Publié le 20 Novembre 2012

Nicole Prévost a assisté à

La 20ème édition du meeting de ROANNE

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Le vol synchronisé des cerfs volants au-dessus des alphajets :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LES PLANEURS :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LE BREGUET XIV

 Ce biplan fut utilisé pendant la seconde guerre mondiale :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LA PATROUILLE BREITLING WINGWALKERS,

Elles volent sur l'aile supérieure du biplan elles exécutent de très belles figures esthétiques un réel moment artistique et éblouissant.

 Un grand bravo mesdemoiselles !

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LA PATROUILLE TRANCHANT

 Elle est composée de 4 FOUGAS MAGISTER

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

La PATROUILLE CAPTENS :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

CHRISTIAN MOULLEC et ses oies naines...Il vole depuis 1995 avec les oies naines qu'il élève. Une bien belle et magnifique idée...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LE HAWKER HUNSTER

 C'est un avion de chasse Britannique

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

LE RAFALE

Démonstration dynamique du capitaine BROCARD

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Avant et après chaque vol les mécaniciens vérifient minutieusement les alphajets.

Les pilotes ont une très grande confiance envers leurs mécaniciens .

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Prêts pour le décollage pour 20 minutes de représentation :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Magnifique démonstration de la Patrouille de France :

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

Fin d'un très beau meeting un grand merci à tous...

Nicole Prévost au meeting de Roanne...

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 19 Novembre 2012

 Au Sud-Est du village de Duesme, existait, au XIIème et XIIIème siècles, sur un éperon rocheux, une magnifique forteresse appartenant aux seigneurs de Duesme, puis plus tard aux ducs de Bourgogne.

De ce château fortifié il ne reste que quelques pans de murs.

Une église était présente dans l'enceinte du château, mais elle fut transférée et rebâtie dans le village de Duesme en 1686, comme en témoigne une pierre gravée.

L'église de Duesme

L'église de Duesme

L'église de Duesme

L'église de Duesme

L'église de Duesme est sous le vocable de saint Philippe et de saint Jacques .

Le jour de ma visite dans cette église, qui était autrefois sous le vocable de saint Etienne, maintenant sous le patronage de Saint Philippe et Saint Jacques, se tenait une exposition de kakémonos japonais...ce qui fait que je n'ai pu photographier la nef prolongée par le chœur, dans son entier.

L'église de Duesme

L'église de Duesme a été très joliment restaurée dans des tons roses, qui mettent en valeur les statues de bois peint et les décorations ouvragées originales des murs, statues et décors des XVIIème et XVIIIème siècles.

L'église de Duesme

L'église de Duesme

Au dessus de l'autel, on voit un Christ montrant son cœur....

L'église de Duesme

Saint Jacques :

L'église de Duesme

Ce Christ date de 1785 :

L'église de Duesme

L'église de Duesme

L'église de Duesme

Cette statue représentant un  évêque date  du quatrième quart du XVIIème siècle.

L'église de Duesme

Le bâton de procession de saint Jacques :

L'église de Duesme

Ce tableau, situé au dessus de la porte d'entrée, inclut un autre bâton de procession. On dit qu'autrefois il abritait une statue de la Vierge.

L'église de Duesme

L'église de Duesme

                   

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 17 Novembre 2012

 De la ceinture de forts autour d'Epinal, il ne reste que deux exemplaires en bon état , celui d'Uxegney que je vous ai présenté il y a peu, et celui dont je vais vous montrer quelques photos aujourd'hui : le fort de Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le fort de Bois l'Abbé est distant d'un kilomètre de celui d'Uxegney. Il fut construit en 1884-1885, il est dit fort à "crête unique", et a la forme d'un trapèze.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le 14 juillet 2011, lorsque nous nous sommes rendus à Bois l'Abbé, une jolie surprise nous attendait : des bénévoles en costumes de soldats et d' infirmières de la guerre 1984-1918 étaient présents dans la cour intérieure du fort !

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le guide nous a déjà conduits sur la partie supérieure du fort, nous avons eu ainsi une vue sur les "traverses-abris" recouvertes de terre qui se trouvent au sommet. Ces traverses servaient d'abri pour les pièces d'artillerie, le matériel et les munitions.

