Publié le 19 Septembre 2023
Publié le 16 Septembre 2023
Voici la liste des conférences passionnantes qui sont proposées par l'association Culturelle Châtillonnaise pour 2023-2024
9 octobre 2023, 14h30
L’Histoire du Franc 1914-2001 par M. Christian DESCAMPS
16 octobre 2023, 14h30
Comment lire : « à la recherche du temps perdu » de Marcel Proust » par M. Daniel CLAUSTRE
6 novembre 2023, 14h30
Le Brésil (La terre et les hommes) par M. Claude LYONNET
20 novembre 2023, 14h30
De Gaulle et le gouvernement provisoire de la République Française 1944-1946 par M.Denis ULRICH
27 novembre 2023, 14h30
Fake news en Astronomie par M. Vincent BOUDON
4 décembre 2023, 14h30
De l’antisepsie à l’asepsie en passant par Oigny par le Docteur Claude PLASSARD
11 décembre 2023, 14h30
Les duchesses de Bourgogne par M. Robert FRIES
15 janvier 2024, 14h30
Lumière sur les nouveaux vaccins ARN par M. Fabrice NEIERS
22 janvier 2024, 14h30
Pourquoi les mâles sont-ils les plus beaux ? par M. Jérôme MOREAU
5 février 2024, 14h30
Réjouissances organisées lors des fêtes royales 1550-1600 par Mme Annie HAÏK
12 février 2024, 14h30
Napoléon et l’insularité par M. David CHANTERANNE
4 mars 2024, 14h30
Le Brésil (économie et les régions) par M. Claude LYONNET
18 mars 2024, 14h30
Les arts décoratifs (1er Empire et Restauration) par Mme Brigitte SERRE-BOURET
25 mars 2024, à 18h
Le retour des parfums médicinaux par Mme Annick LE GUERER
mardi 9 avril 2024 à 14h30
La diététique antique par M. Dimitri TILLOI D’AMBROS
Communiqué de l'Association Culturelle Châtillonnaise :
Nous sommes heureux de vous présenter le programme des conférences 2023-2024 de l’Association Culturelle Châtillonnaise.
Les conférences auront lieu à la salle des conférences de la Mairie de Châtillon-sur-Seine.
L’adhésion individuelle de 15€ (25€ pour un couple), permet :
- de soutenir les activités de l’association,
- de bénéficier du tarif de 7€ par conférence, ou du tarif de 55€ pour l’abonnementà toutes les conférences.
- d’être prioritaire, pour les sorties culturelles, sur les non adhérents,
- de voter à l’Assemblée Générale et d’avoir la possibilité d’être élu(e) au Conseil d’Administration.
Si vous souhaitez adhérer, merci de retourner le bulletin d’adhésion et le règlement par chèque à l’ordre de :Ass. Culturelle Châtillonnaise
àl’adresse suivante :
Association Culturelle Châtillonnaise
Chez Mme Christiane Thomassin
1 Grande Rue
21330 - Nesle et Massoult
Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire au numéro 06 83 89 36 00 ou par email : accutb21@gmail.com
Le tarif d’une conférence, pour les non-adhérents est de 9€

Publié le 16 Septembre 2023

Le local de la Vestiboutique de la Croix-Rouge a été modernisé , agrandi pour le plus grand plaisir des acheteurs et des bénévoles.
Ce qui manquait auparavant c'était surtout la place, car le lieu était très accueillant et absolument pas "sordide" comme je l'ai entendu dire le soir de l'inauguration par un élu, la preuve avec ce reportage qui date de 2013 :
http://www.christaldesaintmarc.com/la-vestiboutique-de-la-croix-rouge-a80285380
La Municipalité de Châtillon sur Seine a agrandi le local de la Croix Rouge, et a créé une belle entrée accueillante.

Ainsi qu'un local pour entreposer les vêtements à l'abri de la poussière et de l'humidité.


Un autre local pour y stocker les sacs emplis de vêtements remis par les donateurs a aussi été aménagé.

Le plafond de tout le local a été abaissé et doté d'un éclairage puissant, mais doux à la fois, un chauffage a été installé en haut d'un des murs qui ont été repeints, et la structure a été dotée d'un bel espace sanitaire...

De plus, une partie dotée d'une table pour le tri, et d'un coin rafraîchissement pour les bénévoles a été aménagée.

La pharmacie Saint-Vorles a donné des étagères où sont entreposés des objets, des livres, des bijoux , permettant aux visiteurs de se procurer par exemple de petits objets à offrir pour les Fêtes à des prix défiant toute concurrence.


Et d'autres étagères pour des chaussures...

L'accueillante banque a été aussi offerte par la pharmacie Saint-Vorles

L'ancien magasin France-Literie de la galerie marchande d'Intermarché, a aussi offert de nombreux éléments de literie.
Ce nouvel espace de la Vestiboutique de la Croix Rouge Châtillonnaise a été inauguré le 14 septembre 2023, en présence de la Municipalité de Châtillon sur Seine, du Député de la circonscription, du Président de la Communauté de Communes, et de deux hauts responsables de la Croix Rouge, l'un au niveau départemental et l'autre au niveau Régional.


Madame Françoise Reddé, Présidente de la Croix Rouge de Châtillon sur Seine a remercié chaleureusement la Municipalité pour les aménagements du local qui permettront au public démuni de venir acheter des vêtements, des chaussures, des jouets à des prix défiant toute concurrence, dans un lieu agréable et accueillant.
Les Responsables de la Croix Rouge, au niveau Départemental....

et au niveau Régional, ont félicité la Présidente et tous ses bénévoles pour leur remarquable travail.

