De très beaux timbres des jolis sites de notre ville et un timbre représentant Louis Cailletet, dont on célébrera, en 2013, l'anniversaire du décès.
(Photos cliquables)
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Voici une magnifique vidéo de Christian Labeaune, où l'on voit un oiseau peu commun, le gros bec casse-noyaux et quelques verdiers bien apeurés !
bravo au caméraman !!
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Cliquables bien entendu pour en admirer toute la beauté...
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Anne Bouhélier, viticultrice à Chaumont le Bois, a réalisé une étude fort intéressante sur les pressoirs du Châtillonnais.. C'est un mémoire qu'elle a soutenu dans le cadre de son diplôme Universitaire "Vin, Culture et Oenotourisme" à l'Université de Bourgogne. Une étude importante qui n'avait encore jamais été menée en Bourgogne ! La Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine nous a conviés, dans la salle des Conférences de l'Hôtel de Ville, à une passionnante conférence d'Anne Bouhélier sur ces fameux pressoirs.
Anne a évoqué l'existence des pressoirs depuis l'antiquité , et bien sûr le plus célèbre en France au 19ème siècle : le "pressoir Châtillonnais"..
En faisant des recherches dans le Grand Larousse, Anne Bouhélier avait découvert qu'à la section pressoirs, était mentionné un pressoir qui portait le nom de notre région.
Elle a donc fait des recherches approfondies sur la question, recherches qui lui ont offert bien des surprises..
Sur cette carte , on voit où se trouve le Châtillonnais, au nord de la Côte d'Or et au sud de la Champagne.
C'est dans ce Châtillonnais que va avoir lieu les 26 et 27 janvier la Saint Vincent Tournante des Crémants de Bourgogne.
Saint Vincent , nous dit Anne, est le patron des vignerons parce qu'il fut martyrisé sur un pressoir !
Dès l'antiquité, on pressait le raisin, on a retrouvé des traces de ce pressage sur des sites gallo-romains comme Selongey, mais c'est au Moyen-Age qu'apparaissent les premiers véritables pressoirs.
Les pressoirs étaient alors le monopole des abbayes. Les moines faisaient du vin pour plusieurs raisons : la liturgie, leurs besoins personnels et l'accueil des pélerins.
La noblesse , elle aussi possédait des pressoirs banaux, c'est à dire qu'elle en était propriétaire et en assurait l'entretien. Tous les vignerons étaient obligés d'aller y presser leur vendange et devaient verser au seigneur environ 12,5% de cette récolte. L'heure du passage au pressoir était réglementé, ce qui n'était guère pratique.
Il n'y a plus de ces pressoirs dans les villages, mais les lieux-dits rappellent leur existence.
On utilisait des pressoirs à levier ou à "abattage", de très grande dimensions, en chêne, sauf la vis centrale qui était en noyer, orme ou sorbier.
Le pressoir de l'abbaye de Molesme est encore visible, il est magnifique.
Le raisin était foulé dans un cuveau, puis on faisait une première pressée. On découpait ensuite plusieurs fois la masse compacte des raisins, pour faire 3 ou 4 pressées supplémentaires.
Dans la roue à écureuil, un homme actionnait le mécanisme.
Les pressoirs anciens ne subirent qu'une très lente évolution jusqu'à la Révolution, où ils furent souvent vendus comme biens nationaux.
Au XIXème siècle la surface des vignobles châtillonnais s'agrandit. De 1800 à 1860 la surface des vigne doubla, leur surface totale avoisinait les 3000 hectares (seulement 220 de nos jours !)
Mais la pénurie de bras se fit sentir, il fallait inventer de nouvelles façons de presser le raisin avec des appareils moins chers et qui nécessitaient moins de main-d'œuvre.
Le châtillonnais de cette époque était riche en forges qui utilisaient le minerai de fer local abondant et le charbon de bois issu de ses forêts.
Auguste Viesse de Marmont possédait de grandes forges à Sainte Colombe sur Seine qu'il modernisa en en faisant des forges à l'anglaise. On produisait donc du fer en quantité et on le transformait dans des ateliers à proximité. Marmont qui avait quelques vignes et "champagnisait" déjà son vin, confia la construction d'un pressoir à un serrurier, monsieur Poirier.
C'est grâce à la présence des forges du Châtillonnais qui travaillaient le fer , que le pressoir à vis métallique actionné par des engrenages fit son apparition un peu plus tard, inventé par un châtillonnais (originaire de Villedieu les Poëles en Normandie) mais installé à Châtillon comme serrurier-mécanicien : Amand-Lemonnier..
