Publié le 21 Janvier 2021

Je voudrais tout d'abord féliciter la Municipalité de Châtillon sur Seine et la Communauté de Communes pour avoir ouvert très rapidement un centre de vaccination contre la COVID 19, pour les personnes de 75 ans et plus.

Un grand bravo à tous ceux et celles qui font fonctionner le centre : médecins, infirmières, et bénévoles qui se dévouent sans compter pour le bien de tous.

J'ai su ce matin qu'une ville voisine n'en ouvrait un que mercredi 27 janvier prochain (Montbard) et une autre seulement le 29 (Saulieu)..

Notre centre de vaccination a commencé de fonctionner mardi 19 janvier, soit avec pas mal de jours d'avance sur elles 

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !  Châtillon ....

J'ai suivi le parcours, hier d'un candidat à la vaccination qui avait réservé un créneau en fin de semaine dernière, par internet (sur Doctolib).

Tout d'abord il faut s'inscrire après avoir présenté carte d'identité et carte Vitale aux aimables bénévoles du Secrétariat .

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

Puis le médecin, très à l'écoute du patient, reçoit le futur vacciné...

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

De nombreuses questions lui sont posées, le médecin consulte l'ordonnance, prend la température.

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

Puis enfin arrive l'injection tant attendue, par une charmante infirmière, on ne sent absolument rien, tant ses mains sont expertes !

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

Il faut ensuite patienter un quart d'heure afin de prévenir une réaction possible...

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

Puis on reçoit de la main d'une souriante bénévole (ça se devine malgré le masque !) , le précieux document que l'on représentera dans trois semaines lors de la deuxième injection.

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

Je m'étais, la veille,  fait vacciner, les bénévoles à l'entrée n'étaient pas les mêmes , le médecin non plus...

Mais l'accueil a été le même, très chaleureux !

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

On voit la grande mobilisation de tous les acteurs de la santé et des bénévoles pour vacciner les habitants du Châtillonnais , de la campagne comme de la ville.

Alors à tous je dis merci de tant vous impliquer pour que ce fichu virus disparaisse et que ce vaccin permette à tous de retrouver la vie d'avant.

A Châtillon sur Seine, le centre de vaccination contre la COVID 19 fait le plein !

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 20 Janvier 2021

Épisode III

Le lendemain, dimanche, je lis ma messe en toute tranquillité au petit séminaire vers 6h30, c'est-à-dire alors qu’il n’est encore qu’une heure du matin en France. Là, j’ai pu prier à mon aise…

Dans la matinée, un Père Belge nous fait visiter l’hôpital général tout proche.

2 000 lits environ, mais il y a encore un autre millier de malades couchés sur le sol, tellement le nombre est élevé et l’équipement sanitaire déficient.

 Le miracle dans cet hôpital, ce sont les 90 sœurs franciscaines de Marie qui se dévouent jour et nuit auprès de ces malades sans distinction de races ni de religions.

 Bien qu’elles appartiennent à une quinzaine de nationalités différentes, elles connaissent toutes, en plus de leur langue maternelle, l’anglais, le français et le cingalais.

Leur tact, leur dévouement et leur savoir faire, font marcher cet hôpital en dépit de toutes les difficultés, du grand nombre de malades et du manque d’équipement.

L’après-midi, à 5 heures, Monseigneur Cooray * nous emmène à la cathédrale où il nous fait l’honneur de nous prendre comme diacre et sous-diacre au TeDeum solennel qu’on chante pour fêter son retour.

Il parle en anglais de sa visite en Europe, du Saint-Père dont il va donner la bénédiction.

la vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (3)

Ce soir-là j’ai senti et réalisé combien l’Eglise était catholique. Dans cette foule qui écoutait Monseigneur Cooray, il y avait des Cingalais, des Tamouls, des Européens appartenant à presque toutes les nations de l’Europe occidentale, tous vibrant de la même foi.

Dans cette immense nef, il n’y avait plus de différences de races, il n’y avait plus que des enfants de Dieu.

Le lendemain, nous partions à Maggona en auto.

Maggona est une mission au sud à une cinquantaine de kms de Colombo, où se trouvent groupés sous la direction des Frères Oblats, un orphelinat de 150 garçons, une Ecole Normale pour instituteurs Cingalais et ce qu’on appelle ici un « réformatoire » et qu’on appellerait en France une école de correction.

la vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

C’est aux Frères Oblats que les tribunaux et le gouvernement confient les jeunes délinquants qu’on ne peut pas envoyer en prison. Ils sont environ 300, en majorité païens.

Pour occuper tout ce monde et les aider à commencer une nouvelle vie, une école industrielle est attachée au réformatoire.

On enseigne à ces jeunes gens la menuiserie, l’imprimerie, la reliure, la couture, la culture du riz etc…

Un Frère est même spécialisé dans la dorure des calices.

Nous passons là trois belles journées pendant qu’à l’atelier de couture on nous prépare notre trousseau, tout de blanc, qui nous permettra de porter plus allègrement le poids du jour et de la chaleur.

Nous visitons ces immenses bâtiments, regardons les enfants au travail, en classe ou à la gymnastique, parcourons les plantations d’arbres à caoutchouc, les rizières.

A l’occasion, nous apprenons quelques mots de cingalais, que nous aurons d’ailleurs vite fait d’oublier , tellement cela nous paraît bizarre.

On nous montre un cobra tué la veille ; les serpents abondent par ici, mais le Père Supérieur à la barbe blanche nous rassure en nous disant qu’il y a un ange gardien spécial pour les missionnaires et nous recommande d’avoir confiance en lui.

De gentils petits écureuils zébrés sont si familiers qu’ils courent sous les vérandas et viennent manger à vos pieds les mies de pain qu’on laisse tomber à leur intention. Des amours de petits lézards courent sur les murs.

Nous nous acclimatons, c'est-à-dire que nous transpirons énormément. Cela durera 3 ou 4 mois, tant que nous n’aurons pas perdu avec nos belles couleurs quelques centaines de milliers de globules  rouges… Le cari ne nous apparaît plus aussi fort qu’au premier jour et d’ailleurs nous faisons attention.

Puis nous remontons à Colombo. Visite à la police qui me fait sentir que, malgré tout mon attachement à ce pays et à son peuple, je reste un étranger.

