Publié le 8 Mars 2021

Jenry Camus vend sur EBay, un superbe tableau d'Omer Reddé "La promenade de la Douix".

Si vous voulez l'acquérir allez sur EBay, il reste quelques jours de présentation..

3la promenade de la Douix", un tableau d'Omer Reddé

Qui était Omer Reddé ?

Voici un article publié après une exposition des œuvres de ce peintre Châtillonnais , réalisée par l'Association des Amis du Châtillonnais :

http://www.christaldesaintmarc.com/une-exposition-des-amis-du-chatillonnais-sur-une-personnalite-chatillo-a5110427

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 1 Mars 2021

 Dominique Masson continue de nous conter ce qui se passa dans le Châtillonnais  durant la guerre de 1870.

Après la fameuse "surprise de Châtillon", les villages voisins ne furent pas épargnés...

Merci à lui pour ses passionnantes recherches historiques.

Notule d’histoire

Prussiens et francs-tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871

 

Le 14 octobre 1870, Giuseppe Garibaldi installait son état-major à Dôle et organisait l’armée des Vosges en quatre brigades.

Du 4 au 7 novembre, s’organisait la quatrième brigade, sous le commandement de Ricciotti Garibaldi.

Mais, selon l’instituteurd’Ampilly, L. Goutey,[1]le 5 novembre, une trentaine de « garibaldiens » passa à Ampilly, se dirigeant vers Semur ; peut-être était-ce un groupe qui voulait se joindre à Garibaldi (Ricciotti sera à Semur le 17).

 Le 19 novembre, de 6 heures à 10 heures du matin, la quatrième brigade de l’armée des Vosges, commandée par Ricciotti Garibaldi effectuait une « surprise » sur Châtillon.

                                                                          Le général prussien Eugène Antoine Théophile von Podbielski, quartier-maître à l’état-major prussien, dans la 96e dépêche (Berlin, 22 novembre) datée du 21 novembre, de Versailles, relatait le fait :

Les gardes mobiles battus à Dreux et Châteauneuf ont pris la fuite vers l’ouest et le nord-ouest.                                                                        

Le 19, le bataillon de la Landwehr Unna et deux escadrons  du 5e régiment des hussards de réserve ont été attaqués à Châtillon ; ils se sont retirés avec une perte de 120 hommes et de 70 chevaux, sur Châteauvillain.                            

Des autres armées, il n’y a pas de communications marquantes.

A Châtillon, stationnaient les 1re, 2e et 4e compagnies d’Unna (soit 460 hommes) .

Unna est une ville dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), et la 2e compagnie du 5e hussard de réserve (avec 94 chevaux), sous le commandement du colonel Lettgau.

C’étaient des troupes reléguées en deuxième ligne.  

 Les pertes subies par l’armée prussienne furent largement surestimées.

Encore après-guerre, dans le rapport de la section historique du grand état-major prussien, celui-ci comptabilise, pour le bataillon Unna, 2 officiers ou sous-officiers blessés et 5 disparus et, pour les hommes, 12 tués et 8 blessés.

Pour le régiment de hussards, il y avait un officier tué, ainsi qu’un homme et un autre blessé, mais 44 disparus (plus 74 chevaux disparus).

Il faut y ajouter un payeur, Schmidt (Ricciotti s’était emparé de la caisse du régiment), et un médecin aide-major, le docteur Hensgen[2].

 "Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

 

figure 1 :Grenest "l'armée de l'Est-Relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. paris 1895

 

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 2 : 96ème dépêche allemande annonçant la "surprise de Châtillon"

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

figure 3 :tableau des pertes subies selon l'armée prussienne "à la guerre franco-allemande" op cité

Selon Garibaldi, il y eut 164 soldats et 13 officiers prisonniers, 72 chevaux et 6 voitures de matériel, notamment celle de la poste (plus deux cantinières « très laides »).

A Tours, on annonça que :

l’ennemi a été surpris à Châtillon (département de la Côte d’Or) par les troupes garibaldiennes sous le commandement de Ricciotti. Tout a été tué ou fait prisonnier : 7 à 800 hommes environ[3].                                                                                             

En fait, il semble qu’il n’y ait eu que 14 soldats tués du côté prussien et 6 pour les garibaldiens.

Après son attaque, Garibaldi et ses hommes repartirent vers Coulmier:        

il est superflu de dire combien nos hommes étaient joyeux de se voir réunis après une telle expédition.

