Au cimetière Saint Thibault de Châtillon sur Seine, reposent les tirailleurs Sénégalais fusillés par les Allemands devant l'Eglise Saint Jean-Baptiste..
Un très beau monument a été érigé à leur mémoire :
Une anecdote familiale que m'a racontée Gérard Joblot: Le 17 Juin 1940,les Allemands crurent avoir tué les douze Sénégalais devant l'Eglise Saint Jean-Baptiste,mais l'un deux n'était pas mort.. Le pauvre soldat se traîna jusqu'à la ferme de la Grange-Jacob (entre Châtillon sur Seine et Ampilly le Sec) tenue par l'oncle et la tante de Gérard. Epuisé,il s'étendit sur un lit de la maison , désertée par ses habitants qui étaient partis en exode. L'exode ne dura que trois jours, et quand les fermiers revinrent ils trouvèrent le Sénégalais mort dans leur lit. Ils l'enterrèrent derrière la ferme. Son corps fut relevé après la guerre et inhumé avec celui de ses compagnons au cimetière Saint Thibault.
Dans le carré Militaire du cimetière Saint Thibault,on trouve des tombes particulières: celle du Docteur Alfred Stoll qui trouva la mort en même temps que le Docteur Bourée..
Ces deux photos ont été ajoutées postérieurement aux autres. En effet par le biais du blog,j'ai fait la connaissance du fils du Docteur Stoll qui m'a parlé de son père et de sa mort en héros aux côtés du Docteur Bourée.
Ayons donc une pensée, en ce 11 Novembre, pour tous ces disparus, morts pour la France.
Aujourd'hui,11 Novembre, il faut bien sûr rendre hommage aux combattants morts pendant les conflits de 1870,1914-1918 et 1940-1944..
Au cimetière Saint Vorles, j'ai trouvé les tombes de deux résistants célèbres:
Au cimetière Saint Jean, les monuments élevés aux combattants ennemis du conflit de 1870:
(pour l'histoire de ce major, voir la rubrique histoire de la ville:"la guerre de 1870") Des soldats tombés pendant la guerre de 1914-1918, reposent aussi au cimetière Saint Jean :
De courageux civils , morts pour la France pendant le conflit de 1940, comme celui-ci, qui a donné son nom à une rue de Châtillon sur Seine,la rue de Chaumont (nom d'un faubourg de la ville) est devenue la rue Docteur Robert :
ou celui-ci fusillé par l'ennemi:
On trouve aussi au cimetière Saint Jean un carré Militaire :
Samedi soir 7 Novembre , l’association « Châtillon-Scènes » nous a présenté un spectacle original ,consacré à la cinéaste Nelly Kaplan,et présenté par le Festival Pierres Vivantes pour le théâtre en Bourgogne et le Théâtre de l’Impossible.
Nous avions déjà eu le bonheur de connaître cette troupe talentueuse, qui nous avait ravis dans « Né..Jean de la Fontaine » au château de Rochefort.
C’est dans la jolie salle du cinéma Vox de Laignes que nous avons pu applaudir un « vagabondage –spectacle » intitulé :
« Nelly Kaplan dans tous ses états. »
Jean-Paul Noret,président de l'ASCLE, nous présenta avec humour le spectacle que nous offrait « Châtillon-Scènes »..
Mais qui est donc Nelly Kaplan ?
La famille de Nelly Kaplan est d'origine russe mais résidant en Argentine.
À Buenos Aires, Nelly Kaplan commence des études de sciences économiques.
En 1953, elle arrive à Paris comme représentante de la cinémathèque argentine à l'occasion d'un congrès international. Elle décide de s'y installer et travaille comme correspondante pour des journaux argentins.
En 1954, Nelly Kaplan rencontre le cinéaste Abel Gance et devient son assistante. Il lui confie la mise en scène de la deuxième équipe pour le film « Cyrano et d'Artagnan ». Elle l'assistera également pour les films « Magirama » (1956) et « Austerlitz » (1960). Cette même année 1954, elle rencontre et se lie d'amitié avec Théodore Fraenkel, ex-condisciple d'André Breton au collège Chaptal et durant la Première guerre mondiale (1914-1916) en tant qu'internes en médecine à Nantes.
En 1955, elle rencontre Philippe Soupault, puis en 1956, André Breton : le début d'"une éblouissante amitié amoureuse".
En 1961, Nelly Kaplan réalise son premier court-métrage sur le peintre Gustave Moreau, elle rencontre André Pieyre de Mandiargues et sous le pseudonyme de Belen, elle écrit plusieurs textes surréalistes.
En 1969, sort La Fiancée du pirate, son premier long métrage avec Bernadette Lafont dans le rôle principal.
Suivent d’autres films,le dernier étant « Plaisir d’Amour » qui nous a été présenté en fin de soirée.
En 1996, Nelly Kaplan a été nommée Chevalier de la Légion d'honneur pour l'ensemble de son œuvre littéraire et cinématographique.
(source Wikipedia)
Cette lecture-spectacle « Nelly Kaplan dans tous ses états », nous a fait découvrir les correspondances de Nelly Kaplan avec Abel Gance, avec André Breton et autres dialogues puisés dans ses films .
