Publié le 7 Février 2021

 Marie-Geneviève et François Poillotte nous offrent aujourd'hui une remarquable étude sur les Hygrophores...Merci à eux !

La famille des Hygrophores

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

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Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

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Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

Quelques  Hygrophores remarquables du Châtillonnais

 

 

 

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 6 Février 2021

Dominique Masson nous raconte aujourd'hui la vie d'une femme extraordinaire, qui séjourna dans le Châtillonnais durant le fameux épisode de "La surprise de Châtillon". On la vit en action à Châtillon, mais aussi à Aignay le Duc et à Baigneux.

Une vie passionnante que Dominique Masson nous restitue si bien, merci à lui  de nous la faire connaître !

Notule  d’histoire :

Jessie White Mario

Cette femme fut surnommée « Miss Ouragan », et, pour Mazzini, ce fut la Jeanned’Arc du Risorgimento. 

                                                                      Jessie White est en effet une femme hors du commun, moderne et rebelle. Le poète Giosué Carducci, qui sera prix Nobel de littérature, dira d’elle : C'est une femme formidable, à qui nous, Italiens, devons beaucoup.

 

"Jessie White Mario", la "Jeanne d'Arc du Risorgimento", un notule d'histoire de Dominique Masson

(Figure 1 :Jessie White Mario)

Elle est née le 9 mai 1832,dans un petit village près de Portsmouth, en Angleterre, d’une famille de riches armateurs.

Après avoir étudié la théologie en Angleterre, elle vint prendre des cours de philosophie à la Sorbonne, de 1852 à 1854.

C’est là qu’elle fit la connaissance d’Emma Roberts, très proche de Giuseppe Garibaldi et, l’ayant rencontré et frappée par son charme, décida de consacrer le reste de sa vie à la cause de la liberté de l’Italie.                        

Car, à cette époque, l’Italie est morcelée entre de nombreux territoires, certains sous domination étrangère.

En 1855, elle retourne en Angleterre, fréquente la faculté de médecine, mais on lui interdit de devenir la première femme médecin d’Angleterre.

Elle écrira alors:

"Je suis convaincue que la meilleure façon de faire travailler d’autres femmes est de commencer à décrocher un travail pratique nous-mêmes…

Mais pour diverses raisons, je suis contente d’avoir vécu cette expérience."

Elle va également rencontrer Giuseppe Mazzini, révolutionnaire et patriote italien, alors en exil à Londres ; c’est l’un des leaders du Risorgimento (« Résurgence », « Renaissance »),qui prône l'unification italienne.

                                                                                            Jessie va s’engager dans une intense campagne de conférences, rédige des articles de journaux, collecte de fonds, visant à soutenir les patriotes italiens.

En 1857, elle suit Mazzini en Italie qui veut préparer une expédition dans le sud de l’Italie.

Arrêtée, elle passera quatre mois en prison ; c’est là qu’elle fera la connaissance d’Alberto Mario, qu’elle épousera cinq mois plus tard, en Angleterre.

Ils feront un voyage à New-York, défendant la cause del’unité italienne, où ils écriront pour le New-York Times,le Herald et le Post.  

Revenus en Italie en 1860, ils suivront Garibaldi dans son expédition des mille, en 1861, qui verra l’unification presque complète de l’Italie  [i].

Elle sera infirmière du corps de santé militaire dans quatre campagnes de Garibaldi, se dévouant à lui ; par exemple, lors de la bataille du Volturno, en 1860, elle sortira sous le feu pour sauver Garibaldi et, à la bataille de l’Aspromonte, en 1862, elle assiste le médecin qui soigne sa blessure. 

Son activité d’infirmière n’a pas interrompu son activité journalistique ; elle est correspondante, en Italie, pour le Morning Star, le Scotsman et aussi le Nacion de Buenos Aires.

Ainsi, elle va attirer l’attention du public britannique sur les chemises rouges ; elle fut alors la première femme journaliste britannique, envoyée sur le front de la guerre en Italie.

A l’occasion, elle est aussi espionne pour le compte de Garibaldi. Elle recevra, à la fin de la guerre en Italie, deux médailles d’or des Napolitains, en signe de gratitude.

L’unité italienne étant réalisée en 1870, Jessie White Mario suivra Garibaldi, qui a offert ses services à la République française,proclamée le 4 septembre 1870,en lutte contre l’envahisseur prussien  [ii].

Il débarque à Marseille le 7 octobre 1870 et place son état-major à Dole le14 octobre. Le 11 novembre, il organise l’armée des Vosges en quatre brigades sous le commandement, entre autre, de ses deux fils, Ricciotti et Menotti.                      

Jessie White Mario sera affectée à la quatrième brigade, commandée par Ricciotti Garibaldi, en tant que responsable des ambulances : Hardie comme un soldat et dévouée à nos malades, elle dépensait à leur service beaucoup de son temps et aussi de son argent, dira d’elle Grenest  [iii].

Un lieutenant de l’état-major de la quatrième brigade rajoute : Mme Mario était douée d’un courage rare. Là où sifflaient les balles, on la voyait toujours paraître pour soigner les blessés.

Dans cette campagne, elle suppléa à l’insuffisance des ambulances.

C’est grâce à elle que des jeunes soldats sont encore de ce monde. Grâce à elle aussi, les Anglais envoyèrent pour plus de 25 000 fr. d’instruments de chirurgie et de médicaments.

Agée d’une quarantaine d’années, elle en paraissait à peine trente. Vivant toujours au milieu des soldats et respectée de tous [iv].

Lors de la « surprise » de Ricciotti Garibaldi à Châtillon, le 19 novembre 1870, ce dernier avait restitué le personnel d’une ambulance et l’expédia par le plus court chemin ; seulement, lorsque Ricciotti chargea Jessie Mario de réclamer nos médecins, quelques semaines après, les allemands ne les renvoyèrent que par la Suisse, et ce long détour nous en priva pour tout le reste de la campagne.

C’est à Châtillon que Madame Mario avait conduit cette petite négociation.

Dame d’origine anglaise, et femme d’un député Italien, madame Mario écrivait des correspondances aux journaux anglais et commandait l’ambulance de la quatrième brigade…

A Châtillon, elle fit une découverte grave.

Les Allemands, maîtres de l’hôpital, avaient relégué les francs-tireurs blessés dans une salle basse et humide.

Jessie Mario ne cachait pas ses sympathies pour les Allemands.

Mais, ce jour-là, elle leur cingla la figure de quelques bonnes vérités.

« Vous soignerez nos francs-tireurs comme vos soldats, leur dit-elle, et nous en aurons la preuve. Sinon vos blessés paieront pour les nôtres, tête pour tête ».

