Publié le 16 Mai 2021

A l'entrée du cimetière de Poinçon les Larrey, côté Poinçon, on voit, scellées dans le mur, deux dalles mortuaires :

Edme Gérard, capitaine dans la Grande Armée de Napoléon 1er, repose dans le cimetière de Poinçon les Larrey...

Il s'agit des deux parties de la pierre tombale du Capitaine  du 64ème régiment de ligne, Edme Gérard, né le 15 janvier 1764 à Poinçon les Larrey, fils d'Edme, propriétaire et d'Anne Brocard.

Edme Gérard, capitaine dans la Grande Armée de Napoléon 1er, repose dans le cimetière de Poinçon les Larrey...

Alain Pigeard, dans son magnifique ouvrage ""Dictionnaire des Officiers de Napoléon 1er de Côte d'Or" nous donne la biographie de ce soldat d'exception, qui méritait amplement la Légion d'Honneur qui figure sculptée sur la seconde pierre tombale,.

Et sous la légion d'Honneur, deux épées croisées :

Edme Gérard, capitaine dans la Grande Armée de Napoléon 1er, repose dans le cimetière de Poinçon les Larrey...

Edme Gérard s'engagea le 14 juillet 1791 dans le 2ème bataillon des Volontaires de la Côte d'Or.

Il servit comme fourrier dans une compagnie franche qui devint la 4ème Compagnie du 5ème bataillon des Volontaires de la Côte d'Or.

Il participa à de très nombreuses campagnes :

-De 1792 à 1793 dans l'armée de Moselle et du Nord

-Dans  l'armée des Côtes de l'Océan de l'an II à l'an IV

-En Italie et à l'armée de l'Ouest de l'an V à l'an VII

--En Vendée , à Loué, il enleva une pièce de canon à l'ennemi et fit  prisonnier un poste ennemi.

-Passé Lieutenant dans son bataillon le lendemain de cet exploit, il fut nommé capitaine à la 6ème compagnie.

-Il servit ensuite dans l'armée d'Angleterre, puis dans la Grande Armée de 1805 à 1807, puis dans l'armée d'Espagne de 1808 à 1810.

Il fut admis à la retraite en novembre 1810 alors qu'il se trouvait à Bayonne. Il y fut décoré de la Légion d'Honneur.

Il n'avait alors que 46 ans mais il fut retraité pour infirmité, avec jouissance d’une pension de 1600 Francs, par décret impérial du 9 décembre 1810.

Motif de la retraite :
« Nous officier de santé, chirurgien-major chargé de la 1ère visite certifions que M. Gérard Edme, capitaine de la 3è compagnie du 5è bataillon, natif de Poinçon (Côte d’Or) est atteint de deux coups de feu sur le corps, rongé par des douleurs rhumatismales générales, faiblesse de poitrine, et usé par 19 ans de service, vue extrêmement affaiblie »
Signé : Pazabat.

Retiré à Poinçon les Larrey, chez son frère, il y mourut le 22 juin 1811 à l'âge de 47 ans.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 16 Mai 2021

La statue de Miro, le handi'chien du Foyer Henri Baillot fait la joie des promeneurs au jardin de la Mairie de Châtillon sur Seine....

http://www.christaldesaintmarc.com/miro-le-handi-chien-du-foyer-henri-baillot-a-sa-statue-au-jardin-de-la-a207656072

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

 Mais savez-vous que deux autres statues réalisées par les résidents du foyer mutualiste Henri Baillot sont visibles dans notre ville ?

A côté de la piscine on peut admirer une main géante :

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

et près de l'entrée du foyer, un magnifique Vase de Vix...

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

Deux autres sculptures , réalisées par les résidents du Foyer mutualiste  Henri-Baillot, sont exposées à Châtillon sur Seine....

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 16 Mai 2021

"Les animauix de la forêt" ont inspirés les artistes en herbe à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

Ce concours a été proposé aux élèves de maternelles, des écoles primaires, des collèges mais aussi aux adolescents et aux adultes.

Un jury a départagé les dessins....mais malheureusement aucune remise de prix n'a eu lieu, en raison du confinement...

Les superbes dessins qui ont remporté un prix sont exposés dans le couloir d'entrée de la Bibliothèque Municipale, les voici :

Les dessins des enfants des Maternelles :

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

 Les dessins des enfants des écoles  Primaires :

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

 Les dessins des jeunes collégiens :

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

 Les dessins d' adolescents et d'adultes :

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

"Les animaux de nos forêts" ont inspiré petits et grands à la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine !

 Dès que le confinement total des bibliothèques sera levé, une cérémonie d'attribution des prix aura lieu, bien évidemment.

Nous saurons à ce moment-là quel(le)s sont ceux (celles) qui ont réalisé ces bien jolis dessins....

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 12 Mai 2021

 Merci à Marie Geneviève et François Poillotte pour cette étude florale si magnifiquement illustrée !

Les fleurs printanières...

Les fleurs printanières...

Les fleurs printanières...

Les fleurs printanières...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 9 Mai 2021

Une superbe statue réalisée par les résidents du Foyer Henri Baillot a trouvé sa place au jardin de la Mairie de Châtillon sur Seine !

Miro, handichien a sa statue au jardin de la Mairie !

Miro, handichien a sa statue au jardin de la Mairie !

Miro, le handi'chien du foyer Henri Baillot a sa statue au jardin de la Mairie !

Au pied de la statue de Miro on peut savoir comment elle a été réalisée et par qui.

Miro, handichien a sa statue au jardin de la Mairie !

C'est un groupe de résidents en situation de handicap du Foyer Henri Baillot de Châtillon sur Seine qui a créé la statue de Miro, suite au thème 'L'Art pour le dire, le lien naturel sans exclusion"  2019.

Ces véritables artistes ont voulu reproduire "en grand",  leur handi'chien Miro qui leur permet de les accompagner dans leur vie habituelle.

La structure est un squelette en bois que les "sculpteurs" ont grillagé. Il l'ont tapissé ensuite de papier mâché qu'ils ont recouvert de peinture.

Le résultat est magnifique ! Miro, le handi'chien du foyer Henri Baillot a sa statue au jardin de la Mairie ! les artistes !

Le vrai Miro, le voici :

Miro, le handi'chien du foyer Henri Baillot a sa statue au jardin de la Mairie !

 Attention, la statue est fragile, elle résiste à la pluie mais il ne faut pas la toucher ni grimper sur elle !

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 7 Mai 2021

Dans ce nouveau notule d'histoire, Dominique Masson nous fait connaître la vie d'un châtillonnais peu connu de nos concitoyens, Gustave Tridon , qui joua un rôle important dans la "Commune de Paris", dont on commémore cette année le 150ème anniversaire, puisqu'elle a eu lieu  du 18 mars au 28 mai 1871.

Merci à l'historien pour ses recherches toujours si intéressantes.


Gustave Tridon, les châtillonnais et la Commune de Paris

Le 21 octobre 1830, se mariaient Jean Baptiste Tridon et Vorlette Elisabeth Morel.

Le couple attendit le premier janvier 1841 pour avoir un fils, qui sera baptisé Edme Marie Gustave.

Gustave Tridon

(Figure 1 :acte de naissance de Gustave Tridon.Etat Civil de Châtillon sur Seine)

Son grand-père paternel était Edme Tridon, marchand cirier, habitant rue de Chaumont (rue Docteur Robert) et son grand-père maternel Robert Morel, marchand tanneur, rue du Recept.

La famille est aisée, Jean Baptiste Tridon s’était, paraît-il, enrichi en spéculant sur d’anciens biens nationaux achetés en bloc et revendus en détail [i].

Gustave eut une enfance heureuse, choyé par une mère dévote.

Peu avantageux physiquement, il était très intelligent et fut envoyé étudier à Dijon, puis Paris où il prépara une licence en droit [ii].

Encore étudiant, en 1862, Auguste Tridon est accusé de complicité d’outrage public à la morale, mais il sera acquitté par la commission disciplinaire de l’enseignement supérieur, le 29 mars 1862 [iii]                                                                                 

Devenu avocat, il ne plaidera jamais, étant indépendant financièrement, mais deviendra publiciste et se lancera dans la rédaction d’articles dans les journaux.

En 1865, il est condamné pour outrage à la morale publique et religieuse, à cause d’un article paru dans le journal le Travail[iv].

Il se retrouve alors à la prison Sainte Pélagie, prison pour les droits communs et les politiques, où il y fait connaissance de Louis Auguste Blanqui, socialiste non marxiste, opposant à l’Empire, condamné le 14 juin 1861 à quatre ans de prison [v].

Tridon, d’abord orléaniste, puis converti aux thèses proudhoniennes,va être attiré par ces idées et deviendra le secondde Blanqui, au sein d’un parti blanquiste qui naît et s’organise dans ces années-là.

 

[i] Dupaquier Jean ; article du Bien Public, du 23 mai 1971 ; cité dans Diey Michel : « 1870-1871, la guerre oubliée dans le châtillonnais » ; Cahiers du Châtillonnais, n° 151

[ii] Un auteur a écrit qu’il fut élève au lycée Bonaparte (Condorcet) à Paris. Certains ont parlé aussi d’un doctorat en droit.

[iii] Tridon Gustave, dit Karl-Morel ; « Archives nationales : affaires disciplinaires de l’enseignement supérieur (1838-1885) », inventaire des articles F 17 4391 à 4430

[iv] Louis Auguste Martin, un habitué de la prison de Sainte Pélagie, raconte : « J’habitais l’immense chambre du premier étage du pavillon de l’est et j’avais pour codétenus MM. Blanqui et Jules Miot, que nous avions surnommé Vatel à cause des succulents ragoûts et des merveilleux rôtis qu’il nous préparait, Taule, Case et Tridon, trois jeunes et courageux esprits qui venaient glorieusement d’enterrer le journal Le Travail ».

Cité par Dominique Bartet, dans le blog de christaldesaintmarc, du 20 janvier 2015

[v] Blanqui ; le « Vieux » auréolé par une vie de sacrifices à la cause des travailleurs, produisait sur les jeunes gens une impression magnétique.

