Publié le 1 Décembre 2011
Publié le 1 Décembre 2011

Lorsque l'on évoque le nom de l'écrivain Francis Carco, on se rappelle de ses romans qui nous montrent un Paris mal famé, le royaume de la pègre, l'univers de la nuit où évolue tout un monde interlope.
C'est en effet ce que l'auteur nous présente dans plusieurs de ses livres comme Jésus la Caille ou l'Homme traqué.
Mais Francis Carco c'est aussi un poète, un homme fasciné par le malheur , mais qui le rejette..un homme dominé par son humeur "saturnienne"
Michel Lagrange, qui fut longtemps professeur de Français et de Latin au Lycée Désiré Nisard, et qui publie de très beaux poèmes, a voulu nous présenter, dans une conférence passionnante, toutes les facettes de la personnalité de celui qui vécut, pendant cinq années, dans notre petite ville de province, Châtillon sur Seine.

François Carcopino (il abrégera plus tard son nom en Francis Carco) naquit à Nouméa le 3 juillet 1886. Son père, Jean-Dominique, était représentant de l'Etat dans la colonie pénitentiaire, autrement dit le "bagne" de Nouvelle-Calédonie, ce bagne qui accueillera Louise Michel, la Vierge Rouge, après son séjour à la prison d'Auberive.
Très tôt l'enfant écoutera les histoires horribles que son père racontait à sa famille, en particulier les exécutions de forçats. Il en fut traumatisé jusqu'à la fin de ses jours.
Lors du retour de la famille en France, il nous raconte sa rencontre avec son grand-père :
Maman, que grand-père est vieux ! quand est-ce qu'on le jette à l'eau ? Ce cri m'avait jailli du coeur, car les Canaques, à Nouméa, n'ont, à l'égard de leurs parents trop âgés, aucune de ces marques de respect qui sont chez nous d'usage, et ils aiment mieux les noyer qu'assister à leur décrépitude..[...] Comment aurais-je soupçonné l'énormité de ma question ? Grand-père me reposa par terre puis, m'appliquant un coup de canne sur les mollets, il s'écria , sans se fâcher : "Sauvage ! "
Francis , en grandissant, aura un tempérament impétueux et imprévisible . Son père se croira obligé de le corriger sans retenue.
Ne pouvait-il pas deviner qu'à rouer de coups un enfant, on lui communique le goût de la souffrance ? C'est en effet ce qui s'est produit.
En 1896, Jean-Dominique Carcopino est nommé Conservateur des Hypothèques à Châtillon sur Seine.
La famille Carcopino demeurera cinq années dans notre ville, cinq années décisives pour Francis, jeune garçon rebelle attiré par la nature...et l'école buissonnière.
C'est en effet à Châtillon sur Seine qu'il découvrira la beauté de notre nature bourguignonne et son attirance magique..
"Je n'ai jamais mieux aimé la nature qu'à ce moment de ma vie. Un pêcher,un abricotier sauvages, qui émergeaient des vignes que le sulfate rendait vert-de-gris, me retenaient de longues minutes dans une muette adoration"
Durant sa vie entière, Carco gardera le goût de la pluie..
Oh ! ce bruit de l'eau, ce ruissellement léger,cette note musicale et charmante des gouttes sur la toiture en zinc d'un appentis !Le lendemain, l'air avait une fraîcheur délicieuse et la vie reprenait plus intime, plus savoureuse encore...
Cette pluie, Francis Carco la mit en poème, ce poème devint une chanson que Michel Lagrange nous fit écouter..
Il pleut.
Il pleut — c’est merveilleux. Je t’aime.
Nous resterons à la maison :
Rien ne nous plaît plus que nous-mêmes
Par ce temps d’arrière-saison.
Il pleut. Les taxis vont et viennent.
On voit rouler les autobus
Et les remorqueurs sur la Seine
Font un bruit... qu’on ne s’entend plus !
C’est merveilleux : il pleut. J’écoute
La pluie dont le crépitement
Heurte la vitre goutte à goutte...
Et tu me souris tendrement.
Je t’aime. Oh ! ce bruit d’eau qui pleure,
Qui sanglote comme un adieu.
Tu vas me quitter tout à l’heure :
On dirait qu’il pleut dans tes yeux.
(Pour écouter les chansons, cliquer sur la flèche qui se trouve en bas à gauche)
Après Châtillon sur Seine, le père de Francis Carco est nommé à Villefranche de Rouergue. Il ne décolère pas contre son fils qui ne réussit pas dans ses études. Francis se représente comme paresseux, il ressent douloureusement sa médiocrité et ne pense qu'à venir dans ce Paris qu'a si bien décrit le poète qu'il admire : Verlaine.
En 1910 il arrive à Paris qu'il découvre sous la neige..
Il neigeait. Le ciel roux, les lumières, les lourds flocons fondant à mesure qu'ils arrivaient au sol, composaient un décor étrange où les taxis paraissaient évoluer comme, au fond d'un bocal, des monstres aux yeux sanguinolents. Ceux qui ne roulaient point, figés contre un trottoir, étaient encore plus hallucinants. Ils donnaient l'impression de cadavres échoués dans les algues, ou de crustacés immobiles, guettant de leur lanterne une proie.
A Paris, Francis Carco rencontre Pierre Mac Orlan, Roland Dorgelès, Picasso dont il n'aime pas le surréalisme, il préfère les choses simples.
Il écrit un poème, "le doux caboulot", qui sera mis en musique en 1931 par Jacques Larmanjat, Michel Lagrange nous fit écouter cette délicieuse chanson ...