Ce ne fut pas l’incident le moins surprenant de cette surprise que cette rencontre de l’Anglaise, qui montrait les dents, et de l’Allemand qui, rouge de colère, bégayait je ne sais quelle explication banale [v] 

Cette « visite » avait été suivie par des habitants de Châtillon qui furent fort intrigués par cette dame.

Nous retrouvons ensuite Jessie Mario à Aignay-le-Duc.

Après la bataille de Baigneux, le 11 janvier, Ricciotti s’était installé dans ce village.

Le maire, M. Misset, a fourni une description du passage de Ricciotti :

"Sur les deux heures du matin arriva tout à coup dans ma cour une voiture de deux chevaux amenant une dame anglaise, Mme White-Marion.

Elle venait de Châtillon traiter, disait-elle, de l’échange de médecins pris par les allemands, mais plutôt pour savoir ce qui se passait à Châtillon et le rapporter à Ricciotti.

Cette dame faisait partie de la Brigade en qualité de Directrice des ambulances.

Elle raconta aux chefs les mouvements des troupes prussiennes qui se dessinaient du côté de l’est, annonçant qu’il y avait à Châtillon et dans les environs une véritable armée de 50 ou 60 000 hommes ; elle donna d’autres renseignements que je n’ai pas entendus  [vi].                                               

Voici enfin le témoignage de Ricciotti :

"Vers minuit, je m’étais jeté sur un lit, si fatigué que je n’avais même pas débouclé le ceinturon de mon sabre, et aussitôt je m’étais endormi, lorsque l’officier de service vint m’éveiller en me disant que Madame Mario venait d’arriver et qu’elle voulait me voir tout de suite.

J’allai à elle. La bonne dame s’était rendue à Langres  [vii] pour l’échange de quelques ambulances et, pendant sa route, les ennemis l’avaient faite prisonnière.

Maintenant, elle retournait à Dijon avec un sauf-conduit prussien.

Elle doutait que nous puissions sortir de notre situation dont elle connaissait bien le danger, car elle venait de traverser les lignes prussiennes jusqu’à Aignay.

Elle m’informa à quel point était occupée la campagne autour de nous, et elle me donna des renseignements :

« Chaque hameau et chaque village, dit-elle, regorgeaient de troupes. On voyait des lumières dans toutes les maisons et on rencontrait des sentinelles à chaque deux milles  [viii]".

Repliée sur Dijon, Jessie Mario va participer à la troisième bataille autour de cette ville, du 21 au 23 janvier 1871.

Là, elle assistera à une scène horrible ;au château de Pouilly, que les Prussiens occupaient, ils prirent un prisonnier légèrement blessé, l’attachèrent et y mirent le feu.

Lorsque les garibaldiens reprirent le château, ils découvrirent l’horreur.

L’Anglaise Mario elle-même, qui, jusqu’alors avait tenu pour les Prussiens, et qui l’avoue, écrivit ce soir-là que

« désormais son âme entière se révoltait contre eux  [ix] ».

Au combat de Lantenay, Jessie assiste le médecin de la quatrième brigade dans ses soins aux blessés.

Le 10 mars 1871, le corps des volontaires garibaldiens est dissous et Garibaldi rentre en Italie.

C’est aussi ce que fera Jessie Mario et elle prendra la nationalité italienne.

Abandonnant le combat politique elle se tournera vers d’autres formes de combats.

Elle va se consacrer aux œuvres sociales, en particulier la misère à  Naples ou la condition de travail des mineurs de Sicile.

En 1879, le président du conseil des ministres italien écrit :

"La démocratie n’a qu’un seul écrivain social et c’est un Anglais et une femme, madame Jessie Mario, qui ne manque jamais, où il y a de souffrir, d’oser pour une noble cause."        

Elle écrit aussi sur la condition des femmes en Italie, ce qui ne contribua pas à le rendre populaire dans les milieux conservateurs.

Un historien réactionnaire s’acharna sur elle en l’accusant de faire tourner la tête de Garibaldi et de ses camarades et en la décrivant comme ayant une conduite sexuelle redoutable pendant qu’elle s’occupait des blessés ; il l’accusait aussi de fréquenter les hôpitaux plutôt pour chercher de beaux jeunes hommes que pour soigner les malades dont ses caresses retardaient la guérison  [x].                               

Elle se consacrera aussi, à la fin de sa vie, à écrire l’histoire du mouvement national, publiant les écrits de son mari, décédé en 1883, et rédigeant des biographies, en particulier celles de Garibaldi et de Mazzini.   

Décédée à Florence en 1906, où elle avait obtenu une chaire de littérature anglaise à l’université de cette ville, elle sera enterrée à Lendirana, près de Rovigo, auprès de son mari.Plusieurs rues en Italie portent son nom et celui de son mari.

"Jessie White Mario", la "Jeanne d'Arc du Risorgimento", un notule d'histoire de Dominique Masson

(Figure 2 : Alberto Mario, député italien de 1861 à 1865)

 (Dominique Masson)

"Jessie White Mario", la "Jeanne d'Arc du Risorgimento", un notule d'histoire de Dominique Masson

(Figure 3 : médecins prussiens à Châtillon en 1870, collection Dominique Masson)

 

 [i]l'unification du royaume d'Italie qui est proclamé le 17 mars 1861

[ii] La guerre elle-même avait commencé le 19 juillet 1870, entre Napoléon III et le roi Guillaume de Prusse

[iii] Grenest : «  l’armée de l’Est-relations anecdotiques de la campagne de 1870-1871 » ; Paris, 1895

[iv] Garibaldi Ricciotti : « souvenirs de la campagne de 1870 », Nice, 1899 ; déjà, lors de «  l’expédition des mille », elle avait réussi à faire organiser une souscription en Angleterre et Victor Hugo fut sollicitépar les habitants de Jersey pour aussi recueillir des fonds

[v] Dormoy P.A : « souvenirs d’avant-garde » ; Paris, 1887 ; p. 92, 186, 198

[vi] Molis Robert : «  les Francs-Tireurs et les Garibaldi » ; Editions Tyrésias, 1995

[vii] Il semble que ce soit Châtillon, comme le dit le maire, M. Misset

[viii] Garibaldi Ricciotti : op. cit.

[ix] Article paru dans le Daily-News : « Notes from Dijon », Tuesday, February 7, 1871 ; in “Dormoy”,

[x] Porciani Ilaria : « les historiennes et le Risorgimento » ; Mélanges de l’école française de Rome, tome 112-1, 2000

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 5 Février 2021

 Après avoir assisté mercredi 3 février à la belle représentation théâtrale donnée par les lycéens du Lycée Désiré Nisard, de Châtillon sur Seine, salle Kiki de Montparnasse...

 http://www.christaldesaintmarc.com/quelques-eleves-du-lycee-desire-nisard-de-chatillon-sur-seine-ont-inte-a205364416

Je suis allée, vendredi 5 février,  admirer le travail effectué par quelques collégiens du Collège Fontaine des Ducs avec leurs professeurs Jacques Senelet et Elisabeth Hoornaert.