« C’est lui, dira plus tard Paul Lafargue, qui nous a transformés. Il nous a tous corrompus ».

Gustave Tridon fut conquis par le vétéran qui en fit l’un des chefs de son parti.

L’autre surnom de Blanqui était « l’Enfermé ».

Socialiste non marxiste, Blanqui est considéré comme le fondateur de l’extrême gauche française.

En 1880, il publie : « Ni Dieu, ni maître ».

Gustave Tridon

(figure 2: Journal Candide N°8)

A sa sortie de prison, le 3 mai 1865, il fonde le journal Candide, qui sert de plate-forme pour Blanqui et ses associés (Blanqui lui-même a contribué à des articles, sous un pseudonyme).

Ce journal est consacré à la critique religieuse et à l’exposé scientifique et philosophique, dont il est le rédacteur en chef.

Paraissant le mercredi et le samedi de chaque semaine, ce fut un succès ; le premier numéro fut tiré à 4 000 exemplaires, le deuxième à 6 000, le troisième à 10 000.

Dans leurs articles, les auteurs guerroient contre le surnaturel, montrent l’origine humaine de la morale, dénoncent les méfaits du monothéisme sémitique.

Mais, au bout de huit numéros, le journal est interdit et un procès aura lieu les 11 et 18 août ; Tridon est condamné à 6 mois de prison et 100 francs d’amende.

Ceci n’empêchera pas l’étudiant en droit Tridon, fin octobre 1865, de se rendre à Liège, au Congrès international d’étudiants (29 octobre-Ier novembre) en compagnie de nombreux français, où ils affirmèrent leurs idées antireligieuses et où Tridon dénonce les études arides et l’absence des libertés universitaires .

Dans un compte-rendu du 5 novembre, paru dans la Rive Gauche, Léon Fontaine écrivit : … dans l’ordre moral, nous voulons, par l’anéantissement de tous les préjugés et de l’Eglise, arriver à la négation de Dieu et au libre examen…, ce qui provoqua un énorme scandale.

Puis Tridon accomplit sa peine de prison et fut libéré le 12 juillet 1866.

Il représente alors Blanqui, en septembre 1866, au premier Congrès de l’Association internationale des Travailleurs (nom officiel de la Première Internationale) à Genève, qui débute le 3 septembre 1866, apportant l’ordre de Blanqui de s’abstenir de prendre part au Congrès .

Mais l’un des camarades, Protot, ayant protesté, fut jugé et comparut devant ses pairs le 7 novembre 1866, au café de la Renaissance, dans le VIe arrondissement.

La police, prévenue, arrêta tous les assistants, au total 41 personnes et, sous prétexte de conspiration,après quatre mois de prévention, l’avocat Tridon fut condamné, en mars 1867, à quinze mois de prison et 100 francs d’amende.

Entre-temps, il avait probablement fondé une éphémère revue, la Critique .

 
En 1869, Gustave Tridon fit publier « la Gironde en 1869 et en 1793 », où il fustigeait les Girondins :

Cette race ergoteuse et bavarde a reparu avec son long cortège de périodes.

Elle oppose encore l’obstacle du fédéralisme ; elle calomnie, disserte, ment, pleurniche.

Tout est détrempé de ses larmes ou corrodé de ses impostures…

Notre but à nous, c’est la liberté armée, la liberté avec sa pique, non la triste prostituée des livres et des discours…

C’est l’égalité qui protège le faible contre le fort et jette, s’il le faut, son épée dans la balance.

C’est la Commune, non les oligarchies provinciales d’avocats, d’industriels et de grands propriétaires.

Nous croyons en Paris, cœur et cerveau de la France.

De lui part le coup de tonnerre qui fait craquer les empires et tressaillir les nations.

Paris vaincu, la liberté râle. Paris triomphant, le juste et l’opprimé relèvent la tête…

Gustave Tridon

(figure 3 :"Plainte contre une calomnie de l'histoire" 1864 (réédition en 1871 à Bruxelles)

Karl Marx, dans une lettre du 3 mars 1869, écrit qu'

une évolution très intéressante se dessine en France.

Les Parisiens se remettent sérieusement à étudier leur passé révolutionnaire récent.

Ils se préparent ainsi à la nouvelle entreprise révolutionnaire qui se rapproche.

Ce fut d’abord l’Origine de l’Empire…

Enfin, ce furent les blanquistes, avec G.Tridon : Gironde et Girondins. C’est ainsi que l’histoire fait bouillir son chaudron de sorcière…[i].

Aux Girondins, Tridon avait opposé, dans le Journal des Ecoles, en 1864 une étude sur:

les Hébertistes ; plainte contre une calomnie de l’histoire.

Pour lui,

l’avènement des Hébertistes fut l’avènement de la science et de la raison sous la forme la plus énergique, la plus populaire, mais aussi sous la forme qui pouvait seule en assurer le triomphe définitif.

La science que les Girondins, les doctrinaires d’alors, avaient voulu cloîtrer dans une oligarchie lettrée, fut tirée du boudoir et jetée sur la place publique.

Les Hébertistes s’adressèrent au peuple et lui dirent : « la science est la conquête, la science appartient à tous, viens et prends ! »…

Ce qu’on veut flétrir du nom d’hébertisme est la face la plus brillante de la Révolution.

Obscurcie aujourd’hui par des insulteurs jurés, elle est destinée à resplendir toujours davantage [ii].

Ce pamphlet lui permettait de faire un parallèle entre les Girondins de 1793 et les Girondins de son époque.

 En décembre, il participe, avec son ami Albert Regnard, à l’anti-concile de Naples, en décembre 1869.

La convocation d’un concile œcuménique, à Rome, en 1870, provoqua, en réaction, dans les milieux libres penseurs du temps, un rejet catégorique. Tridon était anticatholique ; dans l’avertissement de la première édition des Hébertistes, en 1870, il écrit

un article sur les Hébertistes, inséré dans le Journal des Ecoles, et combattu avec talent et convenance par un écrivain distingué, M. Maréchal, m’avait ramené à publier en réplique un nouveau travail, qui eut le malheur, cette fois, de provoquer un violent accès d’épilepsie catholique.                      

La même année, le 13 mai 1869, mourait à Châtillon son père, lui laissant près de 60 000 francs de rente.

Le gouvernement impérial imagina d’arrêter les membres d’une société secrète, dont certains auraient voulu attenter à la vie de l’empereur.

Il y eut 72 accusés, dont 55 étaient présents.

Mais Tridon, ainsi que Blanqui, put fuir et c’est par contumace qu’il fut condamné, le 9 avril 1870, à la déportation simple ; il rentra à Paris après le 4 septembre, proclamation de la République.

Le 6 septembre, Tridon, avec Blanqui et d’autres de ses disciples, se réunissent et décident la publication du journal la Patrie en danger, financée par Tridon, portant en tête de son premier numéro (daté du 20 fructidor an 78) :

En présence de l’ennemi, plus de partis ni de nuances.

Avec un pouvoir qui trahissait la Nation, ce concours était impossible.

Le gouvernement sorti du grand mouvement populaire du 4 Septembre représente la pensée populaire et la défense nationale.

Cela suffit.

Toute opposition, toute contradiction doit disparaître devant le salut commun.

Il n’existe plus qu’un ennemi, le Prussien, et son complice, le partisan de la dynastie déchue…et on refusait de signer le déshonneur et le démembrement de la France [iii].                                 

Et Tridon, le 8 septembre, écrira :

A nous tout ce qui souffre et pense, tout ce qui travaille et gémit, et dont la poitrine se soulève au nom de la liberté.

Il fut arrêté le 4 novembre, à la suite du soulèvement du 31 octobre, émeute contre la politique du Gouvernement de la Défense nationale, qui avait envoyé Thiers négocier l’armistice avec Bismarck ; un mois plus tard, il attendait encore le jugement, qui le libéra [iv].

 

[i] Karl Marx et Friedrich Engels : la Commune de 1871 ; lettres et déclarations, pour la plupart inédites (traduction et présentation de Roger Dangeville). Marx évoque aussi, dans deux lettres (vers le 26 avril et le 13 mai 1871), un différend entre Félix Pyat et Gustave Tridon, ce dernier ayant répliqué dans un article du journal « la Cigale ».

[ii] Dans la première édition, l’introduction, non signée, est de Blanqui ; Le texte sera publié de nouveau, à Bruxelles, en 1871, sous le titre : « la Commune de Paris en 1793 ; les Hébertistes », J.H Briard

[iii] Le rédacteur en chef était Blanqui ; il y eut 267 numéros, du 07/09 au 08/12/1870. Cette proclamation avait été tirée sous forme d’affiche, le 6 septembre, pour être placardée sur les murs de Paris

[iv] Jules Vallès a raconté le procès du 31 octobre dans son roman : l’Insurgé. Selon le dictionnaire des parlementaires français (tome V), il n’assista pas à l’affaire de l’Hôtel de Ville au 31 octobre, en raison du mauvais état de sa santé

Gustave Tridon

(figure 4: journal "La patrie en danger", financé par Tridon)

Peu de temps après la proclamation de la République, le 13 septembre, se créa à Paris un Comité central républicain des Vingt arrondissements afin d’obtenir du Gouvernement de la Défense nationale des mesures politiques et sociales favorables aux classes populaires et demandant des élections afin de remplacer les maires nommés sous le Second Empire.

Voyant que ce dernier n’en annonçait pas, pendant le mois de décembre, on va élire dans les clubs politiques parisiens des délégués pour la Commune ; Tridon devient l’un des membres du Comité central républicain des Vingt arrondissements, qui, le 30 décembre, se réunit sur l’ordre du jour : De la Commune révolutionnaire et des moyens pratiques pour l’installer révolutionnairement.                                          

Il est aussi l’un des quatre rédacteurs de l’Affiche Rouge placardée dans la nuit du5 au 6 janvier 1871, qui prônait une réquisition générale, un rationnement gratuit et la lutte à outrance pour en finir avec le siège de la ville de Paris, encerclée par les Prussiens depuis le 17 septembre 1870, et l’appel à la formation d’une commune.