La maison et l'atelier d'Amand Lemonnier donnait d'un côté rue de Chaumont (actuellement rue Docteur Robert), et de l'autre du côté de la Seine.
Le nouveau pressoir inventé par Lemonnier, qu'on appellera "le pressoir Châtillonnais" est un pressoir à engrenages métalliques qui est seulement manœuvré par deux hommes qui actionnent les manivelles.
A cette époque, un pressoir pour un vigneron était un achat important, beaucoup ne pouvaient se l'offrir. Il existait donc des "pressureurs" qui passaient de villages en villages pour presser la vendange, avec des pressoirs châtillonnais locomobiles.
Le pressoir Châtillonnais eut un grand succès , il obtint de très nombreuses médailles aux expositions universelles : 13 médailles d'or, sans compter d'autres prix importants.
On peut d'ailleurs voir une maquette du pressoir Châtillonnais au Musée des Arts et Métiers, preuve de sa notoriété.
D'autres fabricants inventèrent des pressoirs très hétéroclites et compliqués, qui n'eurent jamais le succès de celui d'Amand Lemonnier.
Amand Lemonnier n'ayant qu'une fille, qui épousa un percepteur, n'eut pas de successeur, il s'associa donc à Amédée Nouvion.
Anne Bouhélier a essayé de retrouver des traces d'anciens "pressoirs châtillonnais", ce fut difficile, puisque ces pressoirs furent détrônés plus tard par un nouveau type de pressoir, le pressoir américain, qui n'était manœuvré que par...un homme !!
Quelques pressoirs et documents retrouvés :
Nicey :
Celui-ci a été restauré par la famille d'Anne Bouhelier à Chaumont le Bois.
ancien pressoir de Plombières les Dijon :
cave de Saint Antoine à Chablis :
Montliot et Courcelles :
Comme je le disais plus haut, un nouveau pressoir arriva sur le marché dans le dernier quart du XIXème siècle, le pressoir à levier multiple différentiel, connu sous le nom de pressoirs à cliquet, ou "pressoir américain", manœuvré par un seul homme.
Le Châtillonnais resta un pôle de construction de pressoirs avec trois constructeurs:Lhomme, Courtois et Rouot.
Le petit-fils d'Amand Lemonnier (le fils du percepteur !) , Célestin Courtois était ingénieur agronome, mais il devint le digne successeur de son grand-père en fabriquant lui aussi des pressoirs. Il avait épousé la cousine de Louis Cailletet. Son atelier se situait rue de la gare. Courtois déposa des brevets pour des mécanismes de pressoirs.
Su cette photo on voit à droite, Louis Cailletet, qui surveille le pressurage de la récolte de sa vigne à Mosson, vers 1900.
La ville de Châtillon sur Seine a fait installer des pieds de vigne sur le rond-point près de chez moi. Au centre on y a placé un pressoir...américain.
La famille Bouhélier a restauré un "pressoir Châtillonnais" et l'a présenté à la fin des vendanges 2009. On y a fait une pressée.
Pour terminer, une photo que j'ai prise au cimetière Saint Vorles : la tombe de la famille Lemonnier-Courtois :
François Gaillard, au nom de la Municipalité de Châtillon sur Seine a remercié Anne Bouhélier pour sa si intéressante conférence...
Un livre regorgeant de renseignements, de photos, sur le "pressoir Châtillonnais" (et les autres), écrit par Anne Bouhélier et publié par "Images en Châtillonnais", existe, vous pourrez vous le procurer à l'adresse ci-après...
Il est aussi disponible en prêt à la Bibliothèque Municipale.
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Michel Massé a réalisé de magnifiques clichés de coqs surmontant les clochers des églises du canton de Châtillon sur Seine. Ces coqs sont posés sur des croix originales souvent très différentes.
Voici quelques unes de ses belles photos, par ordre alphabétique, d'autres suivront un peu plus tard.
Merci à Michel Massé d'avoir si bien photographié ce patrimoine dont on ne soupçonne souvent pas la beauté, et de m'avoir confié son magnifique travail.
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L'église de Channay, placée sous le vocable de Saint Martin, date des XVème et XVIème siècles.
A l'arrière de l'église se dresse le superbe "Arbre de la Liberté", planté en 1848.
