Publié le 3 Novembre 2014

Le chant du poilu

La ville de Châtillon sur Seine, organise depuis septembre 2014, de nombreuses manifestations commémorant le début de la Grande Guerre.

Des animations ont déjà eu lieu, Hubert Brigand nous les a rappelées, d'autres suivront.

Elles figurent sur le dépliant que l'on peut se procurer en Mairie ou à l'Office du Tourisme :

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le vendredi 7 novembre, c'est la Bibliothèque Municipale qui a proposé une conférence musicale "Le chant du poilu", animée par Jacques Perciot.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Annick Gueneau, bibliothécaire, nous a présenté le conférencier Jacques Perciot.

Jacques Perciot est un grand spécialiste de la chanson ancienne et contemporaine. Longtemps animateur de radio, il a écrit de nombreux livres sur les artistes prestigieux qu'il a connus.

 Pour cette conférence sur les chansons de l'époque 14-18, il a réuni de nombreux extraits, illustrés de photos d'époque, qu'il nous a fait entendre, mais il a chanté aussi a capella, d'une voix magnifique, certaines œuvres moins connues.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Jacques Perciot nous a tout d'abord rappelé que des chansons patriotiques ont existé de tout temps, mais que certaines de celles-ci, fustigeant les Allemands (à cette époque les Prussiens) ont vu le jour après la défaite de Sedan. Comme ce "clairon" qui date de 1875 :

Le Clairon

L'air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend .

Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
Il a vu mainte bataille
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.

C'est lui qui guide la fête
Jamais sa fière trompette
N'eut un accent plus vainqueur;
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'âme,
Le courage monte au cœur.

On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les Prussiens sont adroits.
Quand enfin le cri se jette:
" En marche! A la baïonnette !"
Et l'on entre sous le bois.

A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.

Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée
Précipitant la mêlée,
Le vieux Clairon sonne encor.

Il est là, couché sur l'herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.

Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le clairon s'arrête,
Sa dernière tâche est faite,
Il achève de mourir.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Au début du conflit de 14-18, le genre patriotique renaît. A ce moment on emploie des mots destinés à disqualifier l'ennemi, on le traite de boche, de vautour, de porc, de rat. Dans une chanson de Vincent Scotto on peut entendre ceci "les boches c'est comme les rats, plus on en tue, plus il y en a".

Ce chant, "Cocorico ! ou "L'aigle et le coq", dont les paroles sont de Bertal-Maubon et la musique de Léo Daniderf, date de 1918.

Cocorico

 Il était un aigle puissant
Qui faisait des rêves de sang
Et qui voulait tenir le monde
Entre ses deux griffes immondes
Il roulait vers le coq gaulois
Ses gros yeux fourbes et sournois
Et l'entourait diplomatique
D'ambassadeurs trop pacifiques
Mais le jour où l'on a compris
Qu'il fallait prendre les fusils

Cocorico ! Le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
L'aigle a compris dans un long sursaut
Que devant ses vaines menaces
Le coq lançait vibrant d'audace
Un appel a tous les échos
Debout les gars !
Debout les gars !
Cocorico !

Désormais l'aigle est dépouillé
Et le sol qu'il avait souillé
Porte la fière cicatrice
De tout l'immense sacrifice
Ce n'est pas pour rien que les gars
Bravement sont tombés là-bas
Leur sang sèche sur le monde
La sève est déjà plus féconde
Pour saluer cet avenir
Et tout ceux qui surent mourir

Cocorico le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
Les gars, chantez ! Le coq plus beau
Et toujours plus grand que la veille
Sait encore faire une merveille
Quand il lance à tout les échos
Cocorico !
Cocorico !
Cocorico !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Ces chansons sont chantées dans les  "caf'conc", puis enregistrées sur des cylindres et des disques, mais peu de gens possèdent des tourne disques, la radio, la télé n'existent pas. Les chansons sont imprimées sur ce qu'on appelle des "petits formats", et on les chante entre amis. Il faut savoir qu'à cette époque on chante beaucoup en famille , dans les réunions, les mariages...

Les textes de ces chansons et leurs mélodies sont très soignées et émouvantes , comme cette prière des ruines.

La prière des ruines

La nuit couvre la ville où passa ma bataille
Plus de clochers, des toits brûlés
La lune se répand sur des pans de muraille
Grands fantômes démantelés
Sur l'étrange décor qui dans le soir sommeille
Soudain s'élève une rumeur
Est-ce la voix du vent qui tout à coup s'éveille ?
Non... C'est tout un chant de grandeur

Refrain :
La prière des ruines
Monte du fond des nuits
Au dessus des collines
Parle au passant et dit
D'une ville prospère
Près des riants coteaux
Regardez la misère
Qu'ont fait mes bourreaux

Auprès d'un carrefour où le canon fit rage
Abattant et nivelant tout
Comme par miracle en ce désert sauvage
Un calvaire est resté debout
Le Christ au front penché plein de pitié regarde
Le chaos triste et dévasté
On dirait qu'obstiné le rédempteur s'attarde
A prêcher la fraternité

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit du fond des nuits
Par cette voix divine
Frères soyez unis
Tout est noir et stérile
Où le bonheur vivait
Ah! de mon évangile
Hommes qu'avez vous fait ?

Mais à chaque printemps qui fleurit la nature
Les ruines ont des nids d'oiseaux
Cité tu vas renaître et panser tes blessures
regardant vers les temps nouveaux
Bientôt tout ce qui chante et tout ce qui travaille
Entre tes murs va revenir
Et déjà monte au bruit de la vie qui tressaille
L'hymne d'espoir et d'avenir

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit dans le soleil
Les lointains s'illuminent
Demain c'est le réveil
C'est la joie qui va suivre
La fin des jours mauvais
Les hommes veulent vivre
Et travailler en paix

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Un auteur très connu de l'époque, Louis Bousquet, avait composé une chanson cocardière en 1913, intitulée "Quand Madelon". Chantée par Bach, elle n'avait eu aucun succès ! Or, dès la déclaration de guerre la chanson renaît, elle aura un succès phénoménal, tel qu'on la chante encore aujourd'hui !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Quand Madelon

Pour le repos, le plaisir du militaire
 Il est là-bas à deux pas de la forêt
 Une maison aux murs tout couverts de lierre
 "Aux tourlourous", c'est le nom du cabaret
 La servante est jeune et gentille
 Légère comme un papillon
 Comme son vin, son oeil pétille
 Nous l'appelons la Madelon
 Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
 Ce n'est que Madelon, mais pour nous c'est l'amour.

Refrain:
 Quand Madelon vient nous servir à boire
 Sous la tonnelle, on frôle son jupon
 Et chacun lui raconte une histoire
 Une histoire à sa façon
 La Madelon pour nous n'est pas sévère
 Quand on lui prend la taille ou le menton
 Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
 Madelon, Madelon, Madelon !

 Nous avons tous au pays une payse
 Qui nous attend et que l'on épousera
 Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
 Ce qu'on fera quand la classe rentrera.
 En comptant les jours, on soupire
 Et quand le temps nous semble long
 Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
 On va le dire à Madelon.
 On l'embrass' dans les coins, elle dit : "Veux-tu finir ..."
 On s'figure que c'est l'autr', ça nous fait bien plaisir

Refrain

Un caporal, en képi de fantaisie
 S'en fut trouver Madelon un beau matin
 Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
 Et qu'il venait pour lui demander sa main
 La Madelon, pas bête en somme
 Lui répondit en souriant :
 "Et pourquoi prendrais-je un seul homme
 Quand j'aime tout un régiment?
 Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
 J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin !

 Refrain

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Durant la première guerre mondiale, Georges Montéhus s'est fait le chantre de l'Union Sacrée et a composé et chanté des chansons engagées comme la Butte Rouge, que nous avons pu entendre, interprétée par Marc Ogeret, un châtillonnais très connu.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Cette chanson écrite par Montehus et G. Krier, a été  reprise par Marc Ogeret sur son album "Chansons de Révolte et d'Espoir" en 1974. 

La butte rouge

Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.

Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.

Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains ...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Pour les poilus la vie est dure, on attend le quart de vin que l'on appelle le pinard, qui redonnera un peu de courage, et l'on chante :

 Le pinard

Sur les chemins de France et de Navarre
Le soldat chante en portant son bazar
Une chanson authentique et bizarre
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

{Refrain:}
Un ! deux !
Le pinard c'est de la vinasse
Ça réchauffe là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Vive le pinard, vive le pinard !

Aimer sa sœur, sa tante, sa marraine
Jusqu'à la mort, aimer son étendard,
Aimer son frère, aimer son capitaine,
Ça n'empêche pas d'adorer le pinard

{au Refrain}

Fier inventeur de la pomme de terre
On a donné ton nom à des esquarres
Mais dis-nous donc alors, que faut-il faire
Pour honorer l'inventeur du pinard ?