Gustave Tridon, les châtillonnais et la Commune de Paris

(figure 5 :"L"affiche rouge" Musée Carnavalet)

Bismarck ne voulait faire un traité de paix qu’avec un gouvernement légitime.

Dans des délais très brefs, des élections furent organisées pour le 8 février 1871.

Dans les régions occupées, comme la Côte d’Or, les réunions publiques sont interdites et c’est l’occupant qui va se charger de l’organisation des élections.

Tridon est au nombre des 43 socialistes révolutionnaires présentés à ces élections.

Il lui manqua 3 000 voix à Paris (il eut 65 707 voix).

En Côte d’Or, huit candidats orléanistes sont opposés à huit candidats républicains.

Le 8 février 1871, c’est la liste républicaine qui l’emporta et Tridon devint député de la Côte d’Or pour l’assemblée nationale, avec 32 721 voix (à Châtillon, il n’avait eu que 755 voix), à côté de François Auguste Dubois, maire de Dijon, Pierre Magnin, ministre du commerce, Marie François Sadi-Carnot, Pierre Joigneaux, le général Garibaldi, Henri Moreau, maire de Saulieu et Jules Carion.                   

Cependant, radicaux et extrême gauche ne réunirent que 72 sièges, soit 5,96 % des votes, contre 65,20 % pour la droite et 28,84 % pour les républicains.

La nouvelle assemblée se réunit le 13 février à Bordeaux.  

  Le 17 février, Adolphe Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif de la République française et, le 21, Thiers et Favre entament les négociations de paix avec Bismarck ; celles-ci aboutiront à la signature d’un armistice le 28 janvier.

Gustave Tridon

(figure 6 : dépêche télégraphique annonçant la signature de l'Armistice. Archives Municipales de Châtillon sur Sine  4H11 (Fluteau)

Le Ier mars, Tridon, après avoir voté contre la ratification des préliminaires de paix signés entre le gouvernement d’Adolphe Thiers et l’Allemagne, démissionne et part aussitôt pour Paris [i].   

Dans une lettre aux électeurs de la Côte d’Or, il explique son geste :    

 Honoré de vos suffrages, sans les avoir brigués, je vous dois des explications sur la manière dont j’ai compris mon mandat et sur les motifs qui m’ont forcé à le résilier.

Une démission est chose grave, je ne m’y suis pas résigné sans de sérieuses réflexions que je viens aujourd’hui vous soumettre.

Placé dans une situation exceptionnelle, j’ai été, un des premiers, témoin et victime de la trame infâme qui avait pour but de livrer la France aux Prussiens, en haine de la République, et qui a obtenu, dans ces derniers temps, un si glorieux succès…

Lors de mon arrivée à Bordeaux, la Chambre se prorogeait pour laisser le temps de bâcler le pacte odieux.

On l’amusait avec des commissions qui ne commissionnaient rien du tout et des réunions creuses dans des bureaux déserts, tandis que Thiers et ses complices brocantaient notre chair et notre sang, l’honneur et l’intégrité de la France.

Tous ils acceptèrent avec des larmes de crocodiles… Quant au paiement d’une somme de cinq milliards,permettez-moi de mettre encore plus vivement sous vos yeux cette formule de notre damnation nationale.

Les pièces de cinq francs composant les cinq milliards, juxtaposées à plat les unes à la suite des autres, occuperaient une longueur de 6,250 lieues, soit les trois quarts du tour du globe terrestre.

Empilées les unes sur les autres, elles formeraient une colonne de 2,700 kilomètres…     

Et il terminait par :

J’avoue, citoyens, qu’en voyant une Assemblée, prétendue française, sanctionner de pareils crimes et voter le démembrement et la ruine du pays ; qu’en entendant ces hommes vendre à Bismarck nos frères d’Alsace et de Lorraine, et par leurs cinq milliards engager, pour un temps indéfini, la vie et le travail de vos enfants, j’ai voulu, à tout prix, sortir de cette enceinte maudite [ii].

A Paris, bon nombre de parisiens, ayant déjà connu une grave famine au cours de l’hiver 1870-1871, refusent que des canons de la Garde nationale, à Montmartre, soient enlevés, sur ordre de Thiers, lequel souhaite désarmer les parisiens.

Un peu partout, la troupe, envoyée récupérer les canons, va fraterniser avec les parisiens qui élèvent des barricades, et deux généraux sont massacrés.

C’est le début de l’insurrection, le 18 mars 1871, tandis que Thiers gagne Versailles et que nombre de bourgeois fuient la capitale.

Ce mouvement communard va puiser largement dans le vocabulaire de la Révolution française.

C’est dans cette ville qu’arrive Tridon, épuisé. Le 24 mars, il s’adresse aux électeurs parisiens :

 A peine arrivé, je tombe dans un lit de maladie, et suis réduit à contempler la lutte où se décide le sort de la République et de la France.

Permettez à mon anxieuse impuissance de vous communiquer ses craintes…[iii].

Aux élections municipales de la Commune, du 26 mars 1871, il n’obtiendra que 1304 voix dans le XXe arrondissement et 2253 voix dans le XVIIe, mais sera élu dans le Ve arrondissement (Panthéon), avec 6469 voix, sur 12422 votants [iv].

Il va alors siéger à la commission exécutive, le 29 mars 1871, composée de 7 membres, chargée d’appliquer les décrets du Conseil de la Commune, puis à la commission de la guerre, du 21 avril au 15 mai [v].

 

[i] Victor Hugo démissionne le 7 mars

[ii] « Aux électeurs de la Côte d’Or » ; Œuvres diverses de G. Tridon ; Paris, 1891

[iii] Maillard Firmin : Affiches, professions de foi-documents officiels-clubs et comités pendant la Commune ; Paris, Dentu

[iv) On le trouve inscrit sur la Grande liste du Père Duchêne, dans le XXe arrondissement, et aussi sur la liste du Comité. Blanqui, bien qu’élu, avait été arrêté le 17 mars et était retenu prisonnier en Bretagne par le gouvernement de Thiers

[v] Il assiste, le … à la destruction de la colonne Vendôme : « Gustave Tridon, 30 ans, fils de parents riches, élève du lycée Bonaparte ‘Condorcet), devenu socialiste à sainte-Pélagie sous l’influence de Blanqui, son voisin de cellule, avocat, élu du Ve, le visage pâle ».

Gustave Tridon

Gustave Tridon

(figures 7 et 8 : affiches de la Commission exécutive de la Commune. Musée Carnavalet)

Gustave Tridon

figure 9 :Affiche de la Commission exécutive. Courbet fut membre de la Commune. Musée Carnavalet)

Gustave Tridon

(figure 10 : Commission de la Guerre. Musée Carnavalet)

Il vote contre la création du Comité de salut public et signe le manifeste de la minorité :

la Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature à laquelle elle a donné le nom de Salut public.

Il s’abstint de paraître aux dernières séances des comités, même s’il fut accusé de lâcheté, après avoir traité ce Comité de défroque inutile et ridicule.

En même temps, il poursuivait son activité de journaliste, en continuant à faire de nombreuses références à la Révolution de 1789.

Dans le journal la Patrie en danger, il écrit :

La Commune révolutionnaire qui a sauvé la France, et, par le 10 août et septembre, fondé la République, ne fut pas un produit d’élection régulière, une émanation bourgeoise d’un troupeau qui se rend aux urnes. Elle sortit d’une convulsion suprême, comme la lave sort du volcan.

 Dans le journal la Montagne, dont il est membre du comité de rédaction, en avril, il exalte les Hébertistes :

Ils n’ont qu’une seule passion, l’idée.

Ils s’abandonnent aux masses sans réserve comme sans mesure ; ils ne travaillent point dans un but personnel, mais pour le triomphe d’un principe. La foi les guide, non le calcul [i].

 

[i] Le 6 janvier 1871, avec Jules Vallès, Emile Leverdays et Edouard Vaillant, comme les bourgeois de Paris et le gouvernement en place dans la capitale souhaitent que la ville se rende, il rédige une proclamation, réclamant une attaque en masse contre les allemands, la réquisition générale, le rationnement gratuit, la punition des traîtres, l’éducation pour tous, la terre aux paysans et le gouvernement du Peuple.

Gustave Tridon

(figure 11 : Journal "La Montagne" dans lequel écrivit Tridon)

Mais toutes ces activités minent sa santé fragile :

de son talent, de sa grande fortune, de sa personne, (il) a payé au service de la cause, quand elle semblait sans avenir… (mais) il n’a pour la servir aujourd’hui, qu’une âme usée, dans un corps débile [i]                                                                        

Léon Massenet donne aussi le même portrait :

Cet homme de vingt-neuf ans est déjà usé.

Il est voûté au point qu’on le croit bossu, sa figure est criblée de boutons, ses joues pendent.

Sa constitution débile, sa santé délicate ne lui ont point permis de surmonter la vie militante fiévreuse et les séjours prolongés en prison.

Il est d’autant plus sérieusement atteint qu’il ne trouve, en dehors de ses camarades de son parti, aucune affection solide, pas même celle de sa mère, triste créature qui osa le chasser alors que, traqué par la meute des argousins, il lui demandait un refuge [ii].

A Châtillon, les nouvelles qui parvenaient étaient uniquement celles provenant du gouvernement de Thiers.

[i] Revue des Deux Mondes, 1904, tome 24

[ii] Léon Massenet de Marancour : « Hommes et choses de la Commune : récits et portraits pour servir à l’histoire de la première révolution sociale ; cité dans Maitron.

Après la mort de son mari, en 1869, la mère de Gustave Tridon était peut-être allée habiter à Paris.

C’est là qu’elle mourut, en 1893

Gustave Tridon

(figure 12 : Affiche envoyée par Thiers aux communes françaises AMC 4H11)

Gustave Tridon

(figure 13 : Dépêche télégraphique adressée au Sous-Préfet de Châtillon, Leroy AMC 4H11)

Gustave Tridon

(figure 14 :Dépêche télégraphique arrivée à Châtillon AMC 4H11. Gustave Flourens , professeur au Collège de France fut élu Général par la Commune et chargé de la défense de Paris, mais il fut fusillé par les Versaillais)

Tridon était gravement malade lors de l’entrée de l’armée de Versailles à Paris, qui mit fin à la Commune, après la semaine sanglante, le 28 mai 1871.