On nous pose un tas de questions, notamment celle-ci : « Combien de temps comptez-vous rester à Ceylan ? Réponse : « indéfiniment »

 *Thomas Benjamin Cooray né à Negombo (Sri Lanka) le 28 décembre 1901 et décédé à Colombo, le 29 octobre 1988, est un ecclésiastique srilankais,membre de la congrégation cléricale des Oblats de Marie-Immaculée, qui fut archevêque de Colombo. Il a été fait cardinal en 1965 par le Pape Paul VI.

Le voici en cardinal :

la vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan (3)

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 20 Janvier 2021

  Épisode II

Aussitôt les questions  recommencent.

Pauvres chers anciens missionnaires ! Si les cinq années de guerre et d’occupation nous ont paru longues comme une éternité, elles ont dû l’être aussi pour ceux qui ont peiné, tenu sur le front des âmes et sont tombés au champ d’honneur des missions, sans nouvelles, sans renforts.

Et comme on est content d’être le premier renfort !

Depuis l’entrée en guerre jusqu’à notre arrivée, 21 Pères sont morts et nous ne sommes que 2 à arriver ! Mais ça suit et d’autres viendront.

On parle, on parle…On leur demande aux anciens, si la langue du pays est difficile à apprendre, s’il y a  beaucoup de serpents etc… et nos questions les font rire.

Mais voici l’heure du déjeuner, et là, ils vont rire encore davantage à nos dépens.

 Des plats de toutes les couleurs de l’arc en ciel circulent avec le riz.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

On nous dit : « ceci est fort, ceci est très fort, ceci ne brûle pas la langue… » une foule de bons conseils. Mais on veut être braves et…se lancer à l’eau ou plutôt essayer de tous les caris, car c’est le nom de tous ces plats bizarres qui vous étonnent par leur variété.

Naturellement on se brûle la langue, tant les épices sont fortes (imaginez que vous avalez le contenu du poivrier) et les larmes viennent aux yeux. Tout le monde rit, et nous aussi, mais on rit jaune.

On avale de grands verres d’eau pour essayer de faire passer cette sensation de charbon brûlant que vous avez dans la bouche, (comme l’eau est bonne à Ceylan !) mais c’est peine perdue.

Ce sont les bananes et les ananas qui nous sauvent et, après le dessert, tout rentre dans l’ordre.

L’après-midi, on visite l’immense propriété appelée « Borella ». Je vous disais que Borella était le quartier général de l’église catholique à Ceylan.

En effet on y trouve, rassemblés autour de l’archevêché, le petit séminaire avec 150 élèves

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

de l’autre côté le grand séminaire avec 20 élèves...

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

la centrale administrative de toutes les écoles catholiques du diocèse et enfin la presse catholique qui imprime deux hebdomadaires en Anglais et en Cingalais et toutes sortes d’autres publications.

La vie du Père Caillet, missionnaire à Ceylan

Un aspect des constructions et bâtiments à Ceylan auquel on met un certain temps à s’habituer est d’avoir immédiatement sur  vos têtes le toit nu avec ses tuiles et ses poutres sans plafond intermédiaire. Ordinairement les bâtiments sont tout en surface, pas d’étage, c’est beaucoup plus sain et moins chaud.

Ceux qui construisent un étage sont obligés souvent de recourir aux ventilateurs, ce qui représente une assez grosse dépense.

Le soir arrive. Vers 6 heures, une énorme averse tombe pendant 20 minutes et aussitôt le soleil recommence à luire de son plus bel éclat sur les feuilles des bananiers, comme si de rien n’était avant de se coucher très vite.

 La nuit ici arrive en un quart d’heure. Les lucioles, mouches phosphorescentes commencent à danser et à tracer des sillons lumineux dans la nuit.

 Les étoiles brillent, bien plus nombreuses que chez nous. On sent la nuit plus solennelle et plus mystérieuse.

Elle doit l’être bien davantage encore, là-bas au fond de la jungle.

Après les exercices de piété de la soirée, le dîner et la récréation, on a hâte d’aller se reposer. Cette chaleur nous assomme et l’on se sent moins alerte, moins énergique.

C’est comme si l’on avait à traîner un poids et c’en est un en effet.

La question du couchage est d’une simplicité évangélique à Ceylan, non pas par vertu, mais par nécessité.

On n’aurait que faire de couvertures, édredons etc…

Le lit consiste en un cadre de bois tendu de cordelettes tressées .

Vous étendez une natte là-dessus, vous vous enroulez  dans un drap et en route pour le pays des rêves derrière la moustiquaire que vous avez bien eu le soin de vérifier.

Car s’il y a le moindre petit passage, les moustiques porteurs de malaria finiront par le trouver, tant ils sont avides de sang frais de jeunes Européens tout nouveau débarqués.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 19 Janvier 2021

Il y a peu, j'ai reçu  de la part d'une lectrice belge, un mail extraordinaire...

Extraordinaire, c'est bien le mot, car, en effet, madame Nicole Bléret    me proposait  de me remettre une lettre dactylographiée de 10 pages, provenant du Père Achille Caillet, écrite par lui en 1950, depuis sa première mission à Ceylan.

Cette lettre se trouvait dans les papiers de la grand-mère de madame Bléret.

Madame Bléret est la petite fille d'Albert et Marie Mayerus-Mangin d'Hussigny (Meurthe et Moselle) très impliqués dans la vie paroissiale de leur commune.

J'ai accepté ce don avec une grande joie, et  à sa réception, j'ai été frappée par le récit du début de la vie de missionnaire du Père Caillet, alors qu'il avait 28 ans, texte nous la relatant avec un style vivant et passionnant.

Bien entendu, j'ai recopié cette lettre et je la ferai paraître "en feuilleton", en 9 épisodes.(comme je l'ai fait pour le récit de la famille Roy d'Aisey sur Seine).

J'illustrerai ce texte foisonnant, de photos ou cartes postales anciennes pour que le récit, très dense, du Père Achille Caillet, soit plus aéré.

En voici la première partie.

Septembre 1950

Bien chers amis,

Le 4 janvier 1947, j’arrivais à Colombo et je terminais ma petite relation de voyage en disant que « le plus beau moment c’est quand le rideau bouge et qu’on entend du bruit derrière le rideau ». C’est vrai, mais le plus beau moment, c’est peut-être celui de l’espérance.