Cinq collégiens, dont trois n'avaient jamais fait de théâtre, ont présenté des extraits de pièces de Molière

 Dans L'Avare :

Roxane Andriessen et Eliott Grados

 Harpagon est un avare, il ne voit que des voleurs autour de lui...il s'en prend à tout le monde, en particulier au valet de son fils,appelé La Flèche.

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Allons que l'on détale de chez moi,maître juré filou, vrai gibier de potence...

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

 Comment diantre voulez-vous qu'on fasse pour vous voler ? Êtes-vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit?

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Dans Le Malade imaginaire :

Talitha Becourt et Océane Beauvais

Argan est malade, très malade, du moins le croit-il....

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Apparaît Toinette, déguisée en médecin...

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

 Donnez-moi votre pouls. Allons donc, que l'on batte comme il faut. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez.

Hoy, ce pouls-fait l'impertinent; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore...

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Dans Le Bourgeois gentilhomme :

Émilie Mayer et Eliott Grados

 Monsieur Jourdain a demandé à un Maître de Philosophie de venir lui donner des cours....

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Les lettres sont divisées en voyelles, ainsi dites voyelles, parce qu'elles expriment les voix; et en consonnes, ainsi appelées consonnes, parce qu'elles sonnent avec les voyelles, et ne font que marquer les diverses articulations des voix. Il y a cinq voyelles, ou voix A,E,I,O,U.

J'entends tout cela....

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

   La voix, A, se forme en ouvrant fort la bouche..

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Beaucoup d'applaudissements du public, extrêmement restreint hélas, car vu la crise sanitaire les parents et les amis n'ont pas pu venir les encourager.

La représentation a été filmée par Monique Klein, les collégiens pourront la visionner au retour des vacances de février.

Ces cinq collégiens se sont donnés à fond pour interpréter des extraits des pièces de Molière...

Les textes étaient assez longs, le masque obligatoire gênait un peu l'expression...mais ils ont donné toute leur énergie, tout leur cœur pour mettre en valeur les textes du plus grand auteur français de pièces de théâtre de tous les temps.

A noter que sur les cinq comédiens , trois n'avaient jamais fait de théâtre...et que les répétitions n'ont duré que DEUX JOURS !!

Alors je leur dis :Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière vous êtes tous formidables !

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Les apprentis comédiens ont ensuite écouté les conseils de Jacques Senelet et d'Elisabeth Hoornaert sur les gestes, les mimiques (hélas avec les masques c'est difficile !!), les intonations  à avoir lorsque l'on joue sur scène...

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Chacun (ne) a écouté attentivement les remarques de leurs deux professeurs de théâtre, nul doute qu'ils les appliqueront ...l'an prochain.

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Au revoir jeunes gens et à l'année prochaine, car nous y croyons tous, tout redeviendra comme avant  et vous pourrez continuer de faire du théâtre !

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

Faire du théâtre permet un développement extraordinaire du mental, du corporel, tous les enfants devraient faire du théâtre, ( et les adultes aussi !) en lisant le texte qui suit, vous vous en rendrez compte !

https://hautlescours.fr/post/6-bienfaits-theatre-cerveau/

Alors encore merci à le Compagnie des Gens de proposer aux collégiens et aux lycéens une si fructueuse activité théâtrale au cœur des deux établissements Châtillonnais.

Quelques collégiens  du collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine, ont interprété des extraits de Molière

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 3 Février 2021

Tous les ans, les lycéens intéressés par le théâtre sont pris en main par la Compagnie des Gens, avec pour professeurs Jacques Senelet et Elisabeth Hoornaert, les deux piliers de la Compagnie.

Des répétitions ont habituellement lieu durant quelques mois et aboutissent à plusieurs représentations salle Kiki de Montparnasse, devant leurs parents et leurs amis.

Or cette année scolaire 2020-2021 n'est absolument pas comme les autres, puisque la société toute entière est frappée par l'urgence sanitaire...

Les lycées, les compagnies théâtrales ne peuvent collaborer comme à l'habitude.

Néanmoins les lycéens ont pu durant DEUX JOURS SEULEMENT, apprendre des textes et répéter avec Jacques et Elisabeth. Ils ont, ensuite, présenté une représentation....sans public...

Mais moi, j'ai eu le grand honneur d'y assister ! j'étais seule avec les membres de la Compagnie à les voir jouer avec un brio sensationnel et j'ai donc pu prendre les comédiens en photos pour qu'ils aient un souvenir de leur performance 2021.

Une vidéo a été aussi tournée, il pourront la visionner à leur retour au lycée, après les vacances de février.

Voici les noms des apprentis comédiens élèves de la seconde à la terminale  qui ont participé à ce spectacle :

Lyssandre Baron, Héloïse Fotchuont, Ilias Laleye, Axelle Martin, Julien Mandry, Lison Michel, Lou Ann Noirot, Pierre Ollin, Alix Rémy, Félicien Siri, et Bérénice Théry  .

J'ai réalisé les photos de leurs différents sketchs tirés d'un livre de Raymond Queneau "Exercices de Style" où une même histoire est contée par chaque comédien(ne) , de façon différente : ampoulée, vulgaire, interrogative, exclamative, philosophique etc...etc....

Les comédiens, installés dans un bus, décrivent chacun de manière différente l'allure comique d'un homme en imperméable*

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

Un pianiste joue une charmante ritournelle avant chaque petit récit.

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

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Dans la seconde partie de la représentation, les sketchs ont été tirés d'un livre  d'Hervé le Tellier, membre de l'Oulipo,  "La Joconde jusqu'à cent" que l'auteur a écrit en hommage à Raymond Queneau  et ses "Exercices de Style".

Ce recueil nous offre une centaine de points de vue sur le célèbre tableau de Léonard de Vinci, La Joconde. Ces textes humoristiques et parodiques sont caractéristiques de la création oulipienne

Elisabeth Hoornaert a vérifié le décor qui va révéler bien des surprises !

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

La Joconde va pouvoir se matérialiser et échanger avec ses visiteurs !

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le masque est...stupéfiant de vérité !

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Nous étions peu nombreux , mais nous avons applaudi à tout rompre le travail de ces lycéen(nes) qui ont joué devant nous sans une erreur, sans une fausse note !

Deux jours seulement de répétition pour une si belle représentation, c'est extraordinaire ! alors Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"  à tous....

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

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Elisabeth Hoornaert les a félicités et leur a donné de bons conseils....

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

Et elle a reçu un joli cadeau en remerciement !