Les personnalités qui se sont jointes à cette petite cérémonie sympathique, ont visité les lieux.

Et ensuite les bénévoles et leurs invités ont posé pour la photo souvenir.


Avec les photos qui suivent, on peut se rendre compte de tout ce que contient la Vestiboutique de la Croix Rouge de Châtillon sur Seine, vous remarquerez des aménagements sympathiques comme cette cabine d'essayage ...

et ce miroir.

Ces éléments ont été créés par les bénévoles eux-mêmes pour le confort des acheteurs qui se trouvent ainsi dans un magasin comme les autres, à la différence près que les vêtements sont d'occasion et à des prix très, très bas.
Voici ce qu'on trouve à la Vestiboutique de la Croix-Rouge :








La Vestiboutique de la Croix Rouge Châtillonnaise est un bel exemple de solidarité envers les plus démunis.
Alors bravo à tous les bénévoles qui donnent leur temps sans compter pour rendre service à ceux qui en ont le plus besoin.
Publié le 16 Septembre 2023
René Drappier a suivi les trois cérémonies patriotiques de la Ville de Châtillon sur Seine a réalisées en souvenir de sa Libération qui eut lieu le 9 septembre 1944.
Il nous envoie ses photos, merci à lui !
La première cérémonie a eu lieu avenue Edouard Herriot devant la plaque commémorant la mort de deux otages tués par les nazis.

La seconde cérémonie a eu lieu devant le monument dédié à Bill Holland, parachutiste anglais exécuté par les nazis, avenue Joffre :






La troisième cérémonie a eu lieu devant le Monument aux Morts du Jardin de la Mairie :













Publié le 13 Septembre 2023

(Texte tiré du remarquable travail de Gérard Heinzé, d'après un ouvrage d'Alphonse Roserot de 1924)
Quemigny sur Seine
1076-1098 Conminiacum
1190 Cuminiacum ou Geminiacum ou heminiacum
1195 Cumigni
1196 Haymo de Cumineo
1208 Gumigni
1225 Cumini
1288 Cumigneium ou Quemigné ou Cuminé
1289 Cumigné
1300 Cumigney
14 ème siècle, avant 1312 Cumigneyum
1372 Quemigney
1391 Queligné près de Duisme et de Congnes
1391 Cumigney
1401 Quemigny
1503 Cumigny en Montaigne
1634 Quemigny-sur-Seine
(origine des sources principales et citées par A.Roserot : J.Laurent, Abbaye e Quincy, Abbaye de Fontenay, Archives nanionales, Longnon, Pouills. Archives de la Côte d’Or)
En 1789, le bourg dépendait de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne.
Son église, sous le vocable de saint Bénigne, était le siège d’une cure du diocèse d’Autun, archiprêtré de Duesme, à la seule collation de l’évêque. Une partie de la seigneurie appartenait à l’abbaye de Quincy (A Roserot 1924)
Les écarts
-Cosne, hameau 1,8km au nord,38 feux, 105 habitants (Insee 1951).Cet écart était plus peuplé que la commune de Quemigny. A.Roserot l’identifie à La Tuilerie
1097 : Coneda
1203 Prata de Conis
1225 Cone
1244 Cones
1288 Congne
1292 Cognes
1376 Connes
1423 Cosnes
1431 Cosgnes
1522 Cosnes sur Seine
1544 Cogne
1568 Cosne
1634 Cosne sur Seine
1673 Cosne sur Seyne
1783 Cône
Il y avait jadis à Cosne une chapelle Sainte-Marguerite (Courtépée)
Origine des sources principales consultées et citées par A.Roserot : Chroniques d’Hugues de Flavigny, dans Pertz. Abbaye d’Oigny, abbaye de Quincy. Quantin : recueil, Archives de la Côte d’Or, Arbaumont, Ban.Nouvel état général de 1783.
-Grandpré , ferme, 0,4km au sud ouest, 1 fu, 4 habitants (Insee 1951)
A.Roserot écrit Grand-Pré
Elle aurait été bâtie en 1700 pour remplacer une forge (Garnier)
-La Fenderie, écart
-La Roche, moulin, 0,6km au sud ouest 3 feux 7 habitants
1372 Molin de Roiche
1386 Moulins de la Roiche
1543 La Roche. C’était une ancienne possession de l’abbaye de Quincy (Archives de la Côte d’Or)
-Le moulin du château, moulin détruit (Garnier)
Les Mottes, moulin
-Nuisement, hameau 0,6km au sud ouest 2 feux, 5 habitants (Insee 1951)
1632 Le Moulin de Nuisement
1690 Nuisement (Archives de la Côte d’Or)
-Plaisance, hameau 3 km à l’ouest-nord-ouest, 2 feux 10 habitants (Insee 1951)
1526 Plaisance ou la Grange de Plaisance . C’était une ancienne grange de l’abbaye de Quincy
-Quemignerot hameau 2 km au sud-sud-ouest 18 feux, 35 habitants (Insee 1951)
1237 Cuminerot
1238 Cuméneretum
1276 Cumignerot
1292 Quemignerot
1361 Queminerot
1369 Cugaminerot
1376 Queminnerot
1538 Quemynerot
(Origines des sources principales consultées et citées par Roserot : abbaye de Fontenay, Abbaye de Quincy, Archives de la Côte d’Or)
-Saint Georges, maison isolée, ancienne chapelle (Garnier)
-Tarperon, forge, 3km au nord-nord est 2 feux, 4 habitants (Insee 1951)
1551 Tarperon.
Le Nouvel état général de 1783 indique Tarperon en la paroisse de Beaunotte (Roserot 1924)
Autres lieux
-Le Fayot, bois (Roserot 1924)
1352 Bois de Fayauls
1353 bois des Feyauls (archives de la Côte d’Or)
19ème siècle : le Fayot (Intérieur)
C’était une ancienne possession du duc de Bourgogne
-La Batterelle, ruisseau, affluent de la Seine, commune de Quemigny-sur-Seine
Publié le 9 Septembre 2023
René Drappier a assisté à la réunion du Comité , et aux cérémonies aux monuments de Coulmier le Sec, et de Châtillon sur Seine lors de la "Journée d'Afrique et des Troupes Coloniales".
Il nous envoie les photos que Colette Vuillier a fait pour lui, puisqu'il est porte-drapeau.
Merci à tous les deux.