Il en résulta une fête improvisée d’un bel élan et qui avait ses côtés comiques.

Les casques à paratonnerre coiffaient maintenant nos francs-tireurs qui paraissaient transformés en autant de prussiens.

Et, en effet, la seule manière de porter un peu commodément ce très incommode couvre-chef était de s’en coiffer.

Une société musicale fut improvisée, où manquait une seule chose : la connaissance de la musique.

On chercha à suppléer à l’absence de mélodie par l’emploi de tambours, et vous pouvez imaginer le concert qui en résulta.

Ils semblaient tous devenus des écoliers auxquels une fête imprévue est accordée.

Le commandement ferma un œil sur le relâchement de la discipline et il arriva que les prisonniers eux-mêmes furent gagnés par la joyeuse humeur de nos hommes[4].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 4 : Grenest "l'armée de l'Est-relation anecdotique de la campagne de 1870-1871. Paris 1895

Edmond Thiébaut raconte aussi [5]:

Les prisonniers marchaient au centre de la colonne entre les deux files des compagnies.

La garde des officiers était confiée aux chasseurs des alpes ; l’attitude de ces Allemands était fière et résignée.

Ils semblaient considérer avec étonnement la franche gaîté de nos francs-tireurs.

Parmi les soldats, on remarquait un mélange singulier de toutes les armes.

On y trouvait les costumes de la landwehr, des chasseurs, à pied, de divers régiments d’infanterie de ligne, des hussards, des chasseurs à cheval, des soldats de l’intendance, de l’ambulance, des postes ; des musiciens, des tambours, des fifres et un splendide canne-major.

La plupart d’entre eux étaient tremblants et désolés, protestant dans une langue impossible de leur amitié pour les francs-tireurs, et proférant contre Guillaume et Bismarck les plus dures imprécations …

Sur toute notre route, nous recevions les ovations des habitants des villages que nous traversions…

La cavalerie fermait la marche ; ce n’était pas le côté le moins curieux du cortège.

On avait hissé sur les chevaux les hommes blessés ou fatigués qui ne pouvaient suivre la colonne.

Ces cavaliers de circonstance étaient comme leurs camarades coiffés du paratonnerre ou du colback des hussards ; cet ensemble formait un escadron de l’effet le plus grotesque.

Sur leur route, ils passèrent par Ampilly.

Pendant leur arrêt, un coup de feu frappa dans la région du cœur un franc-tireur suisse, né à Neuchâtel, nommé Louis Perrey.

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figur 5 : Décès de Louis Perrey, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Ce n’est que deux mois plus tard qu’il succombait à ses blessures, le 12 janvier 1871, âgé de 43 ans,au domicile de Marie Collin, sœur institutrice.(depuis 1854, un don avait été fait pour la venue des sœurs congréganistes, mais il n’y eut qu’une institutrice en poste, madame Collin, en religion sœur Juliette).

Selon l’instituteur L. Goutey, le soir du même jour (19 novembre), un autre passage de francs-tireurs eut lieu ; un soldat a été, dit-on, tué par vengeance, par un de ses camarades florentins,  Egiste Cortepassé[6].

"Prussiens et Francs-Tireurs à Ampilly-le-Sec en 1870-1871", un notule d'hisoire de Dominique Masson

Figure 6 : décès d'Egiste Cortepassé, état-civil d'Ampilly-le-Sec

Agé de 22 ans,né à Florence, il décéda à l’auberge de Basile Cazet.

 Ces tombes n’existent plus au cimetière d’Ampilly, alors qu’elles auraient dû bénéficier de la loi du 4 avril 1873, relative aux tombes de militaires morts pendant cette guerre, et garantissant leur protection.

                                                                                              Les garibaldiens partirent vers Coulmier

  Là, on savait déjà notre succès et notre retour était attendu avec impatience…

Aussitôt notre arrivée au centre du village, les prisonniers furent conduits dans la mairie qui avait été disposée pour les recevoir.

On s’occupa de les ravitailler et on les laissa sous la garde d’un poste solide.

Les officiers, libres sur parole, purent entrer à l’auberge où un repas leur avait été préparé.

Dans la même journée, ils partaient pour Autun, accompagnés seulement de deux officiers choisis pour ce service…

Dès le jour, les prisonniers confiés à la garde nationale de Montbard se mettaient en route.

La garde nationale de Semur devait les venir chercher et les remettre entre les mains du détachement envoyé à cet effet à Saulieu[7].                           