Le fort possédait 4 canons de 120mm et 2 canons de 90mm.

 

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le fort est construit en grès bigarré, il n'a jamais été modernisé comme ce fut le cas à Uxegney.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le fort possédait des puits d'aération qui servaient à l'éclairage et à la ventilation.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

En temps de siège  les puits étaient en partie comblés et on s'éclairait avec des quinquets où brûlait de l'huile de colza. Dans les chambrées on utilisait des bougies.

Aujourd'hui la visite se fait à la lueur de lampes à pétrole.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Voici une chambrée, le lit est un lit à quatre places modèle 1876.

En bas du lit on voit une table pour le repas, en effet il n'y avait pas de réfectoire dans le fort de Bois l'Abbé.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Le fournil est immense. Les fours sont du système Lamoureux dits aérothermes, à foyers indépendants. On y cuisait 300 rations d'un coup, des boules de pain de 1,5kg chacune, pour deux personnes.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Quelquefois , pour des occasions spéciales, les fours sont remis en route ...

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Dans la cuisine de troupe , un gros fourneau en fonte permettait la confection des repas pour la garnison.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

L'inévitable et indispensable tinette est toujours debout....

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Ici, on voit le magasin à poudre, où on stockait 30 tonnes de poudre noire. Les consignes de sécurité y étaient très strictes, la moindre étincelle pouvant faire sauter le stock et le fort avec... Le magasin avait une voûte très épaisse et était recouvert de 5 mètres de terre.

Les quinquets qui l'éclairaient étaient protégés par du verre très épais

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Différents magasins et ateliers  se trouvaient tout près, l'un des ateliers était  destiné aux "gargousses", c'est à dire aux charges explosives.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Tout autour du fort on trouvait un fossé de 6m de profondeur et de 11m de largeur.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

Ce fort fut utilisé de 1940 à 1944, par l'occupant, pour y stocker des munitions, il ne connut donc pas la destruction de tous les autres forts de la ceinture d'Epinal qui furent tous ferraillés (sauf Uxegney).

Longtemps à l'abandon, il fut sauvé par l'Association qui a restauré également le fort d'Uxegney.

http://fort-uxegney.pagesperso-orange.fr/BLplan.html

Si vous vous rendez dans le département des Vosges, n'hésitez pas à visiter les forts d'Uxegney et de Bois l'Abbé, souvenirs historiques passionnants de notre histoire.

Un autre fort de la ceinture d'Epinal : Bois l'Abbé

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 17 Novembre 2012

L'automne châtillonnais a été beau cette année, les animaux ont profité de cette douce période.....

Jean-Pierre Gurga en a fait de magnifiques photos, cliquables pour mieux en apprécier la beauté...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

"Arrière-Saison" dans le Châtillonnais, de très belles photos de Jean-Pierre Gurga...

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                    

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 15 Novembre 2012

 Au lendemain de la défaite traumatisante de 1870-1871 , la place d'Épinal, important nœud de communications routières et ferroviaires, est choisie, avec Belfort, Toul et Verdun  pour constituer la "première ligne" du système de défense mis au point par Seré de Rivières.
La première ligne de défense, dans l’Est de la France à proximité de la frontière, est formée par plusieurs rideaux d’ouvrages.


Le principe du camp retranché est la concentration de l’artillerie dans les forts permanents construits autour de la ville. La distance par rapport à la ville correspond à la portée des canons et la distance entre les forts permet une défense mutuelle.

Le camp retranché d'Épinal comprenait vers la fin du XIXe siècle les forts Séré de Rivières construits ente 1874 et 1886, et de nombreuses batteries.

Aujourd’hui, la plupart de ces différents sites de cet ensemble ont perdu leur usage militaire : ils sont pour la plupart à l'abandon.

Sauf deux forts qu'une association essaie de remettre en valeur, avec un grand succès : le fort d'Uxegney et le fort de Bois-l'Abbé que nous avons visités le 14 juillet  2011.