Publié le 9 Septembre 2023

Par une belle journée de fin d'été les vendeurs de livres d'occasion, de vieux documents, mais aussi de livres neufs, ont pris place sous de larges abris installés par la Municipalité de Châtillon sur Seine.


Les vendeurs proposaient des romans, des documentaires, des bandes dessinées...


dans la bonne humeur !




L'association "La distraction des malades" qui prête des livres aux malades de l'Hôpital et aux résidents de l 'EPAHD de la Douix, avait proposé à la vente des ouvrages trop lourds, en petits caractères, difficiles à lire par des personnes âgées. Le produit de la vente devrait permettre d' acheter de nouveaux ouvrages en gros caractères.

J'ai retrouvé avec plaisir beaucoup de personnes que je connaissais, comme Yannick...

et beaucoup d'autres avec qui j'ai fait connaissance.









J'ai eu le grand plaisir de faire la connaissance d'une jeune écrivaine, Samantha Rothmann qui proposait ses ouvrages.

Le premier livre qu'elle a nous présente se nomme "Alphan", il se passe dans le Morvan.

En voici le synopsis :
A l'aube du dix-neuvième siècle, dans les forêts impénétrables du Morvan, une famille part à la cueillette aux champignons.
Surpris par l'averse, ses membres se réfugient sous un chêne étrange.
Tous meurent dans l'année.
La légende de l'Arbre est née.
Quarante ans plus tard, la légende est peu ou prou tombée dans l'oubli.
Au cours d'une banale promenade en forêt, un jeune homme, Alphan, entraîne par mégarde sa fiancée sous l'arbre maudit.
Hélas pour eux, il vient de réveiller une terrible malédiction...

Alphan a été traduit en anglais sous le titre "The Legend of the Oak Tree"

Le tout premier livre qu'elle a écrit est un ouvrage remarquable, tout à fait d'actualité
Il se nomme "Les mémoires d'un serpent à lunettes" et nous conte l'histoire vraie de Samantha, qui, trop bonne élève, trop sérieuse, a été l'objet de harcèlements monstrueux dans son collège dijonnais.
Dans son livre, Samantha décrit l'horreur du harcèlement inadmissible qui va jusqu'aux atteintes corporelles .
Elle m'a raconté qu'un jour un harceleur a lancé sa trousse sur elle, et qu'un stylo à plume est venu se ficher dans sa joue !
"Mémoire d'un serpent à lunettes" est un livre à lire absolument pour comprendre ce que vivent les enfants dans les écoles de nos jours, c'est terrifiant !
Elève modèle, la jeune Samantha se meurt d'ennui en classe.
Les premières brimades se font sentir dès l'école primaire et se transforment rapidement en harcèlement au collège.
Le niveau est abyssal, le chahut omniprésent, l'impunité totale.
Des années durant, l'adolescente devra affronter l'hostilité de ses camarades dans une solitude absolue.
Dans un recueil de souvenirs entre révolte et nostalgie, l'auteure passe au crible les dysfonctionnements du système éducatif français et rend hommage à ses professeurs marquants.
Un hymne désenchanté à ce qu'on appelait jadis "l'instruction publique"

Mais Samantha n'aime pas qu'écrire, elle dessine aussi magnifiquement et réalise de très jolis livres illustrés pour les enfants.

Samantha Rothmann, une auteure de grand talent, à suivre !
Son site est à visiter :
Publié le 8 Septembre 2023
L’automne sourit au flanc des coteaux
En le rouge orgueil des grappes vermeilles,
Allons les beaux gas ! Hotte sur le dos !
Filles, emportez serpes et corbeilles
Et, tout en chantant, bras dessus dessous
Dans les vignes d’or prenez la volée.
Refrain
Allez en vendange et dépêchez-vous
(Les raisins sont mûrs, les raisins sont doux)
N’attendez pas la gelée,
N’attendez pas la gelée.
Mordant ou frôlant les raisins rosés,
Les lèvres ont l’air de raisins farouches
Allons les beaux gas ! Cueillez des baisers,
Filles, pour cela, tendez-leur vos bouches ;
Et vers le bonheur d’au-dessus de nous
Vendangeurs d’amour prenez la volée.
Le temps de vendange et celui d’amour
Durent dans la vie une nuit de rêve,
Hélas les beaux gas ! Le bonheur est court
Filles ! La jeunesse est encor plus brève !
Et l’hiver blanc, fils des automnes roux,
Glace le baiser qui prend sa volée.
Publié le 5 Septembre 2023

Le café des Initiatives "La Coquille", a proposé un très agréable concert de jazz, sur sa terrasse, à ses adhérents.
Ismaël à la trompette et Patrick au synthétiseur nous ont enchantés toute la soirée, en improvisant sur des bases de jazz connues, avec une dextérité hors du commun ...
Autrement dit, ils nous ont proposé une jam-session, appelée chez nous .. un bœuf !!



