficients mentaux, fut recteur de l’université de Berlin et donna des cours aux médecins SS ; le docteur Mengele devint même son assistant.Il mourut en 1967, sans avoir été inquiété. Il en sera presque de même pour un médecin nazi, ayant participé à l’Action T4 et qui aurait tué 2300 personnes ; il revint s’installer vers 1950 à Stuttgart dans la Hölderlinstrasse et exercera pendant 23 ans ; finalement poursuivi, il sera condamné à 20 mois de prison.

Depuis les années 90, s’est cependant imposé un travail de mémoire. Des habitants se sont opposés à la destruction de l’Hôtel Silber, qui est devenu un musée. Aujourd’hui, grâce à l’initiative de l’artiste berlinois Gunter Demnig, 1000 Stolpersteine (« pierres à trébucher ») ont été installées à Stuttgart(et dans de nombreux autres villes dans toute l’Allemagne et en Europe) afin de ne pas oublier les victimes du nazisme.

Car, sans ceci, le souvenir de certaines personnes aurait disparu à jamais.

Bourreaux et Victimes

Ella Heimberger était professeur et vivait seule. Elle voulut partir en Suisse mais, très surveillée, fut dénoncée et convoquée à l’Hôtel Silber. Elle ne revint jamais et ce Stolperstein est le seul endroit pour se rappeler son nom.                                                                                                                Il en est de même pour Elsbeth Süsskind, une femme juive d’Esslingen. En 1941, les 141 juifs de la ville furent réunis sur la place et emmenés au Killesberg, à Stuttgart, puis prirent le train à la gare du Nord vers les camps, où l’on perd sa trace.

Bourreaux et Victimes

Il reste encore un travail de mémoire à faire car, sur les 141 déportés, seuls 50 Stolpersteine ont été installés à Esslingen.

C’est aussi pour participer au devoir de mémoire que 19 élèves du lycée Désiré Nisard, avec leurs camarades du lycée Hölderlin, ont symboliquement nettoyé quelques-uns de ces Stolpersteine.

Bourreaux et Victimes

Bourreaux et Victimes

Ils ont pu effacer aussi une marque nazie faite au tampon sur la plaque du magasin juif. Car cette période attire toujours des néo-nazis et c’est « un passé qui ne passe pas » pour certains. Le cimetière du camp de concentration de Vaihingen, par exemple, a été profané en 2003 et 2005.

Bourreaux et Victimes

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 19 Septembre 2019

Le vase de Vix et ses « avatars »

Qui ne connaît pas le vase de Vix à Châtillon et dans le Châtillonnais ? Vix est une petite commune, bordée par la Seine et sur le territoire de laquelle se trouve une butte-témoin isolée, où s’installèrent autrefois des celtes.

Bien que des trouvailles archéologiques furent faites au cours des siècles, c’est à partir de la fin des années vingt que des fouilles furent organisées systématiquement par Jean Lagorgette, lequel exposa, en 1931, ses trouvailles : « je ne puis exposer ici que d’une manière sommaire la découverte que j’ai faite, sur le Mont-Lasçois, d’un gisement gaulois qui révèle une civilisation peu connue et dont l’importance exigera ultérieurement une monographie abondamment illustrée ».  Ses fouilles se feront essentiellement sur les pentes du Mont Lassois.

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Jean Lagorgette)

Après la mort de celui-ci et la fin de la deuxième guerre mondiale, les fouilles seront reprises par René Joffroy. Avec Maurice Moisson, ils découvriront, au début de l’année 1953, la tombe inviolée de la « princesse de Vix ».

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Châtillon-Presse du 15 janvier 1953 annonçant la découverte de la tombe princière)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(René Joffroy)

En 2003, afin de célébrer le cinquantenaire de la découverte de cette tombe exceptionnelle, une fête fut organisée sur la colline de Vix, ainsi qu’une exposition à la mairie.

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Affichette annonçant la fête du cratère de Vix)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Les organisateurs de l'exposition, Echos de la Douix)

Après une période de « sommeil », c’est Bruno Chaume qui entama de nouvelles fouilles, aussi bien sur le plateau que près de la Seine, et découvrit plusieurs maisons à abside, un « temple » et de nouveaux tumuli. Sa thèse, soutenue en 2000, est intitulée : « le mont Lassois dans son contexte archéologique régional. L’organisation du territoire autour d’un site princier ». Il supervise aussi les recherches menées dans le cadre du projet « Vix et son environnement ».  

En 2019, un autre projet a vu le jour : la réouverture de la tombe princière, sous la direction de Bastien Dubuis (qui a auparavant fouillé à Lavaux), avec le concours de l’INRAP, d’ARTEHIS, de la DRAC et de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais.

Mais l’image du vase de Vix a été, depuis sa découverte, employée à de multiples fins.

Bien sûr, on retrouve la photographie du vase dans de nombreuses publications :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(En octobre 2009, la revue Pèlerin publiait un dossier "20 siècles d'histoire en 20 œuvres", et la première page s'ouvrait sur le vase de Vix)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Couverture de la revue Alpha Encyclopédie 1969)

Tout ou partie de l’image du vase a servi pour présenter les vœux des hommes politiques :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Carte de vœux d'Henri Julien, Président de la Communauté de Communes du Pays Châtillonnais, 2010)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Carte de vœux de François Sauvadet, Président du Conseil Général 2014)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Carte de vœux de Paul Roncière, Préfet de la Région de Bourgogne 2006)

La renommée des objets découverts dans la tombe princière va aboutir à la création d’un timbre par la poste, le 26 mars 1966, reprenant un détail de la frise du cratère :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Enveloppe premier jour avec signature de René Joffroy)

Ce qui permettra par la suite de proposer à la vente des enveloppes pré-timbrées, illustrées par des détails du vase.