Le clocher surprend par son imposante puissance :
Une croix extérieure date de 1810, elle est ornée d'un ostensoir.
Le transept montre à la croisée d'ogives, quatre coulées cylindriques d'une élégance inattendue, portant une voûte tressée de nervures accessoires.
Au dessus de l'autel principal on voit une statue de Saint Martin
Une statue de Saint Eloi :
Un Saint Sébastien en calcaire polychrome de fin XVIème , début XVIIème siècles.
Un Saint Nicolas en pierre polychrome , limite XVIème et XVIIème siècles :
L'église Saint-Martin de Channay possède de nombreuses peintures murales, hélas très dégradées.
Le buste reliquaire d'un Saint Evêque, de la deuxième moitié du XVIIème siècle
Cette peinture murale ...
...a pu être décryptée, madame Collin , notre guide, nous en montre une probable reconstitution :
D'autres peintures murales n'ont pu être décryptées.
Sur l'autel secondaire de droite on admire une curieuse Vierge à l'Enfant du XVIème siècle .
Le visage de l'Enfant est celui d'un adulte un peu grimaçant... (rappel de celui du donateur, du sculpteur ?).
Il tient dans sa main une orange, tandis que la Vierge porte une branche feuillée d'oranger.
L'Enfant n'est pas assis sur le bras de sa mère, mais il se tient debout sur un tronc d'arbre.(rappel de la Croix ?)
cette fresque représente saint Fiacre, une bêche à la main et un livre dans l'autre, symboles du travail et de la dévotion.
L'église abrite plusieurs statues anciennes comme cette "Charité de Saint Martin" de facture champenoise du XVème siècle, œuvre de miséricorde.
Une Sainte Catherine d'Alexandrie, en bois, d'une facture populaire et naïve :
Une éducation de la Vierge :
Un bâton de procession, Vierge à l'Enfant :
Une Croix de procession :
Le lutrin est du XIXème.
Plusieurs piscines basses à pénétration sont visibles dans l'église :
La chaire à prêcher a été transformée, on a utilisé sa base pour en faire le nouvel autel situé face au public !
Les verrières situées sur le côté de l'église sont en verre transparent, mais tout en haut on a conservé quelques morceaux des vitraux anciens, comme ce saint Robert tenant deux crosses, puisqu'il fut l'Abbé de Molesme et de Citeaux, merveilleuse petite peinture bien émouvante !
D'autres petits restes de vitraux anciens surprennent par leur finesse et leur beauté.
Une dalle funéraire, hélas difficile à photographier en ce jour de grand soleil.
Vous souvenez vous de la liste des sept merveilles du monde ? A ma grande honte, j'avoue que je ne me souvenais pas de toutes...il ne me revenait à l'esprit que les Pyramides d'Egypte, le phare d'Alexandrie, les jardins suspendus de Babylone et le colosse de Rhodes... il m'en manquait trois...
Et en plus je ne connaissais pas leur histoire !
Heureusement la conférence passionnante que nous a donnée Jean-François Gallice, sous l'égide de l'Association Culturelle châtillonnaise, a remis les choses en place pour notre plus grand plaisir.
Jean-François Gallice a fait des recherches approfondies sur les sept Merveilles du Monde, et pour que sa conférence soit superbement illustrée, il a fait appel à son ami Robert Fries .
Un autre de ses amis, Michel Diey a reproduit sa conférence sur papier, un exemplaire a été remis à chacun des auditeurs, c'est ce texte que je vais reproduire ci-après.
Ecoutons donc Jean-François Gallice....
Des sept merveilles du Monde, il ne reste malheureusement que les pyramides d'Egypte..
Hérodote, le père de l'Histoire , né en 484 avant J.C. à Halicarnasse fut impressionné par les pyramides d'Egypte et par Babylone.
Puis vinrent Philippe et Alexandre de Macédoine qui par leurs conquêtes permirent au monde grec de connaître et faire des comparaisons avec les sites du bassin de la Méditerranée, le temple d'Artémis à Ephèse, le Zeus Olympien,le Mausolée d'Halicarnasse.
Il n'y a que trente années qui séparent la construction du phare d'Alexandrie de la destruction du colosse de Rhodes.
C'est Calimaque de Cyrène(350-240 avant J.C.) qui remplissait d'importantes fonctions à la bibliothèque d'Alexandrie en Egypte, qui écrivit "une collection de merveilles dans les pays du monde entier".