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

Jacques Senelet, lui aussi s'est adressé aux apprentis comédiens pour les encourager à continuer ce travail théâtral, très bénéfique pour la continuation de leurs études puisqu'il permet d'acquérir une bonne expression orale, mais aussi corporelle.

Faire du théâtre développe la confiance en soi, permet de s'affirmer, transcende les émotions et permet de mieux interagir avec les autres.

Tout le monde devrait faire du théâtre !

Merci à la Compagnie des Gens d'œuvrer avec notre jeunesse pour qu'elle soit pleinement épanouie....

Quelques élèves du lycée Désiré Nisard de Châtillon sur Seine, ont interprété avec brio des extraits d'"Exercices de style", et de "La Joconde jusqu'à cent"

 Les collégiens du Collège Fontaine des Ducs de Châtillon sur Seine ont aussi présenté leur réalisation, le dernier jour avant les vacances de février. Je vous  montrerai bientôt des photographies de leur représentation qui fut, elle aussi, superbe !

*Le lien pour lire "Exercices de Style" de Raymond Queneau :

 http://www.desmotsetdesidees.fr/medias/files/exercices-de-style.pdf

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 2 Février 2021

 Alain Prinlein a réalisé une bien belle vidéo qu'il offre aux lecteurs du blog, merci à lui  !

(A mettre en grand écran avec le son !)

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 31 Janvier 2021

 Laurent Schembri, Maire de Recey sur Ource, est très fier des équipes qui se sont mobilisées durant deux jours pour accueillir les habitants dans les meilleures conditions.

90 personnes de plus de 75 ans ont été vaccinées, 50 le vendredi 29 et 40 le samedi 30 janvier.

La convivialité, le plaisir pour beaucoup des aînés de se croiser, de pouvoir échanger, d'être rassurés par les médecins et la présence bienveillante des sapeurs-pompiers ont dédramatisé  le climat pesant de l'épidémie.

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

Monsieur le Maire remercie le Dr Guillemette Dufour qui pilote le dispositif à ses côtés avec un très grand professionnalisme, à Coralie Sullerot, interne en médecine, à Amélie, Aline, Marie-Noëlle, Florence, Brigitte et Marguerite les infirmières dynamiques et attentives et à toute l'équipe de bénévoles

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

Tous ont été heureux de retrouver aujourd'hui, Ernest, doyen des sapeurs-pompiers volontaires retraités du Centre de bassin de Recey-Leuglay-Voulaines, centenaire en pleine forme !

Laurent Schembri donne maintenant rendez-vous aux volontaires dans un mois pour la seconde injection.

Des vaccinations contre le COVID 19 ont été réalisées à  Recey sur Ource

La deuxième période de primo-injection est prévue les 12 et 13 février. Comme tous les centres de Côte-d'Or il faudra s'adapter  aux contraintes d'approvisionnement de vaccins en fonction des doses de vaccins qui  seront affectées.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 29 Janvier 2021

 Nivole Prévost, hélas, n'a pu assister à aucun meeting aérien en 2020, à cause de la crise sanitaire...

Elle a profité de l'épisode neigeux de cet hiver pour réaliser de bien belles photos qu'elle nous offre. Merci à elle !

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

Photos de neige, par Nicole Prévost....

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 24 Janvier 2021

Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 24 Janvier 2021

 

La Fabrique du Millénaire a réalisé de bien beaux projets !

Croquez la pomme !

Chers amis, 
 
La Fabrique du Millénaire vous présente ses vœux pour une année différente, plus riche en initiatives et en plaisirs retrouvés. L'année écoulée ne fut vraiment pas comme les autres…  Les forums des solutions ont été suspendus dès le premier confinement et donc notre dernier rendez-vous date du 28 février 2020. Comme par hasard, ce forum portait sur les services de santé dans nos territoires, services qui n’ont jamais été autant sollicités que depuis cette date.

A la fin du premier confinement et dans la volonté d'agir, nous avons décidé de lancer la première édition des Vergers Solidaires. Vous en connaissez maintenant le principe. L’association organise des cueillettes de pommes dans des vergers où les propriétaires mettent à disposition un surplus de production, soit que leur âge ou leur situation personnelle ne leur permet pas de récolter les fruits… Participent aux cueillettes : les bénévoles et bénéficiaires d’Emmaus, des Restos du Cœur et du Collectif solidarité migrants de Châtillon, les adhérents de la Fabrique du Millénaire, les propriétaires, les associations amies… Les pommes à croquer sont destinées aux distributions alimentaires, les pommes à jus au pressage.

Il faut avouer que tous les résultats ont dépassé nos espérances. Vous avez été nombreux à donner du temps pour que cette première manifestation de solidarité prenne une telle envergure. En effet une quinzaine de sites de collectes (Montliot-et-Courcelles, Saint-Broing-les-Moines, Mauvilly, Oigny, Griselles, Pouillenay, Massingy, Molesmes, Aignay-le-Duc… pour ne citer que quelques étapes) ont vu converger (je ne l’ai pas fait exprès) des bonnes volontés venues de tous les horizons. Au total, plus de 5 tonnes de pommes ont été prélevées dont 600 kilos de pommes à croquer pour les distributions des Restos du cœur ainsi que pour deux centres d'accueil pour demandeurs d'asile et un EPHAD.

Grâce à la générosité du Domaine Bouhélier, que nous ne remercierons jamais assez, le pressage et la mise en bouteille nous ont été offert. La Fabrique millénaire s'est chargée de l’étiquetage et de la mise sous carton, de l’achat des bouteilles et des capsules. Restait l’inconnue de la vente des 2084 bouteilles. Elle a pris une ampleur inattendue au point que nous n’avons pas pu satisfaire toutes les demandes !

Nous avons choisi cette année de verser le produit de ces ventes (soit un peu plus de 4000 euros) au collectif Solidarité Migrants de Châtillon-sur-Seine. Le collectif et les bénéficiaires ont participé activement aux cueillettes et à la vente sous la houlette de notre ami et adhérent Jean-Louis Thenail. Ce groupe accompagne aujourd’hui 5 à 7 familles en situation de précarité. Il les aide matériellement, financièrement, dans la recherche de travail pour assurer le quotidien, l’instruction des enfants, l’apprentissage du français… mais aussi dans le domaine administratif pour la mise au point des dossiers de recours afin de pouvoir poursuivre leur vie avec et parmi nous en toute sérénité.

Nous espérons pouvoir organiser très bientôt une réunion-bilan de l’opération pour croiser les idées pour 2021, dès que la Préfecture nous y autorisera. Les Vergers solidaires 2020 nous laissent déjà des souvenirs merveilleux passés au jardin, des rencontres inattendues et de nouvelles amitiés nées sous les pommiers.