{au Refrain}

Jeune marmot, bois le lait de ta mère
C'est ton devoir, mais songe que plus tard
Cette boisson te paraîtra z'amère,
Un vrai poilu ne boit que du pinard

{au Refrain}

Le vieux garçon, on s'éloigne à sa vue,
Le vieux laid'ron, on le met z'au rencard,
La vieille bouteille est toujours bienvenue,
Plus il est vieux, plus on aime le pinard

{au Refrain}

Cèpe des bois, nourriture bien digne
De parfumer le repas d'un Boyard,
Tu ne vaudras jamais le cep de la vigne,
Vu que c'est lui qui donne le pinard.

{au Refrain}

Dans le désert, on dit qu'le dromadaire
N'a jamais soif, mais c'est des racontars,
S'il ne boit pas, c'est qu'il n'a que d'l'eau claire,
Il boirait bien s'il avait du pinard

{au Refrain}

On tue les poux avec l'insecticide,
On tue les puces avecque du coaltar,
On tue les rats avecque des acides
Et le cafard en buvant du pinard

{au Refrain}

On tend l'jarret pour avoir de l'allure,
On tend des pièges pour prendre le renard,
On tend son arc pour avoir la main sûre,
Moi j'tends mon quart pour avoir du pinard

{au Refrain}

Si vous avez compris ma chansonnette
Je vous en prie, ne soyez pas flemmards,
Prouvez-moi-le en chantant z'à tue-tête
Le gai refrain de "Vive le pinard !"

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le temps est long dans les tranchées, on s'occupe entre deux attaques à confectionner des objets avec du laiton, on parle des poux, on fustige les "mercredis", c'est à dire des commerçants qui profitent des poilus, on évoque avec tendresse l'épouse ou la marraine de guerre...

On attend aussi la "roulante" qui apporte le rata...

La chanson qui suit m'a beaucoup émue, car mon grand-père qui était cuisinier (il avait travaillé avec Escoffier à Londres) était tout naturellement responsable de la "roulante" de son régiment à Koritza en Albanie. C'est en emportant la roulante à ses poilus qu'il fut tué par un obus en juin 1917...Mon père fut de ce fait pupille de la Nation, je suis sûre qu'il aurait eu les larmes aux yeux en écoutant "A la roulante"...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

A La roulante

Les nouveaux riches dînent chez Fayard
Les profiteurs ils ont un bar
Mais le poilu lui se sustente
A la roulante

Y'a du peuple le lundi, l'mardi
Les autr's jours, ben y'en a aussi
Et ça r'commence la semaine suivante
A la roulante

Quand elle passe dans un pat'lin
Les vaches la prenant pour un train
Font un sourire d'un mètre cinquante
A la roulante

Souvent il vient des députés
Qui d'mandent aux poilus épatés
- La bectance est elle suffisante ?
A la roulante

Et les poilus d'un air moqueur
Ils répondent la bouche en coeur
Oh ! monsieur elle est épatante !
A la roulante

Les types s'en vont sur leurs autos
Et on imprime dans les journaux
Ils ont tous une mine épatante
A la roulante

Eh ! ben y'a du vrai dans c'bobard
Mais c'qui leur donne cet air flambard
C'est pas l'menu qu'on leur présente
A la roulante

Non... C'est une chose, un je n'sais quoi
Qu'on sent flotter autour de soi
Dans la vapeur qui monte et chante
A la roulante

C'est le souv'nir d'la Somme et d'Verdun
L'idée enfin qu'on est quelqu'un
Comme qui dirait d'la gloire vivante
A la roulante

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Les poilus, fatigués de cette guerre interminable et si meurtrière composèrent des textes contestataires sur des airs connus. Ces chansons étaient interceptées par la censure, on se cachait donc pour les chanter. La chanson de Lorette, par exemple, évoque les mutineries qui éclatèrent dans l'armée, mutineries sauvagement réprimées par les supérieurs militaires.

La chanson de Lorette, publiée par Paul Vaillant-Couturier en 1919, s'intitule aussi Chanson de Craonne (du nom de la commune de Craonne). C'est une chanson de tradition orale, chantée par des soldats entre 1915 et 1917et interdite par le commandement.

La chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Une multitude de chansons a existé durant la Grande Guerre, mais le genre s'est perpétué plus tard, même de nos jours ! Barbara, Maxime le Forestier ont évoqué le conflit..Le poète Louis Aragon a composé un très beau texte que Léo Ferré a mis en musique...

Si beau, que tous les auditeurs châtillonnais ont applaudi à tout rompre après sa diffusion..

Léo Ferré chante "Tu n’en reviendras" pas de Louis Aragon

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac l’haleine la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri

Merci à Jacques Perciot pour sa conférence magistrale, émouvante au possible.

Voici son site : http://jacques-perciot.monsite-orange.fr/

S'il passe chez vous, allez l'écouter, vous ne le regretterez pas !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Le chant du poilu

La ville de Châtillon sur Seine, organise depuis septembre 2014, de nombreuses manifestations commémorant le début de la Grande Guerre.

Des animations ont déjà eu lieu, Hubert Brigand nous les a rappelées, d'autres suivront.

Elles figurent sur le dépliant que l'on peut se procurer en Mairie ou à l'Office du Tourisme :

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le vendredi 7 novembre, c'est la Bibliothèque Municipale qui a proposé une conférence musicale "Le chant du poilu", animée par Jacques Perciot.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Annick Gueneau, bibliothécaire, nous a présenté le conférencier Jacques Perciot.

Jacques Perciot est un grand spécialiste de la chanson ancienne et contemporaine. Longtemps animateur de radio, il a écrit de nombreux livres sur les artistes prestigieux qu'il a connus.

 Pour cette conférence sur les chansons de l'époque 14-18, il a réuni de nombreux extraits, illustrés de photos d'époque, qu'il nous a fait entendre, mais il a chanté aussi a capella, d'une voix magnifique, certaines œuvres moins connues.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Jacques Perciot nous a tout d'abord rappelé que des chansons patriotiques ont existé de tout temps, mais que certaines de celles-ci, fustigeant les Allemands (à cette époque les Prussiens) ont vu le jour après la défaite de Sedan. Comme ce "clairon" qui date de 1875 :

Le Clairon

L'air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend .

Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
Il a vu mainte bataille
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.

C'est lui qui guide la fête
Jamais sa fière trompette
N'eut un accent plus vainqueur;
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'âme,
Le courage monte au cœur.

On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les Prussiens sont adroits.
Quand enfin le cri se jette:
" En marche! A la baïonnette !"
Et l'on entre sous le bois.

A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.

Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée
Précipitant la mêlée,
Le vieux Clairon sonne encor.

Il est là, couché sur l'herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.

Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le clairon s'arrête,
Sa dernière tâche est faite,
Il achève de mourir.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Au début du conflit de 14-18, le genre patriotique renaît. A ce moment on emploie des mots destinés à disqualifier l'ennemi, on le traite de boche, de vautour, de porc, de rat. Dans une chanson de Vincent Scotto on peut entendre ceci "les boches c'est comme les rats, plus on en tue, plus il y en a".

Ce chant, "Cocorico ! ou "L'aigle et le coq", dont les paroles sont de Bertal-Maubon et la musique de Léo Daniderf, date de 1918.

Cocorico

 Il était un aigle puissant
Qui faisait des rêves de sang
Et qui voulait tenir le monde
Entre ses deux griffes immondes
Il roulait vers le coq gaulois
Ses gros yeux fourbes et sournois
Et l'entourait diplomatique
D'ambassadeurs trop pacifiques
Mais le jour où l'on a compris
Qu'il fallait prendre les fusils

Cocorico ! Le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
L'aigle a compris dans un long sursaut
Que devant ses vaines menaces
Le coq lançait vibrant d'audace
Un appel a tous les échos
Debout les gars !
Debout les gars !
Cocorico !

Désormais l'aigle est dépouillé
Et le sol qu'il avait souillé
Porte la fière cicatrice
De tout l'immense sacrifice
Ce n'est pas pour rien que les gars
Bravement sont tombés là-bas
Leur sang sèche sur le monde
La sève est déjà plus féconde
Pour saluer cet avenir
Et tout ceux qui surent mourir

Cocorico le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
Les gars, chantez ! Le coq plus beau
Et toujours plus grand que la veille
Sait encore faire une merveille
Quand il lance à tout les échos
Cocorico !
Cocorico !
Cocorico !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Ces chansons sont chantées dans les  "caf'conc", puis enregistrées sur des cylindres et des disques, mais peu de gens possèdent des tourne disques, la radio, la télé n'existent pas. Les chansons sont imprimées sur ce qu'on appelle des "petits formats", et on les chante entre amis. Il faut savoir qu'à cette époque on chante beaucoup en famille , dans les réunions, les mariages...

Les textes de ces chansons et leurs mélodies sont très soignées et émouvantes , comme cette prière des ruines.