Il put échapper aux représailles en étant hospitalisé à la clinique Dubois, sous un faux nom, Morel,qui était celui de sa mère.  

 Il gagna la Belgique et c’est là que

l’homme riche qui a volontiers été emprisonné ou exilé, luttant pour les droits des autres, mourut [i], d’une phtisie galopante, huit jours après son arrivée, le 30 août 1871.

C’est Julienne Sébert, une « communarde », qui le soignera et préparera son catafalque.[ii]

Avant son décès, il avait veillé à venir en aide à son ami Blanqui en léguant sa fortune à Sophie Barrelier, la sœur de Blanqui.

Particulièrement recherché en France comme membre de la Commune, le troisième Conseil de Guerre, chargé d’en condamner les membres les plus éminents, abandonna les poursuites, après l’annonce de sa mort.

Son décès est transcris dans les registres de l’état-civil de Châtillon, le 24 septembre 1872 (n° 185).

En 1884, parut un ouvrage posthume, rédigé lorsqu’il était en prison à Sainte Pélagie :

Du molochisme juif : études critiques et philosophiques. A la suite en particulier de Voltaire et de Proudhon, les blanquistes vont élaborer un antisémitisme antichrétien et anticlérical.

L’ouvrage de Tridon est un ouvrage délirant de glorification des Aryens et de rabaissement des Sémites, Juifs, Arabes, Phéniciens réunis.

En amont, Tridon voit dans le Judaïsme une survivance du culte sanguinaire au Moloch, cette statue chauffée au rouge dans la gueule de laquelle les phéniciens jetaient des enfants vivants.

En aval, il voit dans le christianisme une pauvreté de pensée et un asservissement typiquement sémite, contraire à la tradition aryenne.

Il écrira même que, par leurs cruautés, par cet épouvantable cortège d’horreurs (les sacrifices humains), les Mexicains méritent d’être sémites.[iii]

En 1891, à l’occasion du vingtième anniversaire de sa mort, fut publié, à Paris, un recueil, œuvres diverses de G.Tridon.

[i] Joseph Martin McCabe, 1867-1955

[ii] Selon certains, il se serait suicidé. Sur Julienne Sébert : Florence Loriaux : « Femmes et exil durant la Première Internationale » -Carhop, 2008-1. Selon Maitron, il aurait laissé une veuve, Delphine Eyraud ou Heyraud( https : // maitron.fr/spip.php?article72028, notice TRIDON Gustave)

[iii] Certains antisémites de la fin du XIXe siècle, tels qu’Edouard Drumont, se revendiqueront de son influence.

Gustave Tridon

(figure 15 :"œuvres diverses de Tridon" 1891)

Parmi ces textes, se trouve la Force, où il écrit :

Nous sommes forts, nous sommes jeunes et nous avons faim non seulement de pain mais aussi d’idées, de justice sociale et de connaissances scientifiques…

Pourquoi devons-nous continuer à attendre?

 A la fin du XIXe siècle, existait à Paris une bibliothèque populaire Gustave Tridon, dans le XVIIIearrondissement.

Elle fut créée en 1890, en même temps que le groupe scolaire de l’impasse d’Oran, dont elle faisait partie. Par délibération du 21 octobre 1895, le Conseil municipal de Paris accepta et lui affecta un legs de 90 000 francs fait par madame veuve Tridon et produisant, déduction faite des droits de mutation, un revenu annuel de 2331 francs, assurant les achats de livres et l’entretien mobilier.

En 1904, la bibliothèque possédait 3800 ouvrages, formant plus de 5800 volumes [i].                                     

A Châtillon, une rue porte son nom dans le quartier reconstruit après-guerre [ii].

 Un autre Châtillonnais participa également à la Commune, Nicolas Georges Léger Alexis Monin, né le 17 juillet 1818.

Il fut condamné à la déportation à l’île d’Aix après les audiences devant le troisième Conseil de Guerre.

 Dominique Masson

(remerciements à M. Millot)

[i) « Conseil municipal de Paris, rapport de la 4e commission, sur les bibliothèques municipales, présenté par M. Léopold Bellan ; 1904 ». Cette veuve ne serait pas sa femme, mais plutôt la mère de Gustave Tridon, décédée à Paris le 13 février 1893 (VIIIe arrondissement)

[ii] Ce serait M. Georges Pitoiset, habitant cette rue, qui aurait demandé à la mairie de donner le nom de Tridon (blog de christaldesaintmarc, 27 juin 2008) 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 6 Mai 2021

Dans le cimetière d'Aisey sur Seine, se dresse un monument funéraire particulier, surmonté d'une croix.

Sur la partie dressée on aperçoit des sculptures....

Ces sculptures représentent un superbe sabre et une médaille de la Légion d'Honneur .

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

A la base de la stèle on peut lire qu'il s'agit de la tombe du capitaine Claude Chalopin.

 

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

Le magnifique livre d'Alain Pigeard , le "dictionnaire des officiers de Napoléon 1er" nous renseigne sur la vie de ce soldat exemplaire.

Claude Chalopin est né le 6 novembre 1772 à La Villeneuve les Convers, fils de Jacques, marchand dans cette commune et de Reine Moniot.

Il s'engagea dans le bataillon des grenadiers de Côte d'Or le 24 août 1792 et servit dans l'Armée du Nord sous Dampierre, Dumouriez et Kellermann.

Il fut ensuite nommé caporal fourrier de grenadiers le 20 messidor an II (8 juillet 1795)

En 1801, il fut nommé sergent-major et servit en Italie sous Bonaparte. Il fut blessé d'un coup de feu à la cuisse gauche à la très célèbre  bataille d'Arcole.

Il combattit ensuite dans l'Armée d'Helvétie et fit campagne en Allemagne dans la Grande Armée.

Lieutenant en 1808, il fut nommé Premier Aigle de son régiment.

Il servit ensuite en Catalogne

Lieutenant-Major en 1809, il fut promu Capitaine de Carabiniers et passa au régiment de Condé (infanterie légère) en 1814, où il servit jusqu'en 1815.

En 1815 il fut fait Chevalier de la Légion d'Honneur.

En retraite, il se retira à Aisey sur Seine où il exerça la fonction de Maire de la Commune pendant de longues années.

Il décéda à Aisey sur Seine le 25 août 1861  à l'âge respectable de...89 ans ! son épouse repose à ses côtés.

A noter que sa tombe a été restaurée le 7 septembre 2008, à l'initiative du Souvenir Napoléonien de Bourgogne et de la Municipalité d'Aisey sur Seine .

On peut féliciter et remercier les restaurateurs car voici quel était l'état de la tombe de Claude Chalopin avant 2008 :

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

   Claude Chalopin, Officier de la Grande Armée de Napoléon 1er

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 6 Mai 2021

Dominique Masson nous offre aujourd'hui un superbe notule  recensant  les monuments élevés dans notre ville, en souvenir de la bataille entre Garibaldiens et Allemands en 1870, bataille devenue célèbre sous l'appellation de "Surprise de Châtillon.

 http://www.christaldesaintmarc.com/la-surprise-de-chatillon-garibaldi-un-notule-d-histoire-de-dominique-m-a204217938

Notule d’histoire :

Les monuments élevés aux morts de la « surprise » de Châtillon

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 1 : le monument élevé pour les garibaldiens et le monument élevé pour les allemands, cimetière Saint-Jean)

Le 18 novembre 1889, M. Steenackers, un parisien, envoyait une lettre à la mairie de Châtillon :    

 Mon excellent ami,

M. Fernand Xau, me demande de jeter sur le papier, pour les lecteurs de l’Echo de Paris, mes souvenirs sur le rapide et sanglant épisode de Châtillon.

J’ai le plus grand désir de le faire ; il me semble que je m’acquitterais d’’un devoir sacré et je serais heureux de rendre hommage à votre cité si patriotique et si éprouvée en ces temps funestes.

Mais, si le souvenir est vif de ces choses vécues, je revois tout cela un peu confusément, comme à travers la lueur crépusculaire d’un mauvais rêve.

Surtout, ce qui s’est passé après la marche de nuit, après que nous nous fûmes séparés, près d’Ampilly, des francs-tireurs de Nice et Savoie, qui devaient attaquer d’un autre côté.

 Dès mon entrée en ville, tout se mêle un peu et je ne sais ni le nom d’une route, d’une rue, d’une place.

Ainsi, au moment où nous pénétrions dans la ville, je me retrouvais à la dernière escouade des chasseurs du Havre (chemises rouges), et je touchais la tête de colonne des éclaireurs du Doubs en capotes grises de lignards.

C’est en ce moment qu’une trombe de feu et de plomb passa devant nous, ricochant contre les murailles et jetant le désordre dans nos rangs surpris.

La fusillade partit du sommet d’un haut mur à gauche et je me trouvais à cette minute précise devant une maison-à droite- qu’on me dit être celle du receveur d’octroi.

Tandis que les éclaireurs du Doubs essayaient d’enfoncer la porte de la propriété d’où étaient partie la fusillade (je vois encore le capitaine de Gladyez, un blond à lunettes, frappant la porte à coups furieux de la hampe de son drapeau), nous entrions au pas de course, échangeant des coups de fusil avec les allemands surpris, qui se sauvaient pour rallier le quartier général à l’Hôtel de ville ou à la sous-préfecture.

Les balles pleuvaient dru ; mon pauvre Charles était tombé et son sang m’avait éclaboussé la figure.

Sur le trottoir, gisait, mort, un éclaireur, tombé les jambes un peu repliées, la tunique légèrement retroussée.

On allait de l’avant.

Dans une rue, à notre droite, on se battait dans les maisons !

C’est là que mon ami le caporal Parnin, eût le poignet fracassé par une balle.

Mon colonel, M. le comte de Houdetot, m’appela près de lui et nous rejoignîmes le général Ricciotti, très pâle, très calme, la moustache nerveusement tortillée, criant de toutes ses forces : Avanti !