Nous ne pouvons toujours pas prévoir de forums. Nous songeons à d’autres initiatives “sur le terrain” comme celle de la remise à jour de petits chemins oubliés qui reliaient nos villages. Quelques sorties sous forme de chantiers participatifs pourraient être envisagés. Vos suggestions sont les bienvenues et notre petite équipe de la Fabrique n’a pas l’intention d’être le seul déclencheur d’actions et encore moins de se les approprier. 

Nous avons perçu une subvention octroyée par le département de Côte-d’Or d’un montant de 190 euros. Même symbolique, cette petite somme sera mise à profit lors d'un prochain forum. Mais comme toujours, seules vos adhésions nous permettent de continuer à avancer. 

Nous allons prendre rendez-vous dans les prochains jours avec le nouveau directeur du parc national de Forêts non seulement pour lui exposer les missions que l’association s’est donnée depuis sa constitution, mais aussi pour lui remettre le dossier de la Maison de l’eau, qui serait la première maison thématique du parc. Nous attendons beaucoup de cette rencontre afin d’obtenir l’aval de la nouvelle direction dans nos actions comme nous l’avions obtenu auparavant avec le GIP du futur parc.
 
Restons proches et solidaires !
Amitiés
L'équipe de la Fabrique du Millénaire

13 rue de la Panchotte 21510 Aignay-le-Duc
info@fabriquedumillenaire.fr
http://www.facebook.com/LaFabriqueduMillénaire/
 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Janvier 2021

Épisode IX, le dernier...

 Je passai donc l’année à circuler dans mes quatre stations, deux mois ici, trois semaines là, quinze jours ailleurs pour les fêtes patronales, les Premières Communions etc….une vraie vie de romanichel…

Je m’étais habitué à cette vie errante et à tous les moyens de locomotion.

Je connaissais les gens et nous commencions à nous estimer mutuellement quand, le 14 décembre (décidemment c’est toujours en décembre !) Monseigneur m’envoyait une nouvelle  feuille de route.

C’est ça, la vie en missions.

On n’a pas commencé à s’habituer qu’il faut filer.

Cette fois, c’était pour la banlieue nord de Colombo.

Mais cette partie de la ville n’a rien de commun avec les beaux quartiers que j’essayais de vous décrire au début de ma lettre.

C’est la banlieue orientale dans toute sa misère : rues sales où grouillent des centaines d’enfants nus et sous-alimentés.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (9)

Toutes les épaves de la grande ville viennent échouer là, tous ceux qui sont venus de tous les coins de l’île attirés par la civilisation, la vie qu’ils croient facile, par les cinémas, par tant d’attractions de la vie moderne…

Pauvres gens qui ne savent pas ce qu’ils mangeront, ni où ils dormiront ce soir.

Ma nouvelle mission est tout près du port et en comprend même une partie : les ateliers de réparation, les cales sèches etc…

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (9)

Nous en recevons copieusement toutes les fumées.

Autrefois, l’église de la mission Saint-André dominait le port.

Malheureusement elle était trop proche des batteries qui devaient défendre le port et dont les détonations la faisait vibrer.

En 1941, avant l’attaque japonaise, les autorités militaires la firent détruire ainsi que la maison des missionnaires et les deux écoles pour une compensation de 60 000 roupies.

Et Monseigneur m’envoyait à Saint-André pour rebâtir une église qui coûtera quelques 200 000 roupies maintenant.

J’ai 600 enfants dans les écoles et 3 000 catholiques, je ne sais pas combien de païens.

Nous célébrons les offices dans une chapelle provisoire où l’on s’entasse et où l’on étouffe.

Dois-je ajouter qu’après la protection de Notre-Dame de Sanka, c’est un peu grâce au sacrifice de la mission de Saint-André que Ceylan a été épargné.

Les aviateurs japonais qui vinrent bombarder Colombo le jour de Pâques 1942, avaient comme point de repère notre église.

Ils devaient larguer là leurs bombes, faire taire ainsi les batteries côtières et préparer le terrain au débarquement des  troupes qui attendaient au large.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (9)

Les avions tournèrent longtemps en rond et ne découvrirent jamais l’église en question, et pour cause.

Ils lâchèrent leurs bombes au hasard et s’en allèrent même tuer des fous dans un asile sur lequel on avait oublié de peindre la Croix-Rouge.

Les gens sont pauvres, mais ont beaucoup de bonne volonté.

Priez pour que nous ayons bientôt notre église. Les travaux auraient dû commencer déjà depuis deux mois.

Malheureusement je suis tombé malade au début de juillet et ai dû entrer à l’hôpital général où j’ai retrouvé les Sœurs Franciscaines et si apprécié leur dévouement.

En trois ans et demi, j’ai attrapé deux ou trois maladies tropicales dont je suis guéri maintenant.

Mais le traitement qui a duré jusqu’au 15 août m’a laissé très faible et le docteur  m’a prescrit un mois de repos dans les montagnes.

J’arrive à la fin de ce séjour et me sens plus fort.

Dans quelques jours je vais rejoindre ma mission et la chaleur de Colombo.

Bien chers amis, je vous demande de prier pour ma pauvre mission.

J’aurais bien évidemment bien d’autres choses à vous décrire, par exemple ma visite à la grande léproserie située à 5 kms environ de chez moi

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (9)

...comment aussi j’ai tué mon premier serpent venimeux au pied de mon lit… et tant d’autres choses.

J’ai voulu simplement en écrivant à la hâte ces quelques pages, vous demander l’aumône de vos prières, spécialement à l’occasion de la journée des missions.

Si vous saviez comme la prière peut beaucoup !

Parfois quelqu’un vient vous voir et vous manifester son désir de devenir catholique, de recevoir le baptême, on ne sait pas vraiment pourquoi.

Il  n’y a pas d’explication humaine à chercher.

La seule explication, elle est dans la grâce de Dieu qui s’obtient par la prière.

Je vous promets en retour que les catholiques et les enfants de Saint-André, avec leur missionnaire,  prieront pour vous, pour tous ceux qui vous sont chers et à toutes vos intentions.

Je reste bien cordialement vôtre en Notre-Seigneur et Marie Immaculée ;

Achille Caillet

Adresse : Reverend Father Achille Caillet

St Andrew’s Church Mutual

Colombo 15

Ceylan

 

Post-Scriptum

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé de leur faire connaître la façon de venir en aide à ma mission.

Plusieurs m’ont envoyé des revues, images, médailles, chapelets qui m’ont permis de faire beaucoup d’heureux et je les en remercie bien sincèrement.

Depuis quelque temps, j’ai un appareil de projections fines qui me rendrait de grands services ….

Si j’avais des films en nombre suffisant, car vous ne sauriez imaginer combien les enfants raffolent d’images.

Cela m’aiderait à en attirer davantage et à leur enseigner le catéchisme d’une façon plus vivante.