Le doux caboulot
Fleuri sous les branches
Est tous les dimanches
Plein de populo.
La servante est brune,
Que de gens heureux
Chacun sa chacune,
L'une et l'un font deux.
Amoureux épris du culte d'eux-mêmes.
Ah sûr que l'on s'aime,
Et que l'on est gris.
Ça durera bien le temps nécessaire
Pour que Jeanne et Pierre
Ne regrettent rien.
C'est à Paris que naîtra sa fascination pour le milieu interlope, les bas-fonds sans joie. Il fréquentera des prostituées qu'il mettra en scène dans ses romans : Mina, Nénette, la Rouque, Fernande, Valentine...et bien d'autres.
Une autre chanson que nous fit écouter Michel Lagrange :"l'orgue des amoureux", interprétée par Edith Piaf..
Un vieil orgue de Barbarie
Est venu jouer l'autre jour
Sous ma fenêtre, dans la cour
Une ancienne chanson d'amour
Et pour que rien, rien ne varie,
Amour rimait avec toujours.
En écoutant cette romance
Qui me rappelait le passé,
Je crus que j'en avais assez
Mais comme hélas, tout recommence,
Tout hélas a recommencé,
Tout hélas a recommencé.
Je t'ai donné mon cœur.
Je t'ai donné ma vie
Et mon âme ravie,
Malgré ton air moqueur,
Reprenons tous en chœur,
Est à toi pour la vie.
C'est pourtant vrai, lorsque j'y pense,
Que je l'aimais éperduement
Et que jamais aucun amant
Ne m'a causé plus de tourments,
Mais voilà bien ma récompense
D'avoir pu croire en ses serments.
Il a suffi d'une aventure
Plus que banale en vérité
Pour qu'un beau soir, sans hésiter,
Il obéit à sa nature.
Je ne l'avais pas mérité.
Je ne l'avais pas mérité.
Je t'ai donné mon cœur.
Je t'ai donné ma vie
Et mon âme ravie,
Malgré ton air moqueur,
Reprenons tous en chœur,
Est à toi pour la vie.
Que pouvons-nous contre nous-mêmes ?
Chacun de nous suit son chemin.
C'est le sort de tous les humains
Mais ceux qui vont main dans la main
En se disant tout bas "je t'aime"
Devraient songer aux lendemains
Sur une triste ritournelle
Dont l'écho s'est vite envolé.
L'orgue à la fin s'en est allé
Et, pardonnant à l'infidèle,
J'ai chanté pour me consoler,
J'ai chanté pour me consoler.
Je t'ai donné mon cœur.
Je t'ai donné ma vie
Et mon âme ravie,
Malgré ton air moqueur,
Reprenons tous en chœur,
Est à toi pour la vie.
Je t'ai donné mon cœur, je t'ai donné ma vie...
Ses livres, nombreux, nous montrent des voyous, des "apaches", victimes des aléas de la vie , des marginaux qui font souffrir et qui souffrent : Jésus la Caille, Lampieur, le héros tragique de "l'Homme traqué" (1922).
Son livre "L'Homme traqué" lui permit d'ailleurs de recevoir le grand prix de l'Académie Française.
Katherine Mansfield fut son grand amour, ce fut entre eux une passion désespérante, mais qui ne dura pas.
Son amie très chère, ce fut l'écrivaine Colette....
On la voit ici chez Francis Carco, photo illustrant une autre chanson que nous a fait connaître Michel Lagrange, interprétée par Fréhel :
Chanson tendre
Comme aux beaux jours de nos vingt ans
Par ce clair matin de printemps
J'ai voulu revoir tout là-bas
L'auberge au milieu des lilas
On entendait sous les branches
Les oiseaux chanter dimanche
Et ta chaste robe blanche
Paraissait guider mes pas
Tout avait l'air à sa place
Même ton nom dans la glace
Juste à la place où s'efface
Quoi qu'on fasse
Toute trace
Et je croyais presque entendre
Ta voix tendre murmurer
"Viens plus près"
J'étais ému comme autrefois
Dans cette auberge au fond des bois
J'avais des larmes dans les yeux
Et je trouvais ça merveilleux
Durant toute la journée
Après tant et tant d'années
Dans ta chambre abandonnée
Je nous suis revus tous deux
Mais rien n'était à sa place
Je suis resté, tête basse,
À me faire dans la glace
Face à face
La grimace
Enfin, j'ai poussé la porte
Que m'importe
N i ni
C'est fini !
Pourtant, quand descendit le soir
Je suis allé tout seul m'asseoir
Sur le banc de bois vermoulu
Où tu ne revins jamais plus
Tu me paraissais plus belle
Plus charmante, plus cruelle
Qu'aucune de toutes celles
Pour qui mon cœur a battu
Et je rentrai, l'âme lasse,
Chercher ton nom dans la glace
Juste à la place où s'efface
Quoi qu'on fasse
Toute trace
Mais avec un pauvre rire
J'ai cru lire :
Après tout,
On s'en fout !
Monsieur Carco est devenu un homme grave, triste, fasciné par le malheur, mais qui le rejette...tandis que M'sieur Francis est toujours le noctambule des quartiers chauds
Francis Carco sera élu à l'Académie Goncourt.
Dix films seront tirés de ses ouvrages.
Son style, pour nous, est toujours admirable, mais ses romans ont vieilli car Paris a bien changé : plus d'apaches, plus de milieux interlopes, il est bien mort le vrai Montmartre qu'il a tant aimé !.
Carco fut un promeneur des berges , un amoureux de la Seine, fleuve qui de Châtillon à Paris fut toujours son univers poétique...
Et la lumière au loin déferle
Plus haut, du côté de Bercy.
La Seine a des reflets de perle:
Comme il ferait bon vivre ici !
Merci à Michel Lagrange pour sa vision lumineuse de l'homme, du poète que fut Francis Carco..
Et merci également à Gilles Freyssinet, auteur d'un livre sur Francis Carco (auquel le lient des circonstances familiales): "le Paris de M'sieur Francis" qui m'a fait don des quatre photos inédites de l'écrivain, photos qui m'ont permis d'illustrer ses chansons .
Publié le 1 Décembre 2011
A l'initiative de l'Association Châtillonnaise "Châtillon-Scènes", Jean-Noël Grandchamp, luthier à Chemin d'Aisey , est venu salle des Conférences de Châtillon sur Seine, nous expliquer ce qu'est la lutherie, un art très ancien qui utilise certains bois de nos forêts .
Un prolongement très intéressant du Festival de Châtillon-Scènes: "forêt et patrimoine", en 2011, "année internationale de la forêt".