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Le Fort d'Uxegney est l'un des seize forts de la place d'Epinal.
Exemple type d'un fort Séré de Rivières modernisé en plusieurs étapes (béton spécial, béton armé et cuirassements), il a passé sans dommage les deux guerres de 1914-1918 et 1939-1945, et mérite amplement d'être restauré et conservé comme élément du patrimoine.

Voici quelques images de ce fort que je vous encourage à visiter..

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Le fort a le plan d'un pentagone délimité par un fossé.

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

La construction d'origine fut édifiée en deux ans seulement (1882 - mars 1884). Elle comprenait des casernements, magasins à vivres et à munitions et abris. Ces locaux en pierre de taille étaient d'abord bâtis à ciel ouvert, puis recouverts de la terre provenant du creusement du fossé et de la mise à niveau du terrain naturel.

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

A partir de 1910  le fort fut transformé complètement. Il fut doté de quatre tourelles à éclipse :

-Une tourelle à un canon de 155 mm raccourci, tourelle à éclipse Galopin, le mécanisme pèse 250 tonnes :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

-Une tourelle à 2 canons de 75 mm raccourci:

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Mise en place des obus :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Le logement des obus :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Le fort possédait aussi  2 tourelles de mitrailleuses.

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Dans deux casemates «de Bourges» on trouvait 2 canons de 75  :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

  Au dessus du fort existaient 3 observatoires cuirassés et des cloches de guet blindées :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Une petite centrale électrique pour l'éclairage fut mise en place, elle  comprenait trois moteurs à pétrole (110 volts, 25 chevaux).

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Une chambrée :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

L'infirmerie :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

La cuisine :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Les cheminées d'aération de la cuisine :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Les tinettes :

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Une voie ferrée reliait le fort aux forts voisins...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

Entre les deux guerres le fort était régulièrement entretenu. Les Allemands le rendirent à peu près intact en 1944 alors qu'ils avaient ferraillé les autres forts de la place d'Épinal. Utilisé comme dépôt de munitions dans les années 1960, il fut ensuite abandonné.

Depuis octobre 1989, une association de bénévoles, l'ARFUPE (Association pour la restauration du Fort d'Uxegney et de la Place d'Épinal), restaure et entretient ce site ainsi que le  fort de Bois l'Abbé que je vous montrerai dans un prochain article.

Le fort se visite de mai à septembre. Le fort fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 29 avril 2002 .

Uxegney, un fort de la ceinture d'Epinal...

A consulter :

http://fort-uxegney.pagesperso-orange.fr/index.html

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 15 Novembre 2012

Démontration de sauvetage en mer à KERLOUAN  EN BRETAGNE

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

L'ALOUETTE 3  de la Marine:

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Magnifique démonstration de sauvetage en mer

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Un grand merci à tous les sauveteurs

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

Sauvetage en mer..des photos de Nicole Prévost.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 René Drappier s'est rendu à la cérémonie du 11 novembre à Châtillon sur Seine, il m'envoie ses photos et son compte-rendu

Merci à lui !

UN 11 NOVEMBRE CHÄTILLONNAIS DE HAUTE TENUE

 Voici en quelques photos la cérémonie du 11 Novembre à Châtillon-sur-Seine, ville qui durant ces deux grands conflits, a souffert et sacrifié beaucoup de ses enfants pour que nous puissions vivre dans la Paix de l'heure actuelle.

C'est devant le Monument Joffre que la population s'est rendue en grand nombre : Musique, Porte Drapeaux, Pompiers, sans oublier les jeunes Sapeurs Pompiers et une classe de l'école Saint Bernard ainsi que les diverses associations de la ville.Monsieur François Gaillard rappela la Grande Guerre. 

 

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Après le dépôt de gerbe, la population s'est rendue au Monument aux Morts  du jardin de la Mairie.

 

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

M. Gaillard et un jeune sapeur pompier nous ont rappelé ces tristes années.

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

La Marseillaise a été chantée par une classe de Saint Bernard, à chaque fois c’est toujours un moment émouvant.

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Ensuite ce fut la remise de médaille  à Monsieur Charles Laurenceau qui a été honoré à titre militaire par Monsieur Saget.