Avec Robert Bensimon ,le lecteur :
Corinne Thézier dans le rôle de Nelly Kaplan:
Michel Rolland le talentueux guitariste :
Nous avons pu écouter des lettres et des poèmes qui lui furent dédiés, d’André Breton, et de Philippe Soupault,ainsi que des moments de ses correspondances récemment publiées, avec Abel Gance et avec André Pieyre de Mandiargues.
Et en alternance ,nous avons pu écouter d’autres poèmes, de Belen et d’Apollinaire comme « la Loreley » ,un très beau poème que je ne résiste pas à publier....
A Bacharach, il y avait une sorcière blonde,
Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde.
Devant son tribunal l'évêque la fit citer.
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté.
O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie ?
Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits,
Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri.
Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries.
Jetez, jetez aux flammes cette sorcellerie.
Je flambe dans ces flammes, Ô belle Loreley
Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé.
Evêque vous riez.. Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège.
Mon amant est parti pour un pays lointain,
Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien.
Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure,
Si je me regardais il faudrait que j'en meure,
Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là,
Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla.
L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances.
Menez jusqu'au couvent cette femme en démence.
Va t'en Lore en folie, va Lore aux yeux tremblants
Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc.
Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre.
La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres.
Chevaliers, laissez-moi monter sur ce rocher si haut
Pour voir une fois encore mon beau château,
Pour me mirer une fois encore dans le fleuve,
Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves.
Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés.
Les chevaliers criaient: Loreley.. Loreley..
Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle
Et mon amant s'y tient, il m'a vue, il m'appelle.
Mon coeur devient si doux, c'est mon amant qui vient.
Elle se penche alors et tombe dans le Rhin,
Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley,
Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil.
Les textes additifs , qui furent soumis à l'oeil incisif de Nelly Kaplan , ont été écrits par Robert Bensimon lui-même, qui nous dit avoir aimé l’horizon de liberté physique et morale, le pied de nez permanent et l’audace exaltée de son œuvre.
Car Nelly Kaplan est une chance pour la société des femmes et des hommes libres.C’est une femme passionnée qui ne veut ressembler qu’à elle-même.
Qu'elle écrive ou qu'elle filme, Nelly Kaplan refuse les conventions sociales, morales, ou esthétiques.
Dans ses livres comme dans ses films, on retrouve un ton unique, irrévérencieux, volontiers provocant, où se manifeste un goût violent pour la plus totale liberté d'expression.
Ce qui lui a valu sa notoriété c’est son humour, sa révolte, son immoralisme et l’érotisme de ses propos.
«la Fiancée du pirate» a d’ailleurs failli être interdit...
Nelly Kaplan a subi aussi une interdiction pour un roman paru chez Jean-Jacques Pauvert,intitulé «Mémoires d’une liseuse de draps», ressorti ensuite sous le titre «Un manteau de fourrure».
Et femme passionnée, elle déclare :
C’est une lutte éternelle: il faut brûler les inquisiteurs au lieu de se faire brûler!
Après le spectacle,nous furent projetés des extraits du film : « Abel Gance et son Napoléon » écrit et réalisé par Nelly Kaplan, présenté par Michel Drucker .
Le Napoléon d'Abel Gance fut l'une des épopées les plus fascinantes de l'histoire du cinéma. Nelly Kaplan nous fait revivre le tournage du film et nous donne ainsi à revoir la magnifique scène de la bataille de boules de neige,tournée par Abel Gance, à Brienne,pas très loin de chez nous...
Après le délicieux vagabondage-spectacle « Nelly Kaplan dans tous ses états », Robert Bensimon,Corinne Thézier et Michel Rolland nous convièrent à une séance de dédicaces,dans la belle médiathèque de Laignes,l’ancien café des Chiens ..
Robert Bensimon, metteur en scène, acteur, est aussi écrivain et poète,voici un de ses textes,tiré du recueil qu’il est en train de me dédicacer :
Tu as donné le secret.
Mais tu ignorais ton rôle
Et qui te l’aurait confié.
Tu t’es retrouvé porteur.
La grâce est là : être là.
Un éveilleur de conscience.
Tu l’as croisé,il t’aimait.
Son souvenir porte feu.
D’une lumière consentante.
Poésie ! tu es lié.
Poésie qui est portée
Du lointain au plus intense
du disparu en nous-mêmes
de la flamme à l’étincelle
du regard qui s’en saisit.
Un autre poème de Robert Bensimon :
L’exacte lumière
Du cœur
Chance nommée
Apparue
Tu souris
douce claire
Allez donner des mots là où le temps se marie
Avec largesse et joie !
L’infini reprit souffle
En un corps de lumières.
Yolande Estrat,la présidente de Châtillon-Scènes ne cachait pas sa joie devant la réussite de cette soirée !
Un délicieux apéritif-dînatoire , préparé par Madame Garnier, suivit les dédicaces, dans la salle des fêtes de la Mairie de Laignes..
Aldo Magno qui fonda avec Sylvain Marmorat la compagnie du Rocher des Doms,était là lui aussi,venu de l'Yonne voisine...