Je pourrais même aller montrer ces films aux lépreux ou aux orphelins ou à tant d’autres auditoires qui attendent la Lumière.

Ceux donc qui voudraient  m’aider à l’occasion de la journée des missions peuvent envoyer leur obole à l’adresse suivante, en mentionnant sur le mandat « pour la mission du Révérent Père Caillet »

Révérent  Père Leteur, Procureur

75, rue de l’Assomption

Paris (16ème)

Le Révérent Père Leteur se chargera de l’achat et de l’expédition des films. D’avance et du fond du cœur, à tous merci

R .P. Achille Caillet

Voici comment se présente le document de 13 pages que madame Nicole Bléret m'a si généreusement envoyé  (cliquer pour mieux lire et utiliser la touche Ctrl))

Première page :

Souvenirs de la vie du Père Achille Caillet lors de ses missions à Ceylan (9)

Dernière page :

Souvenirs de la vie du Père Achille Caillet lors de ses missions à Ceylan (9)

Cette magnifique lettre vous pourrez la relire, dans l'ordre des parutions, en cliquant sur le chapitre "Le Père Caillet, missionnaire à Ceylan" dans la colonne de gauche à la rubrique "Personnalités".

J'ai remis le document original au Père Houdart qui a photocopié toutes ses pages pour lui permettre de laisser une trace dans les archives de la paroisse.

Le Père Houdart l'a ensuite emporté et remis aux archives diocésaines à Dijon.

Merci encore à Nicole Bléret de me l'avoir offert !

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Janvier 2021

Épisode VIII

 Pays étrange en vérité. Pays de lutte.

Les gens portent cela sur leurs traits et dans leurs mœurs  plutôt rudes.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (8)

Au début plutôt renfermés et soupçonneux, ils finirent par se livrer et devinrent plus communicatifs.

C’est d’autant plus difficile de les changer qu’ils sont en grande majorité illettrés.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (8)

Aussi mon principal souci fut de les convaincre d’envoyer leurs enfants à l’école.

Ce ne fut pas facile, car dès qu’un garçon a 11 ans, on l’enrôle pour la pêche.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (8)

Dès qu’une petite fille peut aider la maman à préparer le riz, on la retire de l’école.

Je prêchai, je discutai, j’encourageai, je me mis à aller appeler les enfants dans leurs cabanes, je les attirai en leur donnant des images, en leur montrant des revues que certains d’entre vous m’envoyaient de France.

Bref, je passai une grande partie de mon temps à changer cette mentalité.

A la fin de l’année, il y avait un progrès et j’apprends que cela continue.

Une autre difficulté était la division dans le village.

Autrefois une partie du village devint schismatique, au temps su schisme de Goa.

Maintenant tous sont revenus à l’unité, mais les deux factions subsistent  et il faudra beaucoup de temps encore pour faire disparaître les vestiges de ces divisions qui ont été un crève cœur pour tous les Pères qui sont passés par là.

Mais je n’avais pas seulement à m’occuper de ce village, j’en avais encore trois autres ayant chacun leur église.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (8)

 

Dans l’un de ces villages peu éloignés, je ne pouvais me rendre qu’à pied dans le sable où l’on n’avance pas et je maudis un jour ce sable qui vous empêche d’avancer, quand en dépit de mes efforts, j’arrivai trop tard pour une extrême-onction.

Une autre église (c’était plutôt une école-chapelle si pauvre, si abandonnée) ne pouvait être abordée qu’en pirogue.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (8)

J’y suis allé bien des fois dire la messe, faire le catéchisme, voir les gens etc…

Les enfants étaient si heureux de me lorgner du rivage et de me regarder ramer, car il m’arrivait souvent de manœuvrer la pirogue moi-même.

Puis quand j’abordais, les plus grands sautaient dans l’eau et entraînaient la barque pour l’attacher.

La quatrième de mes églises était beaucoup plus distante.

Je m’y rendais sur mon vieux clou de vélo qu’il fallait d’ailleurs  que je porte à certains endroits, par des chemins de terre couverts d’eau à la saison des pluies.

A Pâques, il avait plu pendant des jours entiers, et comme il sait pleuvoir à Ceylan.

Après une Semaine-Sainte épuisante, j’étais parti le Samedi-Saint à trois heures de l’après-midi pour entendre les confessions de ces pauvres gens si abandonnés.

Je quittai le confessionnal à 7h15 et il faisait nuit noire déjà.

J’avais promis aux trois Sœurs de l’école qui résident là-bas sans messe, sans consolation, d’aller bénir leur petite habitation.

J’allai donc la bénir, puis je repartis vers huit heures du soir sans lampe (que j’avais oubliée), sans une étoile au ciel.

Rien que des ornières, de la boue et d’immenses flaques d’eau jaunâtres, grandes comme des mares.

Je roulais lentement, cherchant le chemin et me guidant d’après les troncs de cocotiers. L’eau giclait de tous les côtés et m’inondait jusqu’aux genoux. La pluie recommença et soudain, me voilà à terre, ou plutôt pataugeant dans l’eau.

Que s’était-t-il passé ? Je pense que j’avais dû heurter une souche de cocotier invisible sous l’eau. J’étais frais, je vous assure. Ma pauvre soutane blanche ! mon pauvre vieux vélo !

Mais à quoi bon se lamenter ? Et puis il n’y avait vraiment pas de quoi. Il fallait bien payer tant de joies pascales et missionnaires, tant de confessions, de communions….

Je repartis donc, mais n’eus pas à aller loin. Une grande lumière, celle de deux phares puissants balaya l’étendue d’eau qui couvrait le chemin.

C’était une camionnette militaire qui faisait le service des voyageurs dans cette région. Mais je n’en avais jamais su l’horaire, car il n’y en a pas. On  la prend quand elle passe.

N’empêche que le conducteur était un brave homme et, quand il me vit en si piteux état, il m’embarqua avec mon vélo et un quart d’heure après j’étais au terminus, c'est-à-dire pas très loin de Duwa.

J’ai toujours  cru que c’étaient vos bonnes prières qui m’avaient envoyé à point cette aide inattendue.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Janvier 2021

Épisode VII

 Un beau matin de janvier 1948, j’arrivai donc, avec armes et bagages, au bord d’une lagune qui me séparait de ma nouvelle mission, Duwa.

A ma droite l’océan indien grondait. En face, une ligne de cocotiers, de l’autre côté de la lagune. C’était là-bas…  

Je fis une ardente prière, car on m’avait averti que ces gens-là n’étaient pas faciles à mener, puis montai courageusement dans la pirogue à balancier.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (7)

 

Le vent soufflait terriblement, je dus attacher la jugulaire de mon casque pour ne pas le voir s’envoler. Le batelier, tout en manœuvrant  la pirogue et en mâchant sa  chique de bétel ,me lorgnait du coin de l’œil.