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Au cours du vin d'honneur Monsieur Saget retraça les faits de guerre de Monsieur Laurenceau Il fut félicité par Monsieur Hubert Brigand au nom de toute la population qui a répondu par des applaudissement nourris et chaleureux. Nous vous saluons bien bas Monsieur Laurenceau. Il faut dire que vous n'aviez que 16 ans quand vous êtes  entré en résistance. Quel courage.

Le 11 novembre 2012 à Châtillon sur Seine

Une seule ombre durant ces cérémonies : alors que nos chers jeunes enfants chantaient la Marseillaise  devant Monsieur Laurenceau ce héros châtilonnais, un M. est apparu coiffé de sa casquette.

Un grand nombre d'entre nous n'ont pas apprécié

Un Ancien D'AFN

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 11 Novembre 2012

 J'avais été, lors de la conférence de Monsieur Martel sur la nation indienne O-Gah-Pah, très intéressée par l'histoire de la Louisiane et des relations qui se nouèrent, au XVIIIème siècle, entre Indiens et Français.

 http://www.christaldesaintmarc.com/o-gah-pah-une-histoire-franco-indienne-conference-de-l-association-cul-a57422241

Durant cette conférence de l'ACC, monsieur Martel avait cité un nom, celui du Capitaine Bossu, originaire de Baigneux les Juifs. Ce capitaine châtillonnais avait passé une douzaine d' années en Louisiane.

J'ai donc demandé à Michel Diey, si les Amis du Châtillonnais n'avaient pas des documents sur ce Châtillonnais bien méconnu . Michel m'a alors prêté le livre du capitaine Bossu. Ce livre, intitulé "Nouveaux voyages aux Indes Occidentales", est une pure merveille ! Il contient les nombreuses lettres que Jean-Bernard Bossu écrivit, depuis la "Louisianne" (ancienne orthographe de Louisiane), à ses supérieurs restés en France. Il  leur décrivit la vie des Indiens Arkansas, nommés aussi Quapaws, avec force détails passionnants et même émouvants.

Je me suis servie également, pour rédiger cette biographie, du livre de Philippe Jacquin , intitulé "Quand la France colonisait la Louisiane"

Bossu exécuta par ordre du gouvernement français trois voyages dans ces pays. Une première fois en 1750-1757, en Louisiane où il séjourna chez les Indiens Illinois et Arkansas, puis à la Nouvelle-Orléans. Pour son deuxième voyage en 1757-1763, Bossu fut affecté à une mission au fort Alabama. Il consigna ses deux voyages dans un ouvrage portant le titre de " Nouveaux voyages aux Indes occidentales ", qui fut publié à Paris en 1768. Pour son troisième et dernier voyage en mars 1770, rédigé sous forme épistolaire haut en couleurs, il séjourna de nouveau à la Nouvelle-Orléans et chez les Indiens Arkanças.

Jean-Bernard Bossu

Voici le portrait de Jean Bernard Bossu (un document de la collection d'Etienne Laviron)

Jean Bernard Bossu naquit à Baigneux les Juifs le 29 septembre 1720.

Il s'engagea dans le régiment de la Dauphine, puis se distingua au siège de Château-Queyras en 1744 Il obtint alors le titre de Lieutenant.

Plus tard, devenu Capitaine d'une compagnie Franche des troupes de la Marine Royale, il embarqua à la Rochelle le 26 décembre 1750, il avait 30 ans, et était très curieux de connaître le "Pays des Sioux".

Le bateau entra dans le golfe du Mexique, et Jean-Bernard débarqua à la Nouvelle Orléans, qui était alors la jeune capitale des  colonies françaises d'Amérique, avec une centaine de soldats des troupes de Marine et  "quelques filles enrôlées pour venir peupler ces climats"

Reprenons rapidement l'histoire de la Louisiane, histoire que nous avait si bien contée Monsieur Martel.

Un demi-siècle s'est écoulé depuis la descente du Mississipi  par Cavelier de la Salle  et ses "coureurs des bois"

Voici le trajet emprunté par Cavelier de la Salle depuis le Canada :

La rencontre avec les Indiens fut fructueuse.