Le violon est un instrument de musique à cordes frottées. Constitué de 71 éléments de bois collés ou assemblés les uns aux autres, il possède quatre cordes accordées à la quinte, que l'instrumentiste, appelé violoniste, peut frotter avec un archet ou pincer avec l'index . Dans les formations de musique classique telles que le quatuor à cordes ou l' orchestre symphonique, le violon est l'instrument le plus petit et de tessiture la plus aiguë parmi sa famille ; celle-ci inclut l'alto, le violoncelle et la contrebasse Sa création remonte au XVIème siècle.(source Wikipedia)
Deux essences particulières sont utilisées pour créer un violon:
-l'épicéa commun dit "de résonance" , dont le bois deviendra la table d'harmonie de l'instrument.
Le bois de l'épicéa de résonance doit être sans noeuds, il sera prélevé dans le tronc à 5/6 mètres du pied de l'arbre.
-L'érable sycomore, le bois "royal", dont le bois "ondé" servira à réaliser le fond, les éclisses et le manche, est un arbre de forêt, on n'utilise jamais un arbre urbain.
Sur cette diapositive, Jean-Noël Grandchamp nous indique les différentes parties d'un violon : certaines sont en épicéa de résonance, d'autres en érable ondé:



Vue éclatée d'un violon :


Pour un luthier, le bois de l'épicéa de résonance, ainsi que le bois de l'érable doivent être débités "sur quartiers". C'est un travail délicat qui n'est effectué que par des scieurs professionnels. Seul, le "duramen", bois de coeur est utilisable, aussi bien en ébénisterie qu'en lutherie.
plus d'indication sur ce site, chapitre "débit des bois", puis "débit sur quartier" :
http://passion.bois.free.fr/le%20materiau%20bois/index_materiau_bois.htm

L'épicéa se travaille à la gouge...

A l'aide d'un diapason, Jean-Noël nous fait entendre la résonance d'une fine planche d'épicéa...La table d'harmonie du violon, constituée d'épicéa, transmettra parfaitement le son produit par l'archet sur les cordes.


L'érable ondé est un bois magnifique qui donne un effet esthétique de toute beauté au fond du violon.




Le luthier nous présente un quartier d'érable ondé..
Les "ondes " du bois d'érable rigidifient la voûte de l'instrument dans sa largeur..et donnent un très bel aspect au violon.
Il existe plusieurs teintes de bois d'érable sycomore utilisées en lutherie: surdosse,marbré, moiré, flammé,pommelé, moucheté, birdseye...


Autrefois certaines pièces du violon étaient réalisées en ébène..

Un morceau d'ébène :

Le bois d'ébène étant très cher, on le remplace souvent par le chêne des marais, un bois qui a séjourné très longtemps dans la tourbe et qui a pris une belle teinte foncée.

Les luthiers utilisent également des bois exotiques: le palissandre des Indes ou de Rio, l'acajou, le macassar, le citronnier de St Domingue, l'amarante, l'amourette; l'alerce, le bois de rose, le bois de violette, la loupe d'amboine ou la loupe de cade.
A noter que Stradivari, célèbre luthier de Crémone, (concepteur du celèbre "Stradivarius") utilisait parfois le peuplier pour faire le fond de certaines guitares et violoncelles.
Des luthiers contemporains, comme Jacques Grandchamp, créent des instruments surprenants...

La lutherie est un art très ancien, ci-dessous on peut voir le dessin de " la lira da braccio" de 1511.

Les anciens instruments ne sont pas malheureusement pas parvenus jusqu'à nous, mais on peut en voir la reproduction sur des tableaux , comme ici une vielle , dans un tableau de La Tour ...