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Lot d'enveloppes pré-timbrées vendues par la Poste)

Le timbre servira, en 1990, à illustrer la « journée de la race brune » à Châtillon :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Enveloppe "Journée Race Brune" à Châtillon sur Seine  du 7 juillet 1990)

De la vache, passons au cheval. La silhouette du vase sert pour les récompenses  au centre équestre de la Barotte

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Plaque en métal ferreux)

Le vase va être décliné dans toutes les matières et sur des supports nombreux et variés.

On le trouve en fer forgé ou plaques métalliques :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Vase sur la place du village de Vix)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Silhouette du vase formant rambarde, à Châtillon)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase se retrouve sous forme de vase, en fonte ou en faïence :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(vase en fonte)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(vase en fonte, fonderie de Châtillon sur Seine)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Vase en faïence)

Il se retrouve sur des assiettes…

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Assiette réalisée par "Art-Cadre-Paris", fabriquée au Portugal)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Assiette décor main par Tess)

et sur des vide-poches :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Vide-poches en porcelaine)

Vous pouvez boire dans des mugs ornés du vase …

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Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Mugs en faïence)

ou mettre des gâteaux dans une boîte en fer ornée du vase :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Boîtes métalliques par Crown)

Vous pouvez trouver le vase, aussi bien sur un muselet d’une bouteille de crémant qu’au-dessus d’un bois pour accrocher les clés ou bien à votre veste, sous forme de pins :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Lot de muselets réalisés pour la saint-Vincent des crémants de Bourgogne à Châtillon sur Seine en janvier 2013)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Carte postale fixée par quatre clous à une planche de bois avec chaîne de suspension)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Pins)

Mais certains ont été un peu plus iconoclastes vis-à-vis du vase :

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Carton d'invitation au vernissage de l'exposition "Poisson d'Avril" à la galerie de l'Evasion)

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Cartes postales de Patrice Brault, galerie "Au Contraire")

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

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Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

Et un dernier…

Le vase de Vix et ses "avatars", un notule génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

(Collage sur carton de Pascaline Kromicheff)

mais la liste est loin d'être exhaustive !

(Dominique Masson)

Et je pense que Dominique Masson ne m'en voudra pas ....

J'ajoute cette caricature de Pierre Magès, réalisée lors du transfert du vase de Vix de la Maison Philandrier au Musée actuel  !!

Le vase de Vix et ses "avatars", un article génial de Dominique Masson, bien de circonstance en cette période de fouilles du tumulus où il fut découvert....

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Septembre 2019

 Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 4 : une des clés de voûte du cellier

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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Publié le 17 Septembre 2019

 Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 4 : une des clés de voûte du cellier

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Septembre 2019

 Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 4 : une des clés de voûte du cellier

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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 Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 4 : une des clés de voûte du cellier

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 4 : une des clés de voûte du cellier

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Septembre 2019

 Dominique Masson, historien, m'envoie son étude sur deux châteaux de Haute Côte d'Or, Thil et Montigny-Montfort. Merci à lui pour ses notules toujours très intéressants.

 Deux châteaux forts de l’Auxois, Thil et Montigny-Montfort

 Le château de Thil


 
Selon une légende, le baron de Thil avait pour cousins ou alliés les seigneurs de Pisy et de Montfort, dont les châteaux couronnent les collines qui entourent cette partie de l’Auxois ; de l’un de ces châteaux, on a vue sur l’autre. Ainsi, tous les soirs, à une heure fixe, les trois cousins montaient à la haute tourelle et élevaient en même temps une lumière au dessus d’eux. Les seigneurs se souhaitaient ainsi le bonsoir et se disaient que tout allait bien au manoir.
Le château de Pisy, dans l’Yonne, construit à partir de 1235, est, selon l’historien Ernest Petit, « après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées », représentant pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ». Il est actuellement en cours de restauration.
Mais, dans l’Auxois, Montigny et Thil avaient ouverts leurs portes, l’un le 10, l’autre les 10 et 11 août.  
Le château de Thil a été érigé sur une butte de près de 500 m. d’altitude. Surnommée l’Espionne de l’Auxois, elle fut considérée par André Malraux comme l’une des plus anciennes forteresses de France. Ce lieu, d’abord choisi pour y installer une fortification romaine, apparaît ensuite en 886  dans un diplôme de l’abbaye de Saint-Germain d’Auxerre. Les premiers seigneurs de Thil sont inconnus ; le premier signalé est Mille de Thil qui, en 1005, fonde le prieuré de Précy-sousThil et, en 1016, la présence d’un castellum y est attestée. Le château actuel se présente sous la forme d’une enceinte ovoïde, divisée en deux parties distinctes.