160 ans après, Antipater, poète grec de Sidon, écrit un poème, chant d'admiration à l'égard des Chefs d'œuvre de l'Humanité.
En dehors des deux plus anciennes Merveilles, les Pyramides et Babylone, les autres font partie du bassin méditerranéen et quoique Mare Nostrum des Romains, il n'y a pas de Merveilles romaines.
Le colosse de Rhodes et le phare d'Alexandrie ont les pieds dans l'eau,le temple d'Artémis à Ephèse comme le Mausolée sont des ports.
Les dates vont de -300 à -437 avant J.C., donc une période relativement courte. On pourrait s'étonner que les hommes de la Renaissance n'y aient pas inclus quelque édifice célébrant l'habileté technique des Romains, mais sans doute les savants avaient-ils pris conscience que l'idée même des sept Merveilles était bien antérieure à l'avènement de l'Empire Romain et tenaient-ils à rester fidèles à son principe.
Où sont les sept Merveilles du Monde ? (photo cliquable) :
Les Pyramides d'Egypte
Il y avait plus de 60 pyramides au début de la IIIème dynastie, notamment la pyramide à degrés du roi Djoser à Saqqarah, mais la grande pyramide de Giseh était la plus connue.
Giseh fut construite vers 2560 avant J.C., sous le second pharaon de la IVème dynastie, Khéops
Il choisit pour son tombeau un nouveau site près du désert lybien, choix que reprirent deux de ses grands successeurs de la IVème dynastie Khephren et Mykerinos.
Il y a eu pour cette construction deux problèmes très importants : le nivellement et l’orientation.Pour la construction ni poulies, ni palans mais des rouleaux et leviers. La théorie de la rampe externe de Lauer exigeait un kilomètre de développement et la hauteur de Saint Paul de Londres. Jusqu’au 9ème siècle ce fut le monument le plus haut du monde.
Hauteur : 145,75m, les côtés 229m2, une aire de 5,37 ha, blocs de pierre utilisés : 2millions300 000, de poids variant de 2 à 15 tonnes.
Selon Hérodote il a fallu 10 ans pour construire la chaussée, 20 ans pour la pyramide.
Entre 100 000 et 360 000 hommes furent nécessaires pour la construire.
En 1954, un égyptien découvrit 41 dalles de calcaire de Tura solidement jointes. Cet ouvrage fermait une fosse de 30 mètres, à l’intérieur de laquelle se trouvait une barque en bois faite de 1274 pièces de bois sans un seul clou métallique : ces barques accompagnaient le pharaon dans l’autre monde. On les appelle « nefs funéraires » ou « barques solaires », les unes à rames, d’autres à voiles.
Les jardins suspendus de Babylone :
Ces fameux jardins ont-ils existé ? Ce n’est pas sûr.
Babylone était la capitale d’une ancienne contrée sur les rives de l’Euphrate, actuellement en Irak. Nabuchodonosor II, (604,562 avant J.C.) provoqua l’effondrement du royaume de Juda et de son roi Joachin. Il emmena tous les juifs à Babylone en -586, et détruisit le temple de Jérusalem. C’est l’époque de Daniel dans la fosse aux lions, et aussi du festin de Balthasar où furent inscrits sur les murs : « Mane-Thecel, Phares : tu as été pesé,tu as paru trop léger, ton royaume sera partagé » ce qui fut l’œuvre de Cyrus qui, non seulement régna, mais permit aux Juifs de regagner leur terre.
Bérose, contemporain d’Alexandre, dit dans son livre « Babyloniaca » : « Dans cette résidence royale, il (Nabuchodonosor) fit élever de hautes terrasses de pierre, puis il y planta des arbres, parce que sa femme, élevée dans le pays mède, avait le goût des sites montagneux »
Il y eut d’autres jardins royaux en Mésopotamie : Sennachérib assyrien à Ninive, Assurbanipal à Ninive.
La Ziggourat est l’emblème de la civilisation mésopotamienne, Hérodote la décrit comme une tour à degrés, faite de briques . Des historiens assimilaient celle de Babylone à la tour de Babel.
En dehors des jardins, Babylone était un exemple de magnificence et d’ordre : rues parallèles et perpendiculaires au fleuve, neuf portes ouvraient l’accès à la ville, la plus connue étant la porte d’Ishtar qui vit passer Nabuchodonosor, Darius et Alexandre . Ce dernier mourut d’ailleurs à Babylone, pleurant la mort de son ami et confident Hephaestion.