Les instruments anciens ont été heureusement sculptés sur les chapiteaux des cathédrales, on sait à quoi ils ressemblaient, comme ici un instrument du Moyen-Age : l'organistrum.
On peut donc, après moulage de la sculpture pour avoir les proportions exactes de l'instrument, le reconstituer, c'est fabuleux !

Jean-Noël Grandchamp avait exposé des pièces de bois, des outils,l'assistance nombreuse s'y est vivement intéressée...




En rentrant chez moi , j'ai ressorti le violon de mon grand-père, que le n'avais jamais vraiment examiné, et j'y ai retrouvé la table d'harmonie en épicéa de résonance....

et le fond en érable ondé....

A l'intérieur, une étiquette indique qu'il a été réalisé par un luthier de Mirecourt (Vosges) sur le modèle d'un Stradivarius. Un bel objet sans grande valeur matérielle, mais avec une valeur sentimentale pour moi....
Cette conférence, si intéressante, m'a donc permis d'apprendre comment, et avec quoi, un violon, alto, violoncelle, contrebasse étaient créés, ce que j'ignorais complètement. Je regarderai dorénavant l' instrument de mon aïeul, avec un tout autre oeil !
Jean Noël Grandchamp crée surtout des vielles, en voici trois magnifiques..


Cette vielle est exceptionnelle car elle a deux claviers...


Etienne Rognon , pour terminer en beauté cette conférence si instructive, a fait chanter la vielle de son ami Jean-Noël, pendant que les auditeurs dégustaient le succulent pain d'épices de Michelle Garnier accompagné d'une non moins délicieuse boisson à la liqueur de cassis, élaborée par Jeanine Morizot...
Une bien belle soirée dont on se souviendra longtemps !

Et demain, n'oubliez pas :

Publié le 30 Novembre 2011



Madame Josie Amizet,la Présidente du Zonta club de Châtillon sur Seine, est ici entourée de ses fidèles "zontiennes", qui proposaient une tombola et la vente de délicieuses brioches...
Les bénéfices de ce marché de Noël seront tous utilisés pour doter les bébés châtillonnais de nourriture et de produits d'hygiène indispensables.


Ces adorables pères Noël sont l'oeuvre de Marie-Claude Amizet de Longvic..

Monsieur et Madame Guy et Marguerite Doré de Vannaire présentaient leurs tricots et leurs superbes écharpes, je n'ai pu résister...


Le Père Noël accueillait les enfants avec bonhomie et générosité !..


"Oh ptites cornes " nous proposait un éventail de délices pour les fêtes: escargots, vins, biscuits etc...uniquement des produits du terroir bourguignon.


Elisabeth était présente au stand de "coeur de chat", association qui prend en charge les chats errants et les stérilise.

On pouvait acheter de bien appétissants macarons de tous parfums..

"In vino romane" proposait des vins de qualité , vins de propriété de belle facture..

Beaucoup de jolis objets pour décorer la table et le sapin tentaient les visiteurs..

Sophie, de "Machins, Trucs, Bidules", la boutique des créateurs, exposait de ravissants bijoux et parures pour les fêtes...


Des lampes, des bougies , des photophores, du pergamano, du scrapbooking, c'est ce que proposait Isabelle Soumier de Nevers pour donner à la fête une ambiance féérique...

Le stand du Burkina Faso présentait de très beaux objets décoratifs africains et des savons de toilette confectionnés avec du beurre de karité.

De beaux tricots pour les grands et les petits...

Des bougies, des lampes et toutes décorations pour les tables de fêtes..

Un bel assortiment de vins de Chablis et de crémants , était proposé par Samuel Chervaux , les Musseaux, à Cruzy le Chatel.
Publié le 28 Novembre 2011
La 27ème campagne des restos du Coeur a commencé lundi 28 novembre à Châtillon sur Seine, dans les locaux du Centre Culturel et de Loisirs .
André Totel est le responsable des Restos du Coeur châtillonnais et Jocelyne Dumont est son adjointe.

Le travail administratif des Restos du Coeur est très important : les inscriptions , les commandes , la gestion des marchandises, tout doit être extrêmement rigoureux.

Cette année une bénévole s'occupe du secrétariat, ce qui soulage bien les responsables..

La dotation de nourriture de chaque bénéficiaire est suivie au plus près.

Lorsqu'ils sont acceptés, après avoir satisfait à des critères très sérieux (ressources, charges ) les bénéficiaires reçoivent une carte verte qui leur permettra d'avoir accès à l'aide alimentaire.

Les bébés de moins de 18 mois ont eux aussi une carte, mais elle est rose.

Tous les lundis matins, un camion de nourriture arrive du centre dijonnais des Restos du Coeur. pour être déchargé à Châtillon sur Seine..


Les bénévoles se rendent également le lundi matin à Intermarché qui leur fournit fruits et légumes, c'est ce qu'on appelle "la ramasse".


Des salles du centre Culturel et de Loisirs, accueillent les stocks de nourriture, en attente d'être distribuée.

On y trouve aussi des congélateurs...



et des réfrigérateurs pour les produits frais.

Lundi matin 28 novembre, les bénévoles ont disposé sur des tables tout ce qui sera distribué l'après-midi.



les produits frais...


Le pain offert par le Rotary...

Des produits d'entretien ...

Les produits pour les bébés, offerts par le Zonta-Club (couches, petits pots, produits de toilette..) sont entreposés dans une pièce qui jouxte une salle de jeux où les petits peuvent jouer pendant que leurs parents reçoivent l'aide que les Restos leur donnent.