 

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 1 : une partie de la muraille arrondie

 Au sud se trouvait la porte principale, mais le fossé a été comblé et le pont-levis a disparu. A droite de l’entrée était une tour carrée, présentant encore aujourd’hui une élévation d’une vingtaine de mètres, pouvant dater du XIIIe siècle. On pénétrait alors dans la basse-cour. Une muraille faisait la séparation avec la partie seigneuriale. Dès le XIe siècle, Thil fut une vicomté. En 1310, il sera érigé en comté, relevant du duché de Bourgogne. Le plus illustre de la maison de Thil fut Jean II, qui sera nommé par le duc de Bourgogne, Eudes IV, connétable de Bourgogne. C’est lui qui fondera, en 1340, la collégiale de l’autre côté de la butte, non loin du château.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 2 : sceau de Jean II (Vic-sous-Thil, Jean-Charles Prudhon)

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 3 : le cellier XIIIème siècle

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figure 4 : une des clés de voûte du cellier

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figure 5 : la tour carrée dominant le site

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 6 : vue des murailles

À la fin du XIVe siècle, après l’attaque des écorcheurs, la construction d'une tour-résidence et d'un bâtiment d'habitation redéfinit l'espace en dessinant ce qu'on appelle le réduit seigneurial. Cette configuration s'affirme au XVe puis au XVIe siècle avec la construction d'un nouveau bâtiment et le remaniement de l'enceinte.                                                                                                        La terre de Thil passa ensuite à la famille de Châteauvillain. Le dernier possesseur du fief fut Jacques-François de Damas.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

 figure 7 : le donjon

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figure 8 : le donjon

Propriété aujourd’hui de M. Glenn Verdon (dit Perceval), ce dernier veut animer ces lieux, en proposant de la magie, en organisant des fêtes médiévales (c’était, les 10 et 11 août 2019, la onzième fête médiévale) et en restituant, autant que possible, leur aspect d’antan (à ce titre, il a reçu, en 2012, l’insigne des Arts et des Lettres).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 9 : reconstitution d'un campement viking, lors des fêtes médiévales

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 10 : la fête médiévale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 11 : reconstitution d'un bourd, échafaudage fait de planches, en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille

Le château de Montigny-Montfort

Le château de Montigny-Montfort se dresse sur un piton rocheux, à l’extrémité nord d’un plateau dominant le point d’intersection de trois petites vallées ; par celle du ruisseau du Dandarge, passe la route reliant Montbard à Semur. Ce château surveillait la frontière entre le Tonnerrois et la Bourgogne ducale. Bernard de Montfort aurait fait édifier le château vers 1075. En 1265, Marguerite de Montfort, épouse de Hugues de Thil, dut céder au duc de Bourgogne ses droits sur le village de Villiers, entre Montbard et Semur. A la fin du XIIIe siècle, le château fit reconstruit, au moins partiellement, par Géraud de Maulmont, conseiller du roi de France Philippe IV le Bel. Ce sont les ruines de ce château que nous voyons aujourd’hui.                                                                On rencontre d’abord, au sud, la basse-cour, avec pigeonnier, protégée par des fortifications et un fossé.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 12 : fossé et rempart de la basse-cour

 Il fallait ensuite passer sur un pont-levis pour entrer dans le château ; la façade nord est protégée par trois tours semi-octogonales s’avançant sur le fossé.                                                          Intérieurement, il n’y avait pas de donjon, mais une imposante salle des gardes surmontée par la salle seigneuriale (10 m. de large sur 24 m. de long) communiquant, à l’est, à la chapelle.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 13 :l'entrée du château

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 14 : le fossé, taillé dans le calcaire, formant un éperon barré

Dans la cour intérieure, autour d’une cour pavée, avec un puits de 28 m. de profondeur, se trouvaient plusieurs bâtiments.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montigny-Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 15 : salle des gardes et salle seigneuriale , au dessus à droite la tour Amélie

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure  16 : piliers soutenant la salle seigneuriale

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 17 : ancienne clef de voûte de la chapelle : sainte Dorothée tient d'un côté une fleur, de l'autre une palme de martyre.

Selon Courtépée et Maillard de Chambure, ce serait Jeanne de Vergy, en épousant en 1340  Geoffroy Ier de Charny, qui aurait apporté en dot les châteaux de Montfort, Savoisy et Lirey, en Champagne. Jeanne de Vergy était aussi en possession du linceul de Turin, rapporté de Constantinople en France, lors du pillage de 1204,  par l’un de ses ancêtres, Othon Ier de la Roche. Ce linceul sera finalement cédé au duc de Savoie en 1452. La seigneurie sera possédée ensuite, par mariages, à Guillaume Ier, comte de Nassau, prince d’Orange, protestant, au service de l’empereur Charles Quint, mais qui réussit, par la diplomatie, à se faire restituer ses biens en France. En 1627, sa dernière fille, Emilia ou Amélie, reprit le château et entreprit d’importants travaux de réhabilitation. Vendu en 1817 par les derniers seigneurs, seules les terres seront exploitées et le château servira de carrière de pierres.                   Racheté en 1985 par Jean-Marie Fériés et son épouse, le château sera confié à l’association Mons Forti en 1996 ; depuis, celle-ci essaye de le sauvegarder et de faire connaître l’édifice. Aujourd’hui, le château est propriété de la commune de Montigny-Montfort.

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

figure 18 : carreau avec décor animalier

La chapelle Saint-Denis est située dans le hameau de Montfort, sous le château. Elle est le seul vestige d'un ancien prieuré fondé en 1228 et qui dépendait de l'abbaye bénédictine du Puits d’Orbe (commune de Verdonnet).