Quelques femmes qui étaient allées vendre le poisson avaient pris place également dans la pirogue et, elles aussi, m’étudiaient silencieuses.

Avec ces gens à la vie rude, toujours en lutte contre l’océan, plutôt défiants, c’était à moi de faire le premier pas. Je leur adressai quelques mots , leur demandai comment allait la pêche etc…

Et je compris qu’il me faudrait beaucoup de patience pour les gagner et les conquérir.

En débarquant et en traversant le pauvre hameau où vivent entassés 2 000 pêcheurs, dans la saleté, dans la misère, l’isolement du reste du monde, je pensai avec joie qu’en fait de vie missionnaire on ne pouvait pas souhaiter mieux et… j’entrai à l’église, ma foi, dédiée à Notre-Dame du Bon Voyage, tout au bord de la mer et veillant sur la flotte de voiles qui croise là-bas.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (7)

La maison du Père est encore plus proche de la mer et aux jours de tempête, les vagues qui s’écrasent sur les rochers envoient des paquets  jusque dans les vitres.

Jadis, la moitié du village a été engloutie dans un assaut furieux des flots et la conquête lente continue aujourd’hui.

La place est mesurée dans la presqu’île étroite. De temps en temps, un cocotier tombe à la mer et je connais telle maison qui en fera bientôt autant en dépit des sacs de sable et des pierres qu’on accumule pour la protéger.

Le gouvernement a essayé d’arrêter cette érosion et a fait placer par des éléphants de gros blocs de granit sur lesquels viennent se briser les assauts des flots, mais ces blocs disparaissent lentement dans le sable et, à certains points, on ne les voit déjà plus.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (7)

A certaines époques de l’année, et à certaines heures du jour (je n’ose pas dire la marée, car elle est insignifiante ici) une ligne de rochers sous-marins émerge : c’est l’ancienne limite des terres.

A d’autres époques, au mois d’août exactement, le mouvement des eaux dans l’immense baie apporte de notre côté des centaines et peut-être des milliers de mètres cubes d’un beau sable blanc.

C’est ainsi qu’en rentrant de faire ma retraite à Colombo, je me trouvai propriétaire d’une magnifique plage d’une centaine de mètres de long sur 20 à 50 de large. Elle resta là trois semaines, puis disparut en 48 heures.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (7)

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Janvier 2021

Épisode VI

Après quelques mois d’étude je pus me lancer à entendre les confessions des enfants en cingalais et aider le Père Merret un peu plus.

J’attendis plus longtemps pour commencer à prêcher . D’ordinaire on commence par dire ou par lire quelques phrases soigneusement préparées et qu’on a répétées des dizaines de fois. Cela je l’avais fait à partir du mois d’avril quand je m’en allai résider tout seul dans une église voisine dont le Père missionnaire était mort  subitement.

Mais pour mon premier sermon, j’avais à cœur de préparer quelque chose de bien et de l’adresser aux orphelines pour leur exprimer ma reconnaissance ainsi qu’aux Sœurs.

J’attendis  jusqu’au 8 décembre. Ce jour-là, grand-messe au couvent.J’étais très ému, je vous assure, quand je me retournai après l’Evangile et vis les trois nefs pleines de Sœurs, novices, postulantes, institutrices de l’école normale et mes orphelines. Les Sœurs de l’orphelinat  m’avouèrent ensuite qu’elles aussi étaient très émues et avaient prié pour moi.

De fait, la Sainte Vierge m’aida et je débitai mon long sermon sans hésitation. Après la messe je posai quelques questions aux orphelines et je vis d’après leurs réponses qu’elles avaient compris.

J’aurais bien voulu rester encore un an à Bolawalana pour approfondir mes connaissances qui, malgré tout restaient sommaires. Quoiqu’on dise, une langue orientale ne s’apprend pas tout seul.Car cela ne suffit pas d’apprendre à écrire 52 lettres bizarres et des mots encore plus drôles, mais il faut arriver à penser en cingalais, si j’ose dire, et bâtir des phrases comme les indigènes  les bâtissent , c'est-à-dire pratiquement commençant par la fin. Et croyez-moi, ce tour de force n’est pas l’œuvre d’un jour.

L’ennui c’est que nous n’avons pas le temps d’étudier méthodiquement et pendant longtemps. A cause du manque terrible de prêtres, Monseigneur se voit obligé de nous jeter dans la bataille dès que  nous savons quelques bribes de la langue.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (6)

C’est ce qui m’arriva et, le 14 janvier 1948, le Père Merret rentrait de Colombo avec deux feuilles de route. Lui s’en allait au sud de Colombo et moi pas très loin de Bolawalana, mais dans un secteur si différent à tous points de vue qu’on croit entrer dans un autre monde.

Le Père Merret qui comptait 16 ans de Ceylan sans vacances, ne tint pas  longtemps dans sa nouvelle mission. Au bout de deux mois, à la suite d’un refroidissement, il attrapait une paralysie  faciale, passait deux mois et demi à l’hôpital et finalement était  envoyé en France par avion.

C’était un admirable compagnon et nous nous entendions comme deux frères. Je lui suis reconnaissant de m’avoir fait profiter de sa longue expérience. Après 18 mois de séjour en France, il va rentrer à Ceylan en décembre, mais je doute fort qu’il soit complètement rétabli….

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 22 Janvier 2021

Épisode V

Le 17 décembre 1947, un coup de téléphone  m’appelait chez Monseigneur Cooray, notre nouvel archevêque, le premier archevêque cingalais à occuper le siège de Colombo.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

Il a été élève à Saint-Joseph’s College pendant quelques années, puis a été envoyé à Rome pour ses études.

Il est très gentil pour nous et nous parle souvent français .

Il connaît, en outre l’italien en plus de l’anglais, du cingalais et du tamoul.

Ce soir-là, il m’appelait pour m’envoyer dans une mission cingalaise à Bolawalana, environ 32 kms au nord de Colombo tout près de la côte.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

( une église de Bolawalana)

Le Père Merret, un breton en charge de la mission m’accueillit à bras ouverts. Bolawalana comptait 3 églises et 6 000 catholiques.

De plus, s’y trouve la maison-mère des Sœurs de Saint-François Xavier, Sœurs indigènes dirigées par trois sœurs belges du Bon-Pasteur d’Angers.

Ce couvent est immense et comprend le noviciat et le postulat, une école de tissage, un orphelinat de 185 petites filles et une école normale pour 1OO institutrices  cingalaises.

Enfin, les Sœurs ont la charge des écoles de filles de la mission.

Ce couvent possède une très belle chapelle à trois nefs disposées en éventail. La nef centrale est réservée à l’école normale, une autre aux Sœurs novices et la troisième aux orphelines.