Les plus démunis peuvent aussi choisir des vêtements, des chaussures...et même des livres.



Il est 14 heures, les bénévoles arrivent pour la distribution, saluons leur implication importante dans cette grande oeuvre que sont les Restos du Coeur : préparation, accueil, distribution, rangement ensuite.
Ils méritent toute mon admiration pour leur dévouement aux autres, leur gentillesse, leur convivialité : ils savent accueillir les bénéficiaires avec chaleur et respect, ce qui met ces derniers à l'aise... ce n'est en effet pas toujours facile de demander une aide dont on a pourtant grand besoin.......

Et voici la photo de groupe (cliquable) :
Pour terminer, voici la charte des bénévoles des restos du coeur, que tous doivent signer (cliquable également)
J'ajoute que je ne peux pas donner le nombre de bénéficiaires pour cette saison qui commence, il sera, hélas, sans doute beaucoup plus élevé que l'an dernier où, là, je peux donner les chiffres :
en 2010 il y avait :
-156 familles aidées
-348 personnes recevant de l'aide
2314 parts distribuées
Saluons aussi les Associations qui aident les Restos du Coeur de Châtillon sur Seine par leurs dons en produits (jamais en argent) : le Lions, le Rotary, le Zonta-Club, La Source Vive
Et saluons aussi les généreux donateurs, vous, qui êtes toujours si présents au moment des collectes que les Restos organisent devant les supermarchés de la ville.
Publié le 27 Novembre 2011

La fête des adhérents de la MJC Lucie Aubrac , dont le thème était "la petite maison dans la prairie" s'est déroulée très joyeusement dimanche 27 novembre en présence de 105 adhérents..
Chantal Contant, la présidente de la MJC a dit son plaisir de voir réunis adhérents, animateurs et membres de la Communauté de Communes pour une fête joyeuse et conviviale.

Le repas sera, nous dit-elle, entrecoupé de démonstrations de différents ateliers proposés par la MJC : aïkido, taï chi chuan, cirque, danse salsa, poterie et dessin pour les petits et même chansons..une magnifique après-midi en perspective !

Monsieur Hubert Brigand , président de la Communauté de Communes et Maire de Châtillon sur Seine, se dit très heureux de la vitalité de la MJC qui s'est finalement très bien intégrée au nouveau Centre Culturel et de Loisirs. Il assuré que la subvention de la Ville de Châtillon serait la même qu'à l'habitude malgré la conjoncture difficile, et a garanti celle de la communauté de communes qui fera des choix très rigoureux..

Monsieur Jean-Michel Antoni, Vice-Président de la Communauté de Communes et Maire de Laignes, s'est beaucoup impliqué dans la gestion des locaux: grâce à lui un superbe parquet a été posé dans la salle d'activités physiques, ce qui réjouit bien sûr les amateurs de danse folk et de salsa...

Les animateurs, comme d'ailleurs les membres du Conseil d'Administration, avaient revêtu des tenues très "petite maison dans la prairie" !

Avant le repas tous les participants partagèrent un joyeux apéritif, accompagné d'amuse-bouche confectionnés par les membres du conseil d'administration et autres bénévoles..


Le repas dans une salle très joliment décorée...

Le buffet des entrées :


Le repas comme nous l'avait annoncé Chantal Contant, fut entrecoupé d'animations...

Bruno Pignalet a fait chanter à l'assistance un air de circonstance : "Les copains d'abord" de Georges Brassens, puis nous avons enchaîné avec "En chantant" de Michel Sardou et "Santiano" d'Hugues Aufray.

Le plat de résistance :


La poterie :

Dominique Masson, qui anime l'atelier dessin et poterie pour enfants de la MJC, faisait réaliser de bien jolis animaux de glaise aux jeunes adhérents présents...

Les fromages :

L'Aïkido :

Patrick Bourquardez est l'animateur d'Aïkido, un art martial non compétitif qui utilise des techniques diverses non violentes (mains nues, sabre, respiration)

Des démonstrations très impressionnantes et toujours pleines de respect...



Le Taï Chi Chuan :

Agnès Chevalier nous a présenté le taï chi chuan, qui apporte équilibre par rapport à soi et à l'environnement,et qui permet le bien être intérieur et physique...


Les desserts :

L'atelier-cirque :

Frédérique Jacot, à travers des exercices d'équilibre et de jonglerie,nous a démontré qu'ils favorisent le développement moteur de l'enfant et mettent en valeur la spécificité de chacun...