"Deux châteaux-forts de l'Auxois, Thil et Montfort" , un notule d'histoire de Dominique Masson

                                                                                                                          (Dominique Masson)

 Bibliographie :

-Renée et Michel Paquet : la seigneurie de Montfort en Auxois au fil des siècles ; Mons Forti ; 2004

-Jean-Charles Prudhon : Vic-sous-Thil, la collégiale et le château de Thil ; Châtillon ; 1879 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 26 Juin 2019

 Dominique Masson a réalisé des documents racontant l'histoire de l'abbaye Notre Dame de Châtillon sur Seine, et il me les a confiés .

Je les publie donc ici.

Pour bien lire, cliquer sur le carré en haut à droite du document, ou mieux sur "lire l'original".

Merci mille fois à Dominique Masson pour tous ses envois qui nous permettent de mieux connaître notre bonne ville de Châtillon !

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Juin 2019

Dominique Masson, historien passionné du Châtillonnais, a profité de la réfection de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine pour voir s'il y restait des traces de l'ancien couvent des Bénédictines.

Ces traces il les a déjà évoquées dans ce premier article :

 http://www.christaldesaintmarc.com/l-histoire-de-l-hotel-de-ville-de-chatillon-sur-seine-racontee-par-dom-a159792216

Voici la suite de son étude que je qualifierai de géniale, puisque personne avant lui n'avait pensé à rechercher ce qui restait du passé du bâtiment.

Notule d’histoire

L’hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (2)

 

A la Révolution, le 12 messidor an V, la maison conventuelle des Bénédictines fut acquise par Etienne Ligerot. Ce dernier revendit très vite cette propriété à Louis-Toussaint Estienne, négociant drapier. En 1819, celui-ci la revendit à Robert Royère, de Dijon.

A cette époque, le rez-de-chaussée était divisé en 8 ou 9 pièces, le premier en 9 pièces et le second en 20 pièces. C’est à ce moment que la municipalité, mal installée dans l’ancienne abbaye des Carmélites, songea à l’acheter pour s’y installer avec, en plus, la sous-préfecture, le tribunal de première instance et ceux de commerce et de justice de paix, ainsi que la gendarmerie ; on pouvait même y établir, dans tout le rez-de-chaussée, une maison de détention. Cet achat fut approuvé par le roi Louis XVIII. Mais le conseil d’arrondissement changea d’avis, ne souhaitant y mettre que la mairie et la sous-préfecture.

Finalement, après un nouveau projet et des échanges de bâtiments, l’ancien couvent fut acheté  le 13 mars 1820, mais Robert Royère eut du mal à se faire payer ; le préfet décida alors que les communes de l’arrondissement de Châtillon aideraient la ville de Châtillon à rembourser l’achat (certaines communes attendront jusqu’à 1846 pour être remboursées).

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Lors de l’achat, en 1821, un mur longeait la façade est, séparant la cour d’honneur devant l’abbaye du potager, le long de la Seine.

Entre celle-ci et le bâtiment de l’abbaye se trouvait un vivier. La rue des Bénédictines, au nord, était étroite et bordée par les remises et dépendances.                               

Hôtel de Ville et sous-préfecture s’installèrent dans ces bâtiments, mais la répartition des locaux fut quelque peu difficile. Si le sous-préfet eut un appartement en 1822, il dut attendre 1823 pour avoir une salle à manger, car celle-ci faisait partie du lot de la ville et le maire lui en refusait la location, car elle était louée à un maître de dessin.

La place devant la mairie/sous-préfecture était assez restreinte, une allée avec des rangées d’arbres faisait partie de l’ancienne abbaye.

De 1809 à 1823, la Ville réussit à acheter des terrains pour agrandir cette place.

Mais la coexistence entre mairie et sous-préfecture continuait à être un peu compliquée, ils avaient par exemple le même perron comme entrée. Sur le plan de 1825, on voit un petit perron au bout de l’aile ouest, peut-être pour desservir uniquement la mairie.

Le maréchal Marmont forma alors le projet de diviser le champ qui lui appartient, près la promenade du Cours- l’Abbé, en diverses portions, sur lesquelles des maisons doivent être construites…Pour favoriser l’exécution de ce projet, dont l’utilité est généralement sentie, il importait d’établir une communication facile entre la Place publique, sise au centre de la Ville, et au devant des Hôtels de la Mairie et de la Sous- Préfecture, et le terrain où l’on commence de bâtir, lequel doit former le nouveau quartier…Cette communication ne pouvait se réaliser, qu’en coupant une partie des remises et écuries, qui dépendent de l’Hôtel de Ville et de celui de la Sous- Préfecture, ce qui occasionnerait des frais assez considérables,  pour ne présenter encore, après la reconstruction, qu’un aspect tout à fait difforme…

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Sur un plan, non daté, on voit que la sous-préfecture possède, selon le partage de 1822,  écurie et basse-cour (entre les lettres E, G, H et J), ainsi qu’une partie de jardin derrière le bâtiment principal (entre B, C, D, E et F) diminuant largement le jardin public.

Aussi, en 1826, le conseil municipal fut d’avis de proposer d’échanger cette parcelle, contenant10 ares 70 centiares, contre le terrain le long de la Seine, contenant 11 ares 20 centiares.  

En outre, la mairie s’engageait à clore de murs cette partie de jardin et construire  à l’extrémité bordant la rivière, un remise percée de deux arcades ; une écurie pour y placer quatre chevaux et un petit escalier pour la desserte du fenil, éclairé par trois fenêtres, qui régnera sur les remise et écurie ; ensuite, dans le même prolongement et en contigüité… une petite basse cour avec un tect à porc et poulailler au dessus. La partie entre le bâtiment de l’abbaye et la Seine devint le jardin privé de la sous-préfecture, séparé de la cour d’honneur par un mur. 