Mais depuis ce moment-là, il y a en a eu d’autres aussi qui étaient beaux tout de même.

Et comme je n’ai pas eu le temps d’écrire à chacun de vous en particulier mes impressions de bientôt 4 années de Ceylan, je vais, à la demande de, plusieurs d’entre vous,  résumer quelques-unes des impressions de cette période qui m’a parue courte   parce qu’elle a été pleine, occupée et heureuse.

 Après les adieux sur le bateau à tous les charmants compagnons de traversée, à ceux qui vont vers d’autres cieux, l’Afghanistan et l’Inde, aux soldats et parachutistes  en particulier dont plusieurs seront morts ou mutilés quelques semaines plus tard, c’est la rencontre avec Monseigneur Cooray, l’évêque coadjuteur de Colombo et les Pères, les anciens missionnaires et les « vieilles barbes », venus à bord accueillir Monseigneur Masson.

On descend la passerelle pour la dernière fois, on saute dans la vedette qui traverse la rade à toute vitesse.

Un dernier regard à notre cher « Champollion » qui disparait bientôt derrière des dizaines d’autres bateaux et des centaines de mâts et voici la jetée.

Le Père Achille Caillet, missionnaire à Ceylan (actuel Sri Lanka)

(le Champollion en 1946)

Cette fois on y est ! La terre de Ceylan…. Cet instant qu’on a attendu depuis des années, pour lequel on a prié, lutté, il est arrivé !

La douane nous retient quelques instants, mais n’insiste pas.

Ils savent bien que nous ne sommes pas venus faire du trafic.

D’ailleurs nous marchons sous la protection de Monseigneur Masson qui est l’autorité morale la plus respectée de l’Ile et qui en impose, je vous assure.

Les reporters sont là, lui demandent ses impressions et prennent des photos qui paraitront dans quelques heures en première page dans les journaux.

Nous quittons le bâtiment de la jetée des passagers.

Le Père Achille Caillet fut missionnaire à Ceylan (actuel Sri Lanka)...

Il est peut-être 10 heures du matin, mais le soleil est déjà haut dans le ciel et c’est exactement là, sur cette place goudronnée et déjà surchauffée que nous recevons le « baptême du feu ».

Le sol embrasé nous renvoie au visage une bouffée de chaleur qu’on reçoit avec le sourire en se disant que  c‘est  loin d’être la dernière.

On saute dans une auto avec d’autres Pères français qui comptent 8,15 ou 30 ans de Ceylan.

On est tout yeux : Ah ! cette première impression, comme elle est étrange et inoubliable ! ce premier contact avec l’Orient mystérieux, bariolé, insaisissable.

De belles avenues très larges, de grands édifices, des magasins somptueux : c’est le Colombo européanisé : les grandes banques,, les Consulats et Ambassades, les agences maritimes, les bureaux du gouvernement etc…

Des tramways plutôt démodés, de luxueuses voitures américaines

Le Père Achille Caillet fut missionnaire à Ceylan (actuel Sri Lanka)...

et, soudain une charrette à bœufs, des bœufs qui ont des bosses et qui portent sur leurs cornes leur ration de foin pour la journée.

Le Père Achille Caillet fut missionnaire à Ceylan (actuel Sri Lanka)...

Le Père Achille Caillet, missionnaire à Ceylan (actuel Sri Lanka)

Dans cette apparition cocasse d’une charrette à bœufs dans les quartiers chics de Colombo, barrant le passage aux trams, aux autos, à tout sans souci ni idée du code de la route, il m’a semblé voir tout le vieil Orient tenace qui ne veut pas capituler et vient soutenir le défi au milieu de la « civilisation ».

Des trottoirs encombrés de monde, de vendeurs, de camelots, de marchands, de mendiants, de belles dames aux saris de couleurs flamboyantes, d’estropiés, que sais-je encore ?

Tout ce monde qui crie, gesticule, s’agite, passe, repasse, fait l’article, rit discute ou flâne, ces sons incompréhensibles qui vous arrivent pendant que l’auto s’arrête dans un embouteillage invraisemblable, tout cela c’est encore l’Orient et l’un de ses multiples visages.

Des cocotiers, des massifs de fleurs , des bougainvilliers passent à toute vitesse devant nos yeux.

Mon Dieu que de choses en dix minutes ! on est muet, ébahi, stupéfait et ravi devant cette richesse et cette exubérance de Colombo.

Mais nous arrivons à l’Archevêché le quartier général du Catholicisme à Ceylan.

Les Pères, tous en soutane blanche, sont venus nombreux saluer Mgr. Masson. Ils nous assaillent de questions :

« D’où êtes-vous, de quelle région de France ? Que fait-on en France maintenant ? Où étiez-vous pendant la guerre, à l’occupation ? Qu’avez-vous fait ? Connaissez-vous un tel, etc… etc… »

Tout en parlant on se dirige vers la Chapelle. Première visite à Notre-Seigneur sur la terre de Ceylan, visite combien émouvante.

On a tellement de choses à Lui dire, on a la tête si pleine de visions étranges et nouvelles que tout vient à la fois sans ordre et en vrac.

On Lui dit  merci de nous avoir conduit comme par la main jusqu’ici, on Lui offre toutes ses forces et toute sa vie jusqu’au dernier souffle, on Lui parle de la France, de la Maman, de tous ceux qu’on aime, de toutes ces âmes, de toute cette masse encore païenne et on Lui demande sa force pour que notre vie serve à sa gloire.

On voudrait continuer longtemps, s’arrêter indéfiniment à parler avec Lui, de tous et de chacun, s’arrêter un peu, penser, essayer de s’analyser, de s’y reconnaître dans une pareille farandole de pensées et de visions…

Mais on vous emmène. Au passage, un sourire à la Sainte Vierge, Notre-Dame de Sanka : c’est aujourd’hui  le premier samedi de l’année.

Un merci à Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, la patronne des missions.

Je pense à sa statue dans le hall de Pontmain, cette statue devant laquelle j’ai passé des milliers de fois pendant mes cinq années là-bas et je lui ai dit chaque fois que je passais : « Sainte-Thérèse, patronne des missions, faites qu’un jour j’aille en missions ».