Et peu à peu les français s'installèrent sur le territoire , colorié en bleu sur cette carte , le territoire de la Louisiane, baptisé ainsi en hommage à Louis XIV :

Jean-Bernard Bossu, lui, ne descendit pas le Mississipi comme les premiers explorateurs dirigés par Cavelier de  La Salle, mais il le remonta, "en refoulant le courant à la rame, avec des soldats et des rameurs indiens."

On s'approcha alors de la rivière Arkansas :

Jean-Bernard s'émerveilla alors en voyant des troupeaux de bisons, des multitudes d'oiseaux : cygnes, grues, oies, outardes et canards...

(Je transcris, ci-après, en bleu, quelques passages du livre de Jean-Bernard Bossu en en conservant l'orthographe originelle)

Le pays des Arkanças est un des plus beaux du monde : les terres y sont si fertiles qu’elles produisent presque sans culture, du froment d’Europe, toutes sortes de légumes et de bons fruits inconnus en France. Le gibier de toute espèce y abonde comme bœufs sauvages, cerfs, chevreuils, ours, tigres, léopards, renards, chats sauvages, lapins, poulets, dindes gélinottes, faisans, perdrix, cailles tourterelles, pigeons ramiers, cygnes, oyes, pluviers dorés,, bécasses, grives, étourneaux et autres volatiles qu’on ne voit pas dans notre Europe

Jean-Bernard Bossu

Des crocodiles peuplaient les fleuves, et lors d'un "cabanage"  (plantage de tente) il lui arriva une drôle d'aventure, écoutons-le :

J’avois choisi sur le bord de la rivière, un endroit bien propre pour cabaner. J’y étendis ma peau d’ours et je m’enveloppai dans ma tente en me couvrant le visage a cause du serein qui est dangereux en cette saison. Ce petit raffinement de délicatesse pensa me coûter cher, comme vous allez voir. J’avois eu soin de mettre à mes pied mon poisson dans la crainte qu’on me le volât, mais il arriva pis. j’avais déjà dormi une heure d’un sommeil profond..quand  tout à coup je me sentis entraîné par une force extraordinaire, je croyois que c’était le Diable qui m’entraînoit, je criai au secours, on crut que je rêvois et que j’étois un visionnaire..mais quelle fut ma surprise lorsque je fus éveillé ! j’aperçus un crocodile de plus de vingt pieds de long, il étoit sorti de la rivière pendant le calme de la nuit, attiré par l’appât de ma barbue..Comme ces animaux sont extrêmement voraces, celui-là se jeta avec avidité sur mon poisson et en emportant sa proie dans la rivière il m’entraînoit par un coin de la tente dans laquelle j’étois enveloppé. Mais j’eus le temps de me débarrasser au bord du précipice et j’en fus quitte pour la peur. Je sauvoi seulement la peau d’ours qui ne me quitte plus.

L'expédition partit le 17 août 1751, mais les eaux s'étant prises en glace au début de l'hiver,  elle n'arriva qu'en janvier 1752 au fort de Chartres où la vie était paisible. Le rôle des forts (comme celui d'Alabama où il se rendit plus tard) était de maintenir une présence française aux confins de la civilisation.

(ce fort, fut dénommé fort de Chartres en l'honneur du Duc de Chartres, il avait été achevé fin 1720)

Jean-Bernard Bossu, un châtillonnais qui séjourna en Louisiane

Les officiers entretenaient , pour éviter les conflits , des rapports étroits avec les Indiens,. Les trappeurs , coureurs des bois,  pratiquaient souvent le "mariage à l'indienne" (ce qui explique nous disait monsieur Martel, qu'encore aujourd'hui des indiens d'O-Gah-Pah portent des noms français)

Jean Bernard nous décrit ainsi ces Indiens :

Les Arkanças habitent sur le bord d’une rivière qui porte leur nom. Ces Sauvages sont grands et bien faits, braves, bons nageurs, très adroits à la chasse, à la pêche et fort dévoués aux François : ils en ont donné des marques à plusieurs occasions.