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

En même temps, en 1826, dans le cadre de l’aménagement du nouveau quartier décidé  par le maréchal Marmont, l’étroite rue des Bénédictines fut remplacée par une large voie (actuelle rue Président Carnot).

Le conseil municipal décida alors de modifier la façade de l’Hôtel de Ville qui donnait sur la rue élargie en y ajoutant, le long de celle-ci,  une galerie qui conduisait à une nouvelle porte d’entrée, encadrée de colonnes.

Sous-préfecture et mairie eurent ainsi chacune leur entrée séparée. La place fut également agrandie par le déplacement des grilles ; un muret surmonté de grilles fut construit au raz du bâtiment de l’hôtel de ville.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Cette galerie est faite avec de grosses dalles en pierre, reposant, côté bâtiment, sur le boudin recreusé et, de l’autre, sur un entablement en pierre,  soutenu par des colonnes doriques

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Pour soutenir le poids de ces colonnes encadrant la nouvelle entrée, deux corbeaux en pierre furent installés dans le mur, sous les dalles,  mais invisibles extérieurement.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Quatre bornes en pierre ont été placées, deux au bas de l’escalier et deux sous la galerie ; ces dernières entaillent un peu le socle en pierre et elles sont tronquées à l’arrière car, à la fin du XIXe  et au début du XXe siècle, le dessous du perron était fermé par des panneaux.

Auparavant, selon Jean Lagorgette (le Châtillonnais et l’Auxois du 27 février 1937), il aurait existé une auberge au moins jusqu’à 1835 et Alexandre Dumas y aurait fait faire une halte à la diligence (Les Compagnons de Jéhu ?), avant d’être attaquée au goulet de la Gloire-Dieu.

Plus tard, dans le réduit situé à gauche du perron, l’appariteur Choucroute Maréchaux (célèbre par son apostrophe : Madame, vous sentez la betterave !) tint son office de barbier-coiffeur.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Le rez-de-chaussée du bâtiment, en partie enterré, a été en partie masqué par cette galerie, et les ouvertures largement modifiées.

Tout le rez-de-chaussée de l’abbaye, côté extérieur comme côté intérieur, présente un fruit, c’est-à-dire une diminution de l’épaisseur qu’on donne à un mur au fur et à mesure que l’on s’élève, ceci pour pouvoir supporter le poids des étages supérieurs.

En outre, les pierres sont en général choisies en calcaire plus dur. Selon certains écrits, une boutique aurait existé sous cette galerie, au XIXe siècle.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Deux chaînages  horizontaux courent sous les onze fenêtres du premier étage, mais il y a eu ouverture de portes (deux aux extrémités et la porte centrale) et certaines irrégularités.

Au nord, après la porte, un chaînage vertical descend sous la fenêtre ; à l’étage inférieur, le boudin manque. Sous la fenêtre suivante, le chaînage vertical descend lui aussi à l’étage inférieur et l’encadrement est encore visible dans le soubassement. A l’ouest, existe également un chaînage vertical, mais le boudin en dessous court tout le long du mur.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Aux onze fenêtres du premier étage correspondent onze autres fenêtres au second étage, avec un chaînage entre le premier et le second étage et dessous et dessus  les fenêtres du second étage. Enfin, au niveau des combles existent cinq lucarnes, avec des frontons triangulaires aux deux extrémités et au centre, encadrant deux lucarnes aux frontons en demi-cercles.

Comme pour toutes les lucarnes, les moulures entrant dans le toit sont en bois.

La mairie voulut avoir une salle de spectacle.

Elle fut prévue en 1826 le long de la Seine, contre le jardin de la sous-préfecture. Puis, finalement, on décida d’en créer une à l’intérieur même de la mairie.

Alors que la grande salle de l’hôtel de ville se trouvait à droite en entrant, la nouvelle salle sera à la place du bureau de la mairie, du cabinet du maire et d’un escalier.

Ceci fut réalisé en 1832-1833, sur les plans de l’architecte voyer S. Tridon, modifiés par Roze, architecte à Châtillon.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

La municipalité avait contacté Etienne Bouhot pour exécuter la décoration de la salle de spectacle en construction. Dans une lettre datée du 26 août 1832, son fils Auguste lui écrivait : Il faudrait d’abord que cela ne nuisit en rien aux travaux du panorama[1] qui seraient peut-être plus avantageux et ensuite maman me suggère une réflexion qui me semble parfaitement juste. C’est que pour faire une pareille entreprise, il faut beaucoup de fonds pour les avances… Il paraît que les Châtillonnais aiment mieux la quantité que la qualité et qu’il leur faudrait pour 20 pistoles des tableaux de 15 pieds carrés. Amateurs !...   

Finalement, c’est l’architecte Roze qui fera les peintures décoratives de la salle de spectacle.                

A la place prévue avant pour la salle de spectacle, furent construites des halles neuves, les anciennes étant de l’autre côté de la Seine (halles au blé).

 [1] Il doit s’agir du panorama  d’Alger, alors fermé pour travaux, et sur lequel Bouhot effectue alors des réparations ; à la même époque, la municipalité lui refusa l’achat de deux tableaux, destinés à la bibliothèque, car jugés trop petits ; « Etienne Bouhot, 1780-1862 » ; catalogue d’exposition à Semur ; Marmagne, 2001

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

On trouve également quelque dissymétrie sur la façade nord-est, côté jardin.