La nuit est tombée peu à peu, l'air était doux, c'était une merveilleuse soirée d'été en musique comme on les aime...

Et nous avons pu déguster de belles assiettes et des boissons de l'Escargot , pour des prix tout à fait raisonnables...
Un vrai bonheur, à renouveler !

Publié le 3 Septembre 2023
Les membres des Vitrines Châtillonnaises et les bénévoles qui les accompagnent, ont partagé un repas en toute convivialité.
Excellente entente, amitié sont des principes que partagent les membres des Vitrines Châtillonnaises, et qui font le succès de leurs actions, leurs manifestations..
Rappelez vous de "Châtillon-Plage" qui a fait la joie des châtillonnais, et de leurs jeux de Noël, de la Fête des Mères et des Pères etc.....
Ces commerçants ont donc tous et toutes été heureux de se retrouver autour d'un excellent menu concocté par Fred Traiteur, un de leurs membres.


Une belle et gouteuse paëlla...

et une excellente ambiance de joie partagée....

Publié le 1 Septembre 2023

(Texte tiré du remarquable travail de Gérard Heinzé, d'après un ouvrage d'Alphonse Roserot)
ORIGNY
841 : Origniacus
1100-1111 : Orinniacum
1196 : Orogné
1292 : Origny
1361 : Origné ou Origney
1372 : Orrigney
(Origine des sources principales consultées et citées par Alphonse Roserot : D.Bouquet VIII, Cartulaire de Molesme, abbaye Notre-Dame de Châtillon, Archives Nationales, Archives de la Côte d’Or)
En 1789, le bourg dépendait de la province de Bourgogne, bailliage de la Montagne. Son église sous le vocable de saint Germain, était succursale de celle de Brémur (A Roserot 1924)
Aucun écart
Autres lieux :
-La Batterelle, ruisseau affluent de la Seine, commune de Quémigny sur Seine.
Publié le 31 Août 2023
Dominique Masson nous propose un notule sur le château de Gurgy la Ville, qu'il en soit remercié.
Notule d’histoire :
le château de Gurgy-la-Ville
Le « château des hirondelles », tel est le « surnom » donné au château de Gurgy-la-Ville par ses actuels propriétaires.
S’il n’avait pas été racheté en 2005 par M. Jean-Philippe Guerra et sa femme, Eliane, un entrepreneur en maçonnerie-taille de pierre spécialisée dans la restauration du patrimoine et ancien compagnon du devoir, le château allait s’écrouler dans les mois à venir.
Pour ce sauvetage, ils ont obtenu en 2014 dans la catégorie « patrimoine bâti parcs et jardins » un premier prix régional du patrimoine pour ce sauvetage.
A son départ en retraite, les ouvriers de son entreprise lui ont offert une truelle géante, qu’il a mise comme enseigne sur l’une des tours ; le château aurait pu aussi bien être surnommé « à l’enseigne de la truelle ».

Figure 1 :La truelle géante fichée dans le mur de l'une de ses tours.
Peu de distance sépare « Gurgeium Villa » de « Gurgeium Castrum », mais ces deux villages, tous deux dans la province de Champagne avant la Révolution et du bailliage de Langres, ont une histoire bien différente.