Les Quapaws l'adoptèrent et pour le prouver, le soumirent à une cérémonie très spéciale, écoutons-le donc narrer cette singulière aventure :

Les Arkanças viennent de m’adopter, ils m’ont reconnu pour guerrier et pour chef, et m’en ont donné la marque : c’est un chevreuil qu’ils ont imprimé sur ma cuisse . Je me suis prêté de bonne grâce à cette opération douloureuse. Voici comment cela s’est passé : on m’a fait asseoir sur une peau de tigre, un Sauvage a brûlé de la paille dont il a délayé la cendre dans de l’eau ; il s’est servi de cette composition très simple pour dessiner le chevreuil . Il a ensuite suivi le dessin avec de grosses aiguilles en piquant jusqu’au vif pour faire sortir du sang . Ce sang, mêlé à la cendre de la paille, forme une empreinte qui ne s’effacera jamais. J’ai fumé le calumet après cela, on a étendu des peaux blanches sur lesquelles j’ai marché : ils ont dansé devant moi en poussant des cris de joie, ils m’ont dit ensuite que je pouvais aller chez tous les Peuples, qui étoient leurs alliés, présenter le calumet et montrer ma marque, je serois très bien reçu partout que j’étois leur frère et que si quelqu’un me tuoit, ils le tueroient ; je suis présentement noble Arkansas.

Jean-Bernard Bossu  connut, à la suite de ce "tatouage", de vives douleurs,  il  eut de la fièvre pendant plus de 8 jours, mais il surmonta cette souffrance stoïquement pour montrer à ses amis Quapaws qu'il était digne d'être des leurs.

Jean-Bernard, dans les lettres qu'il adressa à ses supérieurs, nous décrit les moeurs guerrières des Indiens :

L’équipement des guerriers se compose d'une peau d'ours, dont ils se servent comme un lit, une peau de bison, qui sert de couverture, une peau de chat, dans lequel ils conservent leur pipe, et une petite hache, qui est utile pour la construction d'abris dans les bois.

Leurs armes et de munitions se composent d'un fusil, une corne de buffle pour la poudre ... et un petit dans sachet de peau où sont leurs balles, des pierres à fusil, et un tirebourre. En outre, ils portent un arc et un carquois de flèches dont ils se servent pour la chasse. Ils n'utilisent jamais leurs fusils  lorsqu’ils sont en expédition de guerre, parce que le bruit pourrait alerter l'ennemi.

Il convient de mentionner que lorsque ils se préparent à aller sur le sentier de la guerre, ils se peignent  le corps et le visage. Avec leurs corps rouges et leurs cris insensés, ils ressemblent à une troupe de démons venus tout droit de l'enfer. Ils sont gentils avec leurs amis, mais très cruels envers leurs ennemis.

Les Quapaws Arkansas ont de très bons médecins, en témoigne l'incident que Jean-Bernard relate ici :

 A mon voyage de Tombekbé, un siffleur caché sous des feuilles, mordit un soldat de mon détachement qui lui avoit marché sur la queue. Il avoit les pieds nus et le serpent étoit si en colère que lui ayant attrapé le gros orteil, il ne vouloit pas lâcher prise. J’étois fort embarrassé et très fâché de voir ce malheureux soldat exposé à périr. J’eus recours à un Médecin Sauvage qui passait par hasard dans l’endroit où nous étions. Il tira d’un petit sachet une poudre qu’il souffla avec un chalumeau sur la tête du siffleur qui mourut dans l’instant. Il mit sur la morsure une autre poudre qui empêcha le venin de faire son effet, il en fit boire dans de l’eau au malade qui ne fut nullement incommodé depuis.

Ne s'entendant pas avec le gouverneur de la Nouvelle Orléans, Bossu  demanda son retour en France. Calomnié par le gouverneur et ses associés, il fut embastillé ! mais le Roi s'étant rendu compte de l'injustice, le fit libérer. Il demanda l'envoi de ses effets restés en Louisiane, mais voyant que rien ne lui était envoyé, il repartit en 1770 et retrouva avec joie ses amis Arkansas qui lui firent une réception brillante et des fêtes enthousiastes.

A regret de quitter ses amis Indiens, il rentra en France en août 1771.

Il se fixa tout d'abord à Aisey le Duc (actuellement Aisey sur Seine), au sein de sa famille.

Il résida ensuite à Auxerre, et c'est en se rendant à Aisey qu'il mourut subitement en passant à Montbard, le 4 mai 1792.