C’est là que j’allai dire la messe chaque matin pendant les treize mois que j’ai passés à Bolawalana, de plus, j’assistais le Père Merret dans tout ce que je pouvais faire : confessions en anglais, baptêmes, funérailles, etc…

Mais comme l’immense majorité des gens parlaient cingalais, mon premier souci était évidemment d’apprendre la langue.

La Mère Supérieure du Couvent me donna toute liberté d’aller parler avec les orphelines qui étaient fières d’avoir un Père comme élève.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (5)

Je crois qu’elles se souviennent encore de ces leçons : elles ont ri bien des fois de mes fautes et elles se sont donné bien de la peine pour m’apprendre la prononciation correcte et si aujourd’hui je sais  un peu de cingalais  c’est à elles que je le dois en grande partie.

Tout le monde est d’accord pour reconnaître que c’est des indigènes , et tout spécialement des enfants que l’on apprend la bonne prononciation .

Il y avait, parmi ces orphelines de toutes petites, et notamment  une petite Patricia qui atteignait ses deux ans quand j’arrivai pour la première fois.

Cette pauvre petite avait perdu son père le 24 décembre 1945, deux jours avant sa naissance (26 décembre) et sa mère était morte le 30 du même mois.

Elle aimait beaucoup venir près de moi, et quand elle me voyait arriver, elle criait, m’appelait et essayait de venir me rejoindre sous l’arbre  nous étudiions, mais comme elle ne pouvait pas descendre les escaliers, j’envoyais les plus grandes la chercher et elle gazouillait près de nous.

Elle aura bientôt 5 ans et va à l’école attachée à l’orphelinat.

Elle m’a envoyé récemment une « lettre », c'est-à-dire une feuille de papier couverte de lettres cingalaises.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 21 Janvier 2021

Épisode IV

 Le 11 janvier au matin, Mgr. Masson m’envoie au collège saint-Joseph situé au beau milieu de la ville avec consigne d’apprendre le plus d’anglais possible.

Saint-Joseph est un immense collège catholique fondé par Monseigneur Bonjean, mais qui doit tout son rayonnement au Père Le Goc, un Breton qui le dirigea pendant un quart de siècle.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

Le Père Le Goc, qui était un savant, a fait une impression profonde  sur tous les milieux à Ceylan et même aux Indes.

Et quand il mourut, tué net dans un accident d’auto le 16 mars 1945, ce fut un deuil national.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

(Le Père Maurice Le Goc)

Les funérailles furent un triomphe et, comme il était officier de la Légion d’Honneur, c’est sur les épaules des marins français du « Richelieu », alors en rade à Colombo, qu’il traversa la foule énorme de toutes races et de toutes religions, venue le pleurer.

Quand j’arrivai au collège, je fus impressionné par la belle ordonnance des bâtiments disposés autour d’un grand terrain de sports et d’une seconde cour de récréation.

La chapelle aux lignes modernes, d’une conception très originale occupe le centre…

Le Père qui avait étudié à Rome et dans les universités anglaises pendant de longues années, m’accueillit en me parlant français.

Tous les 11 Pères, les 70 ou 80 professeurs et les 1 600 élèves étaient Ceylanais. J’étais donc le seul blanc.

Comme les Pères étaient beaucoup trop peu nombreux, on me confia la surveillance des internes, section des petits, ce qui me prenait 6 heures par jour et réduisait d’autant le nombre d’heures que je pouvais consacrer à l’étude de l’anglais.

De plus, la prononciation de l’anglais par les Ceylanais est loin d’être la prononciation correcte, mais je réussis à les comprendre assez vite et 5 semaines après mon arrivée , je pus entendre les premières confessions en anglais.

Ce fut en une occasion mémorable, à l’occasion de la proclamation de la Sainte Vierge comme Reine de l’île, sous le titre de Notre-Dame de Sanka, titre reconnu et approuvé par le Saint-Père.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

50 000 personnes étaient présentes pour rendre grâce à Notre-Dame d’avoir sauvé l’île de l’invasion japonaise.

Les messes se succédèrent à la grotte de Tewatte à partir de 4 heures du matin et je distribuai la Sainte Communion pendant plus de 2 heures.

Monseigneur Masson m’avait promis, à Lourdes, que j’assisterais à cette cérémonie et, quelques jours avant le 15 février 1947, il envoya une lettre spéciale au Père Supérieur pour lui dire de m’envoyer à Tewatte.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

(La basilique de Notre-Dame de Sonka à Tewatte)

Ce bon Monseigneur Masson fut constamment plein d’attentions pour moi et je lui serai toujours reconnaissant des encouragements et des conseils qu’il me prodigua.

Quand arrivèrent les vacances de Pâques, il insista pour que j’aille passer 3 semaines dans les montagnes du centre de l’île avec les autres Frères.

Aussi sa mort soudaine, au matin du 28 juillet 1947 fut une peine personnelle pour moi et me surprit douloureusement.

Et maintenant encore, quand je passe à la cathédrale où il repose, je prie pour lui qui était si imposant, si majestueux et en même temps si bon.

La vie de collège continua.

Je sentais que je devenais « anglais » un peu plus chaque jour, que je m’intéressais au cricket, ce jeu qui n’aurait guère de succès en France et qui est, à mon avis, avec le commerce, le seul lien entre les pays si divers du Commonwealth britannique.

Le Père Supérieur qui aimait beaucoup le basket-ball m’encourageait à l’enseigner aux élèves et nous avions ensemble beaucoup de plaisir.

Mais c’est un sport qui n’est pas fait pour les tropiques. Le volley-ball connaît à juste titre, beaucoup plus de succès.

Le sport occupe une place importante en Angleterre et dans les dominions et Saint-Joseph’s Collège en a une plus qu’honorable parmi les collèges de l’île.

Au point de vue religieux, environ 800 élèves sur 1 600 étaient catholiques.

Je ne voudrais pas comparer la piété des Orientaux avec celle des Occidentaux.

Extérieurement, pour ce qui est des démonstrations de piété, ils nous en remontrent, mais je me demande si leur religion ne s’arrête pas là…

Dans le domaine intellectuel, je crois que dans l’ensemble les Ceylanais sont plus portés vers les sciences mathématiques, physiques etc… que vers les Lettres.

Le collège prend les enfants à partir de l’école maternelle aux mains d’une dizaine d’institutrices et les conduit à l’examen d’entrée à l’Université.

On y enseigne, avec l’enseignement religieux (après trois mois on me confia 2 classes) toutes les sciences, la dactylo, les langues orientales : tamoul, cingalais, pali, sanscrit.

Un grand collège Saint-Bridget’s Convent, tenu par les Sœurs du Bon-Pasteur d’Angers, remplit pour les jeunes filles  le même rôle que Saint-Joseph pour les garçons. Elles sont environ 850 élèves.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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