Figure 2 : Carte du duché de Bourgogne par Delisle début XVIIIème siècle. Gurgy-la-Ville et Gurgy-le-Château se trouvent en Champagne, mais entre Châtillon et Arc en Barrois qui sont à l'époque en Bourgogne.
Gurgy-le-Château (ou Gurgy-le-Châtel) apparaît dans les textes en 1106, tandis que Gurgy-la-Ville apparaît un peu plus tard, en 1185.
En 1199, l’abbé de Clairvaux, Guy, intervient dans une dispute entre l’abbaye d’Auberive et celle de Longuay, concernant l’étendue de leurs pacages respectifs ; à l’avenir, la première disposera pour elle seule de tous ceux de Buxerolles, Gurgy-le-Château et Faverolles, sans outrepasser du côté de Longuay la voie antique conduisant de Gurgy-le-Château à La Chaume ; et la seconde disposera de tous ceux de Gurgy-la-Ville, Lucey et La Chaume, sans dépasser cette voie du côté de la grange de Val-Serveux et Faverolles
[i]. En 1231, Henri de Nogent reconnaît avoir cédé à l’évêque de Langres, pour 30 livres, la moitié des dîmes de Gurgy-la-Ville et sa part dans celles de Gurgy-le-Château ; car les cures de chacun des villages sont à la collation de l’évêque de Langres
[ii]. Ce sont tous les deux des seigneuries, mais avec des seigneurs différents et il n’est pas évident de savoir quel seigneur est de l’un ou l’autre village.
Cependant, en 1270, la seigneurie de Gurgy-le-Château est vendue à l’évêque de Langres, avec le château, et sera alors une seigneurie ecclésiastique, alors que la seigneurie de Gurgy-la-Ville restera toujours une seigneurie laïque.
En 1236, Simon, seigneur de Châteauvillain, atteste que Guillaume de Gurgy a rendu hommage à l’évêque de Langres
[iii], mais il est difficile d’en savoir plus sur les seigneurs de Gurgy au moyen-âge. Certains citent Robert de Gurgy en 1201 et Jean de Gurgy en 1340
[iv]. Un peu avant 1400, eut lieu le partage de la seigneurie de Gurgy ; Simone de Saint-Balo avait deux filles. L’une, Simone de Chauffour, épousa Oudot de Senailly et eut la maison forte et la moitié de la justice ; l’autre fille, Jeanne de Chauffour (ou Jeannette), épouse d’Arnoult (Arnould) de Dampierre, écuyer, eut « les basses maisons de la maison forte » et probablement l’autre moitié de la justice du lieu
[v].Pour la branche « Dampierre », on trouve ensuite Pierre Pignard, marchand, seigneur de Dampierre et de Gurgy en partie, procureur à Langres de 1487 à 1491, mort en 1518 (fils de Guyot, seigneur de Dampierre, il fut marié à Catherine Girault) ; son fils, Guy, seigneur de Gurgy en partie, fut bailli à Langres en 1520, puis secrétaire du roi (mort avant 1541, il était marié à Raimonde Ribotteau).
Puis c’est la branche « Gurgy » de la famille Legoux. Guillaume Legouz, écuyer, seigneur de Vellepesle, est aussi seigneur de Gurgy et La Villeneuve, conseiller du roi en ses conseils d’état et son premier avocat général au parlement en 1586.
On voit alors que Gurgy est plus du côté bourguignon que champenois.
Il avait épousé Renée Levallois, dont il eut Bernard Legoux, écuyer, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi en 1618 ; de son mariage, en 1623, avec Anne Morin, il eut une fille, Odette, qui épousa Henry François Garnier et lui apporta Gurgy.
Leur fils, Georges, écuyer, seigneur de Gurgy en partie, né vers 1666, épousa Anne Febvre, née vers 1658, fille de Richard Febvre et Claude Becquet.
[i]Archives de Haute Marne-ADHM ; 1 H 36 ; cité dans : « Benoît Chauvin : le Val-Serveux et l’abbaye d’Auberive » ; Les Cahiers Haut-Marnais ; n° 307, 2023/2
[ii]Roserot Alphonse :
[iii] ADHM ; G 303
[iv]Nicolle Adolphe : « monographie de la commune de Gurgy-la-Ville, 1888 » (Cahiers du Châtillonnais, n° 70) ; l’abbé Jacques Denizot parle de Euvrard, écuyer, et son frère, Huo, qui sont seigneurs en 1183 (Bibliothèque de Dijon, Ms 1727-1732) ; certains parlent également de Jobert de Gurgy en 1185
[v] ADHM ; G 303

Figure 3 : Armorial général par d'Hozier 1696
Puis leur fils, Henry François, seigneur de Gurgy en partie, eut une fille, Jeanne, qui épousa à Germaines, le 25 juillet 1690, Simon Fornier de Germaines, écuyer, ancien garde du corps, lieutenant des chasses et plaisirs de S.M au bailliage de Langres.
Suivre l’autre partie de la seigneurie, dont faisait partie le château, est plus difficile.
En 1440, le fils de Simone et Oudot de Senailly, Jean, donne son dénombrement, notamment pour la maison forte.
C’est lui qui va subir les désastres de la guerre entre les Bourguignons et les Français.
Le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, était en guerre avec le roi de France, Louis XI.
Les troupes royales, mêlées à beaucoup de Liégeois révoltés contre le duc, se jetèrent, au commencement de 1472, sur la Bourgogne ; Gurgy-le-Haut (le Château) et Gurgy-le-Bas (la Ville), furent brûlés ; mais le duc reprit l’offensive et chassa les troupes royales.
En 1473, Jean de Senailly, en considération des désastres des dernières années, où en particulier le château fut brûlé, accorde une taille abonnée aux habitants du lieu pour qu’ils reviennent y demeurer[i].
C’est probablement lui, ou son fils, qui va reconstruire le château tel qu’il est aujourd’hui, dans ses grandes lignes.
(i]« Vidimus de 1485 », ADHM, G 303 ; cité par Mouillebouche Hervé : « les maisons-fortes en Bourgogne du nord du XIIIe au XVe siècle »; Dijon, 2002

Figure 4 : La façade externe du château avec les traces du pont-levis
Le château, ou plutôt la maison forte, s'organise aujourd’hui sur une plate-forme carrée, fermée à l'est par un corps de logis à un étage carré sous toit à croupe, au nord par une grange, au sud par un bâtiment de courtine au droit du côté du logis et par un simple mur à l'ouest.
Le corps de logis principal à l’est est composé d’un rez-de-chaussée, d’un étage carré et d’un étage de comble couvert d’un toit à croupe, avec trois lucarnes en œil-de-bœuf ; ce logis était percé à l’est d'une porte charretière plein-cintre accostée d'une porte piétonne à gauche, avec trois rainures de flèches de pont-levis; à l'aplomb de la porte charretière, se trouvent trois blasons bûchés et une fenêtre haute.