Au rez-de-chaussée, le sous-bassement en grosses pierres est percé de huit ouvertures, avec un puits sous l’une des fenêtres.

Un chaînage court sous les dix fenêtres du premier étage, mais les ouvertures ne sont pas espacées régulièrement. Ceci se retrouve à l’étage supérieur, avec aussi dix ouvertures, au dessus de celles du premier étage. Les chaînages existant côté rue Carnot se continuent sur cette façade.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Afin de consolider l’édifice, des tiges métalliques, des tirants, ont été installées, aussi bien côté sud que côté nord, afin de mieux assurer les efforts de traction ; chaque bout est lié à une ancre, qui peut avoir plusieurs formes. 

Au niveau des combles, on retrouve cinq lucarnes, possédant alternativement des frontons triangulaires et des demi-cercles, mais la dernière ouverture, près de l’angle nord, est particulière ; plus imposante, elle a dans sa partie supérieure un crochet, auquel on devait pouvoir mettre une poulie, afin de monter autrefois des objets et sa partie inférieure était plus basse, coupant le chaînage.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’autre extrémité, à l’est, se voit encore un œil de bœuf, éclairant autrefois la cage d’escalier.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’époque de l’abbaye, il n’y avait aucune construction entre les bâtiments et la Seine, mais seulement un vivier.

Puis, au milieu du XIXe siècle, il n’y eut que le jardin de la sous-préfecture, avec une petite remise construite le long de la Seine ; une porte faisait communiquer les deux endroits.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Puis, sur une carte postale, apparaît un petit bâtiment, sans étage, non accolé à la sous-préfecture.

Ensuite, sur d’autres, c’est un bâtiment à étage, un chaînage soulignant le passage entre le rez-de-chaussée et le premier étage.

Côté jardin de la mairie, un espace construit (avec une porte et une petite ouverture), relie les deux bâtiments.

Ultérieurement, un étage fut rajouté, harmonisé avec ce qui avait déjà été construit (mêmes ouvertures, continuation du chaînage), mais il y a un petit décalage vertical entre les deux, de quelques dizaines de centimètres (à cause du fruit).  

Après la suppression de la sous-préfecture, ce petit bâtiment dut être loué à des particuliers. Il y eut alors un portail percé dans le mur, pour communiquer directement avec la place.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Aujourd’hui les deux bâtiments ont été réunis pour les services de la mairie, mais il y a  quelques marches assez raides à l’intérieur pour passer d’un bâtiment à l’autre.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’extrémité est de ce bâtiment, existaient une porte et un petit œil de bœuf, mais aucune ouverture au dessus du chaînage.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

 Encore merci à Dominique Masson qui me permet de publier ses études passionnantes sur la ville de  Châtillon sur Seine, et sur le Châtillonnais, c'est un grand honneur pour ce blog.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Juin 2019

Dominique Masson, historien passionné du Châtillonnais, a profité de la réfection de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine pour voir s'il y restait des traces de l'ancien couvent des Bénédictines.

Ces traces il les a déjà évoquées dans ce premier article :

 http://www.christaldesaintmarc.com/l-histoire-de-l-hotel-de-ville-de-chatillon-sur-seine-racontee-par-dom-a159792216

Voici la suite de son étude que je qualifierai de géniale, puisque personne avant lui n'avait pensé à rechercher ce qui restait du passé du bâtiment.

Notule d’histoire

L’hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (2)

 

A la Révolution, le 12 messidor an V, la maison conventuelle des Bénédictines fut acquise par Etienne Ligerot. Ce dernier revendit très vite cette propriété à Louis-Toussaint Estienne, négociant drapier. En 1819, celui-ci la revendit à Robert Royère, de Dijon.

A cette époque, le rez-de-chaussée était divisé en 8 ou 9 pièces, le premier en 9 pièces et le second en 20 pièces. C’est à ce moment que la municipalité, mal installée dans l’ancienne abbaye des Carmélites, songea à l’acheter pour s’y installer avec, en plus, la sous-préfecture, le tribunal de première instance et ceux de commerce et de justice de paix, ainsi que la gendarmerie ; on pouvait même y établir, dans tout le rez-de-chaussée, une maison de détention. Cet achat fut approuvé par le roi Louis XVIII. Mais le conseil d’arrondissement changea d’avis, ne souhaitant y mettre que la mairie et la sous-préfecture.

Finalement, après un nouveau projet et des échanges de bâtiments, l’ancien couvent fut acheté  le 13 mars 1820, mais Robert Royère eut du mal à se faire payer ; le préfet décida alors que les communes de l’arrondissement de Châtillon aideraient la ville de Châtillon à rembourser l’achat (certaines communes attendront jusqu’à 1846 pour être remboursées).

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Lors de l’achat, en 1821, un mur longeait la façade est, séparant la cour d’honneur devant l’abbaye du potager, le long de la Seine.

Entre celle-ci et le bâtiment de l’abbaye se trouvait un vivier. La rue des Bénédictines, au nord, était étroite et bordée par les remises et dépendances.                               

Hôtel de Ville et sous-préfecture s’installèrent dans ces bâtiments, mais la répartition des locaux fut quelque peu difficile. Si le sous-préfet eut un appartement en 1822, il dut attendre 1823 pour avoir une salle à manger, car celle-ci faisait partie du lot de la ville et le maire lui en refusait la location, car elle était louée à un maître de dessin.