Elle ne m’a pas déçu et c‘est toute ma reconnaissance que je fais passer dans mon regard en quittant la chapelle.

 

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 17 Janvier 2021

 Marie-Geneviève et François Poillotte nous  font connaître aujourd'hui la famille des amanites, une famille de champignons dont beaucoup d'espèces sont toxiques, mais certaines...délicieuses.

Merci à tous les deux pour leur documentation si précise et si passionnante qui ravira les amateurs ....

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

"La famille des ammanites"

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 16 Janvier 2021

 Jean-Pierre Gurga a profité de la première neige tombée sur le Châtillonnais pour aller faire des photos près de Poinçon les Larrey.

Voici les magnifiques clichés qu'il vous offre, merci à lui !

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

"Neige à Poinçon les Larrey" de très belles photos de Jean-Pierre Gurga

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 14 Janvier 2021

Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 13 Janvier 2021

Alain et Annie Prinlein ont réalisé un petit montage sonorisé de 10 mn , sous forme de quizz sur les oiseaux du lac de Marcenay et de leur jardin. 

Ils en ont fait une superbe vidéo à mettre en grand écran !

Merci à eux de nous offrir ce magnifique document qui comporte  des photos extraordinaires.

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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Publié le 8 Janvier 2021

 Dominique Masson continue ses recherches sur la guerre de 1870 dans notre région.

Après la "surprise de Châtillon" :

http://www.christaldesaintmarc.com/la-surprise-de-chatillon-garibaldi-un-notule-d-histoire-de-dominique-m-a204217938

L'exécution de Léon Vigneron" :

http://www.christaldesaintmarc.com/l-execution-de-leon-vigneron-le-19-decembre-1870-un-notule-d-histoire--a204964668

Voici "la bataille de Baigneux-les Juifs", où nous apprenons, avec étonnement, des pans de notre histoire régionale, complètement oubliés par la plupart d'entre nous...

Merci mille fois à Dominique Masson de nous rappeler, si bien, le passé du Châtillonnais !

Notule d’histoire :

 

La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871

 

Le 20 décembre 1870, la quatrième brigade, commandée par Ricciotti Garibaldi, qui s’était déjà illustrée lors de la « surprise » de Châtillon, le 19 novembre 1870,  reçut l’ordre de se tenir prêt et de tout préparer pour une longue expédition.

La météorologie était terrible, la température tombant souvent à 18° au-dessous de zéro et il y avait alternative de neige et de tempêtes ; les hommes avaient de la neige jusqu’à la ceinture et on ne voyait pas à dix mètres.

Aussi il devenait presque impossible de prendre les mesures de sécurité les plus élémentaires et il était impossible de se servir des armes, l’huile gelant dans le mécanisme délicat des fusils à culasse et le métal, à une si basse température, devenait si fragile qu’il y avait toujours danger d’éclatement.

Le temps ne permettait aucun mouvement tactique et contrariait sérieusement le service d’informations.

Aussi le quartier-général de Garibaldi était préoccupé des mouvements des troupes ennemies qui se faisaient sur sa gauche, dans la direction de Tonnerre, Auxerre et Orléans.

Il fut donc décidé de faire une pointe dans cette direction et ce fut la quatrième brigade qui fut choisie pour ce service.         

"La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871", un notule d'histoire de Dominique Masson

 Partie le 23 décembre, dans des conditions climatiques difficiles, la brigade arriva à Château-Chinon.

Repartie le 26 décembre, elle est à Clamecy, puis à Courson, se replie ensuite à Coulanges, puis arrive à Vermenton, le 30 décembre.

Ces mouvements inquiètent les prussiens qui ordonnent au général von Zastrow, commandant le VIIe corps allemand, lequel avait ses positions entre Flavigny, Semur et Montbard, de marcher sur Auxerre.  

Ayant appris que de fortes masses prussiennes se mouvaient sur les routes conduisant à Montbard et à Châtillon, c’est-à-dire vers le sud-est, Ricciotti Garibaldi décida de retourner à Avallon, où il resta du premier au 3 janvier 1871, puis repartit vers Précy-sur-Thil.

Selon les informations reçues, il y avait une forte concentration de troupes prussiennes entre Châtillon et Montbard, cette ville étant occupée par 5 000 prussiens avec de la cavalerie et de l’artillerie.

Les uhlans couraient la campagne pour fourrager et prélever des vivres dans tous les villages environnants.

Ricciotti Garibaldi fit avancer sa brigade jusqu’à Semur, dans l’idée de leur donner la chasse.

Les commandants Michard  et Bailly, bien qu’inférieurs en nombre, les attaquèrent et les mirent en fuite.   

Le 8 janvier, Ricciotti Garibaldi, apprenant qu’une colonne prussienne était sortie de Montbard et se dirigeait vers Semur, résolut d’attaquer Montbard, dont la garnison devait être affaiblie.

Les bagages furent expédiés sur la route de Flavigny et la brigade prit la route de Montbard.

Ayant passé Montfort, la brigade trouva les prussiens qui avaient pris leurs positions à travers de la route et sur la pente de droite.

La brigade utilisa alors un petit chemin  sur la pente gauche.

L’ennemi se retira rapidement et les garibaldiens voulurent couper ce corps de celui qui occupait Crépand.

Après un combat, les garibaldiens se retirèrent, menacés d’être encerclés et, par la vallée de la Brenne, gagnèrent Flavigny, où ils arrivèrent à 4 heures du matin.

Le capitaine Tarelli-Cox réussit même à sauver toutes les voitures de munitions, ce qui permit à la brigade de recharger ses armes [i].     

 [i] Dans cette affaire, Ricciotti eut trois hommes tués et une vingtaine de blessés

 

"La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871", un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 2 : monument élevé à Crépand en mémoire des francs-tireurs tués lors du combat du 8 janvier 1871

Ricciotti donna un jour de repos à ses troupes et il fut rejoint à Flavigny par la deuxième brigade de Lobbia.