 Selon le Progrès de Lyon, du 26 novembre :                                                    

Avant-hier, 200 ( ?) Prussiens faits prisonniers à Châtillon par les Garibaldiens sont arrivés sous l’escorte de francs-tireurs.

Parmi eux se trouvent neuf officiers qui sont descendus à l’hôtel d’Angleterre et à l’hôtel des Deux-Mondes.

Les soldats ont été internés au fort des Charpennes[8]

(parmi les manquants, la Gazette de Westphalie avait recensé, le premier décembre, les premiers lieutenants de Werthern et Kemper ; le lieutenant Brinkmann ; les vice-feldwebels Mellin et Thiene ; le payeur Schmidt et le docteur Hensgen).                                      

Quelques francs-tireurs avaient été blessés lors de l’attaque sur Châtillon et faits prisonniers.

Le 13 janvier 1871, trois francs-tireurs soignés à l’hôpital à la suite de leurs blessures sont conduits en Allemagne (avec Boucquart, meunier à Vix, accusé d’avoir tiré sur une patrouille allemande, le 30 novembre)[9].

Les prussiens avaient déjà paru à Ampilly le 11 novembre, au nombre de 25.

Après l’attaque sur Châtillon, ils revinrent le 5 décembre ; les Allées furent occupées par des soldats tandis que d’autres faisaient des perquisitions à la recherche d’armes.

Jusqu’au 14, il y eut passage d’éclaireurs ennemis.

Mais il y eut deux grands séjours de l’armée prussienne à Ampilly.

Le premier fut du 14 au 17 décembre 1870.

Parmi les officiers, se trouvait  un jeune homme de 18 ans, le prince Hermann de Schambourg-Lippe.

Le père de ce jeune prince, Adolphe Ier, qui était chef de cohorte et accompagnait le général von Zastrow, stationna à Châtillon, du 14 au 18 décembre.

Profitant de son séjour à Châtillon, il vint dans la soirée du 16 décembre, visiter Ampilly et voir son fils.

Le second eut lieu du 11 au 14 janvier 1871.

Déjà, le 8, arrivèrent pour la nuit, 500 soldats prussiens.

Le 11, ce fut 1200 chasseurs puis, les trois autres jours, 1500 chasseurs et artilleurs.

Car c’est à Châtillon que le général de cavalerie, baron von Manteuffel, réunit la nouvelle armée, dite armée du sud, composée des IIeet VIIe corps d’armée (plus le XIVe corps d’armée, totalisant ensemble 118 bataillons, 54 escadrons et 51 batteries), pour attaquer Dijon défendu par Garibaldi et repousser l’armée de Bourbaki. 

Selon l’instituteur Goutey

Les habitants eurent à se plaindre des chefs et des soldats ; l’on n’avait pas encore vu chefs plus orgueilleux et plus exigeants, domestiques plus impérieux et grossiers, soldats plus dédaigneux.

Le pays a eu à souffrir des exigences, des rapines et des excès de vin de cette armée indisciplinée.  

 Et il ajoute une aventure arrivée au maire d’Ampilly :    

 Le 14 janvier, l’heure du départ sonnée, le commandant s’informe si tous les hommes et les ch evaux requis sont partis pour Châtillon. Les notes prises par la poste, n’en constatant que la moitié, le commandant fait emmener aussitôt, comme prisonnier de guerre, M. Montenot, maire, qui, en sabots, est obligé de suivre l’armée par une neige toute verglacée. Ce n’est qu’à Darbois, commune de Buncey, que M. Montenot a pu se procurer des souliers, l’armée ennemie ayant quitté la route 71, pour prendre une voie rurale passant par Darbois, la Grange-Emery, et gagner la route n° 13. Bientôt M. Montenot voit arriver ses voituriers réquisitionnés, ceux-ci ayant passé par des voies détournées pour se rendre à Châtillon ; il en avertit aussitôt le commandant qui, pour toute réponse, lui présenta un cigare.                                                                              Le lendemain, M. Montenot, arrivé à Maisey, pouvait regagner son domicile, fort heureux d’être débarrassé de ses impérieux compagnons de voyage. Quant aux voituriers, la majeure partie n’a été qu’à Leuglay, deux seulement, MM. Mongin et Gillot, sont allés jusqu’à Champlitte

(le quartier général allemand, parti de Châtillon le 14, s’était établi le soir à Voulaines)

 Dominique Masson  (remerciements à M. Massé)