La prière des ruines

La nuit couvre la ville où passa ma bataille
Plus de clochers, des toits brûlés
La lune se répand sur des pans de muraille
Grands fantômes démantelés
Sur l'étrange décor qui dans le soir sommeille
Soudain s'élève une rumeur
Est-ce la voix du vent qui tout à coup s'éveille ?
Non... C'est tout un chant de grandeur

Refrain :
La prière des ruines
Monte du fond des nuits
Au dessus des collines
Parle au passant et dit
D'une ville prospère
Près des riants coteaux
Regardez la misère
Qu'ont fait mes bourreaux

Auprès d'un carrefour où le canon fit rage
Abattant et nivelant tout
Comme par miracle en ce désert sauvage
Un calvaire est resté debout
Le Christ au front penché plein de pitié regarde
Le chaos triste et dévasté
On dirait qu'obstiné le rédempteur s'attarde
A prêcher la fraternité

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit du fond des nuits
Par cette voix divine
Frères soyez unis
Tout est noir et stérile
Où le bonheur vivait
Ah! de mon évangile
Hommes qu'avez vous fait ?

Mais à chaque printemps qui fleurit la nature
Les ruines ont des nids d'oiseaux
Cité tu vas renaître et panser tes blessures
regardant vers les temps nouveaux
Bientôt tout ce qui chante et tout ce qui travaille
Entre tes murs va revenir
Et déjà monte au bruit de la vie qui tressaille
L'hymne d'espoir et d'avenir

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit dans le soleil
Les lointains s'illuminent
Demain c'est le réveil
C'est la joie qui va suivre
La fin des jours mauvais
Les hommes veulent vivre
Et travailler en paix

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Un auteur très connu de l'époque, Louis Bousquet, avait composé une chanson cocardière en 1913, intitulée "Quand Madelon". Chantée par Bach, elle n'avait eu aucun succès ! Or, dès la déclaration de guerre la chanson renaît, elle aura un succès phénoménal, tel qu'on la chante encore aujourd'hui !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Quand Madelon

Pour le repos, le plaisir du militaire
 Il est là-bas à deux pas de la forêt
 Une maison aux murs tout couverts de lierre
 "Aux tourlourous", c'est le nom du cabaret
 La servante est jeune et gentille
 Légère comme un papillon
 Comme son vin, son oeil pétille
 Nous l'appelons la Madelon
 Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
 Ce n'est que Madelon, mais pour nous c'est l'amour.

Refrain:
 Quand Madelon vient nous servir à boire
 Sous la tonnelle, on frôle son jupon
 Et chacun lui raconte une histoire
 Une histoire à sa façon
 La Madelon pour nous n'est pas sévère
 Quand on lui prend la taille ou le menton
 Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
 Madelon, Madelon, Madelon !

 Nous avons tous au pays une payse
 Qui nous attend et que l'on épousera
 Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
 Ce qu'on fera quand la classe rentrera.
 En comptant les jours, on soupire
 Et quand le temps nous semble long
 Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
 On va le dire à Madelon.
 On l'embrass' dans les coins, elle dit : "Veux-tu finir ..."
 On s'figure que c'est l'autr', ça nous fait bien plaisir

Refrain

Un caporal, en képi de fantaisie
 S'en fut trouver Madelon un beau matin
 Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
 Et qu'il venait pour lui demander sa main
 La Madelon, pas bête en somme
 Lui répondit en souriant :
 "Et pourquoi prendrais-je un seul homme
 Quand j'aime tout un régiment?
 Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
 J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin !

 Refrain

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Durant la première guerre mondiale, Georges Montéhus s'est fait le chantre de l'Union Sacrée et a composé et chanté des chansons engagées comme la Butte Rouge, que nous avons pu entendre, interprétée par Marc Ogeret, un châtillonnais très connu.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Cette chanson écrite par Montehus et G. Krier, a été  reprise par Marc Ogeret sur son album "Chansons de Révolte et d'Espoir" en 1974. 

La butte rouge

Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.

Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.

Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains ...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Pour les poilus la vie est dure, on attend le quart de vin que l'on appelle le pinard, qui redonnera un peu de courage, et l'on chante :

 Le pinard

Sur les chemins de France et de Navarre
Le soldat chante en portant son bazar
Une chanson authentique et bizarre
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

{Refrain:}
Un ! deux !
Le pinard c'est de la vinasse
Ça réchauffe là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Vive le pinard, vive le pinard !

Aimer sa sœur, sa tante, sa marraine
Jusqu'à la mort, aimer son étendard,
Aimer son frère, aimer son capitaine,
Ça n'empêche pas d'adorer le pinard

{au Refrain}

Fier inventeur de la pomme de terre
On a donné ton nom à des esquarres
Mais dis-nous donc alors, que faut-il faire
Pour honorer l'inventeur du pinard ?

{au Refrain}

Jeune marmot, bois le lait de ta mère
C'est ton devoir, mais songe que plus tard
Cette boisson te paraîtra z'amère,
Un vrai poilu ne boit que du pinard

{au Refrain}

Le vieux garçon, on s'éloigne à sa vue,
Le vieux laid'ron, on le met z'au rencard,
La vieille bouteille est toujours bienvenue,
Plus il est vieux, plus on aime le pinard

{au Refrain}

Cèpe des bois, nourriture bien digne
De parfumer le repas d'un Boyard,
Tu ne vaudras jamais le cep de la vigne,
Vu que c'est lui qui donne le pinard.

{au Refrain}

Dans le désert, on dit qu'le dromadaire
N'a jamais soif, mais c'est des racontars,
S'il ne boit pas, c'est qu'il n'a que d'l'eau claire,
Il boirait bien s'il avait du pinard

{au Refrain}

On tue les poux avec l'insecticide,
On tue les puces avecque du coaltar,
On tue les rats avecque des acides
Et le cafard en buvant du pinard

{au Refrain}

On tend l'jarret pour avoir de l'allure,
On tend des pièges pour prendre le renard,
On tend son arc pour avoir la main sûre,
Moi j'tends mon quart pour avoir du pinard

{au Refrain}

Si vous avez compris ma chansonnette
Je vous en prie, ne soyez pas flemmards,
Prouvez-moi-le en chantant z'à tue-tête
Le gai refrain de "Vive le pinard !"

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le temps est long dans les tranchées, on s'occupe entre deux attaques à confectionner des objets avec du laiton, on parle des poux, on fustige les "mercredis", c'est à dire des commerçants qui profitent des poilus, on évoque avec tendresse l'épouse ou la marraine de guerre...

On attend aussi la "roulante" qui apporte le rata...

La chanson qui suit m'a beaucoup émue, car mon grand-père qui était cuisinier (il avait travaillé avec Escoffier à Londres) était tout naturellement responsable de la "roulante" de son régiment à Koritza en Albanie. C'est en emportant la roulante à ses poilus qu'il fut tué par un obus en juin 1917...Mon père fut de ce fait pupille de la Nation, je suis sûre qu'il aurait eu les larmes aux yeux en écoutant "A la roulante"...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

A La roulante

Les nouveaux riches dînent chez Fayard
Les profiteurs ils ont un bar
Mais le poilu lui se sustente
A la roulante

Y'a du peuple le lundi, l'mardi
Les autr's jours, ben y'en a aussi
Et ça r'commence la semaine suivante
A la roulante

Quand elle passe dans un pat'lin
Les vaches la prenant pour un train
Font un sourire d'un mètre cinquante
A la roulante

Souvent il vient des députés
Qui d'mandent aux poilus épatés
- La bectance est elle suffisante ?
A la roulante

Et les poilus d'un air moqueur
Ils répondent la bouche en coeur
Oh ! monsieur elle est épatante !
A la roulante

Les types s'en vont sur leurs autos
Et on imprime dans les journaux
Ils ont tous une mine épatante
A la roulante

Eh ! ben y'a du vrai dans c'bobard
Mais c'qui leur donne cet air flambard
C'est pas l'menu qu'on leur présente
A la roulante

Non... C'est une chose, un je n'sais quoi
Qu'on sent flotter autour de soi
Dans la vapeur qui monte et chante
A la roulante

C'est le souv'nir d'la Somme et d'Verdun
L'idée enfin qu'on est quelqu'un
Comme qui dirait d'la gloire vivante
A la roulante

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Les poilus, fatigués de cette guerre interminable et si meurtrière composèrent des textes contestataires sur des airs connus. Ces chansons étaient interceptées par la censure, on se cachait donc pour les chanter. La chanson de Lorette, par exemple, évoque les mutineries qui éclatèrent dans l'armée, mutineries sauvagement réprimées par les supérieurs militaires.

La chanson de Lorette, publiée par Paul Vaillant-Couturier en 1919, s'intitule aussi Chanson de Craonne (du nom de la commune de Craonne). C'est une chanson de tradition orale, chantée par des soldats entre 1915 et 1917et interdite par le commandement.

La chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Une multitude de chansons a existé durant la Grande Guerre, mais le genre s'est perpétué plus tard, même de nos jours ! Barbara, Maxime le Forestier ont évoqué le conflit..Le poète Louis Aragon a composé un très beau texte que Léo Ferré a mis en musique...

Si beau, que tous les auditeurs châtillonnais ont applaudi à tout rompre après sa diffusion..

Léo Ferré chante "Tu n’en reviendras" pas de Louis Aragon

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac l’haleine la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri

Merci à Jacques Perciot pour sa conférence magistrale, émouvante au possible.

Voici son site : http://jacques-perciot.monsite-orange.fr/

S'il passe chez vous, allez l'écouter, vous ne le regretterez pas !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Le chant du poilu

La ville de Châtillon sur Seine, organise depuis septembre 2014, de nombreuses manifestations commémorant le début de la Grande Guerre.

Des animations ont déjà eu lieu, Hubert Brigand nous les a rappelées, d'autres suivront.

Elles figurent sur le dépliant que l'on peut se procurer en Mairie ou à l'Office du Tourisme :

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le vendredi 7 novembre, c'est la Bibliothèque Municipale qui a proposé une conférence musicale "Le chant du poilu", animée par Jacques Perciot.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Annick Gueneau, bibliothécaire, nous a présenté le conférencier Jacques Perciot.

Jacques Perciot est un grand spécialiste de la chanson ancienne et contemporaine. Longtemps animateur de radio, il a écrit de nombreux livres sur les artistes prestigieux qu'il a connus.

 Pour cette conférence sur les chansons de l'époque 14-18, il a réuni de nombreux extraits, illustrés de photos d'époque, qu'il nous a fait entendre, mais il a chanté aussi a capella, d'une voix magnifique, certaines œuvres moins connues.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Jacques Perciot nous a tout d'abord rappelé que des chansons patriotiques ont existé de tout temps, mais que certaines de celles-ci, fustigeant les Allemands (à cette époque les Prussiens) ont vu le jour après la défaite de Sedan. Comme ce "clairon" qui date de 1875 :

Le Clairon

L'air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend .

Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
Il a vu mainte bataille
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.

C'est lui qui guide la fête
Jamais sa fière trompette
N'eut un accent plus vainqueur;
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'âme,
Le courage monte au cœur.

On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les Prussiens sont adroits.
Quand enfin le cri se jette:
" En marche! A la baïonnette !"
Et l'on entre sous le bois.

A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.

Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée
Précipitant la mêlée,
Le vieux Clairon sonne encor.

Il est là, couché sur l'herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.

Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le clairon s'arrête,
Sa dernière tâche est faite,
Il achève de mourir.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Au début du conflit de 14-18, le genre patriotique renaît. A ce moment on emploie des mots destinés à disqualifier l'ennemi, on le traite de boche, de vautour, de porc, de rat. Dans une chanson de Vincent Scotto on peut entendre ceci "les boches c'est comme les rats, plus on en tue, plus il y en a".

Ce chant, "Cocorico ! ou "L'aigle et le coq", dont les paroles sont de Bertal-Maubon et la musique de Léo Daniderf, date de 1918.

Cocorico

 Il était un aigle puissant
Qui faisait des rêves de sang
Et qui voulait tenir le monde
Entre ses deux griffes immondes
Il roulait vers le coq gaulois
Ses gros yeux fourbes et sournois
Et l'entourait diplomatique
D'ambassadeurs trop pacifiques
Mais le jour où l'on a compris
Qu'il fallait prendre les fusils

Cocorico ! Le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
L'aigle a compris dans un long sursaut
Que devant ses vaines menaces
Le coq lançait vibrant d'audace
Un appel a tous les échos
Debout les gars !
Debout les gars !
Cocorico !

Désormais l'aigle est dépouillé
Et le sol qu'il avait souillé
Porte la fière cicatrice
De tout l'immense sacrifice
Ce n'est pas pour rien que les gars
Bravement sont tombés là-bas
Leur sang sèche sur le monde
La sève est déjà plus féconde
Pour saluer cet avenir
Et tout ceux qui surent mourir

Cocorico le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
Les gars, chantez ! Le coq plus beau
Et toujours plus grand que la veille
Sait encore faire une merveille
Quand il lance à tout les échos
Cocorico !
Cocorico !
Cocorico !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Ces chansons sont chantées dans les  "caf'conc", puis enregistrées sur des cylindres et des disques, mais peu de gens possèdent des tourne disques, la radio, la télé n'existent pas. Les chansons sont imprimées sur ce qu'on appelle des "petits formats", et on les chante entre amis. Il faut savoir qu'à cette époque on chante beaucoup en famille , dans les réunions, les mariages...

Les textes de ces chansons et leurs mélodies sont très soignées et émouvantes , comme cette prière des ruines.

La prière des ruines

La nuit couvre la ville où passa ma bataille
Plus de clochers, des toits brûlés
La lune se répand sur des pans de muraille
Grands fantômes démantelés
Sur l'étrange décor qui dans le soir sommeille
Soudain s'élève une rumeur
Est-ce la voix du vent qui tout à coup s'éveille ?
Non... C'est tout un chant de grandeur

Refrain :
La prière des ruines
Monte du fond des nuits
Au dessus des collines
Parle au passant et dit
D'une ville prospère
Près des riants coteaux
Regardez la misère
Qu'ont fait mes bourreaux

Auprès d'un carrefour où le canon fit rage
Abattant et nivelant tout
Comme par miracle en ce désert sauvage
Un calvaire est resté debout
Le Christ au front penché plein de pitié regarde
Le chaos triste et dévasté
On dirait qu'obstiné le rédempteur s'attarde
A prêcher la fraternité

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit du fond des nuits
Par cette voix divine
Frères soyez unis
Tout est noir et stérile
Où le bonheur vivait
Ah! de mon évangile
Hommes qu'avez vous fait ?

Mais à chaque printemps qui fleurit la nature
Les ruines ont des nids d'oiseaux
Cité tu vas renaître et panser tes blessures
regardant vers les temps nouveaux
Bientôt tout ce qui chante et tout ce qui travaille
Entre tes murs va revenir
Et déjà monte au bruit de la vie qui tressaille
L'hymne d'espoir et d'avenir

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit dans le soleil
Les lointains s'illuminent
Demain c'est le réveil
C'est la joie qui va suivre
La fin des jours mauvais
Les hommes veulent vivre
Et travailler en paix

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Un auteur très connu de l'époque, Louis Bousquet, avait composé une chanson cocardière en 1913, intitulée "Quand Madelon". Chantée par Bach, elle n'avait eu aucun succès ! Or, dès la déclaration de guerre la chanson renaît, elle aura un succès phénoménal, tel qu'on la chante encore aujourd'hui !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Quand Madelon

Pour le repos, le plaisir du militaire
 Il est là-bas à deux pas de la forêt
 Une maison aux murs tout couverts de lierre
 "Aux tourlourous", c'est le nom du cabaret
 La servante est jeune et gentille
 Légère comme un papillon
 Comme son vin, son oeil pétille
 Nous l'appelons la Madelon
 Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
 Ce n'est que Madelon, mais pour nous c'est l'amour.

Refrain:
 Quand Madelon vient nous servir à boire
 Sous la tonnelle, on frôle son jupon
 Et chacun lui raconte une histoire
 Une histoire à sa façon
 La Madelon pour nous n'est pas sévère
 Quand on lui prend la taille ou le menton
 Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
 Madelon, Madelon, Madelon !

 Nous avons tous au pays une payse
 Qui nous attend et que l'on épousera
 Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
 Ce qu'on fera quand la classe rentrera.
 En comptant les jours, on soupire
 Et quand le temps nous semble long
 Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
 On va le dire à Madelon.
 On l'embrass' dans les coins, elle dit : "Veux-tu finir ..."
 On s'figure que c'est l'autr', ça nous fait bien plaisir

Refrain

Un caporal, en képi de fantaisie
 S'en fut trouver Madelon un beau matin
 Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
 Et qu'il venait pour lui demander sa main
 La Madelon, pas bête en somme
 Lui répondit en souriant :
 "Et pourquoi prendrais-je un seul homme
 Quand j'aime tout un régiment?
 Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
 J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin !

 Refrain

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Durant la première guerre mondiale, Georges Montéhus s'est fait le chantre de l'Union Sacrée et a composé et chanté des chansons engagées comme la Butte Rouge, que nous avons pu entendre, interprétée par Marc Ogeret, un châtillonnais très connu.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Cette chanson écrite par Montehus et G. Krier, a été  reprise par Marc Ogeret sur son album "Chansons de Révolte et d'Espoir" en 1974. 

La butte rouge

Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.

Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.

Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains ...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Pour les poilus la vie est dure, on attend le quart de vin que l'on appelle le pinard, qui redonnera un peu de courage, et l'on chante :

 Le pinard

Sur les chemins de France et de Navarre
Le soldat chante en portant son bazar
Une chanson authentique et bizarre
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

{Refrain:}
Un ! deux !
Le pinard c'est de la vinasse
Ça réchauffe là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Vive le pinard, vive le pinard !

Aimer sa sœur, sa tante, sa marraine
Jusqu'à la mort, aimer son étendard,
Aimer son frère, aimer son capitaine,
Ça n'empêche pas d'adorer le pinard

{au Refrain}

Fier inventeur de la pomme de terre
On a donné ton nom à des esquarres
Mais dis-nous donc alors, que faut-il faire
Pour honorer l'inventeur du pinard ?

{au Refrain}

Jeune marmot, bois le lait de ta mère
C'est ton devoir, mais songe que plus tard
Cette boisson te paraîtra z'amère,
Un vrai poilu ne boit que du pinard

{au Refrain}

Le vieux garçon, on s'éloigne à sa vue,
Le vieux laid'ron, on le met z'au rencard,
La vieille bouteille est toujours bienvenue,
Plus il est vieux, plus on aime le pinard

{au Refrain}

Cèpe des bois, nourriture bien digne
De parfumer le repas d'un Boyard,
Tu ne vaudras jamais le cep de la vigne,
Vu que c'est lui qui donne le pinard.

{au Refrain}

Dans le désert, on dit qu'le dromadaire
N'a jamais soif, mais c'est des racontars,
S'il ne boit pas, c'est qu'il n'a que d'l'eau claire,
Il boirait bien s'il avait du pinard

{au Refrain}

On tue les poux avec l'insecticide,
On tue les puces avecque du coaltar,
On tue les rats avecque des acides
Et le cafard en buvant du pinard

{au Refrain}

On tend l'jarret pour avoir de l'allure,
On tend des pièges pour prendre le renard,
On tend son arc pour avoir la main sûre,
Moi j'tends mon quart pour avoir du pinard

{au Refrain}

Si vous avez compris ma chansonnette
Je vous en prie, ne soyez pas flemmards,
Prouvez-moi-le en chantant z'à tue-tête
Le gai refrain de "Vive le pinard !"

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le temps est long dans les tranchées, on s'occupe entre deux attaques à confectionner des objets avec du laiton, on parle des poux, on fustige les "mercredis", c'est à dire des commerçants qui profitent des poilus, on évoque avec tendresse l'épouse ou la marraine de guerre...

On attend aussi la "roulante" qui apporte le rata...

La chanson qui suit m'a beaucoup émue, car mon grand-père qui était cuisinier (il avait travaillé avec Escoffier à Londres) était tout naturellement responsable de la "roulante" de son régiment à Koritza en Albanie. C'est en emportant la roulante à ses poilus qu'il fut tué par un obus en juin 1917...Mon père fut de ce fait pupille de la Nation, je suis sûre qu'il aurait eu les larmes aux yeux en écoutant "A la roulante"...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

A La roulante

Les nouveaux riches dînent chez Fayard
Les profiteurs ils ont un bar
Mais le poilu lui se sustente
A la roulante

Y'a du peuple le lundi, l'mardi
Les autr's jours, ben y'en a aussi
Et ça r'commence la semaine suivante
A la roulante

Quand elle passe dans un pat'lin
Les vaches la prenant pour un train
Font un sourire d'un mètre cinquante
A la roulante

Souvent il vient des députés
Qui d'mandent aux poilus épatés
- La bectance est elle suffisante ?
A la roulante

Et les poilus d'un air moqueur
Ils répondent la bouche en coeur
Oh ! monsieur elle est épatante !
A la roulante

Les types s'en vont sur leurs autos
Et on imprime dans les journaux
Ils ont tous une mine épatante
A la roulante

Eh ! ben y'a du vrai dans c'bobard
Mais c'qui leur donne cet air flambard
C'est pas l'menu qu'on leur présente
A la roulante

Non... C'est une chose, un je n'sais quoi
Qu'on sent flotter autour de soi
Dans la vapeur qui monte et chante
A la roulante

C'est le souv'nir d'la Somme et d'Verdun
L'idée enfin qu'on est quelqu'un
Comme qui dirait d'la gloire vivante
A la roulante

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Les poilus, fatigués de cette guerre interminable et si meurtrière composèrent des textes contestataires sur des airs connus. Ces chansons étaient interceptées par la censure, on se cachait donc pour les chanter. La chanson de Lorette, par exemple, évoque les mutineries qui éclatèrent dans l'armée, mutineries sauvagement réprimées par les supérieurs militaires.

La chanson de Lorette, publiée par Paul Vaillant-Couturier en 1919, s'intitule aussi Chanson de Craonne (du nom de la commune de Craonne). C'est une chanson de tradition orale, chantée par des soldats entre 1915 et 1917et interdite par le commandement.

La chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Une multitude de chansons a existé durant la Grande Guerre, mais le genre s'est perpétué plus tard, même de nos jours ! Barbara, Maxime le Forestier ont évoqué le conflit..Le poète Louis Aragon a composé un très beau texte que Léo Ferré a mis en musique...

Si beau, que tous les auditeurs châtillonnais ont applaudi à tout rompre après sa diffusion..

Léo Ferré chante "Tu n’en reviendras" pas de Louis Aragon

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac l’haleine la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri

Merci à Jacques Perciot pour sa conférence magistrale, émouvante au possible.

Voici son site : http://jacques-perciot.monsite-orange.fr/

S'il passe chez vous, allez l'écouter, vous ne le regretterez pas !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Le chant du poilu

La ville de Châtillon sur Seine, organise depuis septembre 2014, de nombreuses manifestations commémorant le début de la Grande Guerre.

Des animations ont déjà eu lieu, Hubert Brigand nous les a rappelées, d'autres suivront.

Elles figurent sur le dépliant que l'on peut se procurer en Mairie ou à l'Office du Tourisme :

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le vendredi 7 novembre, c'est la Bibliothèque Municipale qui a proposé une conférence musicale "Le chant du poilu", animée par Jacques Perciot.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Annick Gueneau, bibliothécaire, nous a présenté le conférencier Jacques Perciot.

Jacques Perciot est un grand spécialiste de la chanson ancienne et contemporaine. Longtemps animateur de radio, il a écrit de nombreux livres sur les artistes prestigieux qu'il a connus.

 Pour cette conférence sur les chansons de l'époque 14-18, il a réuni de nombreux extraits, illustrés de photos d'époque, qu'il nous a fait entendre, mais il a chanté aussi a capella, d'une voix magnifique, certaines œuvres moins connues.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Jacques Perciot nous a tout d'abord rappelé que des chansons patriotiques ont existé de tout temps, mais que certaines de celles-ci, fustigeant les Allemands (à cette époque les Prussiens) ont vu le jour après la défaite de Sedan. Comme ce "clairon" qui date de 1875 :

Le Clairon

L'air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
Le Prussien les attend .

Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C'est un rude compagnon ;
Il a vu mainte bataille
Et porte plus d'une entaille,
Depuis les pieds jusqu'au front.

C'est lui qui guide la fête
Jamais sa fière trompette
N'eut un accent plus vainqueur;
Et de son souffle de flamme,
L'espérance vient à l'âme,
Le courage monte au cœur.

On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les Prussiens sont adroits.
Quand enfin le cri se jette:
" En marche! A la baïonnette !"
Et l'on entre sous le bois.

A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.

Et cependant le sang coule,
Mais sa main, qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée
Précipitant la mêlée,
Le vieux Clairon sonne encor.

Il est là, couché sur l'herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.

Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le clairon s'arrête,
Sa dernière tâche est faite,
Il achève de mourir.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Au début du conflit de 14-18, le genre patriotique renaît. A ce moment on emploie des mots destinés à disqualifier l'ennemi, on le traite de boche, de vautour, de porc, de rat. Dans une chanson de Vincent Scotto on peut entendre ceci "les boches c'est comme les rats, plus on en tue, plus il y en a".

Ce chant, "Cocorico ! ou "L'aigle et le coq", dont les paroles sont de Bertal-Maubon et la musique de Léo Daniderf, date de 1918.

Cocorico

 Il était un aigle puissant
Qui faisait des rêves de sang
Et qui voulait tenir le monde
Entre ses deux griffes immondes
Il roulait vers le coq gaulois
Ses gros yeux fourbes et sournois
Et l'entourait diplomatique
D'ambassadeurs trop pacifiques
Mais le jour où l'on a compris
Qu'il fallait prendre les fusils

Cocorico ! Le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
L'aigle a compris dans un long sursaut
Que devant ses vaines menaces
Le coq lançait vibrant d'audace
Un appel a tous les échos
Debout les gars !
Debout les gars !
Cocorico !