Il fut inhumé près de Buffon, avec les honneurs militaires.

Son épitaphe précise :

Jean-Bernard Bossu  fut chevalier de l'Ordre Royal Militaire de Saint Louis et ancien capitaine d'une compagnie Franche de la Louisiane où il passa en 1750, après avoir servi Lieutenant dans le Régiment de la Dauphine, compagnie du Comte de Schonberg.

Ne méritait-il pas ce petit hommage, ce châtillonnais, dont le souvenir s'est envolé ? Quand on pense qu'il n'y a même pas une rue à son nom à Baigneux les Juifs... c'est bien injuste.

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 9 Novembre 2012

 L'association Zen et Zoo présentait  vendredi 9 novembre, ses adorables animaux au magasin Gamm Vert de Châtillon sur Seine.

Ces animaux appartiennent à Marilyne Lavey. Elle les utilise pour faire des animations dans les maisons de retraite et dans les centres de loisirs éducatifs.

Mis au contact de ces si gentilles petites bêtes, nos anciens retrouvent souvent une parole qu'ils avaient perdue, certains, nous dit Marilyne, sortent en effet de leur autisme  !

Quant aux enfants, ils sont enthousiasmés par la vue et le toucher des lapins, cochons d'inde et hamsters... ...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Voici un lapin si poilu qu'on ne voit même pas ses yeux !

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Marilyne a aussi un adorable chien qui adore les caresses...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Que c'est agréable de caresser ce joli hamster...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Pour les nombreux enfants qui se pressaient autour de la table, Marilyne a proposé un jeu: le gagnant aurait le droit de prendre le hamster et de le nourrir

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Le gagnant sera celui qui aura la même couleur que celle de la sortie du labyrinthe par le hamster...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Le gagnant aura droit à une photo avec le petit animal...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Et d'autres aussi se feront photographier avec le cochon d'Inde...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

et le lapin...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Une animation par l'association Aninomade au magasin Gamm Vert...

Les animaux de l'association Aninomade ont ravi les enfants (et les adultes !) au magasin Gamm Vert...

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 8 Novembre 2012

 Les bénévoles continuent de réaliser les décorations qui orneront la ville de Châtillon sur Seine les deux jours de la Saint Vincent Tournante des Crémants.

Je me suis rendue à la Mairie de Massingy, où des dames finissent de confectionner des raisins . Les grappes sont déjà faites:

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

mais il leur manque des feuilles..

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Un véritable travail à la chaîne s'est mis en place !

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

On colle du papier crêpon vert de chaque côté d'un support...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Avec un gabarit on dessine le tour des feuilles...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

puis on découpe..

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Sur chaque feuille on dessine, au feutre, des nervures...

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Il suffit ensuite de traverser les feuilles d'un fin fil de métal, ce fil permettra de les attacher aux grappes déjà confectionnées

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Ces cartons empilés au fond de la pièce, sont remplis de fleurs de toutes couleurs. Elles seront à la disposition des personnes qui voudront décorer leurs maisons...et elles seront nombreuses !

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

D'autres fleurs ont été confectionnées: des glycines par exemple :

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

La mairie de Massingy est une vraie ruche tous les jeudis après-midis, quelle sera belle notre ville avec toutes ces décorations colorées !

Un "secret" m'a été révélé ...Le jardin de la Mairie sera transformé, le week-end des 26 et 27 janvier 2013, en une immense...VIGNE !

En effet les ceps morts arrachés cet hiver par les viticulteurs, seront plantés dans le jardin, et sur ces ceps prendront place tous les raisins confectionnés dans les divers ateliers.

Ce sera féérique !! A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

Je suis partie sur la pointe des pieds, laissant ces dames travailler tout à fait bénévolement et avec ardeur, au futur fleurissement de notre ville, et pour cela, on peut leur tirer un grand coup de chapeau, A la Mairie de Massingy on confectionne des raisins en papier crêpon pour la Saint Vincent Tournante de janvier 2013

(Des commentaires sur le thème de l'article seront les bienvenus, ils me montreront que ce blog vous intéresse et ils me donneront envie de continuer à  l'alimenter .

Merci.)                                      

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0