Figure 5 : Les rainures des flèches du pont-levis, au-dessus les restes des blasons

Figure 6 : La cheminée de la "salle des gardes" derrière le pont-levis

Figure 7 : Une salle au rez de chaussée

Figure 8 : Une cheminée, dessin de Louis Victor Petitot (album de dessins autour de la Haute Vallée de l'Ource 1999)
La plate-forme est garnie de deux tours rondes, du côté sud. Au sud-est, la tour est attenante au logis principal ; au sud-ouest, c’est une tour ronde isolée, reliée au logis par la courtine et flanquée d’une échauguette à cheval sur la courtine.
Ces tours sont percées de canonnières à ébrasement externe oblong.
De ce côté sud, il reste une trace du fossé.

Figure 9 : La tour sud-est, avec des canonnières au raz du toit et au raz du sol

Figure 10 : la tour du sud-ouest

Figure 11 : Les deux tours et le fossé en eau
Après le rattachement de la Bourgogne à la France, en 1477, le fils de Jean, Antoine, rend hommage au roi le 18 août 1481, pour Colombey et La Villeuve aux Fresnes, à lui échus par décès de son père ; en 1491, c’est l’aveu et le dénombrement donnés par Antoine de Senailly, seigneur de Rimaucourt, Colombey-les-Deux-Eglises et Gurgy[i].
On trouve ensuite Pierre Ier de Senailly (marié à Orceline de Thuillières), baron de Rimaucourt, seigneur de Gurgy en partie, de Laneuvelle et de Ravennefontaine, décédé vers 1548[ii].
Puis son fils, Théodore de Senailly, seigneur de Gurgy en partie et de Rimaucourt ; il fut gouverneur du château de Joinville et mourut vers 1592 (il se maria avec Claude d’Anglure).
On trouve, au début du XVIIe siècle, Philiberte Garnier dame de Gurgy, qui épouse de Jean Girault, seigneur de Fresnoy[iii].
Au XVIIIe siècle, les Febvre vont réunir les deux parties de la seigneurie de Gurgy.
Ce sont peut-être eux qui vont aménager un parc à l’arrière du château, avec un nymphée, du côté où se trouvait autrefois l’entrée du château.
En 1737, le dénombrement est fait par Antoine Febvre (né vers 1680/1690 et décédé entre 1732 et 1756), écuyer, gendarme de la garde du Roi, et Jeanne Garnier, sa femme ; il va être seigneur de la totalité, savoir pour un quart par acquisition faite le 18 janvier 1725 du sieur Fournier de Germaines (époux de Jeanne, fille d’Henri François Legoux) et, pour le surplus, à cause de ladite Jeanne, comme héritière de François Garnier, écuyer, son père[iv].
[i]ADHM, G 303
[ii] Pierre de Senailly apparaît lors de la convocation du ban du bailliage de Sens (duché de Langres) ; il est taxé de40 livres, pour un revenu de sa seigneurie de 193 livres 5 sols, lors d’une montre le 15 juillet 1545 (« le ban et l’arrière ban du bailliage de Sens, publié par Maurice Roy ; Sens, 1885)
[iii] Les Choiseul furent seigneurs de Senailly et aussi seigneurs de Fresnoy
[iv]ADHM ; G 303

Figure 12 : le nymphée, dessin de Louis Victor Petitot (album de dessins autour de la Haute-Vallée de l'Ource 1999)

Figure 13 : Le nymphée aujourd'hui (la statue a été retaillée par le propriétaire, de même que les autres bustes)
Son fils, Richard Febvre, né en 1718, maître de camp de cavalerie, va, en 1756, acheter la seigneurie de Mauvilly et vendre Gurgy au duc de Penthièvre, pour 190 000 livres, tout en gardant le nom (marié à 1738 à Cécile Rougeot, son fils, officier de cavalerie, s’appellera Richard Febvre de Gurgy).
Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, est né le 16 novembre 1725.
C’est le fils unique de Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, fils légitimé de Louis XIV et madame de Montespan.
En 1693, celui-ci achète le marquisat d’Arc-en-Barrois et, en 1703, Louis XIV érigea le comté de Châteauvillain en duché-pairie pour lui et ses descendants.
Son fils, Louis Jean Marie, l’une des plus grosses fortunes du royaume, fut gouverneur et lieutenant général de Bretagne et amiral.
Pour compléter le duché de Châteauvillain, il acheta la seigneurie de Gurgy.
Avec celle-ci, il fut aussi en possession du haut-fourneau et de la forge, construits probablement vers le milieu du XVIIIe siècle (ce qui entraîna son association avec Aubepierre) ; en 1772, il y était produit 200 000 livres de fer par an.
Le duc de Penthièvre mourut en Normandie, le 4 mars 1793 ; il avait légué tous ses biens à sa fille, Adélaïde, mais tous ses biens furent alors confisqués.
Le coup d’État de 1797 va contraindre celle-ci à s’exiler en Espagne.
Elle revint en France en 1814 et une partie de ses biens lui fut rendus, en particulier les bois (Arc fut restitué en 1814) ; en 1820, les bois de Gurgy étaient gérés par les gardes du duché de Châteauvillain.
Mais le château avait dû être vendu et acheté par des bourgeois, tandis que fourneau et forge se retrouveront en possession de Jean-Baptiste Edouard Bougueret, maître de forges (né à Gurgy en 1809) qui apportera en 1845 ces usines à la société en commandite Bougueret-Martenot [i].
On ne sait quand le château perdit ses autres tours. Au XIXe siècle, le château apparaît composé de deux côtés, sans grange adventive.
[i]Cette société deviendra en 1860 la Société des Forges de Châtillon et Commentry ; mais, en 1860, Bougueret demande de ne pas être imposé à la contribution foncière, le fourneau étant « dans un état de délabrement qui ne permet plus de l’employer à sa destination d’usine ».