La situation de Ricciotti n’était pas formidable, se trouvant au milieu des avant-gardes des IIe et VIIe corps prussiens de l’armée de Manteuffel, qui occupaient Villaines, Saint-Marc, Baigneux, Aignay-le-Duc, Montmoyen et Recey

.On crut même que la quatrième brigade était perdue, le sous-préfet de Semur ayant télégraphié, le 9 janvier :

« Ricciotti, après s’être battu toute la journée, est entouré de forces considérables. Ses bagages et ses munitions sont déjà entre les mains de l’ennemi ».

Giuseppe Garibaldi lui-même craignit un temps que son fils ne soit perdu ; il avait dit alors à son chef d’état-major :

« … Nous sommes exposés, vous comme moi, à apprendre d’un moment à l’autre la mort d’un fils, mais nous avions, n’est-ce pas, en venant ici, fait le sacrifice de notre vie et de celle de nos enfants. Dites-moi la vérité, Ricciotti est-il mort ou prisonnier ? [i] » . 

Ricciotti demanda des instructions à son père mais, celui-ci lui laissant toute liberté pour la poursuite de la guerre, ce dernier estima que le plus utile était de continuer à observer les corps prussiens de la région.

La IIe brigade de Cristiano Lobbia et la IVe de Ricciotti allaient chercher à freiner la marche des troupes prussiennes envahissant la Bourgogne depuis le nord-ouest.                                                                                                                                                           Nous avons plusieurs récits sur la bataille de Baigneux : celui de Ricciotti Garibaldi, celui du général Bordone, chef d’état-major de l’armée des Vosges, celui d’Edmond Thiébault, officier d’ordonnance de Ricciotti et enfin, celui, récent, d’un historien, Robert Molis.                             

Voici d’abord ce que dit Ricciotti [ii]                                                            

« Dans ce but, je décidai l’exécution d’un mouvement vers le Nord, c’est-à-dire sur le front des avant-gardes ennemies.

Le 11 janvier, la quatrième brigade prend la route de Darcey.

Dans cette localité nous recevons la nouvelle qu’une colonne fourragère est en train de prélever des vivres à Baigneux-les-Juifs.

Tout de suite, je fais accélérer la marche et, en arrivant près de Villeneuve, deux compagnies, sous les ordres de Michard, sont poussées jusqu’à Villaines, avec l’ordre de prendre la route qui, de cet endroit, conduisait à Baigneux et de tailler ainsi la retraite aux Prussiens.

En attendant, la brigade continuait sa route vers Baigneux.

Arrivés à moins d’un kilomètre de cette localité, nous rencontrons une patrouille de cavalerie qui, attaquée par nos guides, est aussitôt obligée de tourner bride.

La route, passant au milieu d’une bande de terrain ouvert, avec des bois à droite et à gauche, coupait à angle droit la crête de la colline et descendait ensuite de l’autre côté sur le  village.

Cette crête était fortement occupée par les Prussiens qui reçurent nos tirailleurs par une très vive fusillade.

Je fis avancer deux compagnies par l’extrémité du bois à droite, de manière à tourner la position de l’ennemi et pour l’obliger à se retirer par la route de Villaines.

La manœuvre réussit parfaitement.

L’ennemi, chassé de l’arête de la colline, se retira sur le village.

Mais après un bref combat, il fut obligé d’abandonner aussi celui-ci et il recula dans la direction de Villaines en grand désordre, laissant entre nos mains douze prisonniers et trois voitures de subsistances.

Le malheur voulut que Michard, retardé dans sa marche, ne fût pas encore arrivé à ce village, sinon les Prussiens, pris entre deux feux, seraient  probablement tous restés prisonniers.

Ayant suspendu toute poursuite, nous sommes retournés à Baigneux, où nous avons trouvé un hôtel plutôt convenable.

A notre demande s’il y avait quelque chose à manger, l’hôte répondit en souriant que le repas était prêt.

Tant de chance nous surprenait.

Nous étions si peu accoutumés à trouver les repas tout prêts !

Mais l’hôte nous avoua que celui-ci avait été commandé par les officiers prussiens que nous avions chassés de là.

Nous nous arrêtâmes dans ce village pour le restant de la journée, mais en prenant la précaution de bien nous couvrir par des postes avancés.

Cependant, l’arrivée de quelque gros corps ennemi était probable et, dès le lendemain matin, à une heure après minuit, nous nous mettions en marche pour Aignay-le-Duc.

Nos prévisions étaient justes : à six heures du matin, dans le village que nous venions d’abandonner, arrivaient deux mille Prussiens avec de la cavalerie et de l’artillerie, et selon leur habitude, ils mirent le pays sens dessus-dessous »[iii].

Voici ensuite le récit d’Edmond Thiébault, franc-tireur de la quatrième brigade [iv] :                      

« La journée du 10 janvier est consacrée à des reconnaissances, on observe l’ennemi.

A Châtillon-sur-Seine, les forces prussiennes augmentent chaque jour dans d’inquiétantes proportions.

Deux colonnes, fortes de plusieurs milliers d’hommes, occupent : l’une Villaines, l’autre Saint-Marc.

Elles s’étendent jusqu’à Baigneux, Aignay-le-Duc, Montmoyen, Recey ; partout de fortes réquisitions.

La nuit dernière, un fort détachement a fait une démonstration vers Sainte-Reine, où nos éclaireurs l’ont rencontré.

Dans l’après-midi, le colonel Lobbia vient se mettre en communication avec nous, il nous apporte enfin quelques renseignements ; une marche est décidée pour le lendemain.

Le 11 dans la matinée, la brigade, abandonnant la grande route, s’engage par des chemins impossibles dans la direction de Darcey.

Le froid est devenu excessif, nous éprouvons les plus grandes difficultés à faire avancer nos voitures, les cavaliers eux-mêmes marchent avec peine sur les voies glacées.

Quand nous arrivons à Darcey, nous rencontrons les éclaireurs de la 2e brigade qui nous signalent la présence de l’ennemi à Baigneux-les-Juifs.

Un peu plus loin, les francs-tireurs Basques nous confirment ces renseignements ; les Prussiens viennent prendre possession des réquisitions qu’ils ont exigées la veille par un ordre de la municipalité.

La colonne a repris sa marche dans la direction signalée.

Quand elle arrive près du bois, au-dessus de Villeneuve, le colonel Ricciotti détache les deux compagnies de Savoie et les lance sur la gauche.