Madame Garnier , très en forme, nous interpréta une chanson et fut récompensée par un « ban Bourguignon » !
Puis nous sommes retournés dans la salle du Vox pour assister à la projection du film de Nelly Kaplan ,son dernier,de 1991 :
« Plaisir d’amour » ,un film jubilatoire,très féministe où le séducteur,joué par un magnifique Pierre Arditi n’a pas le beau rôle face à trois " orchidées sauvages " interprétées par Françoise Fabian,Dominique Blanc et CécileSanz de Alba.
Voici la bande annonce du film :
Ce fut une très belle soirée proposée par Châtillon Seine..
Après le théâtre avec "né..Jean de la Fontaine",le cinéma avec "Nelly Kaplan dans tous ses états",Châtillon-Scènes nous proposera le 26 Novembre une évocation du grand poète Tchèque devenu président:Vaclav Havel..
Avec toujours l'excellente troupe du Théâtre de l'Impossible du Festival Pierres Vivantes ..
Voici une jolie statue de Saint Antoine qui se trouve rue Docteur Robert,presqu'en face du château de Marmont..
Cette statue (enfin l'ancienne,car celle-ci est une copie) se trouvait en haut de la porte Saint Antoine,une des portes d'entrée de Châtillon sur Seine. La porte Saint Antoine était la sortie nord des fortifications dites de Chaumont, vers Laignes ou Paris ( par le pont de la maladière). Cette porte fut démolie en 1838 et un pan de mur de cette forteresse sera conservé par la famille Viesse,afin de placer la niche abritant la statue de Saint Antoine qui tronait au-dessus de cette porte.
Cela fait 30 années que je passe presque tous les jours devant cette statue,sans la remarquer ! Merci à Monsieur Gérard Joblot de me l'avoir fait découvrir.. Gérard Joblot fait partie d'une ancienne famille Châtillonnaise dont les membres ont tous été très liés aux châtelains de Châtillon sur Seine, (de Marmont à la famille Maître) et il connaît très bien tout ce qui a trait à l'ancienne ville,au Maréchal Marmont et à la dynastie Maître. Mais de cette famille fort intéressante, je vous reparlerai sans doute bientôt...
Des travaux ont lieu sur le cours de la Seine, au "Fourneau".. Il s'agit de la suppression du vannage près de l'ancienne usine. René en a rapporté quelques photos pour le blog.
Voici l'ancienne usine qui fut ,entre autres,un lieu où l'on fabriquait des talons de chaussures..
Un vannage existait en amont de l'usine,mais il n'a plus de raison d'être.Il empêchait la Seine de couler librement,et pouvait provoquer des débordements en période de crue.
Les berges vont être stabilisées
On voit ici le géotextile qui permettra la stabilisation des berges. Merci René pour vos photos..
L'Eglise de Sainte Colombe sur Seine est au centre du village. C'est une reconstruction datant de 1839, de style classique très sobre, avec une tour de clocher sans flèche.
La nef et les collatéraux sont simplement plafonnés. Les murs intérieurs sont en pierre apparente, ce qui fait qu'ils sont parfaitement nets, contrairement aux églises dont les murs ont été plâtrés et qui se dégradent.. J'ai remarqué que cette belle église est remarquablement entretenue, contrairement à d'autres : pas de poussière, ni de toiles d'araignée, les nappes sont d'une blancheur éclatante, aussi je félicite la Commune et ses paroissiens qui prennent si bien soin de leur église !
Ici on voit un très beau Christ en ivoire du XVIIIème siècle
Plusieurs reliquaires ornent l'église..
Ici le reliquaire de Saint Laurent,qui est le patron de l'église de Sainte Colombe sur Seine. On peut voir aussi des statues comme celle de Sainte Colombe, qui a donné son nom à la ville..
Un Saint Eloi:
Un bel orgue surmonte la nef..
J'ai admiré un superbe chemin de Croix,réalisé, m'a-t-on dit, par un habitant de Sainte Colombe sur Seine, monsieur d'Herbomez, avec du fil tréfilé à l'usine.. Les personnages sont d'une finesse incroyable !
L'église de Sainte Colombe possède aussi un beau lutrin et un chandelier original..
J'y ai vu également un très beau baptistère..
Sainte Colombe manifeste un grand attachement à un enfant du pays : Le Père Pierre Chaumonnot qui partit au Canada évangéliser les Hurons..
Une chapelle, à gauche de l'entrée, a été aménagée pour expliquer aux visiteurs l'action de ce prêtre jésuite..
Des panneaux très clairs relatent la vie et l'oeuvre de Pierre Chaumonnot..
Un petit musée existait près de l'église de Sainte Colombe sur Seine, destiné à évoquer la vie et l'apostolat de Pierre Chaumonnot au pays des Hurons. Il a hélas fermé une quinzaine de jours avant que je prévoie de m'y rendre, j'en ai été très déçue,dommage pour le blog !.. En partant un dernier regard au joli bénitier..
Et tout près de l'église , se dresse une belle croix du XVIème siècle..