 

[1]Goutey L. : monographie de la commune d’Ampilly-le-Sec ; cahiers du Châtillonnais, n° 85

 

[2] « La guerre franco-allemande de 1870-71, rédigée par la section historique du grand état-major prussien » ; traduction par E. Costa de Serda ; 1882

[3] La Bourgogne pendant la guerre et l’occupation allemande (1870-1871), d’après la gazette de Carlsruhe ; traduction du Dr Louis Marchant ; Dijon, 1875

[4] Garibaldi Ricciotti :« Souvenirs de la campagne de France 1870-71, commandant la 4me brigade de l’Armée des Vosges » ; traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[5] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4me brigade ; récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[6]Goutey L: op. cit.

[7] Thiebault ; op. cit.

[8] Gazette de Carlsruhe, op. cit.

[9] Légey Léon : Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon ; Châtillon-sur-Seine, Leclerc, 1899

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 27 Février 2021

Dominique Masson a retrouvé un extrait d'un conseil Municipal de la ville de Minot,  donnant des recommandations aux habitants, merci à lui pour ses recherches historiques.

Tout n'est-il  pas qu'un éternel recommencement ?....

De telles recommandations ne pourraient-elles pas, actuellement, être édictées au niveau national ?

On peut rêver ! Des recommandations qui sont, hélas, toujours d'actualité .....

 

Le 19 frimaire an III, la municipalité de Minot édicta ces recommandations :

« Citoyens, la municipalité, alarmée de la conduite dangereuse  que tiennent  plusieurs individus de cette commune par leurs discours, leurs querelles et leurs menaces, qu’ils répandent de part et d’autre, il serait d’un exemple coupable et criminel de les laisser continuer, parce que la suite pourrait malheureusement produire l’effet des menaces et attirer sur les coupables le châtiment rigoureux des lois.

Pour prévenir de plus grands désordres, la municipalité rappelle tous les citoyens de cette commune au bon ordre et au maintien de la paix et de la tranquillité, recommande et défend à tout citoyen quelconque d’insulter qui que ce soit par aucuns termes, comme ceux de chouans ou autres, rappelle la jeunesse à se conduire avec respect envers la vieillesse, comme elle le doit, sous les peines portées par la loi pénale, invite les pères, mères, maîtres et maîtresses à faire marcher la jeunesse dans son devoir, à peine d’être garants et responsables en leurs noms des effets civils ».

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 27 Février 2021

Au volant de sa berline, avec sa caméra super-rapide Stand ByMe nous emmène visiter d'autres villages Châtillonnais....

Stand ByMe nous emmène aujourd'hui visiter de charmants villages châtillonnais, merci à lui pour ses superbes vidéos, à mettre en grand écran  !

 Chamesson :

Nod sur Seine :

Massingy :

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 24 Février 2021

Le mois de mars commence avec une près belle photo du calendrier 2021 de Christian Labeaune....

(cliquer pour agrandir)

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 24 Février 2021

Un dictionnaire

Jenry Camus a découvert, en se rendant dans la librairie Grangier à Dijon, un superbe livre consacré aux officiers de Napoléon Ier, natifs de la Côte d'Or.

Voici ce qu'il nous en dit :

Ce livre a été écrit par le dijonnais Alain Pigeard, juriste et docteur en droit, grand spécialiste de Napoléon ( il a été de 2012 à 2017, Président National du Souvenir Napoléonien)

Auteur de plus de 60 ouvrages sur l'empereur et son époque, il vient de publier ce dictionnaire qui lui a demandé 25 années de recherches et qui répertorie les états de service des 2385 officiers nés en Côte d'Or.

Un imposant ouvrage de 684 pages qui nous donne les noms de 351 officiers nés à Dijon et pour notre région 51 à Châtillon-sur-Seine, 5 à Aignay-le-Duc, 9 à Baigneux-les-Juifs, 13 à Laignes, 2 à Montigny.

Pratiquement chaque village a vu naitre un de ces grognards de l'Empereur:

3 à Essarois, 6 à Ampilly-le-Sc, 4 à Belan-sur-Ource, 3 à Bissey-la-Côte, 3 à Chaugey,etc...

Un livre historique à se procurer d'autant plus que Châtillon a reçu le label de ville napoléonienne.

Le baron Claude Testot-Ferry, aide de camp du Maréchal Marmont, natif d'Arnay-le Duc, est l'un de ces officiers qui figure dans le dictionnaire d'Alain Pigeard.