La place devant la mairie/sous-préfecture était assez restreinte, une allée avec des rangées d’arbres faisait partie de l’ancienne abbaye.

De 1809 à 1823, la Ville réussit à acheter des terrains pour agrandir cette place.

Mais la coexistence entre mairie et sous-préfecture continuait à être un peu compliquée, ils avaient par exemple le même perron comme entrée. Sur le plan de 1825, on voit un petit perron au bout de l’aile ouest, peut-être pour desservir uniquement la mairie.

Le maréchal Marmont forma alors le projet de diviser le champ qui lui appartient, près la promenade du Cours- l’Abbé, en diverses portions, sur lesquelles des maisons doivent être construites…Pour favoriser l’exécution de ce projet, dont l’utilité est généralement sentie, il importait d’établir une communication facile entre la Place publique, sise au centre de la Ville, et au devant des Hôtels de la Mairie et de la Sous- Préfecture, et le terrain où l’on commence de bâtir, lequel doit former le nouveau quartier…Cette communication ne pouvait se réaliser, qu’en coupant une partie des remises et écuries, qui dépendent de l’Hôtel de Ville et de celui de la Sous- Préfecture, ce qui occasionnerait des frais assez considérables,  pour ne présenter encore, après la reconstruction, qu’un aspect tout à fait difforme…

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Sur un plan, non daté, on voit que la sous-préfecture possède, selon le partage de 1822,  écurie et basse-cour (entre les lettres E, G, H et J), ainsi qu’une partie de jardin derrière le bâtiment principal (entre B, C, D, E et F) diminuant largement le jardin public.

Aussi, en 1826, le conseil municipal fut d’avis de proposer d’échanger cette parcelle, contenant10 ares 70 centiares, contre le terrain le long de la Seine, contenant 11 ares 20 centiares.  

En outre, la mairie s’engageait à clore de murs cette partie de jardin et construire  à l’extrémité bordant la rivière, un remise percée de deux arcades ; une écurie pour y placer quatre chevaux et un petit escalier pour la desserte du fenil, éclairé par trois fenêtres, qui régnera sur les remise et écurie ; ensuite, dans le même prolongement et en contigüité… une petite basse cour avec un tect à porc et poulailler au dessus. La partie entre le bâtiment de l’abbaye et la Seine devint le jardin privé de la sous-préfecture, séparé de la cour d’honneur par un mur. 

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

En même temps, en 1826, dans le cadre de l’aménagement du nouveau quartier décidé  par le maréchal Marmont, l’étroite rue des Bénédictines fut remplacée par une large voie (actuelle rue Président Carnot).

Le conseil municipal décida alors de modifier la façade de l’Hôtel de Ville qui donnait sur la rue élargie en y ajoutant, le long de celle-ci,  une galerie qui conduisait à une nouvelle porte d’entrée, encadrée de colonnes.

Sous-préfecture et mairie eurent ainsi chacune leur entrée séparée. La place fut également agrandie par le déplacement des grilles ; un muret surmonté de grilles fut construit au raz du bâtiment de l’hôtel de ville.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Cette galerie est faite avec de grosses dalles en pierre, reposant, côté bâtiment, sur le boudin recreusé et, de l’autre, sur un entablement en pierre,  soutenu par des colonnes doriques

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Pour soutenir le poids de ces colonnes encadrant la nouvelle entrée, deux corbeaux en pierre furent installés dans le mur, sous les dalles,  mais invisibles extérieurement.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Quatre bornes en pierre ont été placées, deux au bas de l’escalier et deux sous la galerie ; ces dernières entaillent un peu le socle en pierre et elles sont tronquées à l’arrière car, à la fin du XIXe  et au début du XXe siècle, le dessous du perron était fermé par des panneaux.

Auparavant, selon Jean Lagorgette (le Châtillonnais et l’Auxois du 27 février 1937), il aurait existé une auberge au moins jusqu’à 1835 et Alexandre Dumas y aurait fait faire une halte à la diligence (Les Compagnons de Jéhu ?), avant d’être attaquée au goulet de la Gloire-Dieu.

Plus tard, dans le réduit situé à gauche du perron, l’appariteur Choucroute Maréchaux (célèbre par son apostrophe : Madame, vous sentez la betterave !) tint son office de barbier-coiffeur.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Le rez-de-chaussée du bâtiment, en partie enterré, a été en partie masqué par cette galerie, et les ouvertures largement modifiées.

Tout le rez-de-chaussée de l’abbaye, côté extérieur comme côté intérieur, présente un fruit, c’est-à-dire une diminution de l’épaisseur qu’on donne à un mur au fur et à mesure que l’on s’élève, ceci pour pouvoir supporter le poids des étages supérieurs.

En outre, les pierres sont en général choisies en calcaire plus dur. Selon certains écrits, une boutique aurait existé sous cette galerie, au XIXe siècle.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Deux chaînages  horizontaux courent sous les onze fenêtres du premier étage, mais il y a eu ouverture de portes (deux aux extrémités et la porte centrale) et certaines irrégularités.