A un moment, sur une place ou à un carrefour, où il y avait, autant que je puis me le rappeler, une pompe ou une fontaine, une décharge nous arriva, le cheval de Ricciotti se cabra et faillit manquer des quatre pieds ; mais le général le ramassa et partit au galop avec mon commandant M. de Amone, plusieurs officiers italiens et M. de Houdetot.

J’avais reçu dans mon képi et dans ma couverture deux projectiles-mais, plus heureux que mon malheureux jeune frère, je n’avais aucune blessure.      

Le bruit de la fusillade avait cessé, on sonnait la retraite et de partout débouchaient des soldats amenant des prisonniers et des chevaux.

Nous reprenions vivement la route de Coulmiers le Sec.

On disait qu’une forte colonne du corps du général Werder, allant de Langres à Chaumont, allait arriver : nous nous attendions à être rattrapés.

A partir de ce moment, mes souvenirs sont très précis.

J’ai même gardé mémoire du texte de la lettre adressée au nom de Ricciotti par M. de Houdetot au chef de la colonne allemande, qui menaçait Châtillon de représailles.

Les choses vues, vécues, m’ont beaucoup frappé au milieu du tohu bohu effrayant de cette surprise rapide comme un coup de foudre…[i]

Après cette « surprise », le commandant allemand Lettgau s’était retiré sur Châteauvillain, tandis que les garibaldiens se dépêchaient de partir vers Dijon.

Lorsqu’il revint, il fallut relever et enterrer les morts.

Le 20 novembre, le colonel Lettgau, commandant de place, donnait comme ordre :

1°, enlèvement des corps des francs-tireurs en présence d’une commission composée partie d’officiers allemands, partie de membres du conseil municipal, à l’effet de reconnaître l’identité des morts…9°, les habitants qui ont des francs-tireurs blessés chez eux devront les porter à l’hospice[ii].

 Le commissaire de police, Adolphe Edme Fauchon, et le receveur de l’hospice, Jean-Baptiste Joseph Mariotte, parcoururent les rues pour recueillir les corps et établir la fiche d’état-civil.

[i] Archives Municipales de Châtillon sur Seine (AMC), 4 H 16

[ii] AMC, 4 H 16

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 2 : Garibaldiens tués lors de la "surprise" de Châtillon)

Il est difficile de connaître les noms des garibaldiens tués lors de cette bataille et on ne peut qu’avoir quelques indices.

Le premier concerne Barral, des francs-tireurs de l’Isère, né à Chirens, en Isère [i].

 [i]Pour M. Molis, il est originaire de Saint-Geoire en Valdaine, mais peut-être que c’était son lieu de résidence.

Il cite également parmi les morts, Raphaël, de Tullins (38210), mais le franc-tireur Barnoud indique qu’il n’a été que blessé.

Outre les Dauphinois, il indique deux francs-tireurs des Vosges, un du Havre et un de Dôle parmi les tués.

M. Blanchard parle de trois francs-tireurs du Havre tués, selon des sources des archives militaires françaises.

Dormoy avait indiqué : 2 Dauphinois, 2 Vosgiens, 1 Dolois, 1 Havrais (« Souvenirs d’avant-garde », Paris, 1887)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 3 : le journal "l'Impartial" dauphinois décembre 1870)

La lettre de M. Steenackers donne aussi des renseignements :

 il y a juste aujourd’hui dix neuf ans que mon pauvre jeune frère Charles Pierre Steenackers tombait à côté de moi, frappé par une balle allemande, en même temps que mon brave camarade François Favré et un de nos compagnons d’armes de la compagnie des éclaireurs du Doubs, commandés par Nicolaï.

Le médecin major Ellendorf, dans une lettre datée du 21 novembre et publiée dans le Westfälicher Anzeiger le 29, déclarait qu’il y avait eu 4 francs-tireurs tués et 12 blessés, la plupart se trouvent dans les maisons.

En fait, il y eut en tout 8 garibaldiens tués le 19 novembre.

Pour les prussiens, c’est ce médecin major qui s’occupa de les faire enterrer dans les jours suivants.

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(figure 4 :billet du médecin-major Ellendorf   AMC 4H42)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 5 :tableau des morts allemands lors de l'attaque du 19 novembre 1870 , établi par Günter Wiesendahl)

Le lieu choisi pour enterrer garibaldiens et allemands fut le cimetière Saint-Jean de Châtillon.

Il avait été agrandi, au nord, par la vente, en 1866, d’un terrain de 133 ares 70 centiares appartenant à M. Achille Maître ; aussi, y avait-il de l’espace pour de nouvelles tombes.

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 6 :Le cimetière Saint-Jean en 1810, cadastre napoléonien)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 7 :Le cimetière Saint-Jean aujourd'hui, cadastre de Châtillon sur Seine)

 Le 22 novembre 1870, il fut dû, par la commune, à MM. Coquet et Laurain, la somme de 10,50f.  pour avoir enlevé 7 cadavres, et à Coquet pour deux journées au cimetière.

Il fallut aussi enlever les chevaux morts : il y en eut un devant la grille de M. Maître ; à l’hôtel de la Couronne ; devant chez madame Faillot ; à la Charme ; chez Lebois, marchand de faïence ; chez Malgras ; à Courcelotte ; route de Massingy ; à Massingy ; au château de M. Maître (soit 10 chevaux, à raison de trois francs par cheval, sans s’occuper de la fosse) [i].

On trouve également dans les comptes la somme de 107, 25 f. à M. Maillé, sabotier, pour le creusement de 51 fosses pour enterrer les prussiens, les francs-tireurs et quelques pauvres, ainsi que 6 journées pour mettre de la chaux sur les tombes, ainsi que 60,75 f. à M. Barrachin, pour le creusement de 27 fosses au cimetière Saint-Jean [ii].

[i] AMC, 4 H 18

[ii] Etat des quittances empruntées pendant l’invasion ; AMC, 4 H 18

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 8 : plan du cimetière Saint-Jean, établi le 20 octobre 1873, indiquant en bleu les tombes françaises et en rouge les tombes allemandes ; AMC 2M11)

Pendant cette guerre, d’autres soldats allemands décédèrent à Châtillon et furent enterrés au cimetière Saint Jean.

A la fin de la guerre, il y avait les tombes de 84 militaires allemands disséminées dans le cimetière : 6 tombes se trouvaient dans la partie sud, mais, au nord, à côté de 3 tombes individuelles (B, D, E), un espace d’environ 15 m sur 13, 75 m (soit une surface de 198, 59 m2) était occupé par des sépultures allemandes (A).

L’armistice entre la France et l’Allemagne avait été signé le 15 février 1871, un traité de paix préliminaire le 26 février, confirmé au traité de Francfort le 10 mai 1871 ; la Côte d’Or est alors libérée de l’occupation allemande.

L’article 16 du traité de Francfort stipulait que

les deux Gouvernements, Français et allemand, s’engagent réciproquement à faire respecter et entretenir les tombeaux des soldats ensevelis sur leurs territoires respectifs.

Une concession de 25 ans fut donnée pour les tombes des soldats prussiens, le 22 juin 1871 (emplacements n° 99-100, Nord).                                                                     

Deux tombes cependant se démarquent.

La première est celle du major Richard von Alvensleben, tué lors de la « surprise » de Châtillon.

Ayant reçu une blessure mortelle alors qu’il cherchait à s’enfuir, l’empereur refusa son transfert en Allemagne.

Le 14 avril 1871, fut prise une concession de 50 ans ; sa tombe était en pierre, couverte en lierre(emplacement n° 352, dans la partie sud).

La deuxième est celle du lieutenant Erick Griepenkert, décédé le 6 mars 1871 ; une concession pour 25 ans fut prise le 21 mars 1871 (tombe droite à entourage de pierre, emplacement n°351, partie sud) [i], sur la demande de son père, par l’intermédiaire du major de place et adjudant de la commandantur de Châtillon.

Pour deux tombes, marquées F et G sur le plan de 1873, il est indiqué qu’elles portent des inscriptions en allemand ; ce sont peut-être les tombes d’Alvensleben et de Griepenkert [ii].

[i] AMC, 1 M 36

[ii] Il y aurait eu écrit sur la tombe du major Alvensleben : « Hier richt Richard von Alvensleben major in Regiment garde du corbsgeb. 10 novembre 1828, gefallen für Koënig und Vaterland am 19 novembre 1870 bei Châtillon », selon Ponsignon Jean, « le général Riu ou la vie étonnante d’un militaire hors normes » ; Cahiers du Châtillonnais, n° 225

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(figure 9 :Billet du major de la commandantur de Châtillon  AMC 2M11)

Le plan de 1873 indique également, à la lettre C, une colonne en pierre, en forme d’obélisque, surmontée d’un aigle.

Ce monument est installé sur deux gradins en pierre (l’ensemble a 2,10 mètres de côté).  

Dès le 23 mai 1871, la commandantur d’étape de Châtillon, selon le journal allemand Westfälicher Anzeiger, avait eu l’intention d’ériger un mémorial aux soldats prussiens reposant au cimetière

constitué d’un socle carré avec les noms des disparus, sur lequel est posé un obélisque, avec des inscriptions correspondantes. Le coût serait d’environ 250 thalers, pour lesquels la 19e division d’infanterie a déjà réuni 108 thalers...

Le commandement du district demande aux officiers, sous-officiers et soldats du bataillon d’occupation Unna de lui envoyer le plus vite possible la somme manquante pour compléter la somme requise.

Mais, à Unna, des voix discordantes se firent entendre, certaines étant contre l’érection d’un monument en territoire ennemi, d’autres au contraire souhaitant un monument à Châtillon et un autre à Unna.

Le 19 juillet 1871, le journal Helleweger Anzeiger und Bote déplorait que l’érection du monument ne pourrait sans doute pas se faire, à cause du départ de la commandantur.

Une loterie fut aussi organisée à Unna, mais, à la fin de l’année, rien, semble-t-il, n’avait vu le jour [i].

Cependant, le monument fut réalisé avant 1873, date du plan confectionné par la mairie de Châtillon.