La danse salsa :

Frédéric Maugalem nous a fait découvrir, avec ses joyeux danseurs, la salsa cubaine et sa spécialité "la Rueda de casino": plusieurs couples dansent en cercle, en changeant de partenaire au rythme des passes


Quelques expositions nous présentaient divers ateliers qui existent à la MJC Lucie Aubrac :
L'Atelier-Encadrement de Claude Joubin:

L'atelier-peinture de Ghislaine Baillade (aquarelle et peinture à l'huile) :


L'atelier-réfection de sièges de Florence Uzzanu :

Bien d'autres ateliers passionnants sont proposés par la MJC Lucie Aubrac:
Body-Combat (Marie-Ange Guiliani), Cardio-Funk (Sylvie Horta),Step (Sylvie Horta), Contes (Annick Simon), Couture (Antoinette Peltier), Eveil corporel (Keto Sakhvadz), danse-folk (Chantal Jeannette), Échecs (Jean Jaqueneau), gymnastique douce (Serge Hallé), Patchwork (Annie Cailletet), Randonnée pédestre (Bernadette Michel), Scrabble (Jean Yves Prou), Sophrologie (Ghislaine Fourgeux), Tir à l'Arc (club des Archers de la Fontaine des Ducs), yoga (Marie-Geneviève Poillotte)..
Et celui auquel je participe cette année : l'atelier Photo-Numérique (Bernard Sanial)

(Bernard Sanial a aidé les participants à réussir de belles photos !)
Il est encore temps d'adhérer à la MJC Lucie Aubrac, les activités, vous l'avez vu, sont nombreuses, variées et attrayantes..L'ambiance est super, l'animation chaleureuse, n'hésitez pas, vous ne le regretterez pas !
MJC Lucie Aubrac
11 rue Albert Camus
21400 Châtillon sur Seine
03 80 91 11 17
mjc.chatillon21@wanadoo.fr
Publié le 26 Novembre 2011
L'Association Châtillon-Scènes a lancé , en septembre 2011, un concours d'oeuvres collectives , réalisées par les enfants des écoles et des centres de loisirs de Châtillon sur Seine, intitulé "Artistes en herbe, à vos outils"
Ce concours avait pour thème "la forêt vivante" (faune, flore..), puisque l'année 2011 a été déclarée "année internationale de la forêt".
Sur les quatre écoles primaires de la ville, trois ont accepté avec enthousiasme de participer au concours. Ce sont : l'école Marmont, l'école Francis Carco et l'école Saint Bernard. L'école Cailletet n'a pas souhaité participer, c'est bien dommage.
Les deux centres de Loisirs, celui de l'Ecole Publique et celui de la MJC Lucie Aubrac ont aussi concouru avec un grand plaisir.
Le jury, composé d'artistes , de professionnels en art plastique , de l'ONF, s'est réuni le 21 novembre, salle Japiot. Il était composé de Laurence Petit, Didier Cailloux, Patricia Janeux, Vincent Marziali,Annie Méchin, et Paul Brossault .
Voici les oeuvres que les membres du jury ont eu à départager, leur choix fut très difficile, tellement toutes les réalisations étaient différentes, pleines d'inventivité et de poésie !













Que c'est difficile de choisir !!



Les résultats furent proclamés par Madame Estrat, Présidente de Châtillon-Scènes et par la Vice-Présidente, Madame Goustiaux..


L'oeuvre collective qui a remporté le premier prix est celle-ci, un arbre magnifique (CE1, Ecole Marmont):

Le second prix revient à cette forêt des quatre saisons (CP, Ecole Marmont) :

Les autres oeuvres seront toutes également récompensées, bien évidemment !
La remise des récompenses...
Avant l'arrivée des visiteurs, les membres de Châtillon-scènes avaient disposé, salle des Bénédictines, les si belles oeuvres de nos petits artistes châtillonnais...



Quelques unes des récompenses...il y en aura d'autres , plus vivantes !



Madame Estrat, Présidente de Châtillon-Scènes remercia et félicita toutes les classes des écoles Marmont, Francis Carco, Saint Bernard , les centres de Loisirs de l'Ecole Publique et de la MJC pour toutes les magnifiques créations que les enfants ont réalisées.
Châtillon-Scènes a eu deux généreux sponsors pour ce concours:
Tout d'abord les pépinières Lechapt, de Leuglay, qui ont offert généreusement des arbres et arbustes aux écoles et Centres de Loisirs participants .


Mademoiselle Lechapt s'est dit heureuse de voir que les enfants châtillonnais s'intéressent tant à la nature, à la forêt et aux arbres.
Elle a offert à chaque école et Centres de Loisirs qui ont participé au concours, un arbre qui sera planté les jours suivants, un arbre que les enfants verront grandir, s'épanouir au cours des saisons. Une notice, destinée aux enfants, sur chaque arbre ou arbuste leur fut également remise.
Quel beau souvenir de cette année de la forêt, et de ce concours !





Le second généreux sponsor de Châtillon-Scènes, c'est l'Office National des Forêts, autrement dit l'ONF. C'est Paul Brossault, son représentant, qui remit les prix à chaque école et Centre de Loisirs participants, après avoir , lui aussi, félicité les enfants pour leur intérêt envers notre si belle forêt châtillonnaise.

De très beaux livres sur la forêt et d'autres récompenses furent reçus par les institutrices , les animateurs, avec un grand plaisir...





Le Centre de Loisirs de l'Ecole Publique a reçu des jeux et un bon d'achat dans une librairie..

Le centre de Loisirs de la MJC a reçu également des jeux et un bon d'achat.

Le premier prix fut remis à l'institutrice de la classe gagnante, le CE1 de l'école Marmont..Offert par l'Association Châtillon Scènes ce fut un beau livre sur le jardinage.

Le second prix, offert également par Châtillon-Scènes , un livre intitulé "la forêt à petits pas", fut remis par monsieur Brigand, maire de Châtillon sur Seine à la classe arrivée seconde : le CP de l'école Marmont.