Au nord, après la porte, un chaînage vertical descend sous la fenêtre ; à l’étage inférieur, le boudin manque. Sous la fenêtre suivante, le chaînage vertical descend lui aussi à l’étage inférieur et l’encadrement est encore visible dans le soubassement. A l’ouest, existe également un chaînage vertical, mais le boudin en dessous court tout le long du mur.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Aux onze fenêtres du premier étage correspondent onze autres fenêtres au second étage, avec un chaînage entre le premier et le second étage et dessous et dessus  les fenêtres du second étage. Enfin, au niveau des combles existent cinq lucarnes, avec des frontons triangulaires aux deux extrémités et au centre, encadrant deux lucarnes aux frontons en demi-cercles.

Comme pour toutes les lucarnes, les moulures entrant dans le toit sont en bois.

La mairie voulut avoir une salle de spectacle.

Elle fut prévue en 1826 le long de la Seine, contre le jardin de la sous-préfecture. Puis, finalement, on décida d’en créer une à l’intérieur même de la mairie.

Alors que la grande salle de l’hôtel de ville se trouvait à droite en entrant, la nouvelle salle sera à la place du bureau de la mairie, du cabinet du maire et d’un escalier.

Ceci fut réalisé en 1832-1833, sur les plans de l’architecte voyer S. Tridon, modifiés par Roze, architecte à Châtillon.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

La municipalité avait contacté Etienne Bouhot pour exécuter la décoration de la salle de spectacle en construction. Dans une lettre datée du 26 août 1832, son fils Auguste lui écrivait : Il faudrait d’abord que cela ne nuisit en rien aux travaux du panorama[1] qui seraient peut-être plus avantageux et ensuite maman me suggère une réflexion qui me semble parfaitement juste. C’est que pour faire une pareille entreprise, il faut beaucoup de fonds pour les avances… Il paraît que les Châtillonnais aiment mieux la quantité que la qualité et qu’il leur faudrait pour 20 pistoles des tableaux de 15 pieds carrés. Amateurs !...   

Finalement, c’est l’architecte Roze qui fera les peintures décoratives de la salle de spectacle.                

A la place prévue avant pour la salle de spectacle, furent construites des halles neuves, les anciennes étant de l’autre côté de la Seine (halles au blé).

 [1] Il doit s’agir du panorama  d’Alger, alors fermé pour travaux, et sur lequel Bouhot effectue alors des réparations ; à la même époque, la municipalité lui refusa l’achat de deux tableaux, destinés à la bibliothèque, car jugés trop petits ; « Etienne Bouhot, 1780-1862 » ; catalogue d’exposition à Semur ; Marmagne, 2001

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

On trouve également quelque dissymétrie sur la façade nord-est, côté jardin.

Au rez-de-chaussée, le sous-bassement en grosses pierres est percé de huit ouvertures, avec un puits sous l’une des fenêtres.

Un chaînage court sous les dix fenêtres du premier étage, mais les ouvertures ne sont pas espacées régulièrement. Ceci se retrouve à l’étage supérieur, avec aussi dix ouvertures, au dessus de celles du premier étage. Les chaînages existant côté rue Carnot se continuent sur cette façade.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Afin de consolider l’édifice, des tiges métalliques, des tirants, ont été installées, aussi bien côté sud que côté nord, afin de mieux assurer les efforts de traction ; chaque bout est lié à une ancre, qui peut avoir plusieurs formes. 

Au niveau des combles, on retrouve cinq lucarnes, possédant alternativement des frontons triangulaires et des demi-cercles, mais la dernière ouverture, près de l’angle nord, est particulière ; plus imposante, elle a dans sa partie supérieure un crochet, auquel on devait pouvoir mettre une poulie, afin de monter autrefois des objets et sa partie inférieure était plus basse, coupant le chaînage.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’autre extrémité, à l’est, se voit encore un œil de bœuf, éclairant autrefois la cage d’escalier.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’époque de l’abbaye, il n’y avait aucune construction entre les bâtiments et la Seine, mais seulement un vivier.

Puis, au milieu du XIXe siècle, il n’y eut que le jardin de la sous-préfecture, avec une petite remise construite le long de la Seine ; une porte faisait communiquer les deux endroits.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Puis, sur une carte postale, apparaît un petit bâtiment, sans étage, non accolé à la sous-préfecture.

Ensuite, sur d’autres, c’est un bâtiment à étage, un chaînage soulignant le passage entre le rez-de-chaussée et le premier étage.

Côté jardin de la mairie, un espace construit (avec une porte et une petite ouverture), relie les deux bâtiments.

Ultérieurement, un étage fut rajouté, harmonisé avec ce qui avait déjà été construit (mêmes ouvertures, continuation du chaînage), mais il y a un petit décalage vertical entre les deux, de quelques dizaines de centimètres (à cause du fruit).  

Après la suppression de la sous-préfecture, ce petit bâtiment dut être loué à des particuliers. Il y eut alors un portail percé dans le mur, pour communiquer directement avec la place.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

Aujourd’hui les deux bâtiments ont été réunis pour les services de la mairie, mais il y a  quelques marches assez raides à l’intérieur pour passer d’un bâtiment à l’autre.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

A l’extrémité est de ce bâtiment, existaient une porte et un petit œil de bœuf, mais aucune ouverture au dessus du chaînage.

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

L'Histoire de l'Hôtel de Ville de Châtillon sur Seine (deuxième partie) racontée par Dominique Masson

 Encore merci à Dominique Masson qui me permet de publier ses études passionnantes sur la ville de  Châtillon sur Seine, et sur le Châtillonnais, c'est un grand honneur pour ce blog.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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