En face des doutes sur les jardins on peut avancer les arguments de Koldewey :
-Usage de la pierre , très peu utilisé ailleurs
-Murs d’une épaisseur inhabituelle
-Présence d’un puits de conception originale
La statue de Zeus à Olympie
La région méridionale de Grèce s’appelle le Péloponèse, où se trouve l’île de Pelops qui est à l’origine des Jeux Olympiques
Pisa avait pour roi Oenomaos. Un oracle avait prédit qu’il mourrait de la main de son gendre. Le roi redoutait que l’âge du mariage de sa fille arrive. Il imposa une course de chars aux 13 prétendants, tous furent sacrifiés. Mais un quatorzième, le jeune Pelops fit se rompre le char du roi qui mourut. Pelops épousa Hippodamie et monta sur le trône de Pisa. Hippodamie, cruelle fille, avait remplacé l’essieu du char de son père par une baguette de cire….
Les Grecs construisirent des temples à leurs dieux, le plus splendide d’entre eux fut le temple de Zeus, bâti par Libon, architecte d’une ville voisine, Elis. L’architecture rappelait celle du Parthénon,en ordre dorique. Le temple n’était pas destiné à abriter les fidèles, les sacrifices se faisant sur le grand autel de Zeus, à l’extérieur du sanctuaire, ainsi le sacrifice de cent bœufs marquait le milieu de la période des Jeux.
Les prêtres voulurent une statue digne de représenter le Roi des Dieux, ils choisirent Phidias, citoyen athénien, qui avait fait deux statues d’Athéna pour le Parthénon. Il avait inventé une technique permettant de faire des statues chryséléphantines colossales : une structure en bois était dressée, puis de minces plaques d’ivoire étaient taillées et sculptées puis adaptées. On faisait de même pour les moules de feuilles d’or que l’on plaquait sur la forme de bois.
Au 2ème siècle avant J.C., un satiriste ironisa sur le fait que l’intérieur de la statue de Zeus était infesté de souris !
Strabon insista sur sa forme colossale. Callimaque donne les mesures : socle 6,65m de large, profondeur de 10m, et plus de 1m de haut. La statue elle-même mesurait 13mètres de hauteur.
Pausanias, deux siècles après J.C., décrit les peintures de Panaenos, frère de Phidias, peintre des cloisons qui protégeaient le trône . Il y avait neuf thèmes : le mariage de Pirithoos, roi des Lapithes où furent invités les centaures qui voulurent saisir les femmes, les épisodes de la vie d’Hippodamie, les travaux d’Hercule, les batailles de Salamine et de Marathon.
La statue achevée Phidias pria Zeus de manifester s’il trouvait la statue à son gré : aussitôt la foudre frappa le sol !.
La statue était entretenue par des polisseurs qui lui jetaient de l’huile.
Caligula voulait ramener la statue à Rome, mais elle émit un rire qui fit effondrer les échafaudages. Elle alla orner un palais à Constantinople, jusqu’à un incendie meurtrier en 462.
L’atelier de Phidias fut plus tard transformé en église Chrétienne.
(Robert Fries fait remarquer que le sculpteur de la statue d'Abraham Lincoln à Washington , a été sans doute inspiré par la satue de Zeus à Olympie !)
Le mausolée d’Halicarnasse
Ce tombeau monumental (355 avant J.C.) fut celui de Mausole, roi de Carie, Satrape du grand roi de Perse, qui épousa sa sœur Artémise.
L’ancienne Halicarnasse ( d’après Hérodote) est la moderne Bodrum, au sud ouest de la Turquie. Il ne reste rien de ce célèbre mausolée. En effet des éléments sculptés des blocs de pierre furent réutilisés par les Hospitaliers de Saint Jean pour la construction de leur château. Pour Pline, quatre célèbres sculpteurs grecs : Scopas, Bryaxis, Timothée et Léocharès furent chargés de la décoration des faces. Mais Pythis fut l’auteur du quadrige du sommet, qui est vraisemblablement le Pythéos de Vitruve qui inspira Pline.
Descriptif du mausolée: hauteur 44,80m, un important soubassement à trois étages, ensuite une colonnade de 36 colonnes d’ordre ionique, une rangée de lions au dessus supportant un toit pyramidal à degrés (24) sur lequel se dressait un char d’apparat à quatre chevaux dominé par un homme, peut-être Mausole en dieu . Vitruve cite la présence de Praxitèle.