Désormais l'aigle est dépouillé
Et le sol qu'il avait souillé
Porte la fière cicatrice
De tout l'immense sacrifice
Ce n'est pas pour rien que les gars
Bravement sont tombés là-bas
Leur sang sèche sur le monde
La sève est déjà plus féconde
Pour saluer cet avenir
Et tout ceux qui surent mourir

Cocorico le coq a chanté
Notre marseillaise immortelle
Et quand il a battu les ailes
Au soleil de la liberté
Les gars, chantez ! Le coq plus beau
Et toujours plus grand que la veille
Sait encore faire une merveille
Quand il lance à tout les échos
Cocorico !
Cocorico !
Cocorico !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Ces chansons sont chantées dans les  "caf'conc", puis enregistrées sur des cylindres et des disques, mais peu de gens possèdent des tourne disques, la radio, la télé n'existent pas. Les chansons sont imprimées sur ce qu'on appelle des "petits formats", et on les chante entre amis. Il faut savoir qu'à cette époque on chante beaucoup en famille , dans les réunions, les mariages...

Les textes de ces chansons et leurs mélodies sont très soignées et émouvantes , comme cette prière des ruines.

La prière des ruines

La nuit couvre la ville où passa ma bataille
Plus de clochers, des toits brûlés
La lune se répand sur des pans de muraille
Grands fantômes démantelés
Sur l'étrange décor qui dans le soir sommeille
Soudain s'élève une rumeur
Est-ce la voix du vent qui tout à coup s'éveille ?
Non... C'est tout un chant de grandeur

Refrain :
La prière des ruines
Monte du fond des nuits
Au dessus des collines
Parle au passant et dit
D'une ville prospère
Près des riants coteaux
Regardez la misère
Qu'ont fait mes bourreaux

Auprès d'un carrefour où le canon fit rage
Abattant et nivelant tout
Comme par miracle en ce désert sauvage
Un calvaire est resté debout
Le Christ au front penché plein de pitié regarde
Le chaos triste et dévasté
On dirait qu'obstiné le rédempteur s'attarde
A prêcher la fraternité

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit du fond des nuits
Par cette voix divine
Frères soyez unis
Tout est noir et stérile
Où le bonheur vivait
Ah! de mon évangile
Hommes qu'avez vous fait ?

Mais à chaque printemps qui fleurit la nature
Les ruines ont des nids d'oiseaux
Cité tu vas renaître et panser tes blessures
regardant vers les temps nouveaux
Bientôt tout ce qui chante et tout ce qui travaille
Entre tes murs va revenir
Et déjà monte au bruit de la vie qui tressaille
L'hymne d'espoir et d'avenir

Refrain:
La prière des ruines
Nous dit dans le soleil
Les lointains s'illuminent
Demain c'est le réveil
C'est la joie qui va suivre
La fin des jours mauvais
Les hommes veulent vivre
Et travailler en paix

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Un auteur très connu de l'époque, Louis Bousquet, avait composé une chanson cocardière en 1913, intitulée "Quand Madelon". Chantée par Bach, elle n'avait eu aucun succès ! Or, dès la déclaration de guerre la chanson renaît, elle aura un succès phénoménal, tel qu'on la chante encore aujourd'hui !

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Quand Madelon

Pour le repos, le plaisir du militaire
 Il est là-bas à deux pas de la forêt
 Une maison aux murs tout couverts de lierre
 "Aux tourlourous", c'est le nom du cabaret
 La servante est jeune et gentille
 Légère comme un papillon
 Comme son vin, son oeil pétille
 Nous l'appelons la Madelon
 Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
 Ce n'est que Madelon, mais pour nous c'est l'amour.

Refrain:
 Quand Madelon vient nous servir à boire
 Sous la tonnelle, on frôle son jupon
 Et chacun lui raconte une histoire
 Une histoire à sa façon
 La Madelon pour nous n'est pas sévère
 Quand on lui prend la taille ou le menton
 Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
 Madelon, Madelon, Madelon !

 Nous avons tous au pays une payse
 Qui nous attend et que l'on épousera
 Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
 Ce qu'on fera quand la classe rentrera.
 En comptant les jours, on soupire
 Et quand le temps nous semble long
 Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
 On va le dire à Madelon.
 On l'embrass' dans les coins, elle dit : "Veux-tu finir ..."
 On s'figure que c'est l'autr', ça nous fait bien plaisir

Refrain

Un caporal, en képi de fantaisie
 S'en fut trouver Madelon un beau matin
 Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
 Et qu'il venait pour lui demander sa main
 La Madelon, pas bête en somme
 Lui répondit en souriant :
 "Et pourquoi prendrais-je un seul homme
 Quand j'aime tout un régiment?
 Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
 J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin !

 Refrain

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Durant la première guerre mondiale, Georges Montéhus s'est fait le chantre de l'Union Sacrée et a composé et chanté des chansons engagées comme la Butte Rouge, que nous avons pu entendre, interprétée par Marc Ogeret, un châtillonnais très connu.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Cette chanson écrite par Montehus et G. Krier, a été  reprise par Marc Ogeret sur son album "Chansons de Révolte et d'Espoir" en 1974. 

La butte rouge

Sur cette butte là y'avait pas d'gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c'était loin du Moulin d'la Galette,
Et de Paname qu'est le roi des patelins.
C'qu'elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d'ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains.

Sur cette butte là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coule à flots,
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendre de terribles sanglots ...
C'qu'elle en a bu des larmes cette terre,
Larmes d'ouvriers et larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleurent jamais, car ce sont des tyrans !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains.

Sur cette butte là, on y r'fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuvent-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit où s'échangent leurs baisers,
J'ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crâne brisé !

La butte rouge, c'est son nom, l'baptême s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd'hui y'a des vignes, il y pousse du raisin.
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains ...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Pour les poilus la vie est dure, on attend le quart de vin que l'on appelle le pinard, qui redonnera un peu de courage, et l'on chante :

 Le pinard

Sur les chemins de France et de Navarre
Le soldat chante en portant son bazar
Une chanson authentique et bizarre
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

{Refrain:}
Un ! deux !
Le pinard c'est de la vinasse
Ça réchauffe là oùsque ça passe
Vas-y, Bidasse, remplis mon quart
Vive le pinard, vive le pinard !

Aimer sa sœur, sa tante, sa marraine
Jusqu'à la mort, aimer son étendard,
Aimer son frère, aimer son capitaine,
Ça n'empêche pas d'adorer le pinard

{au Refrain}

Fier inventeur de la pomme de terre
On a donné ton nom à des esquarres
Mais dis-nous donc alors, que faut-il faire
Pour honorer l'inventeur du pinard ?

{au Refrain}

Jeune marmot, bois le lait de ta mère
C'est ton devoir, mais songe que plus tard
Cette boisson te paraîtra z'amère,
Un vrai poilu ne boit que du pinard

{au Refrain}

Le vieux garçon, on s'éloigne à sa vue,
Le vieux laid'ron, on le met z'au rencard,
La vieille bouteille est toujours bienvenue,
Plus il est vieux, plus on aime le pinard

{au Refrain}

Cèpe des bois, nourriture bien digne
De parfumer le repas d'un Boyard,
Tu ne vaudras jamais le cep de la vigne,
Vu que c'est lui qui donne le pinard.

{au Refrain}

Dans le désert, on dit qu'le dromadaire
N'a jamais soif, mais c'est des racontars,
S'il ne boit pas, c'est qu'il n'a que d'l'eau claire,
Il boirait bien s'il avait du pinard

{au Refrain}

On tue les poux avec l'insecticide,
On tue les puces avecque du coaltar,
On tue les rats avecque des acides
Et le cafard en buvant du pinard

{au Refrain}

On tend l'jarret pour avoir de l'allure,
On tend des pièges pour prendre le renard,
On tend son arc pour avoir la main sûre,
Moi j'tends mon quart pour avoir du pinard

{au Refrain}

Si vous avez compris ma chansonnette
Je vous en prie, ne soyez pas flemmards,
Prouvez-moi-le en chantant z'à tue-tête
Le gai refrain de "Vive le pinard !"

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Le temps est long dans les tranchées, on s'occupe entre deux attaques à confectionner des objets avec du laiton, on parle des poux, on fustige les "mercredis", c'est à dire des commerçants qui profitent des poilus, on évoque avec tendresse l'épouse ou la marraine de guerre...

On attend aussi la "roulante" qui apporte le rata...

La chanson qui suit m'a beaucoup émue, car mon grand-père qui était cuisinier (il avait travaillé avec Escoffier à Londres) était tout naturellement responsable de la "roulante" de son régiment à Koritza en Albanie. C'est en emportant la roulante à ses poilus qu'il fut tué par un obus en juin 1917...Mon père fut de ce fait pupille de la Nation, je suis sûre qu'il aurait eu les larmes aux yeux en écoutant "A la roulante"...