Natif d'Arnay le Duc, il fut enterré au cimetière Saint-Vorles, pas très loin du duc de Raguse.

Une conférence sur le baron Testot-Ferry a eu lieu en 2012 sous l'égide des Amis du Châtillonnais, Alain Pigeard y avait assisté.

 http://www.christaldesaintmarc.com/le-baron-claude-testot-ferry-aide-de-camp-du-marechal-marmont-une-conf-a50323278

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 20 Février 2021

La France va bientôt commémorer le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, Empereur des Français.

Châtillon sur Seine vient d'acquérir le titre envié de "Ville Impériale", puisque la ville est le lieu de la naissance du Maréchal Marmont, dans le château duquel Napoléon  fit plusieurs séjours en tant que Bonaparte puis en tant qu'Empereur des Français.

On connait tous l'Aiglon, fils de son épouse l'impératrice Marie-Louise, et ses fils naturels:  Alexandre Walewski, fils de Marie Walewska et Charles-Léon, fils d'Eléonore Denuelle de la Plaigne

Mais saviez vous que Napoléon avait, sans doute, eu une fille, une Aiglonne ??  une fille bourguignonne, conçue à Auxonne, où Bonaparte, alors sous-lieutenant, était en garnison, puis née à Arnay le Duc, dans notre département la Côte d'Or ?

C'est une histoire extraordinaire et authentique que nous livre Bruno Fuligni, écrivain, historien, haut fonctionnaire, maître de conférences à Sciences-Po.*

Napoléon a eu une fille !!! voici le récit passionnant que nous livre Bruno Fuligni dans  "la fille de Napoléon" !

Voici un petit résumé de ce livre qui va faire l'effet d'une bombe en cette année de commémoration du décès de l'Empereur :

Été 1815.

Après Waterloo, la France est envahie, humiliée, dévastée ; Napoléon doit s'exiler à Sainte-Hélène, la monarchie est restaurée.

C'est alors qu'une jeune femme de vingt ans, surgie de nulle part, se déclare fille naturelle de l'Empereur.

Sa mère aurait connu Bonaparte lorsqu'il était jeune sous-lieutenant à Auxonne, explique la belle Charlotte Chappuis.

Si elle dit vrai, elle serait même l'aînée des enfants de l'Empereur.

Âgée d'une vingtaine d'années, elle pourrait donner naissance à un héritier du trône, il est donc important de la contrôler.

Le ministre de la Police générale, Fouché, la fait enfermer, mais Charlotte, tenace, rusée, échappe à la vigilance des autorités.

Suscitant des sympathies politiques et plusieurs demandes en mariage, l'aventurière joue sa partie pour défendre sa liberté.

Elle séduit un énergique maître de forges qui l'enlève et l'épouse en Suisse.

Ce destin extraordinaire serait resté inconnu sans la découverte d'un ensemble de lettres et documents, retrouvés dans un grenier. Un dossier de police qui se lit comme un roman.

Bruno Fuligni est entré en possession de ces archives inédites.

Il les a transcrites et croisées avec d'autres sources pour reconstituer l'incroyable aventure de Charlotte Chappuis, la fille oubliée de l'Empereur...

Bruno Fuligni a choisi de raconter cette histoire sous la forme d’un récit où tout est vrai ou vraisemblable :

 Naissance mystérieuse, police secrète, enlèvement, évasion, rebondissements : l’affaire que retraçait mon dossier d’archives était si romanesque que j’ai voulu redonner vie à Charlotte, à la manière des grands romans-feuilletons de son temps.

et il ajoute :

Cette histoire n'est pas un roman.

Charlotte Chappuis a bel et bien existé.

Trouvé dans un grenier, le dossier d'archives dont est issu ce récit a été acquis auprès d'un marchand de manuscrits anciens.

Les lettres rapports cités entre guillemets sont authentiques : j'en donne la transcription exacte, seules la ponctuation et l'orthographe ont été modernisées.

Les mots manquants sont indiqués entre crochets, ainsi que les coupes.

Seuls les détails de l'affaire ont été présumés, dans les limites de la vraisemblance et du contexte

Je tiens les documents originaux à la disposition des chercheurs.

Bruno Fuligni

"La fille de Napoléon"  c'est un livre extraordinaire, vous serez conquis comme je l'ai été par cette histoire romanesque, pleine d'imprévus, de péripéties...