Elles ont l’ordre de s’avancer jusqu’à la route qui conduit à Villaines et marcher ensuite sur Baigneux.

Pendant ce temps, le reste de la brigade continue son mouvement.

 A peine arrivés en vue du village, nous distinguons les éclaireurs prussiens qui, faisant volte-face à notre vue, s’élancent au galop donner l’alarme ; on peut voir bientôt l’infanterie ennemie rangée en bataille sur la droite de Baigneux.

Les compagnies sont immédiatement déployées dans la plaine couverte de neige.

Les tirailleurs s’avancent sur deux lignes ; leur vaste développement permet d’envelopper tout le village.

La fusillade commence par la droite dont le rapide mouvement doit rejeter les Prussiens sur les deux compagnies envoyées du côté de Villaines, leur arrivée est imminente.

Cette manœuvre tournante devait pleinement réussir sans la promptitude obligée de l’attaque de la gauche qui, venant malheureusement couper la route à l’ennemi, le force à abandonner la position.

Il se rejette alors derrière le village, se ménageant ainsi une retraite vers le bois qu’on aperçoit au bas de la route.

Nos francs-tireurs avancent rapidement sous une vive fusillade, ils occupent successivement les maisons et les jardins que les Allemands sont impuissants à défendre ; ils sont bientôt maîtres du coteau qui domine le pays, dernière position que l’ennemi abandonne pour se retirer dans le plus grand désordre dans la direction d’Ampilly-le-Haut [v].

 La lutte avait duré une heure à peine.

Les Prussiens laissaient entre nos mains 12 prisonniers et 3 voitures de vivres ; leurs pertes sont restées inconnues, elles devaient être sérieuses.

De notre côté, nous avions 1 mort et 4 blessés.

La brigade passe à Baigneux le reste de la journée sous la protection de grand’gardes sérieuses [vi].

Les prisonniers sont immédiatement conduits au colonel Lobbia qui doit occuper Billy-les-Chanceaux et Poiseul-la-Grande ; il devra les faire accompagner au quartier-général [vii].

Le 12 janvier à 3 heures du matin, nous reprenons notre marche vers Aignay-le-Duc ».

Enfin, selon Robert Molis [viii] :                                                                                       « Selon le capitaine des Francs-Tireurs de l’Aveyron, c’est vers 2 heures après-midi que la Brigade trouva 200 ou 300 Prussiens au village de Baigneux.

On commence à investir le village ; les Francs-Tireurs de « La Croix » (de Nice) appuient, à gauche, les Compagnies réunies de l’Aveyron et de l’Allier, tandis que la « Compagnie des Vosges » s’avance par la droite.

Malheureusement, trois Uhlans, « faisant preuve d’une audace extraordinaire », se dirigent, au petit pas, vers le Colonel, lequel, croyant qu’ils venaient dire que la troupe se rendait, donne ordre de cesser la progression et de ne pas tirer.

Quand Ricciotti revint de son erreur, il en commit une seconde en faisant courir sus aux Prussiens en formation de tirailleurs et non pas en colonne, « ce qui aurait permis d’arriver beaucoup plus vite »[ix].

Bilan de la prise de Baigneux-les-Juifs : « quelques pertes », une voiture de réquisition prise, ainsi que, capturés par les Francs-Tireurs de l’Aveyron, 12 prisonniers dont un chirurgien. La plupart de ces Prussiens furent capturés par le Franc-Tireur Fabre et par le caporal Labro.

Selon les Béarnais, ils n’étaient que 40 Francs-Tireurs, partis pour intercepter 80 cavaliers, qui virent déboucher 20 cavaliers et 200 fantassins.

Ils firent le coup de feu eux-aussi, la colonne des Francs-Tireurs les ayant « débloqués ». Selon eux, les Prussiens eurent 2 tués, 9 blessés et 11 prisonniers ». 

Mais, toujours selon Robert Molis, il y eut un désaccord entre les Francs-Tireurs :

« le 11 janvier, ayant appris qu’une colonne réquisitionnaire venant de Jours et de Baigneux doit passer par là, les francs-tireurs du Béarn vont se poster sur la route entre La-Villeneuve-les-Convers et Baigneux-les-Juifs.

Le renseignement était bon : 120 ou 150 Allemands se présentent en effet… aux yeux des Francs-Tireurs en même temps que débouche Ricciotti Garibaldi avec un millier d’hommes, venant de Flavigny et Darcey.

Qui aura l’honneur d’ouvrir le feu ?

Les Francs-Tireurs du Béarn, dit leur capitaine, prièrent Ricciotti de suspendre sa marche pour laisser les Prussiens arriver sur leur embuscade.

Ricciotti refuse et le capitaine Grison note qu’il « juge plus utile de marcher sur Baigneux qu’il enlève, mais l’ennemi a le temps de fuir ».

 

[i] Bordone (général) : « Garibaldi et l’armée des Vosges ; récit officiel de la campagne » ; Paris, 1871

[ii] Ricciotti Garibaldi : « souvenirs de la campagne de 1870-71 », traduction de Philippe Casimir ; Nice, 1899

[iii] Selon l’instituteur Pierre Genevoix ; il écrivit, en 1888, que « le 11 janvier1871, un petit détachement prussien escortant une voiture de réquisition fut attaqué à Baigneux par les francs-tireurs garibaldiens. Ce détachement put prendre la fuite… ;  « Cahiers du Châtillonnais ; monographie de la commune de Baigneux-les-Juifs », n° 2

[iv] Thiébault Edmond : « Ricciotti Garibaldi et la 4eme brigade, récits de la campagne de 1870-71 » ; Paris, 1872

[v] « Les tirailleurs, sous un feu de mousqueterie très vif, continuèrent à avancer ; ils occupèrent d’abord le village, puis un petit château qui est sur la lisière du bois » ; Bordone, op. cit.

[vi] Même signification qu’avant-poste

[vii] Le 12, les prisonniers arrivèrent à Dijon et entrèrent dans la cour de la préfecture ; Thiébault, op. cit.

[viii] Molis Robert : « les Francs-Tireurs et les Garibaldi » ; Editions Tirésias, 1995

[ix] Selon Léon Rodat, capitaine des francs-tireurs de l’Aveyron, cité par Robert Molis, op. cit.