La taille des sculptures augmente depuis le soubassement jusqu’au sommet. Les pzersonnages de grande taille, situés entre les colonnades étaient Mausole, Artémise et la dynastie régnante de Carie. Les plus petites scènes du soubassement représentaient des batailles entre guerriers grecs et perses.
Au XIIIème siècle un tremblement de terre fit tomber la partie supérieure, toit et colonnades, mais c’est au XVème siècle qu’il fut détruit, en 1494 par les Hospitaliers Chevaliers de Saint Jean, le démantèlement dura 28 ans, jusqu’en 1522 où presque toutes les pierres avaient été réutilisées.
Un récit remarquable fut fait par un français, Claude Guichard vers 1520, fut confirmé par les fouilles du danois Jeppesen (1966-1977) et préalablement par celles de Charles Newton (1856-1858) qui emporta de nombreuses sculptures au British Museum
Le temple d’Artémis, ou de Diane, à Ephèse
En 1790, Gibbon, dans son « histoire du déclin et de la chute de l’Empire Romain » rappelle la destruction par les Ostrogoths du Temple d’Artémis à Ephèse en 262 après J.C. Pour lui « les arts de la Grèce et les richesses de l’Asie avaient contribué à la construction de ce monument sacré et magnifique…les Perses, les Macédoniens et les Romains en avaient tour à tour révéré la sainteté et augmenté la magnificence »
Il n’y a pas encore eu de fouilles conséquentes, seul Wood en 1860, pendant sept ans, parallèlement à Schliemann à Troie en 1870, puis plus tard Bammer ont extrait des merveilles du sol.
Pline l’Ancien décrit l’impressionnante architecture du temple et ses dimensions exceptionnelles :
Largeur :78,5m, longueur 131m, 127 colonnes surmontées d’exquis chapiteaux d’ordre ionique, protégeant les fûts des colonnes et supportant l’entablement en marbre.
Depuis des temps reculés Artémis attirait fidèles et visiteurs. C’est Crésus, dernier roi de Lydie qui avait contribué à la construction du temple.
Ce temple fut incendié par Erostrate qui par ce geste pensait rendre son nom éternel. Selon Plutarque , la nuit de l’incendie , le 21 juillet 356, naissait Alexandre le Grand.
Le droit d’asile traditionnel profita aux Amazones . Marc Antoine força le grand prêtre à faire sortir du temple la sœur de Cléopâtre, Arsinoé pour la tuer, s’assurant pour lui et Cléopâtre le trône d’Egypte.
Héraclite, né en 550 à Ephèse, séjourna dans l’ensemble sacré. Praxitèle, le célèbre sculpteur y réalisa des statues.
Saint Paul fut indigné du luxe et de la débauche du lieu et se fit huer !
Saint Jean eut un meilleur accueil, sans convertir les Ephésiens, il accompagna la Vierge à Ephèse où elle mourut.
Artémis, divinité épiphane apparaissait à ses admirateurs par une « fenêtre d’apparition ».
Comme Cybèle, aussi épiphane, déesse phrygienne qui était une déesse mère, ainsi Artémis s’éloignait du mythe de la Diane chasseresse grecque pour être , elle aussi une déesse mère, d’où sa représentation avec des seins multiples, sous forme de dattes, glands, aubergines. La statue arborant ses attributs est au musée national de Naples.
Le colosse de Rhodes
Rhodes est une île au sud ouest de l’Asie Mineure, au croisement de plusieurs routes maritimes, elle eut cinq ports et 85 000 habitants. En 373 avant J.C., Rhodes participa à la seconde confédération maritime fondée par Athènes, elle combattit aux côtés des Perses, mais fut vite obligée de se rallier à Alexandre le Grand.
A sa mort, les généraux diadoques se partagèrent son empire
Rhodes se rangea du côté de Ptolémée d’Egypte, contre Antigone, satrape de Phrygie qui devint roi de Macédoine, fondateur de la dynastie Antigonide. Rhodes lui refusa de combattre Ptolémée, aussi la ville fut assiégée par le fils d’Antigone, Démétrios 1er pliocète, siège qui dura un an, mais que finalement, malgré d’énormes moyens, Démétrios fit cesser.
Ainsi les rhodiens cédèrent toutes les machines de guerre pour ériger une statue colossale en bronze représentant Hélios, le dieu du Soleil.