Mais ce n'est pas tout ! Chaque classe participante a reçu un assortiment de bulbes (amaryllis et jacinthe) et des graines accompagnées de godets, dans un joli sac vert . Les élèves pourront donc , dans leur classe, toute l'année scolaire, voir pousser et fleurir des plantes qui leur rappelleront ce concours auxquel ils ont participé avec tant d'enthousiasme ...

Voici la photo de la classe gagnante, de leur institutrice, en compagnie de Madame Estrat et de Monsieur le Maire : quelle joie d'avoir remporté le premier prix !!
Les nombreux spectateurs , parents et amis, venus voir les réalisations de tous les enfants, ont applaudi les gagnants, mais aussi tous les autres participants...

Châtillon-Scènes a tenu à remercier ses deux généreux sponsors en leur offrant un cadeau original, réalisé par monsieur Goustiaux avec beaucoup d'habileté et de finesse....



La remise des récompenses aux classes participantes fut suivie d' une distribution aux enfants (et aux adultes !) de délicieuses friandises. Puis Madame Estrat convia l'assistance à se rendre Allée des Boulangers, pour procéder à la plantation d'un arbre, un tilleul.
En effet les pépinières Lechapt,pour fêter à leur façon l'année internationale de la forêt, ont offert à Châtillon-Scènes cinq arbres, représentant les cinq continents ! Arbres plantés avec l'accord de la Mairie de Châtillon sur Seine, sur des emplacements communaux, par des employés de la Ville, merci à eux... et bien sûr un grand merci aux pépinières Lechapt pour leurs dons généreux.

La Plantation d'arbres dans la ville de Châtillon sur Seine :


L'arbre planté allée des boulangers, est donc un tilleul. Plusieurs enfants, très courageux, ont pelleté avec enthousiasme de la terre pour finir la plantation ...







Mais il restait quatre autres arbres à finir de planter : deux au parc de la Charme, et deux au Champ Quantiat. C'est la dynamique Lou Salomé qui s'est chargée de toutes les finitions, bravo à elle !
Ici , au parc de la Charme, elle termine la plantation d'un très beau sequoia...

Là, toujours au parc de la Charme, c'est un ginko Biloba que Lou Salomé finit de planter.

Au Champ Quantiat, sur le terrain qui domine le Centre Socio-Culturel et de Loisirs , c'est un acacia dont le pied a été recouvert de terre par notre infatigable jardinière...

Lou Salomé a terminé ses plantations par ce cèdre du Liban..
Tout le monde l'a applaudie pour ce très beau travail !!


Le Festival Forêt et Patrimoine n'est pas terminé...Il se poursuit avec deux événements importants :
Ce soir, salle des Conférences de la Ville de Châtillon sur Seine, aura lieu une présentation d'instruments par le luthier Jean-Noël Grandchamp :

Et dimanche 4 décembre 2011, vous pourrez danser sur les rythmes endiablés d'Akrofolk, à la salle des fêtes de Chemin d'Aisey :

Venez nombreux à ces deux manifestations qui terminent en beauté "l'année internationale de la forêt", vue par Châtillon-Scènes !
Publié le 23 Novembre 2011

Monsieur Jean-Louis Bruley fut professeur de génie mécanique au lycée Nicéphore Niépce de Chalon sur Saône. Passionné par la vie des frères Niépce , leurs inventions, leur vie qui ressembla à un roman tragique, il nous a fait partager ses grandes connaissances dans une conférence passionnante proposée par l'Association Culturelle Châtillonnaise.


La famille des frères Niépce, Joseph (qui se fera appeler plus tard Nicéphore) et Claude, est aisée .Leur père est un haut fonctionnaire conseiller du Roi
Quand éclate la Révolution, en 1792,les deux frères s'engagent dans l'armée révolutionnaire , plus précisément dans la Marine. Mais très vite les deux marins s'ennuient et se font réformer.

Nicéphore s'établit alors à Nice, où vient le rejoindre son frère aîné, Claude. Il épouse la fille de sa logeuse. De cette union naît, l'année suivante, un fils, Isidore . En 1801, tous regagnent la propriété des Niépce, à Saint-Loup-de Varennes, près de Chalon-sur-Saône.


Leur court passage dans la Marine, où ils trouvaient que les bateaux à voiles n'allaient pas assez vite, avait donné aux deux frères l'idée d'inventer un moteur. Ce moteur ils l'imaginèrent à "explosion" et le nommèrent le pyréolophore.

Les deux frères obtiennent, en 1807, un brevet valable dix ans : le principe de ce moteur est fondé sur la dilatation de l'air consécutive à l'inflammation brutale d'un combustible .
La poudre qui s'enflamme et qui fait augmenter la pression de l'air était au début de la poudre de lycopode. Elle fut remplacée ensuite par un mélange de charbon et de résine



Jean-Louis Bruley nous projeta un dessin animé où l'on voyait s'animer le pyréolophore, c'était très impressionnant.

Voilà le moteur reconstitué qui se trouve au musée Niépce de Saint Loup de Varennes:

Jean-Louis Bruley et ses élèves ont monté ce moteur sur un bateau..

Et l'ont fait naviguer sur la Saône, un petit film nous a montré l'avancée saccadée, mais bien réelle du canot sur la rivière..