 

"La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871", un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 3 : acte de décès de Claude Carteau état-civil de Baigneux

Deux francs-tireurs furent blessés et soignés par les sœurs pendant plusieurs semaines ;  le caporal Lacan, franc-tireur de l’Aveyron, « eut les deux cuisses traversées par une balle », mais il put par la suite repartir chez lui [i] ; par contre, Claude Carteau, franc-tireur du Doubs, lui aussi blessé, s’éteindra le 30 janvier 1871et sera inhumé au cimetière de Baigneux.

Le lendemain, 12 janvier, les prussiens revenaient en force à Baigneux et ce fut le pillage.

Pendant deux heures, les soldats allemands, pénétrant dans les maisons, se faisaient ouvrir les armoires et les caves et emportaient tout ce qui était à leur convenance.

Aucune résistance ne se produisit de la part des habitants ; les objets pillés furent surtout des denrées de consommation et du linge.

Le maire, M. Lombard, assez malmené, fut un certain temps gardé àvue à cent mètres du village et menacé de mort.

Des canons, braqués sur les hauteurs, lancèrent quelques boulets dans la direction de Poiseul-la-Ville, afin d’attirer les francs-tireurs qui occupaient cette localité, pendant que des masses prussiennes importantes étaient cachées dans les bois voisins ; heureusement les francs-tireurs ne donnèrent pas dans le piège et Baigneux fut sauvé [ii].

Pendant ce temps, Les Francs-Tireurs de la IIe brigade de Lobbia se sont mis en marche pour arrêter l’ennemi ; les Francs-Tireurs Républicains de Bigorre sont envoyés se poster, avec les Éclaireurs, à Courceaux, tandis que les Chasseurs d’Orient et les Francs-Tireurs Marins vont occuper Poiseul-la-Ville, et, en arrière, à Chanceaux, sont postés le Bataillon de l’Égalité et la Compagnie du Génie.

Quant à Ricciotti, il arrivait à Aignay :                                                            

« La route conduisant à Aignay était tout simplement infâme ; cette marche pénible sur une route impraticable, coupée encore de fréquents arrêts occasionnés par des alarmes, firent que notre arrivée à Aignay n’eut lieu que le soir à 9 heures ».   

 C’est le maire d’Aignay, M. Misset, qui les accueillit [iii]:

« Les Francs-Tireurs sont arrivés à Aignay le 12 janvier 1871 à 6 h du matin.

Ils étaient au nombre de 1 200, commandés par Ricciotti ; ils avaient 104 chevaux et venaient du canton de Baigneux.

Leurs bagages étaient conduits par quelques cultivateurs des environs de Tonnerre, absents de leur pays depuis une douzaine de jours.

Ils furent remplacés par 6 voitures et 18 chevaux d’Aignay chargés de conduire à Dijon les munitions de la Brigade.

Nos hommes ont été absents six jours, sans toucher de rétribution.

Ce corps a été bien accueilli par les habitants chez lesquels les soldats se logèrent à leur fantaisie.

La plupart des compagnies étaient composées d’hommes assez convenables, mais il y en avait parmi eux un certain nombre, 30 ou 40 , mauvais sujets, indisciplinés, insolents même pour leurs chefs, et dont le Chef d’état-major désirait vivement être débarrassé.

Nous n’avons remarqué dans cette troupe que 50 ou 60 Italiens portant la chemise rouge ; la plupart étaient des ivrognes.

J’avais chez moi, avec Ricciotti, ses Officiers intimes ; son secrétaire, faisant fonction de Chef d’état-major, était un M. Thiébault, connu à Dijon, homme de bonnes façons, maintenant le plus possible l’ordre et la discipline… »                     

   Ricciotti poursuit :

« Ce village est situé au fond d‘un trou, c’est donc une très mauvaise position à tenir, et qui nécessite des lignes très étendues d’avant-postes et de nombreuses patrouilles.

Pendant la nuit j’organisai, au moyen d’habitants qui m’avaient offert leurs services, un bon service d’informations avec les localités voisines

(voici ce qu’en dit Edmond Thiébault :

« Dans la nuit, nos éclaireurs se sont mis en communication avec les maires des villages qui nous entourent au loin.

Ces fonctionnaires ont eux-mêmes envoyé d’autres éclaireurs plus en avant, et nous transmettent des notes qui nous confirment les différentes positions de l’ennemi et ses mouvements »).

Ainsi j’appris qu’une forte colonne prussienne occupait Villaines ; une autre, Saint-Marc et une troisième, Saint-Broing-les-Roches.

Un détachement fort de 5 000 hommes occupait Grancey ; un autre, plus fort, marchait sur Auberive.

De sorte que notre position était des plus précaires…                                             

Arrivés à Aignay… au soir, je voulus moi-même placer nos avant-postes, ce qui n’était point facile en pleine obscurité.

Puis, retourné au quartier-général, je reçus les rapports ; je donnai des instructions aux commandants de compagnies ; j’organisai avec lesautorités locales le service d’informations civiles, enfin je pris un peu de nourriture ; tout cela nous mena jusqu’à minuit…

Je m’endormis et, à 3 heures, l’officier de service me réveilla pour faire la ronde habituelle aux avant-postes-opération nécessaire, parce que c’est généralement à l’aube que se produisent les surprises, et à ce moment surtout il faut être bien sûr que tout est en ordre.

A ma très grande surprise, je constatai que tout mon système d’avant-postes, que j’avais organisé avec tant de soins dans la soirée, était radicalement changé.

Avec la rigide discipline qu’il fallait, surtout en service, cela me préoccupait.

Aussi, dès le retour au quartier-général, fis-je appeler quelques commandants de compagnie pour leur demander la raison deces changements.

Ils se montrèrent, eux, plus surpris encore que moi.

L’un d’eux, Rostaing, me dit que, pendant la nuit, des patrouilles ennemies s’étaient approchées, ils vinrent pour me demander ce qu’il fallait faire, et que j’avais alors consulté ma carte, puis donné des ordres précis à ce propos.