Pour les francs-tireurs garibaldiens, il y avait une tombe dans la partie sud, et deux autres dans la partie nord, aux emplacements 139 et 140, avec une tombe droite et un entourage de pierre et de fer (l’ensemble occupant 17, 17 m2).

Parmi celles-ci, il doit y avoir la tombe de Victor Melnotte, franc-tireur décédé le 9 décembre 1870, dont une concession fut accordée le 25 mai 1875, pour 15 ans (croix de fer dessus ; n° 157, nord).

 Le Ier novembre 1871, une commission de citoyens s’adressa au Conseil municipal :« se croyant, avec juste titre, les interprètes de la majorité de leurs concitoyens, considérant que le Conseil municipal, par une omission involontaire sans doute, n’a rien proposé qui ait pour but de rappeler aux habitants le souvenir du fait de guerre du 19 novembre 1870 », se proposaient d’élever, par souscription publique, un monument funéraire à la mémoire de ces patriotes.

Ils demandaient à la mairie de leur accorder une concession gratuite et définitive de 3 mètres de côté au cimetière Saint Jean, ce qui leur fut accordé.

Mais le Conseil demanda que les pétitionnaires leur soumettent le projet du plan du monument qu’ils se proposaient d’ériger sur le terrain concédé [ii].

Dans la séance du 13 janvier 1872, le Conseil examina le plan du monument et rappela qu’il avait concédé un terrain de 3 mètres de côté, mais il pensa qu’il serait plus convenable de modifier l’inscription et les emblèmes du projet.

Il voulait soumettre le projet au préfet et lui soumettre l’autorisation de la concession.  Le projet dut alors traîner un peu.

[i] Extraits des journaux communiqués par M. Wiesendahl

[ii] AMC, 1 M 36 ; délibération du 16/11 /1871 et 12/01/1872

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 10 :Premier projet du monument aux garibaldiens  AMC 1M36)

Mais, le 4 avril 1873, fut votée la loi sur les tombes militaires et c’est l’Etat qui prit les choses en main.

En exécution de cette loi, un plan fut dressé par la mairie de Châtillon, le 20 octobre 1873, afin de connaître exactement l’emplacement de toutes les tombes militaires du cimetière Saint Jean et la superficie occupée, et envoyé à Paris.

Les gouvernements des deux pays avaient aussi convenu que l’exhumation des soldats morts dans toute la France ne pouvait avoir lieu qu’après une période de décomposition d’au moins six ans [i].              

C’est pourquoi le ministre de l’Intérieur, par une lettre du 18 mars 1876, adressée au préfet de Côte d’Or et transmise au maire de Châtillon, décida que « les restes mortels des français seraient réunis dans une tombe de 4 mètres et ceux des allemands dans une autre de 15 mètres », et on demandait au maire d’indiquer sur le plan « les emplacements qui vous paraissent devoir être choisis, ainsi que le nombre de militaires de chaque nation et le prix du m2 des concessions perpétuelles ».

Le préfet autorisa, le 16 août 1876, de traiter à forfait la réinhumation des restes de 8 français et de 84 allemands pour la somme de 1332 francs, y compris les entourages et la mise en place des monuments commémoratifs.

[i] Renseignement fourni par M. Wiesendahl

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 11 : emplacement des monuments allemand et français à la place des tombes militaires françaises et allemandes , Archives Nationales)

Le même jour, l’Etat décide d’acquérir 19 mètres de terrain pour les sépultures perpétuelles des français et allemands, soit, pour les allemands, un rectangle de 5,55 m X 2,70 m ; et un carré de 4 m X 4 m, pour les français.

Ces espaces sont en partie pris sur des tombes françaises et allemandes déjà existantes.

Le 18 novembre 1876, le commissaire de police, Alexandre Laville, qui avait été chargé, sur instruction du maire, de procéder à l’exhumation et à la réinhumation des militaires prussiens au cimetière Saint Jean, près du monument élevé par les soins de l’armée allemande, fit son rapport.

Du 3 au 11 novembre, les fossoyeurs exhumèrent, des trois carrés dans la zone sud [i], 9 corps et, des fosses communes, 45 autres corps ; l’ensemble fut porté dans une fosse, du côté nord du monument prussien, où fut trouvé un militaire de cette nation … dans une bière que nous avons laissée intacte (qui correspond à la tombe C du plan) [ii].

Du 13 au 17 novembre, dans une fosse creusée cette fois au sud du monument, furent réinhumés 21corps qui se trouvaient dans des fosses communes [iii].

 [i] Il y a 6 tombes indiquées sur le plan ; si l’on enlève les tombes d’Alvensleben et de Grienpenkert, il reste encore une tombe.

[ii] Selon Emile Dehayes de Marcère, « les tombes de 84 militaires allemands disséminées dans le cimetière ont été réunies dans une concession de 15 mètres, sur laquelle l’Etat a fait transporter les pierres tombales et une colonne surmontée d’un aigle, élevée par l’armée d’occupation » (« Tombes des militaires morts pendant la guerre de 70 », ministère de l’Intérieur, Paris, 1878).

Au total, pendant toute la guerre, ce sont environ 120 allemands qui décédèrent à Châtillon, pour diverses causes, à l’hôpital de campagne installé à Châtillon ; selon M. Blanchard, une quarantaine de corps (souvent des officiers supérieurs) furent exhumés à la fin de la guerre et rapatriés en Allemagne.

[iii] Archives nationales ; document communiqué par M. Blanchard.

Si l’on fait le calcul total, le commissaire affirme que « quatre vingt quatre corps ayant appartenu à l’armée allemande et décédés à Châtillon pendant la guerre 1870-1871 ont été exhumés des fosses communes et réinhumés près du monument ».

Mais le total ne donne que 76 corps. Est-ce que le commissaire ne comprend-t-il pas les 8 garibaldiens tués ?

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 12 : face ouest de l'obélisque dédié aux morts allemands)

Sur les faces nord et sud, sont inscrits 54 noms ; sur la face est, se trouve une phrase de l’Apocalypse :

Soit fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie éternelle, et, sur la face ouest, une dédicace :aux guerriers prussiens qui reposent ici, de la part de leurs camarades [i]                        

Aujourd’hui, l’entourage de plots et de chaînes a disparu (il n’en reste qu’un) et l’ensemble n’occupe plus qu’un espace de 2 m2(les extensions au nord et au sud ont disparu).

Sur deux marches en pierre, est érigé un obélisque, de 0,88 mètres de côté (n° 85 du plan actuel du cimetière, section B ; l’aigle a disparu).

 Les tombes du major Richard von Alvensleben et d’Erick Griepenkert ont été réunies en un seul espace, entouré par un rebord en pierre, rempli de gravier à l’intérieur ; elles furent restaurées en 1991, les croix en bois ayant été remplacées par des croix en grès rose, à l’initiative du Souvenir Français (2,10 m X 2,90 m ; n° 57 et 58 du plan, section E)

[i] Si 54 noms sont inscrits sur l’obélisque, ce sont 84 corps qui ont été déplacés en 1876.

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 13 :le monument élevé aux morts allemands lors de la guerre de 1870-1871)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 14 :Le remplacement des croix en bois sur les tombes de Griepenkert et Von Alvensleben par des croix en grès rose (journal les Dépêches 16-03-1991)

En ce qui concerne le monument à élever pour les garibaldiens, le monument était déjà fait, mais la mairie n’avait pas approuvé les sculptures et les inscriptions.

La Commission châtillonnaise de souscription, dans sa séance du 26 août 1876, approuva les modifications à effectuer et lui présenta un nouveau croquis.

Il fut alors convenu, avec M. Hubert Copin, entrepreneur, que le bonnet phrygien surmontant le faisceau serait supprimé et remplacé par une lance, que le niveau au-dessous serait effacé et que l’inscription actuelle serait effacée et une autre refaite ; enfin que le monument serait entièrement regréé.

M. Copin s’engageait à ce que le monument soit entièrement terminé et mis en place, moyennant 120 francs.

 Il n’existe aucun rapport sur l’exhumation et la réinhumation des restes des francs-tireurs.

La seule mention est celle de Léon Vigneron, faite en même temps que celle des allemands :

en novembre 1876, le commissaire de police ordonna

d’avoir, sans retard aucun, à se rendre au cimetière St Vorles, avec un cercueil propre à recevoir les restes mortels du garde national Vigneron, que les Allemands fusillèrent durant la guerre 1870-1871 près du cimetière de ce nom, et qu’ils déposèrent dans l’intérieur au pied d’un pin à gauche de la porte d’entrée, que nous exhumerions ce corps et que nous l’apporterions au cimetière St Jean pour être déposé avec les francs-tireurs au pied du monument qui est destiné à perpétuer leur mémoire [i].

Aujourd’hui, le monument se présente sous forme d’un parallélépipède de 0,72 X 1,50 m, et de 2,20 m de hauteur, lequel se trouve à l’intérieur d’une bordure en pierre d’environ 2 m2, avec des plots en pierre surmontés de boules en fer, le tout relié par des chaînes.

[i] Archives nationales ; communiqué par M. Blanchard.

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 15 :croquis du deuxième projet du monument aux garibaldiens  AMC 1M36)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 16 :Le monument aux garibaldiens aujourd'hui)

Les monuments élevés aux morts de  la "surprise" de Châtillon

(Figure 17 :Plan actuel du cimetière Saint-Jean (mairie de Châtillon)

Lors de sa séance du 25 janvier 1877, la Commission, estimant que son rôle était achevé, se déclare dissoute ; avant de se séparer, une collecte est faite parmi les membres pour l’achat de couronnes funéraires qui seront placées sur le monument par les soins de M. Pelletier.

(Dominique Masson)

Remerciements à M. Günter Wiesendahl, historien allemand de Hamm, et à M. Jean-Paul Blanchard, historien icaunais, pour la communication de leurs recherches.

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 6 Mai 2021

Châtillon sur Seine a été proclamée, il y a peu, "Ville Impériale".

En effet, notre ville conserve  de nombreux  souvenirs de l'époque  de l'Empire de Napoléon 1er.

En particulier cette "belle croix" qui se situe au confluent de la rue Saint-Jean et de la rue Docteur Robert.