Figure 14 : Gurgy-la-Ville, cadastre napoléonien

Figure 15 : Gravure d'Eugène Nesle 1858 (album pittoresque de l'arrondissement de Châtillon sur Seine 1858)

Figure 16 : Dessin de Louis Victor Petitot (album de dessins autour de la Haute Vallée de l'Ource 1999). On distingue les rainures des flèches du pont-levis et on voit la souche d'une cheminée.
Plus tardivement, furent ajoutés au nord des écuries et une chambre à four.
Au XXe siècle, le château fut la propriété de familles d’agriculteurs, les derniers étant la famille Défaut, puis la famille Sullerot.

Figure 17 : La grange rajoutée côté nord, accolée au corps de logis.

Figure 18 : Le château. Carte postale vers 1900, Bogureau éditeur

Figure 19 : le cadastre actuel
Les bâtiments n’étant pas inscrits aux Monuments Historiques, le propriétaire a pu restaurer selon son goût certaines parties, tout en conservant une unité pour l’ensemble du château.
Ainsi, il a, au-dessus du nymphée, construit une petite "Folie" ; elle n'est pas terminée car il doit encore lui construire un fond et une voûte qu'il a l'intention de décorer d'une fresque.

Figure 20 : La "Folie", devant le bassin supérieur
De même, pour fermer la cour du côté ouest, contre le mur séparant de la rue, il a construit une "Fabrique de jardin" à l'aide de pierres de pays alternant avec des pierres percées trouvées dans la région.
A l'intérieur, un banc est surmonté de deux têtes sculptées en pierre.

Figure 21 : A droite les écuries et la chambre à four. Au fond la "Fabrique de jardin"

Figure 22 : La courtine reliant les deux tours.
Il en est de même pour la courtine reliant les deux tours, qui a été reconstruite ; la fenêtre n’est pas d’origine, mais l’archère est bien en place ; on peut remarquer qu’elle permettait de tirer sur l’ennemi qui pouvait avoir pénétré dans la cour du château.
Depuis 2005, la famille œuvre pour restaurer, pérenniser, transmettre ce patrimoine bâti chargé d'histoires. C’est une entreprise «« gurgygantesque » comme aime à le rappeler Jean-Philippe Guerra et, afin d’aider à continuer la restauration du château, il est possible de dormir au château pour des « nuits insolites ».
( Dominique Masson )
Publié le 31 Août 2023
(Portrait par Jean Lébédeff)
Depuis qu'un guide solognot nous a fait connaître Gaston Couté, lors de la visite de la "Maison du braconnier", j'ai lu tous ses poèmes et ses chansons et j'ai découvert un artiste exceptionnel , bien oublié de nos jours, que c'est dommage !
Quelques mots de sa biographie :
Gaston Couté naquit le 23 septembre 1880 à Beaugency, son père était meunier au moulin de l'Ay.
Après le certificat d'études, il fréquenta les écoles de l'Ay, de la Nivelle, de la Monnaye, puis entra au lycée Pothier d'Orléans où il fit connaissance de Pierre Dumarchey, qui plus tard prendra le nom de Pierre Mac Orlan.
Son père le destinait à entrer dans l'Administration, mais Gaston Couté préféra "la bohème"...

(BNF-Gallica)
Est-ce ce Pierre Dumarchey, alias Pierre Mac Orlan, qui l'incita à partir pour Paris, à fréquenter les cabarets de la Butte Montmartre ?
Couté écrivait déjà à seize ans de bien beaux poèmes, mais il se spécialisa plus tard dans les chansons engagées, car il se rebellait contre les injustices de la vie.
Il se produisit dans les cabarets montmartrois comme l'Âne Rouge, Al Tartain, le Funambule, les Noctambules, le Grillon, etc... où il remporta très vite du succès.
Il venait aussi s'attabler au Lapin Agile, pour retrouver son ami Mac Orlan, c'est là qu'il connut, entre autre Roland Dorgelès, Max Jacob et....Francis Carco !
Dans ses chansons, il faisait vivre dans une langue patoisante, très forte, le monde des réprouvés, des exclus, c'était le digne héritier de Béranger.

(Portrait tiré du site "Hypothèses")
Hélas, Gaston Couté se brûla les ailes aux lumières de la ville.
Il se nourrissait mal, buvait trop d'absinthe.
Il attrapa la tuberculose et mourut à l'hôpital Lariboisière à seulement 30 ans....

(Dessin par Jules Grandjouan)
Ses poèmes furent imprimés sous le titre d'un de ses textes '"Le gâs qu'a mal tourné", un texte qui paraît finalement très actuel...pas grand chose n'a changé...