Je restai stupéfait à cette nouvelle complication, lorsque Arnaud, des savoyards, me dit, en riant :

« Je m’en doutais déjà, commandant, mais maintenant j’en suis certain ; nous sommes venus effectivement vous faire nos rapports et vous nous avez donné les ordres nécessaires, mais, tout cela, vous l’avez fait en dormant ».

Par cette pointe jusqu’à Aignay, nous avions traversé tout le front de l’armée de Manteuffel.

Maintenant, il s’agissait de se retirer en maintenant toujours le contact avec cette armée.

Dans ce but, le lendemain, nous nous repliâmes vers le Sud et, le soir, nous arrivions à Avot-le-Grand [iv].

Une autre étape nous amenait à Is-sur-Tille ».

 

[i] Selon Robert Molis, il fut laissé dans une maison de Baigneux

[ii] Genevoix Pierre ; op. cit.

[iii] Lettre de M. Misset, du 15 juin 1872, à la « Commission d’Enquête » ; cité par Robert Molis, op. cit.

[iv] En passant par Etalante, Salives et Barjon ; Bordone, op. cit.

 

"La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871", un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 4 :première ligne d'avancée des garibaldiens, du 10 au 16 janvier, au nord-ouest de Château-Chinon à Langres; deuxième ligne autour de Dijon, le 20 janvier (Bordone, opus cité)

Le 16,  Ricciotti et la quatrième brigade se repliaient à Dijon, où Giuseppe Garibaldi se trouvait depuis le 7 janvier, ayant quitté Autun par chemin de fer [i].

Pendant cette même période, à Châtillon, le 12 janvier au soir, arrivait le général Manteuffel, qui avait pris le 11, à Versailles, ses instructions auprès du grand état-major.

Là, il opéra sa jonction avec les généraux von Zastrow et Fransecki [ii], pour se porter au secours du général von Werder, qui était autour de Dijon et essayait de couper la retraite au général Bourbaki [iii].

Si le point de concentration choisi par von Moltke fut Châtillon, c’est parce qu’il en connaissait l’importance stratégique ; Châtillon avait en effet le double avantage de se relier par des voies ferrées à Chaumont, à Troyes, à Nuits-sous-Ravières, sur la ligne de Paris à Lyon, et d’être comme une position centrale en avant des défilés de la Côte d’Or.

C’est là que les forces de l’armée du sud se réunirent, à l’entrée des vallées profondes de l’Aujon, de l’Aube, de l’Ource et de la Seine, dans les sinuosités desquelles s’enfoncent, à des intervalles de 10 à 15 kilomètres, quatre routes montueuses qui, par des rampes escarpées, conduisent aux hauts plateaux entre Langres et Dijon [iv]. Ces généraux repartirent le 14.                                                                                                                                                Le 21 janvier commençait la troisième bataille de Dijon.

[i] Le général von Moltke, conscient du danger que représente l’armée de l’Est, avait fait évacuer Dijon le 27 décembre pour organiser une ligne de défense à l’ouest de Belfort

[ii]Selon Léon Legey (« Châtillon-sur-Seine pendant la guerre de 1870-71 ; souvenirs d’un enfant de Châtillon » ; Châtillon, 1899), Manteuffel trouva à Châtillon von Zastrow et von Hosten-Iaken  ; selon P.A Dormoy, Manteuffel trouva à Châtillon le 7e corps d’armée de Zastrow et le 2e corps d’armée, de Fransecki ; celui-ci passa par Nuits, Montbard, Chanceaux et Is-sur-Tille, tandis que Zastrow partit en direction de Langres, par Recey, Auberive et Prauthoy (« Guerre de 1870-71 ; les trois batailles de Dijon, 30 octobre, 26 novembre, 21 janvier » ; Paris, 1894)

[iii] Les Prussiens s’attendaient à être attaqués le lendemain et avaient averti le maire de Châtillon de prendre ses précautions ; dans les jours suivants, des barricades furent élevées ; le général von Moltke avait créé une armée du sud, confiée au général von Manteuffel, pour contrer l’armée du général Bourbaki

[iv] Revue des Deux Mondes ; 1872, tome 102, p. 786

 

"La bataille de Baigneux-les-Juifs, le 11 janvier 1871", un notule d'histoire de Dominique Masson

Figure 5 : les mouvements des troupes françaises et prussiennes autour de Dijon; "La guerre de  70" François Roth, Paris

(Dominique Masson)

 

 

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Publié le 6 Janvier 2021

L'Office du Tourisle du Pays Châtillonnais présente ses vœux...

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Cliquer sur le lien ci-dessous pour connaître tous les programmes de l'Office du Tourisme du Châtillonnais :

 http://www.chatillonnais-tourisme.fr/fr/pratique/documentation

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Publié le 5 Janvier 2021

Voici une superbe présentation de la  famille de délicieux champignons, les morilles, par Marie-Geneviève et François Poillotte.

Merci à tous les deux pour cette étude qui réjouira les amateurs de champignons et leur permettra le moment venu de rechercher ces perles rares si délicieuses !

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Publié le 5 Janvier 2021

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Publié le 5 Janvier 2021

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Publié le 5 Janvier 2021

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Publié le 4 Janvier 2021

Jean-Pierre Gurga a un très grand talent, il photographie magnifiquement  la nature, les paysages, les fleurs, les fruits...mais aussi la faune...

Son dernier envoi de photos m'a littéralement stupéfiée, quand j'y ai vu apparaître un animal que je n'ai jamais pu admirer "en vrai", cette superbe  martre...

Jean-Pierre Gurga avec une patience inouïe réalise des clichés animaliers de toute beauté....bravo à lui  et merci de nous les offrir !

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

D'autres animaux saisis par l'objectif de Jean-Pierre Gurga, au bord du lac de Marcenay, comme cette bergeronnette grise :

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

Un grèbe huppé et ses deux petits :

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

Deux mois durant , ce couple d'étourneaux a élu domicile sur le dos de la vache et se régalait des centaines de mouches qui colonisaient son museau .

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

Un jeune héron cendré

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Un cygne noir, peut-être venu du bassin de Laignes.

Originaire d'Australie il a été introduit  en Europe à partir du XIXème siècle. Il peut s'hybrider avec le cygne tuberculé

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

Une mouette rieuse

Jean-Pierre Gurga nous offre encore de bien belles photos...

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Rédigé par Christaldesaintmarc

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