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

 Napoléon avait une très grande amitié pour Auguste Viesse de Marmont, dont il avait déjà fréquenté le château.

Voici ce nous rapporte Las Cases dans le tome IV du "mémorial de Sainte-Hélène", au sujet de Marmont, au moment où l'Empereur évoque les généraux de l'armée d'Italie.

Il s'est arrêté sur l'un de ceux qu'il avait le plus aimés, Marmont.

L'empereur revenant en arrière, disait l'avoir élevé comme un père eût pu le faire de son fils.

"Il n'avait pu entrer dans le corps royal de l'artillerie, et avait dû s'attacher à un régiment provincial. neveu, disait l'empereur, d'un de mes camarades à Brienne et au régiment de la Fère, qui me le recommanda  en partant pour l'émigration

Cette circonstance m'avait mis dans le cas de lui servir d'oncle et de père, ce que j'avais réellement accompli ; j'y pris un véritable intérêt, et j'avais de bonne heure fait sa fortune.

Son père était chevalier de Saint-Louis, propriétaire de forges en Bourgogne, et jouissait d'une fortune considérable."

Napoléon racontait qu'en 1794 (lire 1795) revenant de l'armée de Nice à Paris, le château du père se trouvait près de sa route. il s'y arrêta et y fut magnifiquement traité, commençant déjà à avoir une certaine réputation.

Ce père, du propre dire du fils, était un véritable avare ;mais il avait à cœur de bien traiter son hôte, qui venait d'avoir tant de bonté pour son fils, et qu'il le fit à la façon fastueuse des avares : il voulait qu'on jetât tout par les fenêtres,.

On était en juillet-août et il ordonna dans toutes les chambres des feux à étouffer. ce trait, terminait Napoléon, eût été recueilli par Molière.

Napoléon Bonaparte a séjourné au château de Marmont à plusieurs reprises, du 18 au 22 mai 1795 et du 12 au 13 mars 1796 alors que tout jeune marié avec Joséphine de Beauharnais, il partait prendre le commandement de l'armée d'Italie.

Le 15 germinal an XIII (5 avril 1805), devenu Empereur,  Napoléon 1er, accompagné de l'Impératrice Joséphine, était en route vers Milan pour se faire couronner roi d'Italie.

Le cortège passa par Châtillon sur Seine et il ne fait aucun doute que Marmont les accueillit de nouveau somptueusement dans son château !

Le 8 avril 1805, c'est le pape Pie VII qui passa à Châtillon pour retourner à Rome, après un séjour à Paris, séjour  qui avait suivi le couronnement de l'Empereur.

Ce furent deux jours de liesse et de festivités pour les habitants et les autorités de la Ville.

En souvenir de ces deux  passages, un monument commémoratif fut élevé route de Chaumont (actuelle rue Docteur Robert) sous la forme d'

un obélisque en pierre surmonté d’une croix en fer forgé, posé sur un piédestal carré, assis lui-même sur un large emmarchement à six degrés cantonné de grosses bornes.

(source : le site des villes impériales)

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

Deux inscriptions en latin furent gravées sur le socle de la "belle croix".

L'une rendant hommage à l'Empereur et à l'Impératrice et remerciant le Pape de sa bénédiction :

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

D'autres inscriptions sont visibles sur la quatrième face, elles honorent les constructeurs de cette obélisque, dite "la belle croix".

La "belle croix" de la rue Docteur  Robert

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 3 Mai 2021

A la veille de la commémoration du décès, à Sainte-Hélène, de Napoléon 1er, il est bon de se souvenir de tout ce que cet homme controversé a apporté à la France.

Ce bilan est vraiment très intéressant, bien qu'aujourd'hui certaines autres de ses décisions soient contestées...

Pour ma part, je lui reproche ses guerres incessantes accompagnées de millions de morts et de blessés.

Je rendrai d'ailleurs prochainement hommage à quelques uns de ses soldats originaires de notre département.

Voici un petit résumé de ce qu'il a accompli pour la France:

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 1 Mai 2021

Günter Wiesendahll m'envoie un texte paru dans le journal de sa ville de Hamm en Westphalie, le Westfälischer Anzeiger, sur Napoléon 1er .

Il l'a traduit pour moi et comme je le trouve très intéressant et original, je pense qu'il mérite vraiment d'être publié ici.

Westfälischer Anzeiger, le 30 avril 2021

NAPOLÉON BONAPARTE

À l'occasion du 200e anniversaire de la mort de l'empereur et conquérant français

Ce que l'on sait moins sur Napoléon 

Il se couronna empereur et mourut en exil à Sainte-Hélène: jusqu'ici, tout est connu de la vie de Napoléon Bonaparte.

Mais quel véhicule préférait-il utiliser pour aller au combat, et comment ses camarades de classe l'appelaient-ils ?

(Un article de CORINNA SCHWANHOLD Berlin / Paris )

 

Napoléon Bonaparte (1769-1821) a façonné l'Europe à ce jour et  l'héritage de l'empereur autoproclamé se fait encore sentir en Allemagne.

Le fait que les couples doivent d'abord se rendre au bureau de l'état civil avant un mariage à l'église lui revient, tout comme le droit civil allemand.

Mais certains détails - ou légendes - sont moins connus même 200 ans après la mort de Napoléon (5 mai 1821)

Surnom "Nasenpopel"

Au début de ses années d'école, il n'était pas prévisible que Napoléon entrerait un jour dans l'histoire.

Ses camarades de classe, sur le continent français, ont taquiné le Corse natal pour son dialecte et lui ont donné un surnom peu flatteur: ils l'auraient appelé  "Nasenpopel"  * écrit le biographe Günter Müchler.

De nombreux camarades de classe se sont peut-être frottés les yeux lorsque l'étranger s'est levé pour devenir empereur.

*Traduction de Günter Wiesendahl :

Vous ne connaissez peut-être pas le terme «Nasenpopel».Cela veut dire:

"Vous creusez un "Popel" de votre nez avec votre
doigt"


*
Mais moi j'ajoute :

 En France on dit que les camarades de Napoléon l'appelaient
"la paille au nez" !

Chapeaux de prix...

Une tenue avec un chapeau Napoléon ?

Quiconque veut s'habiller en empereur français devrait fouiller profondément dans ses poches - au moins pour un original.

On dit que 19 chapeaux typiques de Napoléon ont survécu - mais certains d'entre eux coûtent des millions en vente libre.

En 2014, un collectionneur sud-coréen a payé un peu moins de 1,9 million d'euros pour la coiffure de Napoléon.

En 2018, cependant, un acheteur a fait une véritable aubaine - selon les médias français, il s'est procuré un chapeau sur le champ de bataille de Waterloo pour 350 000 euros.

Campagne du "mobil home"

Été, soleil, plage et mer - beaucoup de gens aiment voyager avec une caravane en vacances.

Les compagnons mobiles auraient eu des fans dès leur plus jeune âge - le pharaon Cléopâtre aurait aimé parcourir de longues distances dans une voiture équipée d'une tente solaire.

On dit que Napoléon a combattu durant ses batailles depuis une sorte de maison mobile, comme l'écrit Ulrich Kubisch dans son livre "Wohnwagen".

Le mobile, cependant, était plus susceptible d'avoir été un autocar de voyage qui servait à la fois de bureau et de chambre à coucher.

Sa stature n'était pas si petite

Un homme petit avec un grand chapeau et un grand ego: c'est ainsi que Napoléon était souvent représenté dans les caricatures britanniques de son vivant.

Même devant les tribunaux européens, il était méprisé comme un «petit homme».

Ce que beaucoup ne savent pas à ce jour: Napoléon mesurait au moins 1,68 mètre en moyenne à l'époque.

Le fait qu'il ait été considéré comme petit pendant longtemps était probablement dû à des abus correspondants de la part de ses adversaires - mais aussi à une erreur de mesure.

À la mort de Napoléon, le médecin a constaté que la règle mesurait «cinq pieds et deux pouces - c'est-à-dire, selon les normes anglo-américaines, un bon 1,57 mètre.

Il s'agissait cependant de l'ancienne mesure française.

Vaincu par le virus

En tant que général, Napoléon a subi quelques défaites .

Un virus a également contribué à cela, c'est  le virus qui cause la fièvre jaune.

Elle s'est répandue au printemps 1802 parmi les soldats français de la colonie de Saint-Domingue, comme l'écrit Sébastien Jutzi dans son livre "Quand un virus a vaincu Napoléon".

L'agent pathogène a finalement aidé à transformer la colonie en État d'Haïti - le premier État indépendant d'Amérique latine et le premier État formé par d'anciens esclaves.

Le Franzbrötchen à la cannelle et au sucre

Vous ne devriez pas manquer un café ou un petit-déjeuner à Hambourg, car le Franzbrötchen est typique de la métropole hanséatique.

Le nom suggère déjà que la pâtisserie à la cannelle et au sucre pourrait être un «French roll».

En fait, selon toute vraisemblance, il a été créé pendant l'occupation napoléonienne.

Un boulanger d'Altona est considéré comme  son "Inventeur", mais il a dû reprendre son entreprise à un Français.

La question de savoir s'il a fait les rouleaux pour les troupes de Napoléon reste controversée.

Une chose est sûre: le "Franzbrötchen" appartient toujours aujourd'hui à Hambourg comme "l'Outer Alster" et le "Michel".

 Littérature

Sebastian Jutzi: Lorsqu'un virus a vaincu Napoléon. Comment la nature fait l'histoire, Hirzel Verlag Stuttgart, 2019, 238 pages, 19,80 euros.

Günter Müchler: Napoléon. Révolutionnaire sur le Kaiserthron, Wissenschaftliche Buchgesellschaft / Theiss-Verlag, Darmstadt, 2021, 624 pages, 20 euros.

Lutz-Ulrich Kubisch: Caravane. Histoire, technologie, vacances, Transit Verlag Berlin, 1998, 222 pages, utilisé à partir de 18 euros environ. 

CONSEIL TV Documentation

Politicien général et habile du pouvoir.

Mais aussi tyran et boucher humain. Napoléon Bonaparte (1769-1821) est l'une des figures les plus célèbres, mais aussi l'une des plus ambivalentes de l'histoire du monde.