Ils choisirent comme sculpteur Charlès de Lindos, élève du célèbre sculpteur Lysippe, entre 294 et 282 avant J.C.
D’après Strabon , Pline l’Ancien et Philon de Bysance la statue avait une hauteur de 33 mètres.
Pline décrit la statue et cite le tremblement de terre qui l’abattit, Strabon précise que le séisme la brisa à hauteur des genoux, les rhodiens ne la relevèrent pas.
Gabriel, le grand spécialiste a réalisé une reconstitution : un jeune homme nu, debout, raide, jambes serrées, flambeau d’une main, lance de l’autre.
Seule la statue de la liberté de Bartholdi, qui s’est inspiré du Colosse de Rhodes, est aussi grande.
Philon de Byzance prétend que la statue nécessita tant de bronze qu’on avait asséché toutes les mines .
La face cachée du travail était plus importante que la partie visible, elle était composée d’une structure de fer et de blocs de pierre. La base était en marbre blanc
La légende selon laquelle la statue enjambait le port est erronée, l’écartement des jambes aurait été de 400 mètres !! Une autre erreur est celle de croire que le flambeau servait de phare.
L’effondrement eut lieu en 226 avant J.C., la statue se cassa au niveau des genoux.
Les arabes, en 654 emportèrent les débris du colosse à un juif d’ Emèse, il fallut pour les transporter une caravane de 900 chameaux ….
Le phare d’Alexandrie
Il tient son nom de l’île de Pharos sur laquelle il fut construit, face au port d’Alexandrie.
Le terme devint un terme générique. L’origine du mot prête à une histoire : Ménélas, revenant de Troie avec la belle Hélène, passa par là. Croisant un vieil homme , il lui demanda « quelle île est-ce donc ? », il lui répondit « l’île du pharaon », Ménélas , ayant mal entendu, répéta : Pharos, oui dit le vieil homme.
En 332 avant J.C., Alexandre le Grand libéra l’Egypte de l’empire perse de l’époque, du dernier pharaon Néctanébo II de la XXXème dynastie. A l’époque on ne connaissait l’île de Pharos que comme étant la demeure du dieu marin Protée.
Alexandre, impressionné par le lieu, ordonna la construction d’une nouvelle ville qui porta son nom : Alexandrie. Le plan de la ville, un damier aux rues perpendiculaires, fut dessiné par l’architecte Déinocratès de Rhodes. L’ensemble formait une rade naturelle qu’Homère semblait connaître puisqu’il la décrit dans l’Odyssée et Strabon en fait la description.
L’architecture du phare et la date précise de sa construction restent des questions controversées. En principe ce fut sous le règne de Ptolémée I Soter (305-282 avant J.C.) ami d’enfance d’Alexandre , un des diadoques. A la mort d’Alexandre , à Babylone, il déroba sa dépouille qu’il fit enterrer dans le grandiose mausolée du Sêma.
Le bâtiment fut commencé en 297 avant J.C. sous Ptolémée I Soter et achevé sous Ptolémée II Philadelphe, mais payé par Sostrate de Cnide.
On ignore le nom de l’architecte. Pline précise qu’il coûta 800 talents (soit 2 milliards de francs 1989).
La lumière provenait d’un immense feu à sa base, reflétée au sommet grâce à des miroirs. Mais quelle source d’énergie utilisait-on ?? essence, bois, charbon, bouse séchée ? Il y avait peu de navigation la nuit, mais, pour Epiphane, on voyait son feu à 55 kms…
L’édifice avait trois niveaux : 60 m pour le premier étage (l’entrée du phare est très haut), 30 mètres pour le deuxième, et 15 mètres jusqu’à la pointe du trident, au total 107 mètres.
Les monnaies romaines donnent une bonne référence.
De source arabe, des tremblements de terre en 956 après J.C., puis en 1303 et 1323 eurent raison de lui. Un voyageur en 1326, Ibn Battula, trouva le bâtiment en ruine et en 1349 il était en grand délabrement.
Après cette conférence passionnante, Madame Simon, Présidente de l'ACC, annonça, pour l'année qui débute, encore 8 conférences, tout aussi intéressantes. Il est encore temps de se procurer une carte d'abonnement qui donne droit à des tarifs réduits.
La prochaine conférence sera celle de Robert Fries sur "la Reine Victoria et le temps des Victoriens"
Lundi 21 janvier à 14h30, salle Louis Pascal du Lycée Désiré Nisard.
Il vous y attend très nombreux !
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