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

A La roulante

Les nouveaux riches dînent chez Fayard
Les profiteurs ils ont un bar
Mais le poilu lui se sustente
A la roulante

Y'a du peuple le lundi, l'mardi
Les autr's jours, ben y'en a aussi
Et ça r'commence la semaine suivante
A la roulante

Quand elle passe dans un pat'lin
Les vaches la prenant pour un train
Font un sourire d'un mètre cinquante
A la roulante

Souvent il vient des députés
Qui d'mandent aux poilus épatés
- La bectance est elle suffisante ?
A la roulante

Et les poilus d'un air moqueur
Ils répondent la bouche en coeur
Oh ! monsieur elle est épatante !
A la roulante

Les types s'en vont sur leurs autos
Et on imprime dans les journaux
Ils ont tous une mine épatante
A la roulante

Eh ! ben y'a du vrai dans c'bobard
Mais c'qui leur donne cet air flambard
C'est pas l'menu qu'on leur présente
A la roulante

Non... C'est une chose, un je n'sais quoi
Qu'on sent flotter autour de soi
Dans la vapeur qui monte et chante
A la roulante

C'est le souv'nir d'la Somme et d'Verdun
L'idée enfin qu'on est quelqu'un
Comme qui dirait d'la gloire vivante
A la roulante

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale a été proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Les poilus, fatigués de cette guerre interminable et si meurtrière composèrent des textes contestataires sur des airs connus. Ces chansons étaient interceptées par la censure, on se cachait donc pour les chanter. La chanson de Lorette, par exemple, évoque les mutineries qui éclatèrent dans l'armée, mutineries sauvagement réprimées par les supérieurs militaires.

La chanson de Lorette, publiée par Paul Vaillant-Couturier en 1919, s'intitule aussi Chanson de Craonne (du nom de la commune de Craonne). C'est une chanson de tradition orale, chantée par des soldats entre 1915 et 1917et interdite par le commandement.

La chanson de Craonne

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau.

"Le chant du poilu", une très émouvante conférence musicale, proposée par la Bibliothèque Municipale de Châtillon sur Seine

Une multitude de chansons a existé durant la Grande Guerre, mais le genre s'est perpétué plus tard, même de nos jours ! Barbara, Maxime le Forestier ont évoqué le conflit..Le poète Louis Aragon a composé un très beau texte que Léo Ferré a mis en musique...

Si beau, que tous les auditeurs châtillonnais ont applaudi à tout rompre après sa diffusion..

Léo Ferré chante "Tu n’en reviendras" pas de Louis Aragon

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

Qu’un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l’ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n’être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève

Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac l’haleine la sueur

Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri

Merci à Jacques Perciot pour sa conférence magistrale, émouvante au possible.

Voici son site : http://jacques-perciot.monsite-orange.fr/

S'il passe chez vous, allez l'écouter, vous ne le regretterez pas !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Piece de théatre de Louis Calaferte

Le 15 novembre vous pourrez assister, salle Rencontres et Loisirs Luc Schréder, à 14h30, à la représentation d'une pièce de l'écrivain bourguignon Louis Calaferte, interprétée par la Compagnie "Le Rocher des Doms" dont le directeur est Sylvain Marmorat, un Châtillonnais bien connu....

 D’un personnage à l’autre, comme on enlève un chapeau, deux comédiens nous emmènent visiter la vie, ses cruautés, ses cocasseries et ses absurdités par la lorgnette de Louis Calaferte.

 A la fois solistes et duettistes, ils nous font rire, nous terrifient et nous offrent des petits morceaux du monde que nous savourons avec délectation, tout en sachant que c’est un peu nous que nous regardons. Quel plaisir !

 Des textes grinçants et drôles, mettant en scène une galerie de personnages aussi vrais que terrifiants, dans une scénographie épurée.

 Les situations absurdes imposent une familiarité, et le miroir déformant que manipulent les deux comédiens renvoie au spectateur une image du monde composée d’une succession de petits instants de lucidité aussi cruels que clownesques

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le Bois est un charmant village de la Route du Crémant, très joliment fleuri depuis le printemps.

Le village a d'ailleurs reçu la récompense d'une fleur, accordée par le Comité National des Villes et des Villages Fleuris, et c'est bien mérité, tant ses habitants ont a cœur de réaliser de beaux massifs le long de leurs demeures, et de décorer joliment leurs fenêtres.

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Mais Chaumont le Bois n'est pas qu'un village fleuri, c'est aussi un village décoré de personnages sculptés dans le ...bois !

Un habitant retraité de Chaumont le Bois, a réalisé plusieurs de ces personnages pittoresques, qui ornent de façon originale et pleine d'humour le village, comme ce pêcheur près du ruisseau de la Fontainotte !

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Près d'un kiosque, un vigneron présente du crémant à la dégustation...

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Un original penseur, non de Rodin, mais de Gorse....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Tandis que le jardinier brouette des pots de fleurs !

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Encore d'autres jolies réalisations que je n'ai vues que lors du vide-grenier, en août, elles n'y étaient plus.

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

La cigale et la fourmi...

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Le corbeau et le renard....

Chaumont le bois, village fleuri et superbement décoré....

Michel Massé en avait photographié d'autres...

Chaumont le Bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le Bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le Bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le Bois, village fleuri et superbement décoré....

Chaumont le Bois, village fleuri et superbement décoré....

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 3 Novembre 2014

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Une prodigieuse exposition a eu lieu cet été au Musée Buffon de Montbard, alliant beauté et connaissance des espèces végétales ...

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Cette exposition exceptionnelle proposée par le Musée Buffon de Montbard, a été réalisée en partenariat avec l'Université de Bourgogne à Dijon (mission scientifique et UFR SVT).

Les collections de l'Université de Bourgogne ont réservé de belles surprises aux visiteurs, déjà par la vision dans la première salle du Musée Buffon, de superbes planches murales qui ont été éditées à la fin du XIXème et au début du XXème siècles.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Plus faciles à utiliser que les spécimens vivants ou secs, ces planches permettaient aux enseignants de montrer à l'ensemble de leur auditoire, l'objet de leur démonstration.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Dans la seconde salle, la surprise a été totale...Nous avons pu admirer les modèles botaniques de Brendel, véritables sculptures de fleurs agrandies aux pièces amovibles. Quelle beauté formelle, et quel intérêt dans l'histoire de l'illustration botanique et de l'enseignement des sciences au tournant du XXème siècle !!!

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

En 1866, Robet Brendel (1821-1898) installa en Allemagne une fabrique spécialisée dans les modèles humains et les modèles de plantes destinés à l'enseignement des sciences.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

D'une trentaine au début, l'entreprise proposa bientôt plus de 225 modèles différents.

Les modèles étaient des reproductions fidèles agrandies de fleurs et de détails : germination, fruits...

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Ils étaient fabriqués en toile avec un complément de papier mâché ou de bois.D'autres matières étaient également ajoutées : coton, rotin, grains de verre et plumes.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Les modèles étaient coloriés à l'huile d'après nature.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Lorsque la position ou la forme des organes de floraison n'étaient pas reconnaissables d'emblée, les modèles étaient conçus pour être démontés.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Une vidéo, "La botanique", nous a montré Claude Humbert et Alain Pugin, présentant la prodigieuse collection Brendel.

Les modèles sont vraiment des œuvres d'art absolues, dignes de décorer nos intérieurs !

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Des ateliers de dessin étaient proposés aux enfants.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Dans la tour Saint Louis du parc Buffon, une autre exposition attendait les visiteurs, celle de fruits et légumes en...plâtre.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Ces fruits et légumes en plâtre appartiennent au Musée d'Auxerre.

Entre 1850 et 1880, la société Vilmorin-Andrieux, soucieuse de présenter les variétés potagères qu’elle commercialisait, fit réaliser de nombreux dessins, mais aussi une série de moulages à vocation publicitaire. Ces étonnants légumes de plâtre reproduisaient avec exactitude la forme, la couleur et le poids des produits frais.

Le Muséum d’Auxerre conserve 98 moulages issus de cette fabrication, certains ont été prêtés au Musée Buffon, pour notre plus grand plaisir.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

"Botanique entre Art et Sciences", une originale et superbe exposition au musée Buffon de Montbard.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 29 Octobre 2014

Dans un cadre exceptionnel, au beau milieu des montagnes, l'altiport de Méribel a soufflé ses 50 bougies.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Très belle démonstration de la Sécurité Civile.

 Un grand merci à eux car ils interviennent malheureusement sur les accidents.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

 Le cockpit de l'hélicoptère de la sécurité civile.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

 Le BÜCKER 131

 C'est le dernier biplan construit en Allemagne.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le BIPLAN

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

 L'EXTRA 330 très belle démonstration de POPOF et RALOCH un grand merci à eux et un grand bravo !!