LE GAS QU'A MAL TOURNE
Dans les temps qu'j'allais à l'école,
- Oùsqu'on m'vouèyait jamés bieaucoup, -
Je n'voulais pâs en fout'e un coup ;
J'm'en sauvais fér' des caberioles,
Dénicher les nids des bissons,
Sublailler, en becquant des mûres
Qui m'barbouillin tout'la figure,
Au yeu d'aller apprend' mes l'çons ;
C'qui fait qu'un jour qu'j'étais en classe,
(Tombait d' l'ieau, j'pouvions pâs m'prom'ner !)
L'mét'e i'm'dit, en s'levant d' sa place :
« Toué !... t'en vienras à mal tourner ! »
Il avait ben raison nout' mét'e,
C't'houmm'-là, i'd'vait m'counnét' par coeur !
J'ai trop voulu fére à ma tête
Et ça m'a point porté bounheur ;
J'ai trop aimé voulouér ét' lib'e
Coumm' du temps qu' j'étais écoyier ;
J'ai pâs pu t'ni' en équilib'e
Dans eun'plac', dans un atéyier,
Dans un burieau... ben qu'on n'y foute
Pâs grand chous' de tout' la journée...
J'ai enfilé la mauvais' route!
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
A c'tt' heur', tous mes copains d'école,
Les ceuss' qu'appernin l'A B C
Et qu'écoutin les bounn's paroles,
l's sont casés, et ben casés !
Gn'en a qui sont clercs de notaire,
D'aut's qui sont commis épiciers,
D'aut's qu'a les protections du maire
Pour avouèr un post' d'empléyé...
Ça s'léss' viv' coumm' moutons en plaine,
Ça sait compter, pas raisounner !
J'pense queuqu'foués... et ça m'fait d'la peine
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
Et pus tard, quand qu'i's s'ront en âge,
Leu' barbe v'nu, leu' temps fini,
l's vouéront à s'mett'e en ménage ;
l's s'appont'ront un bon p'tit nid
Oùsque vienra nicher l' ben-êt'e
Avec eun' femm'... devant la Loué !
Ça douét êt' bon d'la femme hounnête :
Gn'a qu'les putains qui veul'nt ben d'moué.
Et ça s'comprend, moué, j'ai pas d'rentes,
Parsounn' n'a eun' dot à m'dounner,
J'ai pas un méquier dont qu'on s'vante...
Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !
l's s'ront ben vus par tout l'village,
Pasqu'i's gangn'ront pas mal d'argent
A fér des p'tits tripatrouillages
Au préjudic' des pauv'ers gens
Ou ben à licher les darrières
Des grouss'es légum's, des hauts placés.
Et quand, qu'à la fin d'leu carrière,
l's vouérront qu'i's ont ben assez
Volé, liché pour pus ren n'fére,
Tous les lichés, tous les ruinés
Diront qu'i's ont fait leu's affères...
Moué ! j's'rai un gâs qu'a mal tourné !
C'est égal ! Si jamés je r'tourne
Un joure r'prend' l'air du pat'lin
Ousqu'à mon sujet les langu's tournent
Qu'ça en est comm' des rou's d'moulin,
Eh ben ! I'faura que j'leu dise
Aux gâs r'tirés ou établis
Qu'a pataugé dans la bêtise,
La bassesse et la crapulerie
Coumm' des vrais cochons qui pataugent,
Faurâ qu' j'leu' dis' qu' j'ai pas mis l'nez
Dans la pâté' sal' de leu-z-auge...
Et qu'c'est pour ça qu'j'ai mal tourné !...
Gaston Couté eut de nombreux interprètes : Édith Piaf, René-Louis Lafforgue, Pierre Brasseur, Francis Cover, Claude Réault, Yves Deniaud, Monique Morelli et, plus récemment, Gérard Pierron, Bernard Meulien et le regretté Marc Ogeret ( qui choisit le Châtillonnais pour vivre des derniers jours....)
Georges Brassens s'en est quelquefois inspiré...
Gaston Couté repose au cimetière de Meung sur Loire.
Une statue lui est consacrée :

(cliché "Les Melloures")
Cent treize ans après sa mort, Gaston Couté n’a pas pris une ride, ses vers sont loin d’être démonétisés, validés qu’ils sont chaque fois, à chaque époque, par l’actualité du moment qui ressemble comme une sœur à celle de la veille.
Il suffit d’une présidentielle ou de tout autre vote pour que, non sans raison, reviennent à notre mémoire Les Électeurs et ses vach’s, ses moutons, ses oué’s et ses dindons qui breum’nt, bél’nt, glouss’nt « tout comm’ les gens qui votent ».
À chaque remembrement s’impose d’évidence Les Mangeux d’terre...
Quelqu’en soit la technologie utilisée, Le Fondeur de canons gagne toujours de quoi bouffer en fabriquant de quoi tuer.
Et, chaque jour, le flot d’actualités nous informe de la probité contrariée de nos élus, qu’ils soient ministres, députés ou maires :
« Ohé là-bas ! Monsieu le Maire / Disez-moué donc pourquoi donc faire / Qu’on arrête les chemineux / Quand vous vous n’êtes qu’un voleu / Et peut-être bien pis encore / Le gouvernement vous décore ».
Ses indignations et révoltes d’alors débutent pareillement le nôtre, avec des mots qui toujours entrent en résonance.
Au-delà de la qualité intrinsèque de ses poèmes, c’est dans cette prégnance, cette pertinence, qu’il faut voir et comprendre le succès posthume de ce poète crotté qui, bien qu’absent de toute anthologie, de tout dictionnaire, de tout Panthéon, caracole encore dans la poésie chansonnière, à la manière d’un François Villon, à la manière d’une mauvaise herbe entre des pavés trop bien ordonnés.
Et dont l’œuvre est sans cesse imprimée, sans doute pas sur du Velin d’Arches mais sur ce papier recyclé qui épargne l’arbre et lui sied tant.
À chacun ses valeurs, à chacun sa Pléiade.
(Michel Kemper)
Publié le 31 Août 2023

René Drappier nous envoie quelques belles photos représentatives du forum des Associations qui a eu lieu le 10 septembre sur le site de la Douix.
Merci à lui !


















Publié le 31 Août 2023