Et au centre  de l'ouvrage , vous verrez des documents d'époque  et surtout un portrait  de Charlotte,  à côté de ceux de Letizia Bonaparte (la mère de Napoléon) et d'Elisa, Pauline et Caroline ses sœurs, la ressemblance est stupéfiante...

De plus le caractère bien trempé de Charlotte et son intelligence, donnent encore plus de poids à l'idée d'une éventuelle ascendance avec le premier Empereur des Français...

Alors, oui, peut-être, la jeune bourguignonne conçue à Auxonne fut la fille de Napoléon, en tout cas sa vie fut rocambolesque et mérite d'être connue ! !

 Et merci à Bruno Fuligni de l'avoir fait revivre pour notre plus grand plaisir !

*Ouvrages de Bruno-Fuligni.

Le journal de TF1 a donné la parole à Bruno Fuligni pour la présentation de "La fille de Napoléon" :

https://www.tf1.fr/tf1/jt-we/videos/napoleon-une-fille-cachee-50594032.html

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 18 Février 2021

 Denis Bourtequoy renouvelle  son appel au sujet de la maladie de Parkinson :
 
11 avril, c'est la journée Mondiale Parkinson.
Au vu de la situation actuelle, ne pouvant pas faire de projet de rencontres et au vu de la demande et du succès de notre 1er événement virtuel, nous réitérons cette action lors du week-end du 9 au 11 avril.
Les inscriptions sont ouvertes. Merci de votre soutien.
 
 
D'autre part, vous pouvez réécouter mes 2 interviews du 8 et 9 Février 2021 sur France Bleu Bourgogne
 
 
Pour accéder aux dossiers vous surlignez le lien avec clic gauche, puis clic droit copier , vous allez dans la barre web et clic droit coller.
Bonne journée
Denis
 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 12 Février 2021

 A cause de la crise sanitaire, l'Assemblée Générale de a Compagnie des Gens  a dû être effectuée en visio-conférence. Je n'ai donc pas pu faire de compte-rendu de cette assemblée Générale.

J'ai profité  du jour de la présentation du travail des lycéens du Lycée Désiré Nisard  pour photographier Jacques Senelet, Elisabeth Hoornaert les piliers de l'Association, accompagnés de Lucile Hours, la secrétaire. Le masque a été retiré quelques secondes seulement !

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le compte-rendu de l'Assemblée Générale m'a été envoyé par Lucile Hours, la secrétaire de l'Association, que je remercie.

Le voici :

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Le bilan de l'année 2020 de la Compagnie des gens....

Et Lucile Hours ajoute :

-Le bilan financier 2019 a été présenté lors de cette AG et présente un résultat positif. Cette tendance devrait être maintenue pour l'année 2020, notamment grâce aux aides Covid de l'État.

-Jacques Senelet a annoncé son souhait de maintenir un spectacle estival 2021 qui, en raison des mesures sanitaires, mais aussi après le succès rencontré cet été, aura lieu en plein-air. Les règles sanitaires seront évidemment scrupuleusement respectées.

-Le projet de coproduction avec le Théâtre Gaston Bernard pour la création de 6 heures au plus tard, de Marc Perrier, mis en scène par J. Senelet et E. Hoornaert, est toujours d'actualité mais les premières représentations ont été reportées au 29 et 30 septembre 2021. La troupe travaille actuellement sur les décors de ce spectacle.

Je suis en attente d'infos de la part d'Emma Clément concernant les ateliers adultes.Pour ma part, en ce qui concerne les ateliers enfants 7/12 ans qui auraient du débuter en janvier, j'espère proposer une semaine théâtrale durant les vacances d'avril, avec un volume horaire équivalent à ce que nous avions prévu initialement.

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0

Publié le 12 Février 2021

Un nouveau cahier des Amis du Châtillonnais est consacré à Essaro

Isidore Chaperon, né le 6 mai 1841 à Essarois et décédé le 8 mars 1917 à Dijon, ayant exercé la profession d'agent-voyer (conducteur chef des Ponts et Chaussées) à Seurre, a publié entre 1888 et 1914, sous le nom de d'Essaro, des poèmes en patois sur la vie des braves gens de notre région.

Les Amis du Châtillonnais ont réuni 40 poèmes dans ce Cahier, le 311e de la collection.

En voici un, intitulé les Poirottes, à gauche en patois, à droite la traduction en français actuel :

                                       

 

Voir les commentaires

Rédigé par Christaldesaintmarc

Repost0