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

 La PATROUILLE CAPTENS

 Merci à Marianne et Adam pour leur très belle démonstration.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Démonstration  spectaculaire d'Aude Lemordan championne du monde de voltige

Un grand merci et un grand bravo Aude.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Fin d'un très beau meeting 

Merci aux pilotes et aux organisateurs.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

Le cœur de la Patrouille CAPTENS dans un ciel très orageux.

Le meeting aérien de Méribel, vu par Nicole Prévost...

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 28 Octobre 2014

Un concert aura lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Un bien beau concert a eu lieu le 1er novembre 2014 dans la jolie église de Marcenay, si bien rénovée...

Madame Rothe, maire de Marcenay, a présenté les deux musiciens, Benjamin Ioli, flûtiste, président de l'école municipale et orchestre d'harmonie de Dijon, et Nina Mamone, pianiste.

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Benjamin Ioli a tout d'abord proposé aux auditeurs venus très nombreux (l'église était pleine) trois créations d'Astor Piazzolla, intitulées "Suite de l'ange" :

-Milonga del Angel

-Muerte del Angel

-Resurreccion del Angel

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Au pied de l'ange qui orne le chœur de l'église de Marcenay !

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Benjamin, virtuose de la flûte traversière a été accompagné au piano par Nina Mamone.

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Nina a ensuite présenté le morceau suivant qui était une tarentelle de Giuseppe Rossini "La Danza", un morceau cher au cœur des deux artistes puisqu'ils sont tous deux d'origine italienne !

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Nina a annoncé ensuite six danses populaires roumaines de Bela Bartok:

Danse du bâton, Danse du Châle, Sur place, danse du Bucsum,, polka roumaine et danse rapide.

Après ces danses, nous avons pu apprécier une fantaisie brillante sur Carmen de Georges Bizet.

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Les deux jeunes artistes ont ravi l'assistance qui les a beaucoup applaudis et a réclamé un bis...

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Le bis a été tout naturellement la Danza, Tarentelle italienne pleine de vivacité, magnifiquement interprétée...

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

Et Saint Vorles, lui aussi, a apprécié sans doute cette musique céleste...

Un beau concert a eu lieu dans l'église de Marcenay le 1er novembre....

L'église de Marcenay rénovée :

http://www.christaldesaintmarc.com/l-eglise-de-marcenay-a91863767

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 27 Octobre 2014

 Robert Fries, Président des Amis du Musée du Pays Châtillonnais-Trésor de Vix, a présenté la conférencière, Leslie Augueux, jeune professeur d'histoire, originaire de Molesme.

Leslie Augueux a fait ses études au lycée Désiré-Nisard, puis à l’Université de Dijon où elle a passé brillamment, en juin 2011, un certificat puis un master 2 de recherche en histoire moderne.

Pour ce faire, elle avait choisi comme sujet d’étude “L’organisation d’un village et d’un bourg rural, Molesme et Laignes, d’après les archives seigneuriales et de l’intendance entre 1700 et 1788".

Cette étude a été publiée, sous forme d'un cahier (numéro 268 ) par les Amis du Châtillonnais, dont le Président est Dominique Masson, son professeur d'histoire du lycée Désiré Nisard.

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Leslie a déjà présenté son étude dans son village natal Molesme, puis à Laignes. A Châtillon, à la demande de Robert Fries, elle a élargi son propos aux villages bourguignons au XVIIIème siècle.

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Leslie Augueux a étudié les Archives Seigneuriales qui fournissent des informations extrêmement intéressantes sur l'organisation de la vie des villages français.

On se rend compte que trois cadres principaux régissaient la vie rurale sous l'ancien Régime :

-La Seigneurie, entité administrative et juridique

-La Paroisse, circonscription ecclésiastique sous la direction spirituelle du curé

-La communauté d'habitants réunie en Assemblées, entité politique à petite échelle qui prenait des décisions concernant la vie quotidienne du bourg.

L'Assemblée des habitants organisait la vie du village, elle avait des fonctions politiques, judiciaires, financières et paroissiales. Elle était convoquée et présidée par deux Syndics qui devaient savoir lire et écrire et qui prêtaient serment.

Dans les Archives, en étudiant les "rôles de la taille" on peut établir un panorama de la vie à la campagne.

Sont exemptés de cet impôt: les familles nombreuses, les estropiés, les manouvriers. Ceux qui paient le plus sont les laboureurs, "coqs de village", gros agriculteurs possédants, à Molesme 70% , à Laignes 45% de la population.

Des collecteurs de la "Taille"étaient tirés au sort par l'Assemblée, ce rôle ne plaisait pas du tout aux villageois, ils essayaient donc de s'en exempter, en n'assistant pas aux Assemblées. En effet, le rôle de collecteur était fort ingrat: il était mal accueilli par  les roturiers qui devaient régler l'impôt (les pauvres en étaient exemptés)...de plus le collecteur devait payer l'impôt à la place de celui qui refusait de le faire !!

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Qui étaient les habitants des campagnes sous l'ancien Régime ?

Des exploitants agricoles, les laboureurs, qui possédaient de nombreuses terres, des manouvriers qui offraient la force de leurs bras, des notables dans le domaine de la santé et de la justice, des commerçants (boulangers,services de l'habillement comme les chapeliers, tisserands,  cordonniers, bourreliers, charrons, maréchaux-ferrants etc...sans oublier le cabaretier qui offrait un lieu de convivialité)

Carte Cassini de Laignes :

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

L'Assemblée devait gérer les biens collectifs comme les Communaux qui étaient des biens dont l'usage appartenait à tous les habitants, mais dont personne ne détenait la propriété. Les troupeaux y étaient mis en commun, surveillés par le "garde messier". Malheureusement, au cours du temps, les biens communaux ont été menacés par l'individualisme agraire, contraire à l'esprit de groupe par le biais du phénomène de "l'enclosure" et la multiplication des défrichements.

L'Assemblée gérait aussi les bois qui étaient divisés en deux parties, surveillées par un "garde des Bois" : la réserve (un quart de la surface), les 3 autres quarts étaient destinés au bois de chauffage , c'était l'affouage, un droit d'usage collectif mais qui devint payant peu à peu, car le bois, au cours des temps, prendra une grande valeur.

Carte Cassini de Molesme, on voit la surface importante des bois de la Communauté :

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Dans les villages, sous l'ancien Régime, existait une autre entité disparue aujourd'hui, dont je n'avais jamais entendu parler...il s'agissait de la "Fabrique", qui était une communauté de fidèles. La Fabrique était une institution gérée par des laïcs appelés "fabriciens", ceux-ci devaient s'assurer du bon fonctionnement du culte, veiller à l'entretien de l'église, loger et meubler le curé, sonner les cloches qui rythmaient la vie, la célébration des fêtes religieuses, des mariages, des enterrements, mais aussi qui pouvaient alerter en cas de péril (tocsin).

Les fabriciens étaient payés par la Communauté, celle ci devait aussi assurer des missions nécessaires à la vie quotidienne:

-Soigner, assister et mettre au monde. Laignes, à la fin du XVIIIème siècle, embaucha une sage-femme, les connaissances en obstétrique avaient progressé et pouvaient ainsi éviter les nombreux décès de mères et d'enfants pendant les couches.

Laignes possédait un hôpital, alors que Molesme avait une maladrerie.

-Instruire : donner la connaissance et des bases morales

-Surveiller et défendre grâce à la Maréchaussée (ancêtre de notre Gendarmerie) : un officier et ses cavaliers faisaient des tournées de surveillance à cheval.

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Pour terminer sa passionnante conférence, Leslie Augueux nous conta quelques conflits politiques seigneuriaux et agricoles qui eurent lieu à Molesme. Des antagonismes existèrent sur le choix des syndics, des clans se formèrent:  le premier en faveur d'un perturbateur et l'autre défendant un homme plus sage.

Les seigneurs de Molesme (les moines de l'abbaye) essayèrent de s'approprier les bois, après avoir convoqué de manière illégale une Assemblée. De plus, ils avaient embauché un garde des bois qui semait la terreur dans le village ! Après plainte de la Communauté il fut jugé par la justice Royale des Eaux et Forêts.

La vie économique et sociale dans un village bourguignon au XVIIIème siècle, une conférence de Leslie Augueux pour les Amis du musée du Pays Châtillonnais

Que de connaissances nous avons acquises grâce à Leslie Augueux, nous sommes tellement habitués à l'organisation du territoire faite par la Révolution, que nous avons oublié (pour moi en tout cas) celle de l'Ancien Régime.

Merci donc à la conférencière de nous l'avoir si bien exposée.

Vous pourrez vous procurer le cahier des Amis du Châtillonnais numéro 268, contenant toutes ses études sur Laignes et Molesme au XVIIIème siècle, à l'Office du Tourisme, dans les librairies ou auprès de Michel Diey, c'est une mine de connaissances incroyable, ne vous en privez pas !

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0