Hélas, les frères Niépce ne parviendront pas à obtenir d'appuis financiers pour exploiter leur invention.
Ils vendront leurs propriétés les unes après les autres, feront des emprunts colossaux, seront presque dans la misère, et pourtant ils crurent toujours à leurs inventions.
À l'approche de l'expiration du brevet, Claude Niépce partit Angleterre en 1817, pour essayer de le vendre aux anglais. Mais le lobby de la machine à vapeur était trop puissant, il n'y arriva pas et ne donna plus de nouvelles pendant dix ans !
Inquiet, Nicéphore ira à sa recherche, il retrouvera son frère, mais ce dernier sera devenu fou .
En l'absence de son frère Claude, Nicéphore entreprit seul, en 1816, de nouvelles recherches sur un sujet qui le passionnait depuis longtemps : la fixation des images. On connaissait depuis longtemps la chambre obscure., ou chambre noire .Léonard de Vinci en expiquait l'usage ainsi :
« En laissant les images des objets éclairés pénétrer par un petit trou dans une chambre très obscure tu intercepteras alors ces images sur une feuille blanche placée dans cette chambre, mais ils seront plus petits et renversés. »

L'idée de Nicéphore était de fixer les images qui apparaissaient au fond de la chambre noire.


En 1816 il chargea une chambre noire avec un papier enduit de chlorure d'argent.
Il obtint le négatif d'une vue prise depuis une fenêtre, mais il ne put malheureusement pas fixer l'image qui noircit complètement à la lumière.
En 1822, il utilisa le bitume de Judée : cette substance noire à l'origine, blanchit et devient insoluble là où la lumière l'a impressionnée.

Niépce enduisit une plaque de cuivre de bitume de Judée, la mit au fond de sa chambre noire qu'il exposa huit heures à la lumière. Il retira la plaque de cuivre et la plongea dans de l'essence de lavande. Ce liquide avait pour propriété de dissoudre les parties de bitume de Judée que n'avaient pas atteintes les rayons solaires... et l'image se conserva sans se détériorer à la lumière.

Niépce obtint alors une image en relief. Ce procédé que Nicéphore Niépce appellera "héliographie" constituera la première photographie : une vue prise d'une fenêtre du grenier de sa maison de Saint-Loup-de-Varennes en 1826, qu'on appellera "la vue du Gras"

Cette "vue du Gras" fut redécouverte en 1952, elle fit sensation dans un article de Paris-Match...

"La table servie" retrouvée en Russie est une autre héliographie de Nicéphore, il n'y a que ces deux exemplaires de ce procédé au monde.

La table a été joliment reconstituée ici:

Voici une des chambres noires qu'utilisait Nicéphore Niépce, elle est exposée au Musée Nicéphore Niépce de Chalon sur Saône.

Niépce rencontra plus tard Daguerre, un peintre décorateur qui utilisait la chambre noire pour faire les croquis de ses dioramas . Tous les deux s'associèrent en 1829 pour créer des réalisations « héliographiques ».

Malheureusement Nicéphore Niépce mourut subitement quatre ans plus tard, très endetté et c'est Daguerre qui réussira à développer , puis à fixer les images photographiques, qu'il appellera des "daguerréotypes" .
Il en en retirera de son vivant une grande célébrité .Le fils de Niépce, Isidore, qui avait accepté les dettes colossales de son père, accusera d'ailleurs Daguerre de plagiat .
Dans d'autres domaines, l'inventivité des frères Niépce était incroyable ..
Mais malheureusement les brevets de leurs inventions extraordinaires ne purent jamais être vendus...
Quelques exemples :
-Claude et Nicéphore inventèrent en 1807 un projet de pompe hydraulique destinée à remplacer la machine de Marly, qui assurait l'alimentation en eau du château de Marly et du château de Versailles, mais leur projet fut refusé.
-A partir de 1811, alors que Napoléon avait instauré le Blocus continental , les deux frères développèrent la culture du pastel, dont on tirait un colorant susceptible de remplacer l'indigo, hélas ils n'avaient pas utilisé la bonne variété de cette plante.

-Nicéphore essaya aussi à développer la culture de l'asclépias , dont les fibres textiles pouvaient donner un tissu soyeux qui aurait pu remplacer le coton.. en vain.
-Il réussit à extraire une fécule alimentaire à partir d'une variété de courge, le giraumon .

-En 1818, enfin, il mit au point une draisienne à siège réglable et pourvue d'un...guidon, le premier au monde !

De toutes les inventions des frères Niépce, on mesure maintenant la pertinence. On dit même que Wernher Von Braun se serait inspiré du pyréolophore, en exhumant son brevet, pour inventer le réacteur !!
Les frères Niépce furent deux inventeurs extraordinaires qui jouèrent de malchance toute leur vie, ils furent, de plus, méconnus très longtemps... Cependant le rôle de Nicéphore Niépce dans l'invention de la photographie est pleinement reconnu aujourd'hui.
Et grâce à une bande de passionnés, dont fait partie Jean-Louis Bruley, le musée Niépce attire de plus en plus de visiteurs.
L'agence Gamma ayant l'exclusivité des photos des matériels utilisés par Nicéphore Niépce, je ne peux donc vous en montrer , mais vous pourrez les voir sur le site de la Maison Niépce :
(Des commentaires sur le thème de l'article seraient les bienvenus, ils me montreraient que ce blog vous intéresse et ils me donneraient envie de continuer à l'alimenter .
Merci.)