Un mythe de votre vie, une icône qui n'a pas seulement façonné la France.

Il est incontestable que personne n’a ébranlé et modernisé l’Europe de manière aussi fondamentale que le Corse.

Le 5 mai 1821, Napoléon mourut en exil à Sainte-Hélène dans l'Atlantique Sud, à l'âge de 51 ans seulement.

A l'occasion du 200e anniversaire de sa mort, la chaîne culturelle franco-allemande Arte consacre un focus thématique au célèbre empereur des Français avec deux nouvelles productions de 90 minutes, qui seront diffusées les samedis 1er et 8 mai à prime l'heure à 20h15 .

Le focus commence le 1er mai avec le documentaire «Napoléon. La mort a sept vies "de Mathieu Schwartz.

Il reprend sept moments clés de la vie de Napoléon, où le Corse s'est mesuré à la mort.

Le 15 novembre 1796, par exemple, le général Napoléon survit sur le pont flottant près de Ronco all'Adige, sous  les missiles de l'ennemi autrichien.

 Il fut désormais considéré comme invincible aux yeux naïfs du temps, mais il était donc devenu inefficace: Napoléon interpréta ce suicide infructueux comme une invitation du destin à continuer d'écrire l'histoire.

Le docudrame "Napoleon - Metternich: le début de la fin", présenté le 8 mai, tourne autour d'un moment clé complètement différent.

Le 26 juin 1813, l'empereur français et l'empereur autrichien rencontrent le ministre des Affaires étrangères Klemens Fürst Metternich dans le splendide Marcolini-Palais de Dresde pour un duel verbal qui décidera de l'avenir de l'Europe

.Les deux n'auraient pu être plus différents, aussi le film ressemble à une pièce de théâtre.

Napoléon est affaibli après la défaite en Russie en 1812, mais il a de nouveau remporté deux batailles plus petites et pense qu'il est en hausse.

La question est de savoir si l'Autriche maintiendra l'alliance avec la France, ou si elle passera dans le camp des opposants russes, britanniques et prussiens.

Les revendications de Metternich sont claires: soit la France se retire à ses frontières et accepte un nouvel équilibre en Europe, soit l'Autriche change de camp.

Le docudrame fait revivre ce fatidique duel de mots pour l'Europe.

Petit homme au grand chapeau: c'est ainsi que l'on se souvient de Napoléon (dans le grand tableau sur une gravure contemporaine).

Il n'était pas du tout petit. Les autres photos publiées sur le journal, montrent une statue de Napoléon à Paris, le timbre-poste spécial français pour le 200e anniversaire de sa mort, des Franzbrötchen et l'eau de Cologne dont Napoléon raffolait.

Comment les Allemands voient Napoléon ....

(Traduction par Günter Wiesendahl en 2021)

 MERCI GÜNTER WIESENDAHL POUR TOUS VOS DOCUMENTS QUI ENRICHISSENT LE BLOG  !

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 27 Avril 2021

Jean-Louis Chapet est un collectionneur qui a déjà offert au blog 36 cartes postales sur Châtillon sur Seine :

http://www.christaldesaintmarc.com/la-collection-de-cartes-postales-de-jean-louis-chapet-c154104

Aujourd'hui il me fait parvenir une superbe carte de l'usine Thirion,  fabrique de talons en bois pour chaussures, qui je crois se situait au lieu dit "la Granitière"

Qu'ils sont beaux ces bœufs au joug et leurs vaillants vachers...

Une belle carte postale de  l'usine  nous est envoyée par Jean-Louis Chapet

Merci Jean-Louis Chapet pour ce beau témoignage du passé de notre ville

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 24 Avril 2021

 Voici encore une belle présentation de champignons que l'on peut observer dans la forêt châtillonnaise : "les bolets".

Avec les renseignements précieux de Marie-Geneviève Poillotte et les superbes photos de son mari François.

Merci à eux de nous faire connaître ces champignons et de nous indiquer s'ils sont comestibles ou pas !

bolets

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"Quelques bolets de la forêt châtillonnaise", une étude très intéressante de Marie-Geneviève et François Poillotte

"Quelques bolets de la forêt châtillonnaise", une étude très intéressante de Marie-Geneviève et François Poillotte

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 23 Avril 2021

Eulglod nous l'explique ci-dessous.

Merci à lui pour ses documents toujours si intéressants !

La Fête de la victoire

8 Mai - Fête de la victoire de 1945

 Le 8 mai 1945 est la date marquant la victoire des Troupes alliées sur l'Allemagne nazie ainsi que la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Il y eut deux signatures de reddition :

La première, le 7 mai 1945 à 02h41 à Reims, par le Maréchal Jodl, un acte de capitulation devant prendre effet le 8 Mai 1945 à 23h01.

La seconde consécutive aux exigences de Staline quant à une signature à Berlin même, le 8 Mai 1945 à 23h16 par le Maréchal Keitel.

Deux signatures de redditions mais deux textes quasiment identiques.

Curiosité consécutive aux exigences de Staline, la France retiendra la date du 8 et les Russes celle du 9, la date réelle semble pourtant être celle du 7…

8 mai

8 Mai 1945 sur les Champs Elysées
(Image Internet - Origine inconnue)

Ce jour est bien la fin de la guerre en Europe, le V-E Day (Victory in Europe Day), la capitulation du Japon, le V-J Day (ou encore V-P Day, Victory in the Pacific Day), n’étant intervenue que le 2 Septembre 1945

 Un jour férié en France

C’est par une loi du 7 Mai 1946 que la date du 8 Mai, ou du Dimanche suivant immédiatement, sera fixée pour être commémorée chaque année.

La loi du 20 Mars 1953 instaure le 8 Mai comme jour férié (mais non chômé)

Dès la fin des années 50, la volonté de réconciliation tend à supprimer ce jour de commémoration, ce qui n’est naturellement pas du goût des Associations d’anciens combattants.

Ainsi le décret du 11 Avril 1959 supprime le caractère férié du 8 Mai et fixe sa commémoration au deuxième Dimanche de Mai.

Le décret du 17 Janvier 1968 fixe à son tour la commémoration au 8 Mai, mais en fin de journée.

En 1975, les commémorations du 8 Mai sont à nouveau supprimées. Nouvelle grogne logique des anciens combattants.

 Enfin, le 2 Octobre 1981, la loi 81-893 rétabli le caractère férié de ce jour qui deviendra aussi chômé, et l’ajoute à la liste des jours fériés retenus dans le code du travail.

 

Le 8 Mai c’est aussi…

Le 8 Mai c’est aussi Sétif en Algérie, où la sanglante répression d’une manifestation dont les suites auront fait entre 1 600 et 45 000 morts selon les sources, et qui sera probablement le point de départ d’une autre guerre, celle de l’indépendance de l’Algérie.

 

http://www.eulglod.fr/morvan/

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 23 Avril 2021

 Par l'intermédiaire d'Académia, j'ai reçu une étude de Laurent Popovitch, Maître de conférences à l'Université de Bourgogne, étude qu'il a réalisée en compagnie de Dominique Goguey, Yves Pautrat, Jean-Paul Guillaumet et Jean-Paul Thevenot.

Des recherches sur les ensembles de structures de pierre sous forêt ont été  mises en œuvre depuis dix ans et ont été intégrées depuis 2003 dans le P.C.R. ‘Vix et son Environnement’, dirigé par C. Mordant, S. Wirth et B. Chaume.

Les vestiges étudiés sont implantés dans deux milieux géographiques distincts mais contigus : le plateau calcaire recouvert par la forêt domaniale de Châtillon, et les rebords de la Digeanne et du Brevon qui entaillent ce plateau à l’est et au sud.

Dix ans de recherches archéologique dans la forêt Châtillonnaise

 La  prospection présente ici des caractères particuliers liés au couvert forestier.

Les relevés G.P.S. sont intégrés dans un S.I.G. et constituent la base de cette étude, dans un va et vient constant entre les sorties cartographiées à différentes échelles et l’observation du terrain.

Une étude typologique des structures visibles en relief a été faite, appuyée en partie sur l’hypothèse d’une équivalence entre les formes dessinées par les murées de pierre, en forêt, et celles dessinées par les fossés, dans les terres agricoles (photographie aérienne).

En complément des observations spatiales, des séries de structures ont été testées au détecteur à métaux pour apporter des éléments de datation.

 Après ce bilan méthodologique, les principaux emplacements d’habitat identifiés sont présentés dans leur environnement :

-des enclos entourant les habitats en matériaux périssables identifiés (dont la description est appuyée sur des dessins de détails) sont présentés – rebords de la Digeanne, rebords du Brevon, sud du plateau – avec leur mobilier archéologique datant et  fonctionnel

-des maisons en pierre non taillées à Minot 

-deux exemples d’habitats en dur (fermes gallo-romaines) situés sur le plateau, repérés plus anciennement et réactualisés par des relevés G.P.S.

-Enfin, un chapitre de synthèse tente de faire le point sur les formes des différents enclos d’habitat et des parcellaires.

L’étude du matériel permet de cerner les principales périodes d’occupation – laténiennes et gallo-romaines – auxquelles il faut ajouter les signes d’une fréquentation plus récente, XVIe -XVIII e  siècle.

L’étude du matériel fait émerger des hypothèses de fonctions de ces différentes occupations.

Le texte intégral, passionnant, même pour des novices en archéologie,  de Laurent Popovitch, est consultable en cliquant sur ce lien :

https://journals.openedition.org/rae/6108

 Yves Pautrat nous avait présenté, en  2010 le même sujet, lors d' une  conférence au Musée du Pays Châtillonnais :

 http://www.christaldesaintmarc.com/prospections-et-sondages-archeologiques-en-forets-chatillonnaises-par--a2082887

 Laurent Popovitch était, lui aussi, venu présenter les pièces de monnaies trouvées sur les sites étudiés.

Je n'avais pu réaliser un article à cette époque car l'auteur m'avait demandé d'attendre puisqu'il n'avait pas encore publié officiellement ses recherches.

Des photos de cette conférence seront visibles dans un article qui paraîtra dans quelques jours.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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